Nscale augmente sa dette de 900 millions de dollars pour des centres de données d’intelligence artificielle

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Nscale a conclu une ligne de crédit renouvelable de 900 millions de dollars afin d’accélérer la construction de centres de données et le déploiement d’infrastructures pour l’intelligence artificielle aux États-Unis, en Europe et en Asie-Pacifique. Cette opération renforce la capacité financière d’une entreprise qui, en seulement quelques mois, a combiné une levée de fonds de 2 milliards de dollars avec des prêts garantis par des GPU et des financements spécifiques pour son campus norvégien de Narvik.

Les points clés du nouveau financement de Nscale en 20 secondes

  • Nouvelle opération : une ligne de crédit renouvelable de 900 millions de dollars.
  • Utilisation prévue : financer des centres de données et d’autres investissements en infrastructure pour l’IA en Amérique, en Europe et en Asie-Pacifique.
  • Principaux partenaires : J.P. Morgan, Goldman Sachs, Morgan Stanley, Bank of America, Deutsche Bank et autres grandes banques.
  • Pas une dépense immédiate : cette facilité renouvelable permet à Nscale de disposer des fonds, de les rembourser et de les réutiliser selon les conditions convenues.
  • Autres financements récents : en février, un prêt de 1,4 milliard de dollars garanti par GPU, et en mai, 790 millions pour Narvik.
  • Projet phare en Norvège : un campus de 230 MW destiné à accueillir plus de 30 000 GPU Nvidia Rubin pour Microsoft d’ici 2027.
  • Nouveau partenaire local : Nscale et Nordkraft ont créé Nordscale Operations, détenue à 51 % et 49 % respectivement, pour gérer les installations de Narvik.

Ce financement syndiqué par douze institutions financières, dont MUFG, RBC Capital Markets, Crédit Agricole CIB, Mizuho, SMBC, TD Securities et KeyBank. Nscale n’a pas précisé le taux d’intérêt, la date d’échéance, les garanties ou les conditions pour accéder aux fonds. La société n’a pas non plus indiqué le montant qu’elle prévoit utiliser initialement.

Il est essentiel de différencier une ligne de crédit renouvelable d’un tour de financement par fonds propres : cette dernière consiste à injecter du capital en échange d’actions, tandis que la facilité renouvelable offre une réserve de liquidités réutilisable selon les besoins du projet. Elle confère une flexibilité essentielle à une entreprise comme Nscale, qui doit investir en amont pour réserver l’énergie, préparer les terrains, construire des bâtiments, installer des systèmes électriques, de refroidissement et acquérir des serveurs équipés de milliers d’accélérateurs. Les retours sur investissement arrivent une fois que les clients commencent à utiliser la capacité déployée.

Une suite de levées de fonds et de prêts pour une croissance rapide

Les 900 millions viennent compléter une structure financière qui a évolué aussi rapidement que les projets de l’entreprise. En février, Nscale a sécurisé un prêt à terme de 1,4 milliard de dollars, garanti par GPU, destiné à financer des clusters en Norvège, au Portugal, en Islande et au Royaume-Uni.

Ce financement permet à Nscale d’utiliser la dette pour couvrir une partie de l’achat de processeurs, pour des projets en cours ou en pipeline. Les fonds ont été levés via des véhicules d’investissement gérés par PIMCO, Blue Owl et LuminArx Capital Management, entre autres.

En mars, la société a réalisé une levée de fonds Série C de 2 milliards de dollars, menée par Aker et 8090 Industries. Cette opération a valorisé Nscale à 14,6 milliards de dollars et a intégré des investisseurs tels que Nvidia, Dell, Lenovo, Nokia, Citadel, Jane Street, et d’autres. Sheryl Sandberg, Susan Decker et Nick Clegg ont rejoint le conseil d’administration.

Il est important de noter que cette valorisation de mars ne peut pas être ajustée automatiquement avec les nouvelles lignes de crédit. Si la dette augmente les ressources disponibles, elle accroît aussi les obligations financières de l’entreprise. La valorisation réelle ne pourra être appréciée qu’après une opération en capital, une vente secondaire ou une IPO.

En mai, Nscale a obtenu 790 millions de dollars additionnels pour poursuivre le développement de Narvik, avec une option d’extension de 790 millions supplémentaires pour ajouter 115 MW au campus. Présenter ces deux montants comme immédiatement disponibles serait une erreur, puisqu’ils n’ont pas encore été transférés ou engagés.

Ce cumul d’opérations témoigne de l’appétit du secteur financier pour les centres de données liés à l’IA, mais aussi des importants capitaux qu’impose ce secteur. La rapidité de renouvellement des GPU, l’ampleur des infrastructures électriques et la pression sur les délais contractuels accentuent cette tendance.

