Nutanix se repositionne pour l’IA autogérée et l’après-VMware

Nutanix renforce son engagement envers le « cloud souverain distribué » avec plus de contrôle en local, sécurité pour l'IA et résilience multisite

Nutanix a profité de sa conférence .NEXT 2026 pour adresser un message très clair au marché : elle souhaite se présenter comme une plateforme complète pour la nouvelle étape de l’infrastructure d’entreprise. Dans cette phase, il ne suffit plus de virtualiser les machines ; il faut aussi intégrer des conteneurs, une intelligence artificielle agentique, la souveraineté des données, un stockage avancé et des capacités pour déplacer des charges entre le cloud, les centres de données et les environnements hautement réglementés. La société a annoncé le 7 avril de nouvelles fonctionnalités pour Nutanix Cloud Platform, avec un accent particulier sur l’IA, Kubernetes sur bare metal, la gestion multi-site et l’élargissement de la compatibilité avec du matériel et du stockage de tiers.

Ce mouvement intervient à un moment particulièrement sensible pour le marché. De nombreuses entreprises réévaluent encore leur stratégie de virtualisation suite aux changements dans l’écosystème VMware, tout en cherchant à préparer leur infrastructure pour des charges d’IA et des applications modernes, sans dépendre exclusivement d’un seul cloud ou subir les cycles d’achat de matériel de plus en plus tendus. Nutanix tente de combler cet espace avec une double argumentation : offrir une plus grande flexibilité pour réutiliser l’infrastructure existante et proposer davantage d’options pour déployer des charges en environnements hybrides et souverains.

Une plateforme plus ambitieuse pour l’IA, Kubernetes et le stockage

La composante la plus visible de l’annonce est Nutanix Agentic AI, une plateforme complète pour construire et exploiter des applications d’IA sur Nutanix Cloud Platform. La société rappelle que cette solution avait déjà été présentée lors du NVIDIA GTC 2026, et qu’elle reste en accès anticipé, avec une disponibilité générale prévue pour la deuxième moitié de 2026. Selon Nutanix, cette offre combinera une infrastructure de virtualisation haute performance dédiée à l’IA, avec des services intégrés de calcul, stockage, réseau et Kubernetes.

À cela s’ajoute NKP Metal, une autre innovation majeure dévoilée lors de l’événement. Cette extension de Nutanix Kubernetes Platform permet de déployer Kubernetes directement sur une infrastructure bare metal, ce qui est particulièrement crucial pour les déploiements en edge, les environnements à forte densité GPU ou le entraînement d’IA, où la surcharge de couches intermédiaires peut poser problème. Nutanix l’a lancé en accès anticipé, avec une disponibilité générale également prévue pour la seconde moitié de 2026.

En matière de stockage, la mise à jour Nutanix Unified Storage 5.3 est maintenant accessible et se positionne comme une couche renforcée pour ce que l’on appelle les AI Factories. La société met en avant de nouvelles fonctions de smart tiering vers Google Cloud et OVHcloud S3, un stockage d’objets multi-tenant et la gestion de quotas. D’ici la fin 2026, Nutanix promet également une accélération RDMA pour S3 compatible, visant à améliorer le rendement pour de grands ensembles de données d’entraînement. Par ailleurs, Data Lens 2.0 est déjà disponible : il permet une analyse complète en local, même dans des environnements isolés, avec des capacités d’analyse contre les ransomwares, de gouvernance et d’audit des données.

Nutanix veut aussi ouvrir une voie pour les clients en transition

Bien que la communication insiste beaucoup sur l’IA agentique, la dimension commerciale est tout aussi stratégique. Nutanix sait que beaucoup d’organisations cherchent à moderniser leurs environnements virtualisés sans tout reconstruire depuis zéro. C’est pourquoi une partie importante de l’annonce porte sur la compatibilité avec davantage de serveurs, de baies de stockage et de méthodes de migration. La société revendique la « plus grande expansion de support d’infrastructure » de son histoire, avec des intégrations et déploiements sur des plateformes telles que Cisco, Dell, Fujitsu, HPE, Lenovo, ainsi que sur sa propre plateforme NX, en plus de nouveaux partenariats avec NetApp, Everpeer, et autres acteurs.

