A1 Digital prépare l’ouverture de sa première zone cloud en Espagne prévue pour le second semestre 2026. L’entreprise déploiera l’infrastructure d’Exoscale dans un centre de données exploité par un prestataire tiers encore non identifié, en proposant depuis le pays des services de calcul, de stockage, Kubernetes, bases de données et intelligence artificielle. Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer sa présence en Europe Occidentale, en proposant une alternative basée sur des technologies open source et entièrement hébergée en territoire européen.
Les clés de l’implantation d’A1 Digital en Espagne en 20 secondes
- Ouverture prévue : la nouvelle zone cloud devrait être opérationnelle au second semestre 2026.
- Mode de déploiement : A1 Digital installera sa plateforme dans un centre de données géré par un tiers, sans construire initialement de centre de données propre.
- Architecture initiale : la zone espagnole débutera avec un seul centre de données et pourra être étendue en fonction de la demande.
- Plateforme principale : l’offre reposera sur Exoscale, son cloud public européen développé sur des technologies open source.
- Services prévus : machines virtuelles, stockage, Kubernetes, bases de données gérées, GPU et inférence de modèles d’intelligence artificielle.
- Clients cibles : entreprises SaaS, PME, grandes entreprises, administrations publiques et organisations dans des secteurs réglementés.
- Souveraineté et conformité : les données resteront en Europe et l’entreprise a entamé les démarches pour obtenir la certification du Schéma National de Sécurité (ENS) en Espagne.
- Équipe locale : A1 Digital mobilise le personnel, l’expertise SAP et le réseau de relations issues de Claro Enterprise Solutions.
Ce déploiement ne démarre pas d’une filiale créée ex nihilo. A1 Group a acquis 100 % de Claro Enterprise Solutions Espagne le 1er septembre 2025 via une opération interne entre sociétés contrôlées par América Móvil. La société a officiellement changé de nom pour devenir A1 Digital Spain en janvier 2026, conservant ainsi une équipe spécialisée en SAP et une base commerciale déjà enracinée sur le marché espagnol.
Sur cette structure, l’entreprise ajoutera les activités internationales d’A1 Digital : infrastructure cloud, connectivité gérée, réseaux, cybersécurité et internet des objets. Elle recrute également des profils techniques et commerciaux, avec pour objectif de créer un réseau de partenaires constitué d’intégrateurs, de fournisseurs de services informatiques, d’entreprises SaaS et de distributeurs de connectivité.
L’Espagne a été choisie pour la croissance de son marché technologique, la demande pour une infrastructure locale, ainsi que pour ses liens commerciaux avec l’Amérique latine. Pour A1 Digital, cette nouvelle zone pourra répondre aux besoins de clients espagnols et d’autres pays d’Europe Occidentale, tout en servant de porte d’entrée commerciale vers l’Amérique latine et, dans une moindre mesure, l’Afrique.
Ce positionnement ne garantit pas que l’Espagne soit l’emplacement à la latence la plus faible pour tous les utilisateurs latino-américains. Le résultat dépendra du pays d’origine, des routes sous-marines, des accords entre opérateurs et de la configuration du réseau utilisé par chaque client. En revanche, cela constitue une amélioration par rapport à une exécution exclusivement depuis des centres de données en Europe Centrale ou de l’Est.
Une zone cloud dans un seul centre de données pour la première phase
L’expression « zone cloud » peut faire penser à un nouveau campus construit et exploité directement par A1 Digital. Cependant, le projet initial sera différent. La société louera un espace, de l’énergie et de la connectivité dans un centre de données d’un fournisseur spécialisé, tandis que le matériel et la plateforme cloud seront gérés selon l’architecture d’Exoscale.
La localisation précise n’a pas été annoncée. A1 Digital indique qu’elle évalue l’efficacité énergétique, l’accès à une électricité d’origine renouvelable, la connectivité, la sécurité physique et la capacité d’expansion des sites potentiels.
La première phase utilisera un seul centre de données. Cela permettra d’accélérer le lancement et de tester la demande avant d’engager une extension plus importante, mais cela oblige aussi à faire la distinction entre disponibilité dans une zone et redondance géographique. En cas de défaillance totale du site, un client souhaitant assurer la continuité devra répliquer ses services dans une autre zone Exoscale en Europe ou adopter une architecture multi-cloud.
La plateforme supporte le déplacement de charges entre zones, même si une migration complète peut nécessiter de répliquer des bases de données, de copier du stockage, d’adapter des adresses réseau et de revoir les dépendances. La portabilité est facilitée lorsque les applications sont conçues dès le départ avec des conteneurs, de l’automatisation d’infrastructure et des formats ouverts.
A1 Digital garantit que tous les services principaux d’Exoscale seront disponibles dès le lancement. La société cite du matériel de fabricants comme Nvidia, Intel ou Lenovo, mais n’a pas encore précisé la capacité de la zone, le nombre de serveurs, la puissance électrique réservée ou les modèles de GPU qui seront déployés en Espagne.
Il reste également à confirmer si le lancement comprendra tous les services gérés en production ou si certains seront déployés progressivement. Sur une nouvelle région cloud, des prestations comme le stockage d’objets, les bases de données, les GPU et l’intelligence artificielle nécessitent souvent des configurations et capacités différentes.
L’offre d’Exoscale inclut des instances de calcul, du stockage compatible S3, des bases de données en mode service, la gestion de clés, des réseaux privés et SKS, son service managé de Kubernetes. La société avance que son intégration avec Karpenter ajuste automatiquement la taille des nœuds d’un cluster selon les besoins, bien que la déclaration selon laquelle elle serait le seul fournisseur européen avec cette fonctionnalité soit issue de l’entreprise elle-même et difficile à comparer sans délimiter un cadre précis.
