Huawei modernise le réseau électrique de Yunnan Power Grid avec SPN pour les réseaux intelligents

Huawei modernise le réseau électrique de Yunnan Power Grid avec SPN pour les réseaux intelligents

La transformation digitale des réseaux électriques ne repose pas uniquement sur des capteurs, des logiciels ou des centres de contrôle. Elle nécessite également une infrastructure de communication capable de transmettre des données avec une faible latence, un débit plus élevé et un isolement suffisant entre les services critiques. C’est dans ce contexte que Huawei a lancé son projet avec Yunnan Power Grid, la société d’électricité de la province chinoise du Yunnan, une région clé pour la transmission d’énergies propres dans le sud-ouest du pays.

La société a déployé la technologie SPN, Slicing Packet Network, pour bâtir un réseau de communication de nouvelle génération, remplaçant progressivement les infrastructures obsolètes basées sur SDH. Selon Huawei, le déploiement s’est étendu à 16 villes et constitue une étape dans l’évolution prévue par les 14e et 15e plans quinquennaux de Yunnan Power Grid, visant à établir une base de communication pour les deux prochaines décennies.

Un réseau électrique aussi vecteur de données

Le Yunnan présente un terrain difficile pour un opérateur électrique. Sa géographie montagneuse, ses longues lignes de transmission, ainsi que la croissance des services numériques liés au réseau obligent à transporter davantage de données, tout en assurant une fiabilité accrue. Le réseau électrique moderne ne se contente plus uniquement de déplacer de l’énergie : il génère et consomme aussi de l’information en sous-stations, centrales, centres clients, systèmes de vidéosurveillance, téléprotection, surveillance des lignes, gestion et contrôle des ressources distribuées.

Les anciennes infrastructures de communication de Yunnan Power Grid, construites vers 2006 autour de la technologie SDH, étaient pendant longtemps privilégiées pour leur robustesse dans les réseaux critiques. Cependant, elles montrent aujourd’hui leurs limites en capacité, flexibilité et disponibilité des pièces de rechange. Huawei explique que l’afflux massif de données de production et la complexification des scénarios de service rendent la mise à jour vers une infrastructure supportant la numérisation indispensable.

Le saut vers la technologie SPN vise précisément à éliminer ce goulet d’étranglement. La nouvelle architecture augmente la capacité disponible pour les services, offrant un débit de 1 Gbit/s en accès, et pouvant atteindre 50 ou 100 Gbit/s dans les couches d’agrégation ou de cœur, en fonction de la taille du site et des services déployés.

Ce progrès ne se limite pas à l’augmentation du trafic. Dans un réseau électrique, tous les flux de données n’ont pas la même priorité. Une signalisation de téléprotection ou un service de gestion en temps réel très sensible à la latence ne peut pas être traité de la même façon qu’une transmission vidéo moins critique. Ainsi, la solution intégrée utilise la segmentation FlexE, garantissant une séparation rigide ou flexible des flux, isolant ainsi les données critiques tout en optimisant l’utilisation de la bande passante lorsque cela est possible.

Réduction des temps d’inspection et de maintenance grâce à une supervision prédictive

Les chiffres impressionnent : Huawei indique qu’à la centrale de Qujing, le temps nécessaire pour réaliser une inspection a été réduit de 30 à 3 minutes, tandis que la maintenance complète a été ramenée de plus de 7 heures à 21 minutes. Le centre opérationnel aurait également commencé à détecter les défauts majeurs avec 15 jours d’avance grâce à des points de surveillance préétablis.

En seulement six mois, le nombre de visites sur site est passé de 112 à 61, soit une baisse de 45,54 %. Ce chiffre illustre une partie essentielle du retour sur investissement : moins de déplacements, une détection plus rapide des défaillances et une supervision continue d’actifs dispersés dans une région complexe.

La surveillance en temps réel du SLA (Service Level Agreement), via des indicateurs tels que la latence et la perte de paquets, permet d’anticiper toute détérioration avant qu’elle ne devienne un incident sérieux. Pour une infrastructure électrique, cela signifie une meilleure stabilité du réseau, une réponse plus efficace face aux anomalies, et une réduction des interventions manuelles sur le terrain.