Un message pragmatique est que cette stratégie permet de tirer parti du matériel déjà acheté. Nutanix insiste sur le fait que NCP (Nutanix Cloud Platform) facilite la réutilisation des investissements existants, même dans un contexte de restrictions d’approvisionnement. Cela s’appuie notamment sur l’annonce du nouveau Foundation Central appliance, qui simplifie le déploiement de Nutanix Cloud Infrastructure et AHV, ainsi que sur la disponibilité générale des migrations zero-copy depuis VMware vSphere Virtual Volumes vers AHV vDisks. Cette fonction vise à accélérer les conversions in situ, sans duplication de données.

Ce volet n’est pas anodin. La presse spécialisée et les acteurs de l’écosystème cloud ont interprété ces annonces comme une volonté affirmée de Nutanix de renforcer sa position face à VMware, tout en attirant des fournisseurs de services et des néo-clouds en quête de solutions multitenant et plus contrôlables pour leur infrastructure et leurs services d’IA. Dans cette optique, Service Provider Central, encore en Early Access et prévu pour la seconde moitié de 2026, offre de nouvelles capacités de gestion multi-tenant pour les partenaires de Nutanix.

Plus de souveraineté, de contrôle et de gestion unifiée

Un autre axe majeur de l’annonce concerne la souveraineté opérationnelle et de données. Nutanix étend Nutanix Cloud Clusters (NC2) à des régions telles que AWS GovCloud, déjà disponible, et AWS European Sovereign Cloud, attendue plus tard cette année. La société a également annoncé le support de Hyperdisk et du bare metal C3 sur Google Cloud, prévu pour la seconde moitié de 2026, permettant un déploiement indépendamment du stockage ou de l’utilisation d’instances sans disques locaux. L’objectif est clair : si une entreprise doit déplacer ses charges vers le cloud pour des raisons de latence, de réglementation ou de manque de matériel sur site, Nutanix veut lui offrir un chemin de migration simple, sans nécessiter une refonte complète des applications.

Dans cette optique, Nutanix Cloud Manager 2.0 est désormais en ligne. Il s’appuie sur une nouvelle architecture permettant de gérer de grandes infrastructures distribuées à l’échelle, même via plusieurs instances de Prism Central. La société le présente comme une réponse à la gestion de plus en plus fragmentée entre clouds publics, privés et environnements souverains ou isolés. Il intègre également la gouvernance des coûts en local, dans une console unifiée, sans dépendre d’une application SaaS séparée.

Ce tout confirme une vision stratégique : Nutanix souhaite se repositionner davantage comme une couche opérationnelle pour l’entreprise moderne, distribuée. Elle veut permettre de déplacer VM, conteneurs et charges d’IA entre plusieurs domaines sans perdre en visibilité, gouvernance, ni liberté de choix. Si le portfolio est impressionnant, il faut rappeler qu’une partie des fonctionnalités annoncées est encore en accès anticipé ou prévue pour la fin 2026. Il y a donc déjà du produit en production, mais aussi beaucoup de feuille de route à concrétiser.

Questions fréquentes

Qu’a annoncé précisément Nutanix lors de .NEXT 2026 ?
Nutanix a enrichi Nutanix Cloud Platform de nouvelles capacités pour l’IA agentique, Kubernetes sur bare metal, stockage unifié, gestion multi-site, multi-tenance pour les fournisseurs et plus d’options de souveraineté dans le cloud hybride. Certaines de ces fonctionnalités sont déjà disponibles, d’autres arriveront dans la seconde moitié de 2026.

Qu’est-ce que Nutanix Agentic AI ?
Il s’agit de la nouvelle plateforme complète de Nutanix pour construire et gérer des applications d’IA, annoncée lors de NVIDIA GTC 2026. Elle est encore en accès anticipé, avec une disponibilité générale prévue pour la seconde moitié de 2026.

Quelle différence apporte NKP Metal par rapport à Kubernetes traditionnel chez Nutanix ?
Il permet de déployer Kubernetes directement sur une infrastructure bare metal, idéal pour le edge, les charges GPU Denses et l’entraînement en IA, où la performance et la simplicité opérationnelle sur du matériel physique sont cruciales. Sa disponibilité générale est attendue pour la seconde moitié de 2026, après une phase en early access.

Nutanix cherche-t-elle à capter les clients insatisfaits de VMware ?
Sans le formuler explicitement, plusieurs annonces illustrent cette stratégie : migrations zero-copy depuis vSphere, diversification du support hardware, capacités multi-tenant pour les fournisseurs de services. La presse et le secteur ont largement interprété ces mouvements dans cette optique.

Source : nutanix

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