Google lance en Inde son grand centre d’IA de 15 milliards de dollars

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Google a lancé la construction de son nouveau centre d’intelligence artificielle à Visakhapatnam, également connue sous le nom de Vizag, dans l’État indien d’Andhra Pradesh. Projet d’une valeur de 15 milliards de dollars sur cinq ans, il représentera la plus grande infrastructure numérique déployée par l’entreprise en Inde à ce jour, avec un focus sur les centres de données, la connectivité internationale, les services cloud et l’intelligence artificielle à grande échelle.

Cérémonie de lancement des travaux qui s’est tenue le 28 avril à Tarluvada, l’un des sites prévus pour le complexe. Google développe ce projet en partenariat avec AdaniConneX et Nxtra by Airtel, qui dirigeront la construction des bâtiments de centres de données et des infrastructures de connexion. Le plan prévoit la création d’un écosystème d’IA d’un gigawatt réparti sur trois campus, capable de supporter des charges croissantes pour l’entraînement, l’inférences et les services numériques.

Trois campuses pour faire de Vizag un hub d’IA

Annonce officielle de Google en octobre 2025, le projet entre maintenant dans sa phase de construction. Selon la communication officielle de Google Cloud, le hub comportera le premier centre d’IA de type gigawatt en Inde, constitué de trois campuses de centres de données. La réalisation du projet s’étalera entre 2026 et 2030, s’inscrivant dans la stratégie nationale visant à accélérer l’économie numérique en accord avec la vision Viksit Bharat 2047.

Le choix de l’emplacement n’est pas fortuit. Située sur la côte est de l’Inde, Visakhapatnam ambitionne de devenir un pôle technologique et industriel avec une connectivité internationale. Selon des informations sectorielles, les trois terrains prévus couvre­raient environ 266,6 acres à Tarluvada, 160 acres à Adivivaram, et 174,8 acres à Rambilli-Achyutapuram. La mise en service des centres est prévue pour juillet 2028, mais ces calendriers sont rarement définitifs, dépendant souvent des permis, de l’approvisionnement en énergie, de la construction et de la disponibilité des équipements.

Au-delà des salles serveurs, le projet inclut trois câbles sous-marins à haute capacité, des stations d’amarrage dédiées, de la fibre optique métropolitaine et d’autres réseaux de télécommunications. Cette composante est essentielle : un hub d’IA ne nécessite pas seulement de l’énergie et des bâtiments, mais aussi des routes de données à faible latence vers les clients, les régions cloud, les réseaux nationaux et les connexions internationales.

Google opère déjà des régions cloud en Inde, notamment à Mumbai depuis 2017 et Delhi depuis 2021. Le hub de Vizag apportera une nouvelle dimension : une capacité physique dédiée à l’IA, la connectivité internationale et une collaboration avec des partenaires locaux. Il fait également suite à d’autres initiatives dans le pays, comme la future cloud souveraine d’IA avec Airtel Business et l’arrivée d’une infrastructure sous-marine liée au câble Blue Raman.

AdaniConneX et Airtel renforcent leur présence dans l’infrastructure cloud

AdaniConneX et Nxtra by Airtel joueront un rôle central dans cette déploiement. AdaniConneX, une joint-venture entre Adani Enterprises et EdgeConneX, s’est déjà affirmée comme un acteur majeur des centres de données en Inde. Nxtra, filiale de Bharti Airtel spécialisée dans les centres de données, apporte ses capacités en infrastructure numérique, connectivité, fibre optique et services associés.

Ces partenaires illustrent la dynamique de construction de cette nouvelle infrastructure d’IA. Les géants de l’ultraescalabilité ne comptent plus uniquement sur leurs propres équipes. Ils se tournent vers des alliances locales pour le terrain, les permis, l’énergie, la construction, la connectivité, l’exploitation et les relations administratives. En Inde, où la demande numérique croît rapidement et où l’infrastructure électrique et réseau doit suivre la même cadence, ces collaborations sont indispensables pour progresser.

Google présente ce projet comme un écosystème complet, au-delà d’un simple centre de données. En plus des capacités de calcul, l’entreprise évoque un réseau de fibres optiques étoffé, une stratégie d’énergie propre à long terme et des programmes d’impact communautaire. Parmi ces initiatives figurent la gestion des bassins versants et des ressources hydriques, la formation digitale pour les communautés de pêcheurs, des fonds pour les écoles et les entreprises sociales, ainsi que le soutien aux entrepreneuses.

