Commvault a annoncé une nouvelle intégration avec Google Threat Intelligence pour accélérer l’un des processus les plus critiques après une attaque par ransomware : identifier quelles copies de sauvegarde peuvent être restaurées en toute sécurité. Cette collaboration permettra d’incorporer directement l’intelligence sur les menaces de Google dans les flux de récupération de Commvault, aidant à détecter les copies compromises avant de lancer la restauration et à réduire considérablement le temps nécessaire pour rétablir les activités de l’entreprise.
Les avantages de l’intégration entre Commvault et Google en 20 secondes
- Commvault intégrera Google Threat Intelligence dans sa plateforme de récupération face aux cyberattaques.
- La solution aidera à identifier les points de restauration exemptés de malware avant la récupération des données.
- Elle incorpore l’analyse par hash des fichiers pendant le processus de sauvegarde.
- La société renforce ainsi sa stratégie de résilience face au ransomware et aux menaces alimentées par l’IA.
Au cours des dernières années, la simple sauvegarde n’a plus été suffisante pour assurer la continuité des activités. Après une attaque par ransomware, l’un des principaux défis consiste à déterminer quelle copie est réellement propre et peut être utilisée pour restaurer les systèmes sans réinjecter le malware dans l’infrastructure.
C’est précisément ce scénario que la nouvelle intégration annoncée par Commvault durant la semaine de Black Hat USA 2026 vise à résoudre, l’un des principaux événements internationaux en cybersécurité.
Le problème n’est plus de récupérer des données, mais de récupérer les bonnes
Lorsqu’une organisation détecte un incident de cybersécurité, les équipes de réponse identifient généralement rapidement les indicateurs de compromission (IOC, Indicators of Compromise). Cependant, l’équipe chargée de la restauration doit vérifier quelles copies de sauvegarde restent exemptes de menaces.
Ce processus peut retarder la récupération complète des systèmes de plusieurs heures, voire de plusieurs jours.
L’intégration avec Google Threat Intelligence vise à réduire cette incertitude en utilisant diverses sources d’intelligence développées par Google :
- Informations provenant de Mandiant, spécialisée dans la réponse aux incidents.
- La base de connaissances de VirusTotal.
- Les renseignements obtenus par Google grâce à la protection de milliards d’utilisateurs et d’appareils.
Toutes ces informations seront utilisées pour analyser automatiquement les données protégées par Commvault et identifier quels points de restauration présentent des signes de compromission.
Hash lors de la sauvegarde pour accélérer la validation
Une innovation technique majeure consiste en l’intégration du calcul de hashs de fichiers durant le processus de sauvegarde.
Un hash agit comme une empreinte numérique unique pour chaque fichier. En comparant ces empreintes avec des bases de données de malwares connus, il est possible de détecter rapidement si un fichier est potentiellement malveillant.
Cette approche permet une première validation très rapide avant d’effectuer des analyses plus approfondies, telles que :
- Scan antivirus/malware
- Détection de chiffrement malicieux
- Enquête forensique
- Inspection avancée de fichiers suspects
Selon Commvault, cette stratégie par étapes aide à accélérer les décisions concernant la copie à restaurer sans compromettre la sécurité du processus.
Récupérer uniquement les données saines
Les capacités renforcées incluront également une fonction existante dans la plateforme appelée Synthetic Recovery.
Cette technologie utilise des algorithmes d’intelligence artificielle pour détecter automatiquement les menaces présentes dans les données et supprimer uniquement les éléments compromis lors de la restauration, en conservant le reste intact.
L’objectif est d’éviter deux scénarios courants après une attaque :
- Restaurer une copie infectée
- De revenir trop loin dans le temps et perdre des données valides
Au lieu de choisir entre ces deux options, Commvault vise à récupérer le maximum de données saines possible.
La récupération devient une discipline de l’intelligence
Cette annonce reflète une évolution majeure dans le secteur de la sauvegarde d’entreprise.
Traditionnellement, les plateformes de sauvegarde se concentraient sur la garantie de la récupération des données.
Désormais, l’approche a évolué vers une cibler la cyberrésilience, intégrant des éléments tels que :
| Approche traditionnelle | Nouvelle approche de la résilience |
|---|---|
| Copies de sauvegarde | Copies vérifiées |
| Récupération de données | Récupération de données saines |
| Protection du stockage | Validation face aux menaces |
| Sauvegardes périodiques | Analyse continue et renseignement sur les menaces |
Cette transformation répond à l’augmentation d’attaques de ransomware de plus en plus sophistiquées, capables de rester cachées durant des semaines avant d’activer le chiffrement ou d’atteindre les sauvegardes elles-mêmes.
Google et Commvault renforcent leur partenariat
L’intégration s’inscrit dans le cadre d’une collaboration plus large entre les deux entreprises.
Au cours des derniers mois, Commvault avait déjà renforcé son support pour Google Cloud, en ajoutant de nouvelles capacités de protection pour les charges de travail en nuage et en intégrant des technologies issues de Clumio, société spécialisée dans la protection des données cloud acquise par Commvault en 2024.
Avec cette nouvelle intégration, Google fournit l’un des plus grands référentiels mondiaux d’intelligence sur les menaces, tandis que Commvault intègre ces informations directement dans son processus de récupération.
Selon la société, ces nouvelles fonctionnalités seront déployées dans les prochains mois.
Un marché où sauvegarde et cybersécurité convergent
Cette annonce confirme également une tendance déjà adoptée par d’autres acteurs du secteur.
Des entreprises telles que Veeam, Rubrik, Cohesity ou même Commvault élargissent leurs plateformes pour intégrer des capacités liées à la cybersécurité, à l’analyse des menaces et à l’intelligence artificielle.
L’objectif n’est plus seulement de protéger les données, mais aussi de garantir leur restauration rapide et sûre, en s’assurant qu’elles sont exemptes de malware.
Dans un contexte où les attaques alimentées par l’IA et les campagnes de ransomware se multiplient, disposer de copies de sauvegarde vérifiées devient aussi crucial que de posséder les backups eux-mêmes.
Questions fréquentes
Quelle est la valeur ajoutée de l’intégration entre Commvault et Google Threat Intelligence ?
Elle permet d’utiliser l’intelligence sur les menaces de Google pour analyser les copies de sauvegarde et identifier quelles restaurations sont exemptes de malware avant leur exécution.
Que sont les hashes de fichiers ?
Ce sont des identifiants uniques générés à partir du contenu d’un fichier. Les comparer avec des bases de données de menaces connues facilite la détection rapide de fichiers malveillants.
Qu’est-ce que Synthetic Recovery ?
Il s’agit d’une technologie de Commvault utilisant l’intelligence artificielle pour repérer les menaces durant la restauration et n’amorcer que la récupération des données considérées comme sûres.
Quand cette intégration sera-t-elle disponible ?
Commvault indique que ces nouvelles fonctionnalités seront déployées dans les prochains mois, sans encore fixer de date précise pour une disponibilité générale.