La RAM bat tous les records : la DDR5 coûte jusqu’à cinq fois plus cher qu’il y a un an

Le prix de la mémoire RAM a atteint en août 2026 des niveaux durs à imaginer il y a seulement douze mois. Les données recueillies par PCPartPicker montrent des augmentations Annuel Interne allant jusqu’à 485 % pour certains kits DDR5, tandis que le suivi effectué par ComputerBase en Europe reflète une hausse moyenne de 345 % depuis septembre 2025. Les SSD et disques durs connaissent également une hausse, mais aucune catégorie n’est aussi fortement touchée que la mémoire principale.

Les clés de la crise des prix de la mémoire en 30 secondes

  • Certains kits DDR5 coûtent entre un 372 % et 485 % de plus qu’il y a un an aux États-Unis.
  • En Europe, ComputerBase enregistre une augmentation moyenne de 345 % pour la RAM depuis septembre 2025.
  • Un kit DDR5 64 GB à 6 000 MT/s, qui coûtait 222 dollars, est passé à 1 272 dollars.
  • Les SSD analysés ont en moyenne augmenté de 126 %, tandis que les HDD ont connu une hausse de 129 %.
  • Les sources de l’industrie indiquent qu’une grande partie de la capacité mémoire pour 2027 est déjà engagée.

Ce phénomène rompt avec une des attentes habituelles du marché des composants. La mémoire a toujours été un produit très cyclique : lorsque la production excédait la demande, les prix chutaient rapidement ; quand la demande repartait, ils remontaient. Cependant, l’ampleur de cette hausse est bien plus grande, coïncidant avec une demande massive provenant des centres de données et de l’infrastructure d’intelligence artificielle.

Ce qui se passe ne concerne pas tous les types de mémoire de la même façon. La DDR4 a également augmenté, mais dans une fourchette d’environ 120 % à 177 %. Le vrai saut se produit avec la DDR5, la technologie utilisée par les plateformes modernes de bureau et de serveurs.

Un kit de 64 GB passe de 222 à 1 272 dollars

Les données américaines illustrent bien l’ampleur du changement.

Selon PCPartPicker, les kits DDR5 2 x 16 GB à 4 800 MT/s ont enregistré des augmentations d’environ 372 % en un an, tandis que certains ensembles 2 x 32 GB à 5 600 MT/s atteignent près de 485 %.

Un exemple extrême est un kit DDR5 64 GB à 6 000 MT/s, qui coûtait auparavant 222 dollars et qui se trouve désormais autour de 1 272 dollars.

Ce prix aurait suffit il y a peu pour monter un ordinateur complet haut de gamme.

En Europe, le même phénomène suit une trajectoire similaire, mais avec des méthodologies d’observation différentes. ComputerBase analyse chaque mois une sélection fixe de produits populaires dans les boutiques européennes et compare leur évolution depuis la mi-septembre 2025.

En août, la hausse moyenne de leur échantillon de mémoire RAM a atteint 345 %, contre 311 % un mois plus tôt.

Produit DDR5 Septembre 2025 Août 2026 Augmentation
Patriot Viper Venom 32 GB 87 € 429 € +394 %
Kingston Fury Beast 32 GB 114 € 523 € +360 %
Crucial Pro 32 GB 84 € 400 € +378 %
Kingston Fury Beast 64 GB 213 € 1 036 € +386 %
Corsair Vengeance RGB 64 GB 245 € 1 189 € +385 %
G.Skill Flare X5 32 GB 112 € 516 € +363 %

Il s’agit de prix de références précises et non d’une augmentation exacte pour tous les kits DDR5. Cependant, cela permet d’observer une tendance qui traverse quasiment toute la catégorie.

SSD et disques durs aussi en hausse, mais beaucoup moins que la RAM

La crise ne se limite pas à la mémoire principale.

ComputerBase estime que ses SSD coûtent actuellement en moyenne 126 % de plus qu’en septembre 2025. Les disques durs mécaniques ont vu leur prix augmenter de 129 %.

Ce phénomène est surprenant, puisque SSD et HDD utilisent des technologies très différentes : dans le cas des SSD, la pression provient directement du marché NAND Flash, alors que celle des disques durs dépend de chaînes logistiques distinctes.

Pourtant, les deux supports ressentent l’impact de la forte augmentation nécessaire pour répondre aux besoins croissants des centres de données.

La différence de magnitude par rapport à la RAM reste cependant très importante.

Catégorie Augmentation moyenne depuis septembre 2025
RAM +345 %
HDD +129 %
SSD +126 %

Dans le cas des SSD, des exemples illustrent bien cette tendance. Le Samsung 990 Pro 2 To est passé de 146 à 336 euros, soit une hausse de 130 %. Le Samsung 990 EVO Plus 4 To, de 240 à 572 euros, tandis qu’un Kingston NV3 1 To a vu son prix presque tripler, passant de 50 à 145 euros.

Concernant les disques durs, un Toshiba MG09 18 To qui coûtait 288 euros est aujourd’hui à 839 euros selon le suivi, enregistrant une hausse de 191 %.

Le résultat est que l’agrandissement de la mémoire et du stockage est devenu une part beaucoup plus importante du budget de tout serveur, NAS, station de travail ou PC.

L’IA modifie les priorités des fabricants en matière de mémoire

L’explication ne peut se réduire simplement à « l’IA achète toute la RAM », mais l’expansion des centres de données bouleverse profondément les priorités de Samsung, SK Hynix et Micron.

Les accélérateurs d’intelligence artificielle nécessitent d’énormes quantités de HBM (High Bandwidth Memory). Parallèlement, les serveurs hébergeant ces accélérateurs intègrent de grandes capacités de DDR5 et des quantités croissantes de stockage.

