L’Europe prépare un Horizon Europe de 175 milliards d’euros pour diriger l’IA, l’informatique quantique et l’innovation

L'Europe risque de prendre du retard en intelligence artificielle et en technologie en raison d'une réglementation complexe

La Commission européenne a présenté sa proposition pour Horizon Europe 2028-2034, le prochain cadre européen de recherche et d’innovation. La nouveauté majeure est un budget de 175 milliards d’euros, soit le double du programme actuel, visant à renforcer la compétitivité européenne face aux États-Unis et à la Chine, tout en favorisant des technologies stratégiques telles que l’intelligence artificielle, le calcul quantique, l’énergie de fusion ou encore l’économie spatiale.

Les essentiels du nouveau Horizon Europe en 20 secondes

  • La Commission propose de doubler le budget pour atteindre 175 milliards d’euros.
  • Le programme priorisera l’IA, le calcul quantique, la défense, l’espace, la santé et la transition énergétique.
  • Les appels à projets seront simplifiés et les délais d’attribution des financements raccourcis.
  • Il inclut des projets « moonshot » pour accélérer le développement de technologies considérées comme essentielles pour l’Europe.

La proposition s’inscrit dans le nouveau cadre financier pluriannuel de l’Union européenne pour 2028-2034, qui reste à négocier entre la Commission, le Parlement européen et le Conseil.

Plus de budget pour renforcer la compétitivité européenne

La Commission considère que l’innovation sera un pilier clé pour soutenir la croissance économique dans la prochaine décennie. C’est pourquoi elle propose de doubler le budget du programme par rapport à Horizon Europe (2021-2027).

La commissaire européenne à la Recherche, l’Innovations et les Startups, Ekaterina Zaharieva, a déclaré que le nouveau programme placerait la recherche « au cœur de la stratégie économique et d’investissement de l’Europe », avec des mesures pour attirer les talents, encourager les startups innovantes et mobiliser davantage d’investissements privés.

L’un des objectifs est d’atteindre une dépense totale en recherche et développement représentant 3 % du PIB, une ambition que l’Union européenne poursuit depuis plusieurs années.

Quatre axes pour financer la science et l’innovation

La nouvelle proposition s’articule autour de quatre grands piliers.

Le premier, Science d’Excellence, continuera de financer la recherche fondamentale via le Conseil européen de la recherche (ERC), les actions Marie Skłodowska-Curie, et le Centre commun de recherche.

Le deuxième, Compétitivité et Société, soutiendra des projets collaboratifs liés à la transition énergétique, à la digitalisation, à l’industrie, à la défense ou à l’espace, tout en conservant les Innomations européennes déjà existantes.

Le troisième, sera dédié à l’innovation entrepreneuriale. Le European Innovation Council (EIC) augmentera sa capacité à financer des projets technologiques à haut risque et soutiendra davantage les startups travaillant sur des technologies double usage, civiles et militaires.

Enfin, le quatrième axe favorisera le développement de l’Espace européen de la recherche (ERA) et renforcera les infrastructures scientifiques et technologiques.

Moins de bureaucratie et des appels plus rapides

L’une des principales demandes des universités, centres de recherche et entreprises ces dernières années a été la simplification administrative.

La Commission propose de réduire le nombre d’appels à projets, de simplifier les procédures de candidature et de raccourcir le délai entre la clôture d’un appel et la signature des contrats de financement.

L’objectif est de lancer les projets plus rapidement et de permettre aux chercheurs d’investir moins de temps dans la paperasserie administrative.

L’IA, le calcul quantique et l’énergie de fusion parmi les grands projets européens

La proposition introduit également une nouvelle catégorie d’initiatives, appelée projets moonshot, inspirés des programmes de grande envergure visant à résoudre des défis technologiques complexes.

Ces projets combineraient un financement européen, national et privé afin d’accélérer le développement de technologies jugées cruciales pour l’Europe.

Parmi les domaines prioritaires figurent :

  • Intelligence artificielle de nouvelle génération
  • Calcul quantique
  • Souveraineté des données
  • Aviation propre
  • Transport automatisé
  • Terapies régénératives
  • Énergie de fusion
  • Économie spatiale
  • Zéro pollution de l’eau
  • Observation des océans
  • Future Circular Collider, le futur accélérateur de particules du CERN

Un programme à fort impact économique

La Commission rappelle que l’évaluation intermédiaire d’Horizon Europe indique qu’un euro investi pourrait générer jusqu’à 11 euros de croissance du PIB européen d’ici 2045.

Jusqu’en janvier 2025, le programme a financé plus de 15 000 projets, avec un investissement supérieur à 43 milliards d’euros.

Même si le nouveau budget doit encore traverser le processus de négociation, la proposition montre clairement la volonté de Bruxelles de faire de la recherche et de l’innovation des leviers majeurs pour renforcer l’autonomie technologique et la compétitivité de l’Europe dans la prochaine décennie.

Questions fréquentes

Combien la Commission propose-t-elle pour Horizon Europe 2028-2034 ?

La proposition prévoit un budget de 175 milliards d’euros, soit environ le double du programme actuel.

Quelles technologies seront prioritaires ?

Les principales domaines incluent l’intelligence artificielle, le calcul quantique, l’énergie de fusion, l’économie spatiale, le transport automatisé et la souveraineté des données.

Qu’est-ce que les projets « moonshot » ?

Ce sont d’importantes initiatives de recherche et d’innovation qui combinent financement public et privé pour accélérer le développement de technologies clés pour l’Europe.

Quand le nouveau programme entrera-t-il en vigueur ?

La proposition devra être négociée et approuvée par le Parlement européen, le Conseil de l’Union européenne et la Commission avant son entrée en vigueur prévue pour 2028.

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