La Comisión Nationale des Marchés et de la Concurrence (CNMC) a mis en place le Registre des Aliases à utiliser par les entreprises et administrations pour envoyer des SMS, MMS ou RCS avec un nom plutôt qu’un numéro de téléphone. Ce système permet de vérifier la propriété d’un expéditeur enregistré et oblige les fournisseurs de messagerie à bloquer certains messages qui ne respectent pas les conditions établies en Espagne.
Les clés du Registre des Aliases de la CNMC en 30 secondes
- Les entreprises doivent enregistrer leurs aliases avant de les utiliser dans des messages destinés à des numéros espagnols.
- La démarche s’effectue sur la plateforme digitale de la CNMC et requiert un certificat numérique valide.
- L’alias doit prouver une appartenance légitime à la marque, au nom commercial, à l’entreprise ou au domaine concerné.
- Les messages avec un alias non enregistré ou envoyés par des fournisseurs non autorisés doivent être bloqués.
- Les entreprises étrangères doivent également enregistrer leurs aliases si elles souhaitent les utiliser pour envoyer des messages à des numéros espagnols, sauf dans certains cas de roaming.
Ce changement concerne une partie peu visible de l’infrastructure de messagerie mobile. Lorsqu’un SMS s’affiche sur un téléphone avec un nom comme celui d’une banque, d’une société de transport ou d’une plateforme numérique, ce texte ne correspond pas à un numéro traditionnel. Il s’agit d’un alias, un identifiant alphanumérique permettant d’identifier l’expéditeur tout en ne permettant pas de répondre directement. La réglementation espagnole impose désormais que ces identifiants soient enregistrés et liés à une entité légitime.
La CNMC gère ce registre et a mis en place un moteur de recherche public pour consulter les aliases, ainsi qu’une plateforme spécifique pour que entreprises, administrations et fournisseurs puissent effectuer leurs démarches d’inscription. L’objectif réglementaire est de compliquer la fraude par usurpation d’identité lors de campagnes de smishing, notamment lorsque des attaquants cherchent à utiliser le nom d’une organisation connue pour que un message frauduleux paraisse légitime.
Comment enregistrer un alias SMS en Espagne
La procédure concerne principalement le titulaire de l’alias, qui est généralement une entreprise ou une administration publique, mais peut aussi être effectuée par un fournisseur enregistré d’origine (PRO) ou un tiers autorisé à agir en son nom. La CNMC permet l’enregistrement de plusieurs aliases liés au même titulaire.
La première étape consiste à accéder à la démarche officielle de Gestion du Registre des Aliases de la CNMC via sa plateforme digitale. La demande doit être accompagnée d’un certificat numérique valide pour la personne physique ou morale ou représentant. La CNMC précise que le DNI électronique est accepté.
Démarche officielle pour la Gestion du Registre des Aliases de la CNMC
Lors de la requête, il faut fournir, entre autres, la désignation de l’alias, les détails du titulaire, les informations concernant ses représentants, la connexion légitime entre l’alias et l’entité, ainsi que les fournisseurs d’origine habilités à l’utiliser. Il est aussi possible d’indiquer les dates d’activation et d’expiration, le cas échéant.
La relation peut reposer sur la marque, le nom commercial, la dénomination sociale, un domaine ou d’autres critères pris en compte par la réglementation. L’alias ne peut être utilisé tant que l’inscription n’est pas validée.
Si la demande est déposée directement par le titulaire, le processus se poursuit auprès de la CNMC. Si un fournisseur d’origine ou un tiers la soumet au nom de l’entreprise, l’autorisation doit être donnée par le titulaire dans un délai de 10 jours ouvrables.
La CNMC fixe actuellement un délai maximum d’un mois pour traiter une inscription individuelle. Lors de la période transitoire initiale, ce délai peut atteindre trois mois. Pour les envois en masse effectués par des fournisseurs d’origine enregistrés, un processus spécifique avec un délai jusqu’à trois mois existe également.
Les entreprises gérant un volume élevé d’expéditeurs peuvent recourir à cette procédure de masse. La CNMC autorise l’utilisation d’un fichier CSV contenant toutes les informations requises, y compris aliases, titulaires, NIF et données des représentants.
En outre, il est important de différencier l’enregistrement d’un alias de la qualification d’un fournisseur enregistré. Les opérateurs de messagerie participant à la transmission vers des numéros espagnols doivent obligatoirement être inscrits au Registre des Aliases, parmi lesquels figurent les opérateurs mobiles, certains opérateurs virtuels, agrégateurs de messagerie et quelques revendeurs capables d’appliquer des blocages techniques.
Que faire pour les SMS en provenance de l’étranger ?
C’est l’un des aspects essentiels du nouveau système. La réglementation espagnole ne couvre pas uniquement les entreprises nationales. Elle s’applique aussi aux entreprises étrangères souhaitant envoyer des messages avec un alias à des utilisateurs espagnols.
