Ramon Martin prend la tête des opérations de Ricoh en Europe. Jusqu’ici CEO de Ricoh Espagne et Portugal depuis 2016, il cumule désormais ces deux responsabilités. La nomination signale une ambition claire : transformer un groupe historiquement lié à l’impression en intégrateur de services numériques à l’échelle continentale.
Ricoh en Europe : la transformation ou le déclin
Ricoh n’est plus seulement une entreprise d’imprimantes. Le groupe japonais, présent dans plus de 190 pays avec un siège à Tokyo, a enregistré pour l’exercice clos en mars 2026 un chiffre d’affaires mondial de 2 608 milliards de yens, soit environ 16,4 milliards de dollars. Mais cette performance se construit de plus en plus sur les services numériques, pas sur les volumes d’impression.
La stratégie s’articule autour de trois axes. Cloud & Cyber regroupe les centres de données, services cloud, cybersécurité et intelligence artificielle. Digital Workplace couvre l’impression de bureau, les solutions industrielles et l’environnement de travail. Process Automation adresse la gestion documentaire, la modernisation d’applications et l’expérience numérique. Ce triptyque dessine une entreprise qui cherche à capter les budgets IT des organisations européennes, pas seulement à vendre du matériel.
Dans ce contexte, le rôle de COO Europe devient stratégique. Il faut coordonner des marchés aux maturités différentes, aligner les capacités techniques, gérer les canaux de distribution et maintenir une relation client qui va au-delà du contrat de maintenance. C’est précisément ce que Ricoh attend de Ramon Martin.
Ce que Martin apporte depuis l’Ibérie
Le choix d’un dirigeant ibérique pour piloter l’Europe n’est pas anodin. Sous la direction de Ramon Martin, Ricoh Espagne et Portugal ont fait évoluer leur modèle vers les services numériques plus tôt que d’autres filiales. La base ibérique est solide : 17 agences, 2 200 collaborateurs, 100 distributeurs, 15 000 clients et un chiffre d’affaires de 360 millions d’euros. C’est une plateforme opérationnelle, pas un marché de niche.
Martin ne quitte pas l’Ibérie pour autant. Il garde la responsabilité de CEO Espagne et Portugal, avec deux nouveaux Country Managers sous sa supervision. José Tamajón, actuel directeur des grandes comptes en Espagne, devient Country Manager Espagne. En Portugal, Marcos Sanz, responsable financier de la filiale espagnole, prend en charge la direction locale en parallèle de ses fonctions actuelles.
| Fonction | Responsable |
|---|---|
| COO Ricoh Europe | Ramon Martin (nouveau) |
| CEO Ricoh Espagne et Portugal | Ramon Martin (maintenu) |
| Country Manager Espagne | José Tamajón |
| Country Manager Portugal | Marcos Sanz |
Ce montage garantit la continuité ibérique tout en libérant une partie de la bande passante managériale de Martin pour les enjeux continentaux. C’est une organisation en couches, fréquente chez les groupes qui mutualisent leur management senior entre plusieurs périmètres.
IA, cybersécurité et automatisation : les trois paris de Ricoh
Les marchés que Ricoh vise en Europe sont sous forte pression concurrentielle. Sur le segment cloud et cybersécurité, les entreprises font face à une prolifération d’acteurs : cabinets de conseil, intégrateurs purs, hyperscalers, spécialistes de la sécurité. La différenciation de Ricoh repose sur sa capacité à combiner plusieurs couches technologiques dans une offre cohérente, en s’appuyant sur une base installée dans des milliers d’organisations.
L’intelligence artificielle devient transversale dans cette offre. Ricoh l’intègre dans la classification de documents, l’automatisation de processus, l’assistance interne et l’analyse de données. Mais l’IA isolée ne vaut rien sans intégration aux systèmes existants et aux politiques de sécurité des clients. C’est là que l’expérience d’un intégrateur comme Ricoh prend tout son sens. Pour creuser ce sujet, l’analyse sur les puces NVIDIA GB300 et leur impact sur l’IA agentique illustre bien la montée en puissance des infrastructures dédiées à ce type d’usage.