Un de leurs produits récents, Dedicated Inference, permet de déployer des modèles d’intelligence artificielle sur des GPU Nvidia réservés à chaque client. Ce service propose une API compatible OpenAI, supporte des modèles publics ou privés, et peut faire varier le nombre de réplicas. La facturation est basée sur le temps d’utilisation des GPU et non sur le nombre de tokens traités, ce qui peut simplifier la prévision des coûts pour des charges stables, sans garantir cependant des prix plus avantageux dans tous les cas.
Souveraineté européenne, argument face aux hypergéants du cloud
Le principal axe commercial d’A1 Digital tourne autour de la souveraineté numérique. Exoscale, fondée en Suisse, fait partie du groupe A1 Telekom Austria. Son infrastructure est répartie entre plusieurs centres de données européens, et sa plateforme repose largement sur des projets open source.
Pour l’entreprise, la souveraineté implique de garder les données et leur traitement en Europe, de respecter la législation européenne et de limiter la dépendance à des logiciels ou à de la propriété intellectuelle contrôlés par des fournisseurs étrangers. Exoscale dispose de certifications telles qu’ISO 27001 et publie des informations sur ses contrôles de sécurité et conformité. La future zone en Espagne, selon Castiglioni, est en cours de préparation pour obtenir la certification ENS.
Le recours à l’open source contribue à réduire certaines dépendances, mais n’élimine pas pour autant le risque d’être lié à un fournisseur spécifique. Les entreprises doivent aussi examiner les API utilisées, les formats de stockage, les services managés, les coûts de sortie de données et le travail de reconstruction de leur plateforme en cas de migration.
La souveraineté ne dépend pas uniquement de la nationalité de l’opérateur. Elle concerne aussi la localisation des données, la juridiction applicable, l’accès administratif, le chiffrement, la chaîne d’approvisionnement, le support technique et la capacité réelle de migrer une charge sans tout reconstruire.
A1 Digital affirme que sa structure européenne évite que Exoscale ne soit soumis à des réglementations extraterritoriales américaines comme le CLOUD Act. Cette distinction est importante par rapport aux filiales européennes des grands fournisseurs américains, même si chaque organisation devra juger selon ses besoins juridiques, contractuels et sectoriels avant de choisir un fournisseur cloud.
La réglementation accroît l’intérêt pour ces alternatives. Le RGPD, NIS2, DORA et les exigences spécifiques du secteur public et des infrastructures critiques encouragent de nombreuses entreprises à reconsidérer où leurs données sont stockées, qui y a accès et quelles dépendances sont maintenues avec des tiers.
Cela ne signifie pas une désertion totale de AWS, Microsoft Azure ou Google Cloud. La tendance la plus probable reste une stratégie combinée : conserver certaines applications chez les hyperescaleurs, utiliser des clouds européens pour des données sensibles, et garder une partie de l’infrastructure dans des centres propres ou auprès de fournisseurs locaux.
A1 Digital cherche précisément à capter cette dynamique. Son audience inclut développeurs, sociétés SaaS, administrations, secteur de la santé, finance et industrie. La connectivité IoT étend aussi ses opportunités vers la mobilité, l’énergie et la télémétrie. Parmi ses références internationales figurent 16 000 wagons de marchandises connectés pour les chemins de fer autrichiens et plus d’un million de points de mesure dans des projets de compteurs intelligents.
La durabilité sera un critère supplémentaire pour le choix du centre de données espagnol. Exoscale utilise CloudAssess, un outil open source qui réalise une analyse du cycle de vie pour estimer non seulement les émissions liées à la consommation électrique, mais aussi d’autres impacts liés au hardware et aux ressources. Les données générées peuvent contribuer aux rapports environnementaux des clients et à leurs décisions sur l’utilisation du cloud.
L’entreprise a également testé à Vienne une technologie de refroidissement liquide en partenariat avec la société autrichienne Diggers. A1 Digital assure que ce système peut réduire jusqu’à 50 % la consommation d’énergie comparé aux systèmes traditionnels, tout en recyclant une grande partie de l’énergie thermique, bien que ces chiffres proviennent de leur expérience et puissent varier selon le climat, la densité des racks et l’usage de la chaleur récupérée.
Le calendrier est serré. Avec la seconde moitié de l’année déjà entamée, A1 Digital devra finaliser la localisation, installer les équipements, déployer les réseaux et réaliser les tests avant d’ouvrir la zone à des fins commerciales. La société n’a pas encore communiqué de date précise au cours de cette période.
L’arrivée d’Exoscale renforcera l’offre de clouds européens disponibles depuis l’Espagne et exercera une pression concurrentielle accrue dans un marché où opèrent déjà des fournisseurs locaux, continentaux et les grands hyperescaleurs. Leur capacité à attirer des clients dépendra moins du discours sur la souveraineté que de critères plus concrets : gamme de services, performances, support local, prix, connectivité et facilité de migration des applications existantes.
Questions fréquentes
Quand A1 Digital ouvrira-t-elle sa zone cloud en Espagne ?
L’entreprise prévoit sa mise en service durant le second semestre 2026, sans annoncer encore de date précise.
A1 Digital construira-t-elle un centre de données propre ?
Pas dans cette première phase. Elle louera et gèrera son infrastructure cloud dans un centre exploité par un fournisseur externe.
Quels services Exoscale proposera-t-elle depuis l’Espagne ?
Les prévisions incluent calcul, stockage, réseaux, Kubernetes, bases de données gérées, GPU et services d’inférence AI.
Que valorise l’apport de Claro Enterprise Solutions dans le projet ?
Un équipe locale expérimentée en SAP, une connaissance approfondie du marché espagnol et des relations commerciales établies. La société a été acquise par A1 Group en 2025, redevenue A1 Digital Spain en janvier 2026.