Sur le long terme, Huawei envisage que le déploiement de SPN facilite l’évolution vers des débits allant de 25 Gbit/s à 400 Gbit/s via des mises à jour économiques, évitant ainsi la reconstruction complète des infrastructures. Bien que cette promesse doit être considérée comme une feuille de route technologique plutôt qu’une garantie automatique d’économies, elle répond aux besoins clairs des opérateurs : investir dans des réseaux évolutifs, évitant une obsolescence rapide.

Du réseau intelligent au modèle source-réseau-charge-stockage

La numérisation du secteur électrique chinois progresse vers des modèles plus complexes où génération, réseau, demande et stockage doivent être coordonnés en quasi-temps réel. L’intégration des énergies renouvelables, l’électrification des usages et la multiplication des ressources distribuées exigent une visibilité accrue et une capacité de contrôle renforcée.

Dans ce contexte, SPN dépasse le simple domaine des télécommunications. La technologie peut devenir une couche de transport pour l’Internet des objets industriels, la surveillance des lignes de transmission, l’intégration des ressources (production, stockage, consommation) ou la gestion dynamique du réseau. Huawei souligne également la compatibilité avec une pile IPv4/IPv6 duale, facilitant l’intégration de nouveaux dispositifs et systèmes dans un environnement où anciennes et nouvelles technologies cohabitent pendant plusieurs années.

Le cas de Yunnan Power Grid illustre une tendance qui dépassera bientôt la Chine : la transition énergétique nécessite davantage de capteurs, l’automatisation s’intensifie et la coordination entre les systèmes devient incontournable. Sans une infrastructure de communication robuste capable de transmettre des données critiques avec une faible latence et un isolement fiable, cette couche intelligente ne pourra pas atteindre son plein potentiel. La capacité à transporter ces flux en toute sécurité et en temps voulu sera aussi essentielle que le déploiement de compteurs avancés, de caméras, de plateformes d’analyse ou d’algorithmes de prédiction.

Ce projet confirme également la volonté de Huawei de renforcer son rôle dans les infrastructures critiques, un domaine où la société est déjà bien implantée en Chine et dans certains marchés, mais dont l’évolution en Europe et aux États-Unis est plus compliquée par des enjeux réglementaires et géopolitiques. Sur le plan technologique, le message est clair : les utilities commencent à considérer leurs réseaux de communication comme une composante stratégique de leur réseau électrique, plutôt que comme un système auxiliaire.

La modernisation de Yunnan Power Grid montre que le réseau électrique intelligent doit se construire de la base. Installer un logiciel avancé dans un centre de contrôle ne suffit pas si la couche de transport reste limitée par des architectures conçues pour une autre époque. L’intelligence du réseau réside dans sa capacité à connecter des actifs dispersés, à prioriser les services critiques, et à anticiper les défaillances avant qu’elles n’affectent la fourniture.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que SPN dans un réseau électrique ?
SPN, ou Slicing Packet Network, est une technologie de réseau vecteur qui permet de transporter différents services sur une même infrastructure, avec segmentation, faible latence, capacité accrue et isolement pour le trafic critique.

Pourquoi Yunnan Power Grid a-t-elle dû moderniser son réseau ?
L’ancienne infrastructure, basée sur SDH, avait été construite vers 2006. La croissance des données, la digitalisation du réseau électrique et la géographie complexe du Yunnan exigeaient plus de capacité, de supervision et de flexibilité.

Quels gains Huawei apporte-t-elle avec SPN ?
Selon Huawei, la solution augmente le débit d’accès à 1 Gbit/s, permet des couches d’agrégation et de cœur atteignant 50 ou 100 Gbit/s, améliore la localisation des défauts, et réduit le temps d’inspection et de maintenance.

Pourquoi cela concerne-t-il les énergies renouvelables ?
Les réseaux intégrant davantage d’énergie propre et de ressources distribuées nécessitent plus de données, un contrôle renforcé et une meilleure coordination. Une communication plus performante facilite cette gestion.

source : prnewswire

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