Absolute Security apporte à Linux son agent pour inventorier et verrouiller les postes

Portable sous Linux verrouillé à distance depuis une console de gestion des appareils

Absolute Security a porté sur Linux l’agent de sa plateforme Secure Endpoint, qui couvrait déjà Windows, macOS et ChromeOS, avec deux nouvelles fonctions pour ce système : l’inventaire du matériel et le gel à distance du poste, y compris lorsqu’il est hors connexion. L’entreprise l’a annoncé le 3 novembre 2026 à Fal.Con Europe, l’événement de CrowdStrike à Barcelone, même si son blog produit donnait déjà l’agent pour généralement disponible depuis le 27 octobre. La prise en charge se limite à Ubuntu et Red Hat Enterprise Linux (RHEL).

Les points clés de l’agent d’Absolute pour Linux en 20 secondes

  • Il fonctionne sur Ubuntu 22.04, 24.04 et 26.04 et sur RHEL Workstation 9.7 et 10.1.
  • Il permet de voir le matériel du poste et de le verrouiller à distance, à la demande ou de façon planifiée.
  • Absolute n’attribue pas à l’agent Linux la persistance dans le firmware qu’elle propose sous Windows.

Absolute vend une plateforme qui permet aux services informatiques et de sécurité de localiser, contrôler et récupérer les portables et les postes d’une organisation, et de vérifier que leurs outils de sécurité continuent de fonctionner. Jusqu’ici, les machines sous Linux restaient en dehors d’une bonne partie de ces fonctions. L’entreprise justifie cette étape par l’usage croissant de Linux dans les environnements d’intelligence artificielle et sur les stations de travail spécialisées, et par le fait que les attaquants ciblent de plus en plus ce système, même si le communiqué n’apporte pas de chiffres propres sur ce dernier point.

Inventaire et gel à distance, les deux nouveautés sous Linux

Selon le blog produit d’Absolute, l’agent pour Linux ajoute deux capacités qui n’existaient pas auparavant sur ce système. La première est l’inventaire par la collecte de données matérielles, de sorte que les machines Linux apparaissent dans la même console, avec les mêmes politiques et les mêmes rapports que le reste du parc. La seconde est Device Freeze, qui verrouille un poste compromis, volé ou non conforme aux politiques. Il peut être lancé à la demande ou planifié, et existe en version hors connexion : si le poste ne communique pas avec le serveur d’Absolute pendant le délai fixé par l’administrateur, il se gèle automatiquement.

Les fonctions de correctifs, de remédiation et d’automatisation sont également disponibles sous Linux, mais seulement dans certains niveaux de Secure Endpoint. Le blog précise qu’elles continuent de fonctionner « comme avant », c’est-à-dire qu’elles ne sont pas nouvelles sous Linux. Elles proviennent en bonne partie du rachat de Syxsense, spécialiste de la gestion automatisée des correctifs et des vulnérabilités, qu’Absolute a annoncé en septembre 2024. Absolute ne détaille pas non plus dans le communiqué les prix ni les niveaux qui incluent chaque fonction.

Pour justifier ce besoin, le blog cite une donnée du cabinet EMA de 2026 : 45 % des organisations doivent gérer leurs machines Linux sans les mêmes outils que ceux utilisés pour Windows et Mac, même avec des distributions d’entreprise comme Ubuntu et RHEL. C’est un chiffre d’un tiers qu’Absolute utilise dans son argumentaire commercial et dont l’échantillon n’est pas détaillé.

Quelles versions sont couvertes et ce qui n’est pas promis

Le communiqué parle de distributions de stations de travail Ubuntu et RHEL compatibles, sans plus de détail. La page des exigences système précise les versions : Ubuntu Desktop 22.04 et 24.04 en x64, Ubuntu Desktop 26.04 en x64 et arm64, et RHEL Workstation 9.7 et 10.1 en x64 et arm64. Cette même page inclut en outre Ubuntu Server 24.04, ce que le communiqué ne mentionne pas en ne parlant que de stations de travail. D’autres distributions, comme Debian, SUSE ou Fedora, n’apparaissent pas.

