Oracle a lancé Database Security Central, une plateforme autogérée par le client qui rassemble en une seule console l’analyse des utilisateurs avec privilèges, la localisation des informations sensibles, la configuration de sécurité, l’audit et certaines politiques de protection. Cette solution fonctionne avec des bases de données Oracle et peut également collecter des logs ou superviser le trafic de Microsoft SQL Server, PostgreSQL, MySQL, IBM Db2 et MongoDB. Oracle l’offre gratuitement à certains clients jusqu’au 28 février 2027.
Les points clés de Oracle Database Security Central en 20 secondes
- Centralise l’analyse des utilisateurs, données sensibles, configuration, audit et trafic SQL.
- Peut être déployée sur site, Oracle Cloud Infrastructure (OCI), AWS et Microsoft Azure.
- Intègre des outils d’IA générative pour consulter les risques et créer des conditions d’alerte en langage naturel.
- Supporte des sources Oracle et plusieurs bases de données tiers.
- L’offre gratuite pour les clients éligibles se termine le 28/02/2027.
Ce produit représente une évolution d’Oracle Audit Vault and Database Firewall (AVDF), la technologie déjà utilisée par la société pour centraliser l’audit et superviser ou bloquer certains trafics SQL. Database Security Central élargit cette approche pour répondre à une problématique plus large : connaître le risque cumulé dans une organisation pouvant compter des dizaines ou des centaines de bases de données réparties entre centres de données internes et différentes clouds.
Le problème ne se limite pas à la technique. Une base de données peut être bien protégée en production, mais dévier avec le temps de sa configuration initiale. On peut aussi accumuler de vieux comptes, des permissions héritées, des exceptions temporaires et des copies d’informations sensibles utilisées pour le développement ou les tests. Analyser chaque élément séparément complique la détection des risques multiples se recoupant dans un même système.
Des utilisateurs privilégiés aux données sensibles
Oracle a organisé une partie des fonctionnalités autour de différentes vues nommées User360, Data360, Configuration360 et Compliance360.
User360 évalue le risque lié aux utilisateurs. Il repère les comptes privilégiés ou à risque élevé, cartographie les relations directes et indirectes entre rôles et privilèges, localise les comptes inactifs et suit l’évolution des permissions.
Ce dernier point est particulièrement crucial dans les grandes organisations. Les privilèges d’un compte ne proviennent pas toujours d’une attribution directe ; ils peuvent être hérités par des rôles, groupes ou permissions. Cela complique la réponse à une question simple : à quelles informations un utilisateur donné peut-il réellement accéder ?
Data360 se concentre sur les données stockées. Selon Oracle, il s’appuie sur plus de 175 types prédéfinis d’informations sensibles pour classer et localiser ces données dans l’infrastructure.
Il vise aussi à résoudre un problème fréquent : les copies de données hors production. Une entreprise peut appliquer des contrôles stricts sur la base principale tout en maintenant des copies dans des systèmes de développement, test, analytique ou sauvegarde, avec des politiques différentes.
Database Security Central permet d’appliquer des classifications de manière cohérente entre ces environnements pour avoir une vision intégrée de l’exposition.
De son côté, Configuration360 compare les configurations à un référentiel défini par l’organisation. Cela permet de détecter les écarts par rapport à la configuration approuvée et d’évaluer le respect de divers critères.
Oracle cite comme références compatibles CIS Benchmarks, les guides DISA STIG et les exigences du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD). La présence de ces contrôles ne garantit pas à elle seule la conformité réglementaire, mais constitue un outil pour repérer les configurations à réviser.
Deux pare-feux pour contrôler le trafic SQL
L’un des aspects techniques majeurs de Security Central concerne la supervision du langage SQL utilisé pour communiquer avec les bases de données.
Oracle Database Firewall analyse le trafic SQL en réseau et applique des politiques en tenant compte du lieu de connexion, de l’application, de l’utilisateur ou de la requête exécutée.
L’objectif est d’identifier et de bloquer toute activité non conformes aux politiques, y compris celles potentielles d’injections SQL, d’accès non autorisés ou d’extraction d’informations.
À cette technologie s’ajoute SQL Firewall, intégrée à Oracle AI Database 26ai. Elle contrôle directement dans le moteur de la base de données en autorisant uniquement certaines requêtes SQL ou chemins de connexion, et bloque en temps réel toute déviation.
Security Central permet de gérer ces deux technologies depuis une console unique.