La Circulaire 1/2026 prévoit explicitement que les alias d’entreprises étrangères doivent être inscrits au Registre des Aliases si elles souhaitent envoyer des messages avec alias à des numéros espagnols dont les utilisateurs ne sont pas en itinérance en dehors de l’Espagne. En outre, le trafic doit transiter par des fournisseurs de messagerie enregistrés en Espagne pour pouvoir être délivré.
Ainsi, une société américaine, britannique, allemande ou d’un autre pays qui désire envoyer un SMS identifié par le nom de sa marque en Espagne ne peut simplement pas utiliser l’alias enregistré dans son pays et supposer que cela fonctionne sur les réseaux espagnols.
En l’absence d’enregistrement, tout message destiné à un numéro espagnol doit être bloqué. Une exception existe en cas de roaming international, lorsque le numéro espagnol est temporairement connecté depuis l’étranger et que l’opérateur peut identifier cette situation.
La réglementation prévoit aussi la possibilité pour la CNMC de conclure des accords bilatéraux afin de reconnaître les aliases inscrits dans des registres équivalents étrangers. Néanmoins, en l’attente de tels accords, le registre espagnol reste le seul mécanisme applicable pour les messages avec alias envoyés à des numéros espagnols.
Il faut aussi souligner une différence importante : tous les messages internationaux ne sont pas traités de la même manière. La réglementation impose également le blocage de certains SMS, MMS ou RCS provenant de l’étranger et utilisant un numéro espagnol comme identifiant, sauf en cas de roaming international. Esto busca impedir que un mensaje originario de fuera del país parezca venir d’un numéro espagnol.
En résumé, l’origine internationale ne permet pas d’échapper au Registre des Aliases quand une entreprise étrangère souhaite utiliser un nom comme expéditeur à destination d’un numéro espagnol.
Impacts pour les opérateurs et les destinataires
La responsabilité technique incombe principalement aux fournisseurs intervenant dans la chaîne de transmission. La réglementation distingue entre fournisseurs d’origine, de transit et de terminaison. Ces derniers étant les opérateurs de réseau mobile chargés de délivrer effectivement les messages aux abonnés.
Les motifs de blocage envisagés incluent : l’alias non enregistré, le fournisseur non enregistré, le fournisseur non habilité par le titulaire de l’alias, ou encore un alias d’une entreprise étrangère non inscrite en Espagne, sauf dans le cas de roaming international.
Pour les utilisateurs, une nouveauté est la possibilité de vérifier l’inscription du alias. La CNMC a mis en place un moteur de recherche public permettant d’introduire l’alias tel qu’il apparaît sur le téléphone pour voir l’entité associée.
Consultation publique des aliases enregistrés auprès de la CNMC
Ce service est utile pour analyser un SMS suspect. Si le message prétend provenir d’une entreprise donnée mais que le alias n’est pas enregistré ou que l’entité associée ne correspond pas, cela peut être un signe de méfiance.
Il est important de noter que cette vérification ne certifie pas la sécurité d’un message. Un alias peut être enregistré correctement, mais le contenu du SMS peut encore présenter des risques. La validation d’un alias garantit l’identité de l’expéditeur, mais ne certifie pas la légitimité de chaque lien ou demande inclus dans le message.
Pour les entreprises technologiques et les fournisseurs de messagerie, cette évolution est encore plus profonde : envoyer des SMS avec un nom de marque vers l’Espagne cesse d’être une simple question technique ou commerciale. L’alias devient une composante d’un registre réglementé, avec des exigences d’identification, des fournisseurs autorisés et des mécanismes de blocage impactant également les messages en provenance de l’étranger.
Questions fréquemment posées
Comment une entreprise enregistre-t-elle son alias SMS en Espagne ?
Elle doit soumettre une demande via la plateforme digitale de la CNMC avec un certificat numérique. Il faut justifier la légitimité de l’alias par rapport à la société, à la marque, au nom commercial, au domaine ou autre critère accepté, et transmettre les données du titulaire et des fournisseurs habilités.
Une entreprise étrangère doit-elle enregistrer son alias en Espagne ?
Oui, si elle souhaite utiliser cet alias pour envoyer des SMS, MMS ou RCS à des numéros espagnols dont les utilisateurs ne sont pas en itinérance à l’international. Les aliases étrangers non enregistrés doivent être bloqués dans ce cas.
Que se passe-t-il si un SMS en provenance d’un autre pays affiche un alias espagnol ?
La réglementation impose de bloquer ces messages s’ils proviennent de l’étranger et présentent un alias espagnol, sauf dans le cadre du roaming international prévu par la réglementation.
Où une entreprise peut-elle s’inscrire ?
La CNMC met à disposition une procédure spécifique dans sa plateforme digitale pour enregistrer fournisseurs et aliases, accessible uniquement avec un certificat numérique.