Murcia aspire à figurer sur la carte des centres de données avec Casiopeia

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Murcie souhaite renforcer sa position dans la nouvelle géographie des centres de données en Espagne. Le Groupe Fotones prépare le projet Casiopeia, une installation prévue dans le campus d’Espinardo, avec un investissement initial de 1,15 milliard d’euros et une puissance totale pouvant atteindre 140 MW répartis en deux phases.

Cette initiative, rapportée par Murcia Plaza, place la région de Murcie face à une éventuelle entrée sur un marché qui jusqu’à présent était très concentré autour de hubs comme Madrid et Barcelone. L’envergure du projet est impressionnante : SpainDC estime que la région dispose actuellement d’environ 1 MW de capacité installée en centres de données, tandis que Casiopeia propose 78 MW pour la première phase et 62 MW supplémentaires pour la seconde.

Electricité et fibre, les deux leviers d’Espinardo

Le choix d’Espinardo ne se limite pas à la disponibilité du terrain. Selon Santiago Madrigal, PDG du Groupe Fotones, l’entreprise a analysé les réseaux et constaté que la zone disposait d’une puissance électrique suffisante, ce qui constitue souvent l’un des plus grands obstacles au développement de grands centres de données.

L’accès à l’énergie est devenu un facteur déterminant pour de nombreux projets. La demande en IA, cloud, stockage et services numériques met une pression importante sur les opérateurs ainsi que sur le réseau électrique. Dans ce contexte, disposer d’un point de connexion et de la fibre optique peut faire la différence entre un projet réalisable ou bloqué pendant des années.

Données du projet Casiopeia Chiffres prévisionnels
Investissement initial communiqué à l’INFO 1,15 milliard d’euros
Cout potentiel selon la gamme par MW Jusqu’à 1,68 milliard d’euros
Puissance de la première phase 78 MW
Puissance de la deuxième phase 62 MW
Puissance totale prévue 140 MW
Capacité actuelle estimée à Murcie 1 MW, selon SpainDC
Début de la construction prévu Fin 2027
Estimation de la fin Fin 2028

Iberdrola aurait déjà donné son accord pour l’accès électrique à la première phase, tandis que la seconde est en cours de procédure et pourrait recevoir le feu vert entre la fin 2026 et le début 2027. La démarche a une incidence financière importante : Fotones aurait investi plus de 5 millions d’euros en garantie auprès de Red Eléctrica et prévoit d’allouer 15 millions supplémentaires à la construction d’une sous-station.

Cette composante électrique explique pourquoi des projets similaires ne peuvent pas être installés partout. Un centre de données de 140 MW n’est pas une simple installation technologique classique. Il nécessite un accès au réseau, de la redondance, de la réfrigération, de la connectivité, des permis, un terrain adapté et un plan énergétique compatible avec son fonctionnement.

Deux sites potentiels et recherche d’investisseur

Le Groupe Fotones travaille sur deux emplacements possibles. Le premier se trouve dans le centre commercial Myrtea, offrant plus de 20.000 mètres carrés disponibles, avec une option permettant de démarrer les travaux plus rapidement. L’acquisition de cet espace nécessiterait un investissement d’environ 20 millions d’euros.

La seconde option est un terrain voisin de 70 000 mètres carrés, propriété de la société yeclana Inurban, à un prix de 7,4 millions d’euros. Cette alternative offrirait davantage d’espace pour croître, mais impliquerait un développement plus long étant donné qu’il s’agit d’un terrain non urbanisé.

Emplacement potentiel Surface Cout indiqué Atout principal Limitations
Myrtea Plus de 20 000 m² 20 millions d’euros Permet d’accélérer le démarrage Surface plus limitée
Terrain d’Inurban 70 000 m² 7,4 millions d’euros Plus d’espace pour l’expansion Nécessite urbanisation et construction from scratch

La société n’envisage pas nécessairement d’exploiter le centre de données elle-même. Son objectif est de vendre le projet à un opérateur spécialisé qui prendra en charge la gestion, bien que Fotones affirme pouvoir le réaliser si la vente n’est pas immédiate. Elle envisage également de rester dans le capital si la structure finale le permet.

Pour explorer le marché, le groupe a sollicité Deloitte dans le but d’identifier des investisseurs potentiels. L’attractivité du projet repose sur trois arguments : la puissance électrique accordée pour la première phase, la disponibilité de la fibre et un emplacement capable de servir le sud-est de la péninsule dans un contexte de demande croissante de capacité numérique.