La plateforme collecte aussi les logs d’audit et d’activité SQL dans un référentiel centralisé. Les administrateurs peuvent consulter des rapports sur les connexions, modifications de privilèges, changements de procédures stockées ou accès à des données sensibles, entre autres.
Compliance360 utilise ces données pour générer des rapports conformes à des cadres réglementaires tels que RGPD, PCI DSS, HIPAA, SOX, IRS 1075 ou la législation britannique sur la protection des données.
Un autre composant, Unified Policy Management, permet de définir une fois des politiques communes à plusieurs bases de données, notamment pour l’audit, les alertes, Database Vault, Firewall ou SQL Firewall.
L’IA aussi dans la console de sécurité
Oracle a intégré l’intelligence artificielle générative dans deux modules de Database Security Central.
AI Advisor permet d’interroger en langage naturel des informations sur l’activité des utilisateurs, l’exposition des données, les risques ou la conformité. Il peut aussi conseiller sur les configurations ou les investigations.
AI Assistant facilite la description d’une condition d’alerte en langage naturel, qui sera ensuite transformée en règles structurées applicables dans la plateforme.
Selon Oracle, ces fonctionnalités visent à réduire le travail manuel et les erreurs de paramétrage. Toutefois, leur utilisation ne dispense pas de valider les politiques générées, surtout si celles-ci peuvent impacter l’accès ou le fonctionnement des bases de données d’entreprise.
Security Control Center cherche aussi à croiser des informations, permettant par exemple de voir qu’un utilisateur à haut risque possède un accès à des données sensibles dans une base configurée de manière inadéquate.
L’objectif est que la priorité d’un incident repose sur une combinaison de facteurs de risque, et non sur une alerte isolée.
Au-delà d’Oracle Database
Une caractéristique clé pour les environnements hybrides est que Security Central n’est pas limitée à Oracle Database.
La plateforme supporte diverses architectures Oracle, notamment Exadata, Real Application Clusters (RAC), Data Guard, ainsi que les bases connectables sous architecture Multitenant.
Elle peut aussi collecter des logs d’audit de Microsoft SQL Server, MySQL, PostgreSQL, IBM Db2 et MongoDB, en plus de superviser leur trafic SQL. Oracle indique également qu’elle peut recevoir des logs provenant de systèmes d’exploitation ou de sources personnalisées, en formats XML, JSON ou CSV.
Concernant le déploiement, la plateforme peut s’installer en environnement privé ou dans le cloud, notamment OCI, AWS et Azure. Elle est conçue pour s’intégrer avec des solutions externes de gestion d’identité (IAM) et de gestion d’événements et de sécurité (SIEM).
Ce positionnement reflète une réalité fréquente dans les grandes organisations : les données ne résident pas toujours dans un seul produit, centre de données ou fournisseur cloud.
Pour les clients actuels d’Oracle Audit Vault et Database Firewall, Security Central constitue également une évolution du produit. Oracle propose une mise à niveau out-of-place qui maintient l’instance d’origine et transfère les données vers la nouvelle version. La mise à niveau se distingue par le parchemin 39197299, accessible via My Oracle Support.
Oracle a annoncé initialement Database Security Central le 8 avril 2026, en indiquant qu’il se rapprochait de sa disponibilité générale. La société a confirmé sa mise à disposition le 4 août, avec une promotion temporaire permettant de l’utiliser gratuitement jusqu’au 28/02/2027. La période gratuite a débuté le 12 juin 2026, selon Oracle.
Foire aux questions
Qu’est-ce que Oracle Database Security Central ?
C’est une plateforme de sécurité autogérée par le client, qui centralise l’analyse des risques, des utilisateurs, des données sensibles, des configurations, des audits et de certaines politiques de protection pour un ensemble de bases de données.
Oracle Database Security Central fonctionne-t-il uniquement avec Oracle Database ?
Non. Bien que ses fonctionnalités principales concernent l’environnement Oracle, elle peut aussi collecter des logs d’audit de Microsoft SQL Server, MySQL, PostgreSQL, IBM Db2, MongoDB et superviser leur trafic SQL.
Où peut-on déployer Oracle Database Security Central ?
Oracle indique qu’elle peut être installée sur site ou dans des environnements cloud comme OCI, AWS et Azure.
Oracle Database Security Central est-il gratuit ?
Oracle propose actuellement Database Security Central sans coût supplémentaire à certains clients avec un support actif, jusqu’au 28 février 2027. Il s’agit d’une promotion temporaire, non d’un changement définitif rendant le produit gratuit.
source : blogs.oracle