La nuance la plus importante concerne la technologie qui distingue Absolute. Sa plateforme repose sur Absolute Persistence, un composant breveté intégré au firmware des appareils grâce à des accords avec les constructeurs, qui permet à l’agent de se réinstaller même si quelqu’un le supprime ou formate le disque. L’entreprise affirme être présente dans le firmware de 600 millions d’appareils. Cependant, son propre blog précise que l’agent partagé est persistant dans le firmware sous Windows, et ni le communiqué ni le blog n’attribuent cette capacité à l’agent Linux. Ils n’incluent pas non plus Linux parmi les systèmes concernés par les nouvelles fonctions de géolocalisation, limitées à Windows, Mac et ChromeOS.

Dans le communiqué, John Herrema, directeur produit d’Absolute Security, soutient qu’aucune organisation ne peut se permettre d’avoir des appareils non gérés, maintenant que l’IA transporte des charges de travail et des données critiques vers des machines tournant sous toutes sortes de systèmes d’exploitation, et que sans visibilité, contrôle et remédiation continus, ces machines sont des incidents qui n’attendent que de se produire.

Les autres nouveautés : macOS 27, FedRAMP et Wi-Fi avec IA

L’annonce fait partie de la mise à jour d’automne de la plateforme, qui comprend d’autres améliorations. Les fonctions de correctifs, de remédiation et d’automatisation fonctionnent désormais avec le même agent que la visibilité, le contrôle et la résilience, au lieu d’en exiger un à part. L’historique des localisations est unifié dans une seule vue, avec un résumé généré par IA qui recoupe la localisation, les noms des réseaux Wi-Fi et le fournisseur d’accès à internet pour donner un niveau de confiance.

Absolute annonce aussi une prise en charge native de macOS 27 dès le premier jour, Apple ayant annoncé qu’il s’agira de la dernière version compatible avec la couche de traduction Rosetta. Son catalogue de résilience des applications, qui répare plus de 80 applications critiques lorsqu’elles sont désactivées, met désormais à jour automatiquement ses contrôles de conformité à chaque nouvelle version de ces applications. Pour le secteur public américain, la récupération à distance (Rehydrate) et le gel depuis le firmware sont intégrés à son offre autorisée FedRAMP.

Côté réseau, Secure Access, l’ancienne NetMotion, inaugure la première phase d’AI Performance Insights, qui détecte les problèmes de performance du Wi-Fi sur le poste avant qu’ils ne finissent en incident auprès du support technique. Elle est disponible dans les versions Edge et Enterprise. Secure Access Enterprise, qui regroupe l’accès zero trust (ZTNA), la passerelle web sécurisée et l’analytique réseau, peut désormais être déployé sur une infrastructure propre, en plus du service cloud, à l’intention des administrations qui ne peuvent pas utiliser d’outils exclusivement cloud.

Cette mise à jour intervient quelques semaines après qu’Absolute a acquis FirmGuard pour renforcer la sécurité du firmware, et dans la ligne d’accords avec des constructeurs comme celui de Lenovo et TraceLock pour contrôler des portables même éteints. Que Linux arrive sans cette couche de firmware montre clairement que, pour l’instant, sa couverture sur ce système est celle d’un agent de gestion et non celle de la technologie qui la distingue sous Windows.

Questions fréquentes

Quelles distributions Linux Absolute Secure Endpoint prend-il en charge ?

Selon ses exigences système, Ubuntu Desktop 22.04, 24.04 et 26.04, Ubuntu Server 24.04 et RHEL Workstation 9.7 et 10.1, en architectures x64 et, pour certaines versions, arm64.

Que peut faire Absolute sur une machine Linux ?

Inventorier son matériel, la geler à distance à la demande, de façon planifiée ou automatiquement si elle ne se connecte pas dans un délai donné, et, dans certains niveaux, appliquer des correctifs, des remédiations et des automatisations.

L’agent Linux inclut-il la persistance dans le firmware ?

Absolute ne l’affirme pas. Son blog indique que l’agent est persistant dans le firmware sous Windows et n’attribue pas cette capacité à l’agent pour Linux.

Sources :

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