Murcie, un marché secondaire mais avec des opportunités

Actuellement, Murcie ne concurrence pas Madrid ou Barcelone en tant que marché de centres de données. Madrid concentre une grande partie de la capacité nationale grâce à sa connectivité, la présence d’opérateurs, la demande des entreprises et la proximité de grands nœuds réseau. Barcelone, en raison de sa position méditerranéenne et de son écosystème numérique, possède également un avantage certain.

Cependant, la pression exercée sur ces grands hubs libère de l’espace pour des localisations secondaires. La croissance du cloud, de l’IA, le besoin de faible latence et les exigences de souveraineté ou proximité des données favorisent des projets hors des pôles traditionnels, à condition que deux critères fondamentaux soient respectés : énergie fiable et connectivité.

Casiopeia s’inscrit dans cette logique. Sa réalisation, si elle suit le plan, permettrait à Murcie de passer d’une présence très limitée dans le secteur des centres de données à une installation d’envergure significative. Le bond serait notable non seulement en termes de puissance, mais aussi en capacité d’attirer opérateurs, fournisseurs de réseaux, intégrateurs, services cloud et activités connexes.

La comparaison avec le rapport de SpainDC est également révélatrice. Comme le projet de Fotones ne fait pas partie de l’association, il n’a pas été intégré dans les prévisions sectorielles jusqu’en 2030. Cela signifie que, s’il progresse, il pourrait faire augmenter les attentes de capacité dans la région.

Un projet soumis à l’obtention de permis, à la demande et à l’opérateur

La feuille de route comporte encore plusieurs étapes importantes. Fotones doit finaliser les autorisations, confirmer la deuxième phase électrique, choisir l’emplacement définitif, déterminer le partenaire ou opérateur et peaufiner le design final. La mise en œuvre pourrait débuter fin 2027, avec une finition prévue pour fin 2028.

Le coût total pourrait aussi varier. Bien que la somme annoncée à l’accélérateur d’investissements de l’Institut de développement régional (INFO) soit de 1,15 milliard d’euros, une estimation par MW oscillant entre 10 et 12 millions d’euros pourrait faire grimper le total à 1,68 milliard si les 140 MW sont pleinement déployés.

Dans ce type d’infrastructures, le montant final dépend de nombreux paramètres : type de refroidissement, niveau de redondance, coût de l’électricité, conception des salles, densité des racks, équipement réseau, ouvrages civils, sécurité, certifications et besoins du client final.

L’IA stimule la demande, mais élève aussi le seuil

La croissance des centres de données est alimentée par les avancées en IA, cloud, services numériques et digitalisation des entreprises. Mais cette même demande rehausse le niveau technique exigé. Les opérateurs recherchent des emplacements avec une énergie fiable, une bonne connectivité, des délais de procédure raisonnables et des capacités d’expansion.

Murcie pourrait y parvenir si Casiopeia dépasse la phase d’obtention de permis et parvient à attirer un opérateur expérimenté. Un projet de 140 MW nécessite non seulement des investissements, mais aussi des clients, des accords de réseau, une planification énergétique et une gestion hautement spécialisée.

Pour la région, le potentiel dépasse la simple consommation de terrain et d’électricité. Un centre de données de cette taille pourrait attirer fournisseurs, emplois spécialisés, services de maintenance, opérateurs de télécommunications et projets liés. Mais cela impliquera aussi de surveiller l’impact énergétique, l’utilisation des ressources et leur intégration dans la planification urbaine et industrielle.

Casiopeia place Murcie dans une discussion où elle n’avait jusqu’alors que peu figuré. La décision finale dépendra des permis, des investisseurs et de la faisabilité technique, mais le message est clair : la demande d’infrastructures numériques commence à regarder au-delà des hubs traditionnels. Là où il y a énergie, fibre et terrain, les centres de données trouveront de nouveaux candidats.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le projet Casiopeia ?

Casiopeia est un projet de centre de données développé par le Groupe Fotones dans le cadre du Campus d’Espínardo, à Murcie, avec une investissement initial prévu de 1,15 milliard d’euros.

Quelle serait la capacité du centre de données ?

Le projet se divise en deux phases : une première de 78 MW, puis une seconde de 62 MW, pour un total potentiel de 140 MW.

Quand pourrait-il être construit ?

Selon les informations disponibles, le début des travaux est prévu pour la fin 2027, avec une achèvement à la fin 2028, sous réserve de la finalisation des permis, du financement et de la sélection de l’opérateur.

Pourquoi Espinardo a-t-il été choisi ?

Le Groupe Fotones cite la disponibilité de puissance électrique et la connectivité fibre comme facteurs clés, essentiels au développement d’un centre de données de grande envergure.

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