La cybersécurité constitue l’autre enjeu central. Le travail hybride a multiplié les surfaces d’attaque : identités, terminaux, données en cloud, accès distants. Les entreprises cherchent des prestataires capables de gérer ces risques de façon continue, pas seulement de vendre des licences. La division Cloud & Cyber de Ricoh se positionne sur ce segment de services managés, en concurrence directe avec des acteurs spécialisés.
Sur l’automatisation des processus, Ricoh dispose d’un avantage historique : la gestion documentaire. Cette expertise devient une porte d’entrée vers des projets plus larges de digitalisation et de modernisation d’applications. Le défi est de passer d’une relation client centrée sur le contrat d’impression à une relation de partenaire technologique. La réorganisation en cours chez d’autres acteurs du cloud enterprise, comme l’illustre la vague de migrations post-VMware que les entreprises gèrent actuellement, montre que les fenêtres pour capter de nouveaux clients ne restent pas ouvertes indéfiniment.
Ce que cette nomination ne garantit pas
Nommer un COO ne suffit pas à transformer un groupe. La compétition dans les services numériques en Europe est intense. Les intégrateurs historiques comme Atos, Capgemini ou DXC jouent sur les mêmes terrains. Les hyperscalers AWS, Microsoft Azure et Google Cloud ont leurs propres programmes de services managés. Et les pure players de la cybersécurité ou de l’automatisation capturent des budgets qui auraient pu revenir à des intégrateurs généralistes.
Ricoh doit démontrer que sa transformation n’est pas un repositionnement de communication mais un changement opérationnel réel. La vision Intelligent Work, qui regroupe technologie, processus et talents, est cohérente sur le papier. L’exécution se mesurera dans les contrats signés, les clients retenus sur plusieurs années et la capacité à monter en gamme sur des projets complexes.
Pour le marché européen, la nomination de Ramon Martin envoie un signal positif : Ricoh mise sur des profils qui ont prouvé leur capacité à faire évoluer des filiales locales. Si l’expérience ibérique est transférable à l’échelle continentale, le groupe dispose d’un avantage concurrentiel réel. Si elle ne l’est pas, le risque est de diluer les ressources managériales sans résultat tangible à l’échelle de l’Europe.
Questions fréquentes
Qui est Ramon Martin et quel est son nouveau rôle chez Ricoh ?
Ramon Martin est CEO de Ricoh Espagne et Portugal depuis 2016. Il vient d’être nommé COO de Ricoh Europe, un rôle qu’il cumule avec ses responsabilités ibériques. Sa mission : piloter la transformation opérationnelle du groupe en Europe vers les services numériques.
Quels changements de direction Ricoh opère-t-il en Ibérie ?
José Tamajón prend la direction de Ricoh Espagne. Marcos Sanz cumule son rôle de responsable financier avec la direction de Ricoh Portugal. Ramon Martin supervise les deux, tout en occupant ses nouvelles fonctions européennes.
Sur quels marchés Ricoh veut-il se développer en Europe ?
Ricoh cible trois segments : Cloud & Cyber (cloud, cybersécurité, IA), Digital Workplace (environnement de travail, impression) et Process Automation (gestion documentaire, modernisation d’applications). L’objectif est de passer du statut de fournisseur de matériel à celui d’intégrateur de services numériques.
Quelle est la taille de Ricoh en Ibérie ?
Ricoh Espagne et Portugal représentent 360 millions d’euros de chiffre d’affaires, 2 200 collaborateurs, 17 agences, 100 distributeurs et 15 000 clients. Le groupe est présent en Ibérie depuis plus de quarante ans, avec des sièges à Sant Cugat del Vallès, Madrid et Vila Nova de Gaia.
En quoi consiste la vision Intelligent Work de Ricoh ?
Intelligent Work est le concept fédérateur de la proposition de valeur de Ricoh. Il rassemble les outils technologiques, les processus et les talents pour aider les organisations à travailler de façon plus connectée et plus efficace. En pratique, il couvre l’IA, l’automatisation, la cybersécurité et les solutions de lieu de travail numérique.
Source : Ricoh Espagne