L’arrivée de ONTAP 9.19.1 étend SnapMirror Active Sync aux charges de travail NAS, une évolution majeure pour les entreprises ayant besoin de garantir la disponibilité de données critiques servies via NFS et SMB. La technologie de NetApp, jusque-là principalement axée sur le stockage en blocs dans ce contexte de continuité, peut désormais offrir un RPO de 0 et un RTO proche de zéro pour le stockage de fichiers, avec une commutation automatique entre deux systèmes ONTAP.
Les clés de SnapMirror Active Sync pour NAS en 20 secondes
- ONTAP 9.19.1 intègre NFS et SMB à SnapMirror Active Sync.
- NetApp garantit un RPO de 0 et un RTO proche de zéro pour ces configurations.
- La protection NAS s’effectue au niveau de la Machine Virtuelle de Stockage (SVM).
- Le système secondaire reste prêt à prendre le relais en cas de défaillance du primaire.
- Cette nouveauté augmente les possibilités des architectures de stockage synchrone inter-datacentres.
Pour les fournisseurs d’infrastructures comme Stackscale, qui utilisent la technologie NetApp dans leurs solutions de stockage d’entreprise, cette annonce permet également d’expliquer une différence souvent subtile : répliquer des données ne signifie pas nécessairement disposer en permanence des mêmes données dans deux endroits.
Une architecture conçue pour un RPO de 0 poursuit précisément cet objectif. En cas d’incident majeur dans l’un des datacentres, l’objectif est qu’il n’y ait pas de fenêtre où des données seraient en attente de réplication.
De la protection des blocs à la protection des fichiers également
SnapMirror Active Sync, à l’origine destiné aux charges SAN, a vu ses fonctionnalités s’étendre au fil des versions d’ONTAP.
Avec ONTAP 9.19.1, NetApp intègre à cette technologie NFS v3 et ultérieurs, ainsi que SMB 2.x ou supérieur. Dans cette première mise en œuvre NAS, la solution fonctionne sur des clusters AFF à deux nœuds et AFX à quatre nœuds, sous une architecture actif-passif.
Le mode de fonctionnement présente des différences significatives par rapport au stockage SAN.
La protection s’effectue au niveau de la SVM (Machine Virtuelle de Stockage). La SVM secondaire reste inactive tant que le système principal fonctionne normalement. ONTAP réplique à la fois les données et certaines configurations nécessaires pour permettre au second environnement de prendre le service en cas de coupure.
Pour assurer un basculement sans interruption, les paramètres réseau et protocoles, y compris les adresses IP, doivent être identiques entre la SVM primaire et la SVM secondaire.
NetApp conserve également certaines limitations importantes. Avec ONTAP 9.19.1, SnapMirror Active Sync pour NAS fonctionne avec des volumes FlexVol et ne supporte pas FlexGroup ni les groupes de cohérence au sein de la SVM protégée.
Les différences selon le protocole SMB sont aussi notables. Les ressources SMB 3 avec Continuité de Disponibilité (CA) peuvent effectuer un basculement non disruptif. Pour SMB 2 et SMB 3 sans CA, une interruption peut survenir lors du failover, même si l’objectif de RPO 0 est maintenu.
NFS v3 et versions ultérieures offrent, quant à elles, un support pour le basculement non disruptif.
Que signifie vraiment RPO 0 ?
Dans toute architecture de continuité d’activité, il est utile de distinguer deux concepts : le RPO et le RTO.
L’Objectif de Point de Récupération (RPO) indique la quantité de données que l’organisation peut perdre après un incident.
Une sauvegarde effectuée toutes les six heures peut, en cas de sinistre, entraîner une perte de plusieurs heures de modifications. Une réplication asynchrone fréquente réduit considérablement cette fenêtre, mais il subsiste un délai entre l’écriture à la source et sa réception à destination.
La réplication synchrone modifie cette dynamique.
Centre de données A
│
│ écriture
▼
Stockage A
│
│ réplication synchrone
▼
Stockage B
│
▼
Centre de données B
L’opération est confirmée via le mécanisme de réplication synchrone, de façon que les deux côtés maintiennent les données protégées de manière coordonnée. L’objectif devient RPO 0 : aucune perte des données confirmées protégées par la relation.
Le RTO répond à une autre question : combien de temps prend le service pour être à nouveau opérationnel.
Voici la précision avec ONTAP 9.19.1 : NetApp décrit SnapMirror Active Sync pour NAS comme une solution avec RPO 0 et RTO proche de zéro, mais pas comme une garantie universelle de RTO zéro pour toutes charges NAS.
L’architecture de stockage synchrone de Stackscale avec NetApp
Cette évolution est particulièrement pertinente dans des architectures de cloud privé et stockage d’entreprise distribué entre plusieurs datacentres.
Stackscale utilise la technologie NetApp dans ses solutions de stockage et propose des architectures où les données peuvent être maintenues synchrones entre deux localisations.