La HBM est particulièrement attractive pour les fabricants car elle utilise des technologies plus complexes, consomme beaucoup de capacité de production et se vend à des marges supérieures à celles de la mémoire conventionnelle.

Cela signifie que la même industrie qui fournit la mémoire pour PC possède désormais de forts incitatifs à concentrer leurs investissements et capacités dans des produits à plus haute valeur ajoutée destinés aux centres de données.

Ce phénomène apparaît même dans des machines qui ne lanceront jamais un modèle d’IA.

Un utilisateur cherchant à étendre son PC domestique à 64 GB concurrence indirectement un secteur qui oriente ses ressources vers des serveurs capables d’installer des téraoctets de mémoire et des accélérateurs avec de grandes piles de HBM.

La mémoire de 2027 commence déjà à être engagée

Une des nouvelles les plus préoccupantes pour ceux qui anticipent une baisse rapide provient des contrats futurs.

Des informations publiées récemment indiquent que Samsung, SK Hynix et Micron ont déjà engagé une grande partie, voire la quasi-totalité selon certaines sources, de leur capacité disponible pour 2027.

Il faut prendre ces infos avec précaution, car cela ne signifie pas que la RAM disparaîtra des magasins ou qu’il n’y aura pas de capacité supplémentaire. Les contrats ne couvrent pas nécessairement chaque type de mémoire ou marché de la même façon.

Mais cela montre que les grands clients cherchent déjà à sécuriser leur approvisionnement longtemps à l’avance.

Ce comportement est important : quand les acheteurs pensent qu’il y aura excès de produit, ils attendent et négocient les prix ; quand ils craignent une insuffisance de capacité, ils s’engagent dans des contrats pluriannuels pour devancer la concurrence.

L’industrie de la mémoire semble aujourd’hui beaucoup plus proche du second scénario.

Le prix du PC commence à changer à cause d’une pièce autrefois considérée comme acquise

Pendant des années, le processeur et la carte graphique concentraient la majorité de l’attention lors de la configuration d’un ordinateur.

La mémoire était relativement simple. Choisir 16, 32 ou 64 GB modifiait le budget, mais ne changeait pas radicalement la catégorie économique de l’appareil.

Avec 64 GB de DDR5 dépassant les 1 000 euros sur certaines références, cette logique ne tient plus.

L’impact est encore plus marqué pour les stations de travail et serveurs, où une plateforme nécessitant 256 GB, 512 GB ou plusieurs téraoctets peut représenter une différence de milliers, voire dizaines de milliers d’euros par rapport à l’an dernier.

Les fournisseurs cloud, les entreprises d’hébergement et les opérateurs d’infrastructure ne sont pas non plus à l’abri. Des révisions tarifaires commencent déjà à apparaître, influencées par la hausse du DDR5 et du NVMe, notamment dans les nouvelles configurations haute capacité.

Au final, cela pourrait se répercuter sur le consommateur : ordinateurs plus coûteux, moins de mémoire d’origine, extensions à prix élevés ou majorations de services d’infrastructure.

Attendre ne garantit plus forcément de trouver moins cher

La grande question est de savoir combien de temps cette situation peut durer.

L’industrie de la mémoire a déjà prouvé à plusieurs reprises qu’elle peut inverser ses cycles rapidement lorsque de nouvelles capacités apparaissent ou que la demande diminue. Une nouvelle usine, des améliorations de processus ou un excès d’inventaire peuvent modifier l’équation.

Mais 2026 a une particularité : la croissance de l’infrastructure IA ne semble pas une demande ponctuelle de quelques mois.

Les fabricants investissent dans le HBM, la DDR5 pour serveurs et la NAND d’entreprise car ils ont déjà des contrats de centres de données sur plusieurs années.

Cela ne garantit pas que les prix actuels se maintiennent ni qu’ils continueront à augmenter indéfiniment. Certaines références peuvent également être temporairement déformées par des problèmes de distribution ou de stock.

Mais cela signifie que l’ancienne certitude que la mémoire serait toujours moins chère dans six mois n’est plus une valeur sûre.

Il y a un an, 64 GB de DDR5 pouvaient constituer une extension raisonnable pour un PC avancé. En août 2026, certaines configurations coûtent autant que l’ordinateur entier d’il y a peu.

La course à l’IA laisse de nombreux gagnants dans l’industrie technologique. Pour ceux qui veulent simplement acheter de la RAM, des SSD ou du stockage pour leur prochain PC, le résultat est pour l’instant le contraire : des prix qui grimpent.

Questions fréquentes

Quelle est la hausse du prix de la mémoire DDR5 ?

Cela dépend du produit et du marché. PCPartPicker indique des augmentations Annuel Interne variant entre environ 372 % et 485 % pour certaines configurations, tandis que ComputerBase calcule une hausse moyenne de 345 % depuis septembre 2025 dans son échantillon européen.

La mémoire DDR4 augmente-t-elle aussi ?

Oui, mais dans une moindre mesure. Les données disponibles aux États-Unis montrent des augmentations approximatives entre 120 % et 177 % pour certains kits DDR4.

Les SSD aussi ont-ils augmenté ?

Oui. L’échantillon de ComputerBase montre une hausse moyenne de 126 % depuis septembre 2025. Certains modèles ont augmenté davantage, d’autres beaucoup moins.

La RAM baissera-t-elle en prix en 2027 ?

Il est encore difficile de le garantir. Les informations sur la capacité déjà engagée pour 2027 indiquent que l’approvisionnement restera sous pression, mais l’évolution dépendra des nouvelles investissements, de la production, des stocks et de la demande des centres de données et de l’électronique grand public.

via : techpowerup.com et computerbase.de

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