Rapidus et HCLTech ouvrent en Inde deux centres pour leur pari sur les 2 nm

Ingénieurs en semi-conducteurs examinant des schémas de puces dans un bureau d'ingénierie

Le japonais Rapidus et l’indien HCLTech ont inauguré deux centres de développement à Bengaluru et à Hubli (Inde) depuis lesquels HCLTech fournira des services d’ingénierie des semi-conducteurs à Rapidus, l’entreprise qui veut fabriquer des puces de 2 nm au Japon. Les deux sociétés ont annoncé l’alliance le 26 octobre 2026 depuis Tokyo et Noida, et HCLTech aidera en outre à constituer un vivier d’ingénieurs indiens pour répondre aux besoins de recrutement de Rapidus au Japon.

Les points clés de l’alliance entre Rapidus et HCLTech en 20 secondes

  • HCLTech ouvre à Bengaluru et à Hubli deux centres consacrés à l’ingénierie des semi-conducteurs de Rapidus.
  • Elle réalisera la conception de masques, des kits de conception de procédés (PDK), de la DTCO et la conception de layout.
  • Elle préparera également des ingénieurs indiens pour travailler chez Rapidus au Japon.
  • Aucun chiffre sur l’investissement, les effectifs ou la durée de l’accord n’a été publié.

Rapidus, créée en 2022 avec le soutien du gouvernement japonais et de grands groupes du pays, est le pari du Japon pour fabriquer de nouveau des puces logiques de dernière génération. Son plan prévoit une production en série au nœud de 2 nm à partir de 2027 dans son usine de Chitose, à Hokkaido, un objectif très exigeant pour une société qui part presque de zéro face à TSMC, Samsung ou Intel. Pour y parvenir à temps, elle a besoin d’ingénieurs, d’outils de conception et d’un écosystème de clients, et l’accord avec HCLTech vise directement les deux premiers.

Ce que fera HCLTech pour Rapidus

Selon le communiqué conjoint, les centres de Bengaluru et de Hubli se concentreront sur des services qui ne relèvent pas de la fabrication proprement dite, mais du travail en amont qui la rend possible : la conception de masques pour la lithographie, l’infrastructure de conception, le développement de kits de conception de procédés (PDK, l’ensemble de règles et de modèles dont les clients ont besoin pour concevoir des puces sur un nœud donné), la co-optimisation entre conception et technologie (DTCO) et la conception de layout.

Ce sont des éléments critiques pour une fonderie qui veut attirer des clients. Sans PDK mature et bien soutenu, aucune entreprise ne peut concevoir sur le procédé de 2 nm de Rapidus, et sans DTCO, il est difficile de tirer pleinement parti du nœud. Externaliser une partie de ce travail en Inde permet à Rapidus de monter en puissance plus vite que ne le permettrait le marché du travail japonais, où les ingénieurs en semi-conducteurs sont rares.

Atsuyoshi Koike, directeur général de Rapidus, affirme dans le communiqué que la construction d’un écosystème d’ingénierie solide est essentielle à la mission de l’entreprise et que l’alliance lui donne accès au talent indien en semi-conducteurs, en complément de ses opérations au Japon. C. Vijayakumar, directeur général de HCLTech, soutient que les semi-conducteurs avancés définiront les technologies de la prochaine décennie et présente l’accord comme le reflet de la collaboration stratégique croissante entre le Japon et l’Inde.

Des talents indiens pour une usine japonaise

La seconde partie de l’accord est moins technique, mais tout aussi importante. HCLTech, qui compte plus de 230 000 salariés dans plus de 60 pays et a réalisé un chiffre d’affaires de 14,8 milliards de dollars sur les douze mois jusqu’à septembre 2026, s’engage à créer un vivier d’ingénieurs indiens pour les besoins de recrutement de Rapidus au Japon. Le communiqué ne précise ni le nombre d’ingénieurs ni les délais.

Cette annonce s’ajoute à d’autres initiatives récentes de Rapidus pour s’entourer de partenaires. Nous avons déjà rapporté que la société a créé CORE pour entourer son futur nœud de 2 nm d’un écosystème mondial et qu’elle cherche aux États-Unis ses premiers clients. Pour HCLTech, qui a déjà ouvert à Bengaluru un laboratoire de semi-conducteurs, l’accord renforce son rôle de fournisseur d’ingénierie pour l’industrie des puces, une activité que l’Inde veut développer parallèlement à ses propres projets de fabrication.

Ce que l’on ne sait pas encore, c’est l’ampleur réelle de la collaboration : ni l’investissement dans les nouveaux centres, ni le nombre d’ingénieurs affectés, ni la durée du contrat. Ce sont ces données qui montreront s’il s’agit d’un appui ponctuel ou d’une pièce structurelle sur la route de Rapidus vers les 2 nm.

Questions fréquentes

Qu’ont convenu Rapidus et HCLTech ?

HCLTech a inauguré deux centres à Bengaluru et à Hubli pour fournir à Rapidus des services de conception de masques, de PDK, de DTCO et de layout, et formera des ingénieurs indiens pour Rapidus au Japon.

Qu’est-ce que Rapidus ?

C’est une entreprise japonaise soutenue par le gouvernement du Japon, qui développe et veut fabriquer des puces logiques avancées de 2 nm dans son usine de Chitose, à Hokkaido.

Qu’est-ce qu’un PDK ?

C’est le kit de conception de procédés : l’ensemble de règles, de modèles et de bibliothèques dont les concepteurs ont besoin pour créer des puces sur un nœud de fabrication donné.

Combien seront investis dans les nouveaux centres ?

Ce n’est pas public. Le communiqué ne détaille ni l’investissement, ni les effectifs, ni la durée de l’accord.

Sources :

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