Les douanes espagnoles contrôlent l’électronique achetée hors UE : la plupart des équipements ne sont pas conformes

Talkies-walkies, répéteurs et autres appareils de colis de commerce électronique sur un banc d'essai radiofréquence

La plupart des équipements radio achetés sur internet hors de l’Union européenne que l’Agence fiscale espagnole a interceptés en douane en 2025 n’étaient pas conformes à la réglementation : 96 % n’avaient pas de déclaration UE de conformité, 67 % n’avaient pas de marquage CE correct et 40 % de ceux soumis à un essai électrique présentaient une isolation défaillante. Ce sont les résultats d’une campagne de surveillance du marché menée entre le printemps et la fin de 2025 par l’Agence nationale d’administration fiscale (AEAT) et le Secrétariat d’État aux Télécommunications et aux Infrastructures numériques (SETELECO), que le ministère de la Transformation numérique vient de publier dans une note d’information.

Les points clés de la campagne des douanes sur l’électronique importée en 30 secondes

  • Ce qui a été fait : l’AEAT a sélectionné à la frontière des colis de commerce électronique de faible valeur contenant des équipements radio, et le SETELECO les a analysés dans son laboratoire.
  • Quels équipements : surtout des talkies-walkies, des mobiles, des répéteurs wifi et des répéteurs de téléphonie mobile.
  • Documentation : 96 % sans déclaration de conformité et 67 % sans marquage CE correct ni notice en espagnol.
  • Risques : défauts d’isolation électrique chez 40 % des appareils testés et non-respect de l’usage du spectre chez 86 %.

La campagne s’inscrit dans une Zone de contrôle prioritaire de l’Union européenne, une action coordonnée entre États membres qui intensifie pendant un certain temps les contrôles douaniers sur un sujet précis. Il s’agit ici des colis de commerce électronique de moins de 150 euros, précisément ceux qui ont explosé avec des plateformes comme Temu, Shein ou AliExpress, et qui paient depuis le 1er novembre des frais de gestion de 2 euros par article. La nouveauté est que, cette fois, on n’a pas seulement examiné la fiche produit sur le web, comme lors des campagnes précédentes du SETELECO, mais des unités physiques retenues en douane. Pour mesurer l’ampleur du phénomène, voir aussi notre article sur le commerce électronique espagnol.

De la frontière au laboratoire

Selon la note du ministère, l’AEAT a sélectionné les produits aux points de contrôle frontaliers pendant de courtes périodes, de deux ou trois jours par mois sur environ six mois, et les a envoyés au laboratoire du SETELECO. La collaboration s’est traduite par trois actions d’inspection. Les équipements à moindre risque ont fait l’objet d’une vérification documentaire et visuelle de l’appareil, de son emballage et de sa documentation ; ceux à plus haut risque, comme les talkies-walkies (équipements PMR) et les répéteurs de téléphonie mobile, ont en outre été soumis à des essais techniques selon la directive européenne sur les équipements radioélectriques (RED) et sa transposition espagnole, le décret royal 188/2016.

Les talkies-walkies formaient le groupe le plus nombreux, avec 22,2 % des équipements, suivis des mobiles et des répéteurs wifi, avec 14,8 % chacun, et des répéteurs de téléphonie mobile, avec 11,1 %. On trouvait aussi des babyphones avec caméra, des caméras de sécurité, des récepteurs radio, des stations météo, des interphones pour motards, des télécommandes et des antennes TNT actives. Le rapport n’indique pas combien d’unités ont été analysées au total, mais les pourcentages de la répartition par type correspondent à un petit échantillon, d’environ 27 unités ; il convient donc de les lire comme un instantané indicatif et non comme une statistique de l’ensemble du marché.

Sans fabricant, sans marquage CE et sans notice

La vérification documentaire a révélé des manquements dans tous les domaines. 96 % des équipements n’avaient pas de déclaration UE de conformité, le document par lequel le fabricant déclare sous sa responsabilité que le produit respecte la réglementation. 70 % n’identifiaient pas correctement le fabricant ni l’importateur, 67 % n’avaient pas de marquage CE ou l’avaient de manière incorrecte (surtout sur l’appareil lui-même, à 52 %, contre 22 % sur l’emballage) et 44 % n’avaient pas de numéro de série, de lot ou d’autre donnée de traçabilité.

Les lacunes dans l’information de l’utilisateur sont également frappantes : 67 % ne comportaient pas de consignes de sécurité, la même proportion n’avait pas de notice en espagnol, 55 % ne signalaient pas les restrictions d’utilisation, comme la nécessité d’une licence, et 30 % n’expliquaient pas comment utiliser l’équipement pour l’usage prévu.

Risque électrique et interférences sur les réseaux

Les essais techniques sont la partie la plus préoccupante. En matière de protection de la santé et de la sécurité, tous les équipements analysés présentaient au moins un manquement : 100 % ont échoué sur le marquage de sécurité et les consignes de protection, chez 43 % les étiquettes s’effaçaient ou devenaient illisibles après l’essai de durabilité, et 40 % des équipements avec adaptateur secteur montraient des défauts de rigidité diélectrique et d’isolation, ce qui, selon le rapport, peut représenter un risque pour les utilisateurs.

En compatibilité électromagnétique, 80 % ont dépassé les limites d’émission conduite, c’est-à-dire qu’ils généraient des perturbations qui se propagent par les câbles d’alimentation ou de communication et peuvent affecter d’autres appareils connectés au même réseau. Pour l’utilisation efficace du spectre, 86 % n’étaient pas conformes : sur les répéteurs mobiles, c’est le gain hors bande qui ressortait et, sur les talkies-walkies, les émissions indésirables hors de leur canal. De plus, 40 % des équipements fonctionnaient sur des fréquences situées en dehors des bandes attribuées en Espagne par le Tableau national d’attribution des fréquences.

Le ministère rappelle dans le même document que les répéteurs de téléphonie mobile fonctionnent dans des bandes soumises à licence et ne peuvent pas être installés de sa propre initiative : quiconque a besoin d’améliorer sa couverture doit s’adresser à son opérateur. Il recommande aussi de vérifier avant d’acheter que le produit porte le marquage CE sur l’appareil et sur l’emballage, qu’il est accompagné d’une notice en espagnol, du pictogramme de restrictions le cas échéant et de la déclaration de conformité, et, pour les équipements à charge filaire, du pictogramme du chargeur commun.

Questions fréquentes

Quels équipements la campagne des douanes a-t-elle analysés ?

Des équipements radio achetés sur internet hors de l’UE : surtout des talkies-walkies, des mobiles, des répéteurs wifi et de téléphonie mobile, ainsi que des babyphones, des caméras, des récepteurs radio et des antennes TNT.

Combien d’équipements n’étaient pas conformes ?

La grande majorité : 96 % n’avaient pas de déclaration UE de conformité et 67 % n’avaient pas de marquage CE correct. Lors des essais, 40 % présentaient des défauts d’isolation électrique et 86 % ne respectaient pas l’utilisation efficace du spectre.

Puis-je installer un répéteur mobile acheté sur internet ?

Non. Ils fonctionnent dans des bandes soumises à licence et leur installation exige une autorisation et une coordination avec l’opérateur. Pour améliorer la couverture, il faut s’adresser à l’opérateur.

Comment savoir si un équipement respecte la réglementation ?

En vérifiant qu’il porte le marquage CE sur l’appareil et l’emballage, une notice en espagnol, les coordonnées du fabricant et de l’importateur, ainsi que la déclaration UE de conformité ou sa version simplifiée.

Sources :

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