Une conception haute disponibilité simplifiée pourrait ressembler à ceci :
CLOUD PRIVÉ
│
┌──────────┴──────────┐
│ │
▼ ▼
Datacenter A Datacenter B
│ │
Compute Compute
│ │
▼ ▼
NetApp ═══════════════ NetApp
réplication
synchrone
L’objectif est d’éviter que le stockage devienne le point faible d’une infrastructure qui, par ailleurs, dispose de redondance de serveurs, communications et virtualisation.
Cela revêt une importance particulière dans les environnements de virtualisation.
Une plateforme basée, par exemple, sur Proxmox VE ou VMware peut disposer de plusieurs nœuds de calcul. Mais la haute disponibilité des machines virtuelles dépend aussi de l’emplacement de leurs disques.
Si le stockage n’est accessible qu’à un seul endroit, la perte de ce datacenter peut rendre inaccessibles les machines, même si la capacité de calcul est présente ailleurs.
Avec le stockage synchrone entre deux datacentres, il est possible de concevoir une infrastructure où calculation, réseau et stockage participent à la stratégie de continuité, plutôt que de considérer le stockage comme une couche indépendante.
La réplication synchrone et la sauvegarde répondent à des enjeux différents
Disposer d’un RPO de 0 ne dispense pas de faire des sauvegardes.
Ce sont des mécanismes complémentaires.
La réplication synchrone vise principalement à maintenir la disponibilité face aux défaillances d’infrastructure ou à la perte d’un site. Mais si une application supprime des données, qu’un administrateur efface accidentellement un fichier ou que certains changements indésirables sont répliqués sur le second système, il reste crucial de disposer d’une copie historique.
C’est pourquoi une architecture de protection des données peut combiner plusieurs couches :
| Technologie | Objectif principal |
|---|---|
| Haute disponibilité locale | Défaillances de serveurs ou composants |
| Rélication synchrone | Panne de stockage ou de localisation |
| Snapshots | Récupération rapide de versions |
| Sauvegarde | Récupération historique et indépendante |
| Second site | Continuité en cas d’incidents majeurs |
Le choix précis dépend des besoins de chaque application, en particulier de leurs objectifs de récupération.
Toutes les charges de travail n’ont pas besoin d’un RPO de 0. Pour certains services, il peut être raisonnable d’accepter un RPO de quelques minutes ou heures, afin de réduire complexité et coûts.
En revanche, pour les bases de données, plateformes d’entreprise, services financiers, systèmes transactionnels ou certains dépôts de fichiers, la situation est souvent bien différente.
ONTAP 9.19.1 élargit les options pour la continuité d’activité
L’innovation de NetApp est d’autant plus pertinente qu’elle étend ce modèle à une autre catégorie de stockage.
SnapMirror Active Sync permet déjà de concevoir des architectures de continuité pour des charges SAN via iSCSI et Fibre Channel, avec un support NVMe dans certains scénarios. ONTAP 9.19.1 étend désormais cette philosophie au NFS et SMB.
De plus, le stockage secondaire n’a pas besoin d’être laissé inexploré. NetApp permet de créer des clones des volumes secondaires dans une autre SVM, à utiliser par exemple pour le développement, les tests, l’UAT ou la génération de rapports sans affecter la relation de protection principale.
Pour les infrastructures privées basées sur NetApp, cette évolution augmente la flexibilité dans le choix des charges nécessitant une réplication synchrone, des protocoles à employer, et la répartition des services entre datacentres.
Ce changement contribue également à faire tomber une barrière historique dans le stockage d’entreprise : les applications traitant des fichiers peuvent désormais atteindre des niveaux de continuité autrefois réservés presque exclusivement au stockage SAN.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que SnapMirror Active Sync ?
C’est une technologie de NetApp ONTAP conçue pour maintenir la synchronisation des données entre systèmes et faciliter la continuité applicative en cas de défaillance. Avec ONTAP 9.19.1, son support NAS s’étend à NFS et SMB.
SnapMirror Active Sync pour NAS offre-t-il un RPO de 0 ?
Oui. NetApp indique un RPO de 0 pour les charges NAS compatibles avec SnapMirror Active Sync sous ONTAP 9.19.1. Le RTO est décrit comme proche de zéro et dépend également du protocole et de la configuration utilisés.
La réplication synchrone remplace-t-elle la sauvegarde ?
Non. La réplication synchrone vise principalement à assurer la disponibilité en cas de défaillance d’infrastructure ou de site. Les sauvegardes, elles, permettent de restaurer des données historiques en cas de suppression, corruption ou autre incident, ces mécanismes étant complémentaires.
Stackscale utilise-t-elle NetApp dans ses solutions de stockage ?
Oui. Stackscale intègre la technologie NetApp dans ses solutions de stockage d’entreprise et peut concevoir des architectures avec réplication synchrone entre datacentres pour des charges exigeantes en termes de continuité.