Le fait d’avoir un client majeur, comme Microsoft ou OpenAI, réservant à l’avance une capacité, limite certains risques. Nscale a conclu des accords avec ces entreprises, ce qui crédibilise ses projets auprès des banques, en les présentant comme des infrastructures en réponse à une demande concrète, plutôt que comme des centres de données en attente de clients.

Néanmoins, ces contrats n’éliminent pas tous les risques : augmentation des coûts de construction, retards dans les connexions électriques, ou modifications de conception suite à l’arrivée de nouvelles générations de processeurs. La concentration commerciale reste aussi un enjeu, car une part importante des revenus dépend de quelques grands acteurs technologiques.

Narvik, une pièce maîtresse du pari stratégique

Le campus de Narvik, situé à Kvandal, au nord de la Norvège, incarne l’un des projets les plus visibles de Nscale. Avec 230 MW, il accueillera plus de 30 000 GPU Nvidia Rubin pour Microsoft d’ici 2027. La société le présente comme l’un des plus grands projets d’infrastructure terrestre du pays.

Son emplacement bénéficie d’un approvisionnement en hydroélectricité, de températures froides et d’un terrain propice à l’expansion future. Ces conditions peuvent réduire certains coûts opérationnels, notamment la refroidissement, mais nécessitent tout de même d’investir dans le réseau électrique, des systèmes de secours, et des connexions de haute capacité.

Ce projet a également conduit Nscale à renforcer sa présence locale. La société et Nordkraft ont créé Nordscale Operations, une filiale chargée de gérer le campus. Nscale Norway détiendra 51 %, et Nordkraft 49 %.

Lancement prévu en 2026 avec un bureau principal à Bjerkvik, à proximité de Narvik, cette nouvelle entité recrutera du personnel pour le technique, la maintenance, les ressources humaines, la sécurité et la gestion des installations. Elle prévoit aussi de s’appuyer sur des fournisseurs locaux pour la logistique, la maintenance, le déneigement, la restauration et d’autres services spécialisés.

L’expertise de Nordkraft dans le réseau électrique et la gestion d’infrastructures critiques est un atout stratégique. Le groupe, détenu par des collectivités locales et Jämtkraft (Suède), gère environ 52 000 connexions et produit ou exploite plus de 2,6 TWh d’énergie renouvelable chaque année.

La création de Nordscale ne signifie pas que Nscale ait abandonné le projet norvégien. La société britannique conserve la majorité de la société opérationnelle et continue de piloter le développement du centre. La joint-venture se concentrera sur les opérations locales, tandis que Nscale maintiendra la gestion des relations clients, la plateforme cloud et le déploiement informatique.

Ce modèle s’inscrit dans la stratégie d’offrir une solution intégrée, combinant centres de données, énergie, serveurs, stockage, réseaux et logiciels pour entraîner, ajuster et déployer des modèles d’IA.

Une telle intégration facilite la gestion pour Microsoft, OpenAI et d’autres, mais impose aussi une responsabilité financière importante à Nscale. La société doit construire l’infrastructure physique tout en maintenant une plateforme cloud compétitive face aux acteurs majeurs du secteur.

La ligne de crédit de 900 millions offre à Nscale une marge de manœuvre pour continuer son expansion sur plusieurs continents sans dépendre de financements distincts pour chaque étape. La rentabilité réelle se révélera lorsque l’entreprise précisera ses ressources disponibles, ses projets financés et lorsque ses campus commenceront à générer des revenus.

La forte demande en puissance de calcul pour l’IA perdure, mais ce n’est pas une garantie de rentabilité immédiate. La profitabilité dépendra de l’occupation, des coûts énergétiques, des taux d’intérêt, de la durée de vie des GPU, et de la capacité de Nscale à livrer à temps. Dans un secteur en pleine croissance aux investissements bigarrés, disposer de financements est un avantage, mais voir ces projets devenir opérationnels et rentables sera le défi majeur.

Questions fréquentes

Qu’a réalisé exactement Nscale ?
Elle a obtenu une ligne de crédit renouvelable de jusqu’à 900 millions de dollars pour financer son expansion à l’échelle internationale et ses investissements en infrastructure IA.

Les 900 millions représentent-ils une nouvelle levée de fonds ?
Non, il s’agit d’un prêt bancaire, non d’un apport en capital contre des actions. Son utilisation générera des intérêts et sera soumise aux conditions fixées avec les banques.

Quel est le montant total de financements annoncés par Nscale en 2026 ?
Les principales opérations incluent une Série C de 2 milliards, un prêt de 1,4 milliard garanti par GPU, 790 millions pour Narvik, et la nouvelle facilité de 900 millions. Toutes ne sont pas encore débloquées en totalité ou utilisées.

Qu’est-ce que Nordscale Operations ?
Il s’agit d’une joint-venture entre Nscale et Nordkraft chargée de gérer le centre de données de Narvik. Nscale détient 51 %, et Nordkraft 49 %.

Source : nscale

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