Cette approche répond à une réalité de plus en plus cruciale pour les grands centres de données : leur impact local. Une infrastructure de cette envergure exige de l’énergie, de l’eau, des terrains, des travaux, des réseaux et du personnel. Dans des régions où l’expansion est rapide, les entreprises technologiques doivent justifier non seulement le retour sur investissement, mais également leur gestion des ressources partagées et leur intégration communautaire.

L’Inde veut aller au-delà du simple marché de consommateurs

Le déploiement de Vizag intervient à un moment où l’Inde souhaite se positionner comme une puissance numérique et une actrice stratégique dans la chaîne mondiale de la technologie. Le pays possède déjà une vaste base d’utilisateurs, un vivier de talents techniques, des entreprises de services IT et un écosystème de startups en pleine croissance. La prochaine étape concerne l’infrastructure : centres de données, clouds, connectivité internationale et capacités d’IA propres.

Thomas Kurian, PDG de Google Cloud, a qualifié le début des travaux de tournant pour l’avenir « AI-native » de l’Inde. Le Premier ministre de l’Andhra Pradesh, N. Chandrababu Naidu, a présenté ce projet comme une pièce maîtresse du corridor technologique de l’État, capable d’attirer investissements, emploi qualifié, jeunes, startups et entreprises locales.

La participation du ministre indien Ashwini Vaishnaw à la cérémonie renforce la dimension nationale du projet. Le gouvernement indien souhaite que le pays soit perçu comme un partenaire fiable dans la chaîne de valeur technologique, et pas seulement comme un marché final. En IA, cela implique de disposer d’infrastructures permettant à des entreprises, des chercheurs et des développeurs d’entraîner, déployer et faire évoluer leurs solutions sans dépendre uniquement de centres situés hors du pays.

La stratégie a également une lecture géopolitique. Face à la compétition entre les États-Unis, la Chine, l’Europe, le Japon et les pays du Golfe pour les centres de données, les puces, l’énergie et les talents en IA, l’Inde cherche à se positionner comme un troisième grand pôle, en combinant sa démographie, ses capacités techniques, ses coûts compétitifs et une relation stratégique avec les entreprises américaines. Un hub Google de 15 milliards de dollars vient renforcer cette narration.

L’énergie, la connectivité et les délais seront clés

Le principal défi sera la mise en œuvre. Un hub d’IA de cette envergure ne se construit pas simplement avec l’investissement annoncé. Il faut un accès stable à l’énergie, des contrats d’approvisionnement, des permis environnementaux, de l’eau ou des systèmes de refroidissement adaptés, des câbles sous-marins, de la fibre, des postes de transformation, des équipements critiques, du personnel hautement qualifié et une logistique bien rodée pour la gestion des serveurs et des accélérateurs.

La stratégie en énergie renouvelable sera scrutée de près. Google indique que le projet privilégiera le recours à de nouvelles sources d’énergie propre pour le réseau, en cohérence avec l’objectif indien d’atteindre 500 GW de capacité non fossile d’ici 2030. Bien que cette promesse soit importante, l’équilibre entre croissance des centres de données et décarbonation sera un défi sensible dans le contexte indien, comme dans d’autres marchés à forte croissance en IA.

La connectivité sous-marine jouera également un rôle crucial. Si Vizag veut devenir un centre d’IA et de cloud, il devra posséder des routes redondantes à faible latence vers d’autres marchés. Les trois câbles annoncés, combinés à des stations d’amarrage dédiées, pourraient transformer le rôle de la ville dans la cartographie numérique indienne, traditionnellement centrée sur Mumbai, Chennai, Hyderabad, Bengaluru et Delhi.

Pour Google, la construction à Vizag renforcera sa compétition avec AWS, Microsoft Azure et d’autres fournisseurs de cloud dans l’un des marchés numériques les plus importants au monde. Pour l’Inde, ce sera un actif d’infrastructure susceptible de soutenir la recherche, les services publics, les entreprises, les startups et les déploiements d’IA d’entreprise. Pour l’Andhra Pradesh, c’est une opportunité de se positionner sur la scène mondiale des centres de données.

Les travaux viennent tout juste de commencer. Leur réussite dépendra de la capacité à transformer un investissement colossal en services concrets, talents locaux, énergie fiable et connectivité optimale. À l’ère de l’IA, l’infrastructure n’est plus simplement le support invisible d’Internet : elle est devenue une politique industrielle majeure.

Questions fréquentes

Où Google construira-t-il son nouveau hub d’IA en Inde ?
Le projet a débuté à Visakhapatnam, dans l’Andhra Pradesh. Il comprendra trois campus, Tarluvada étant l’un des sites retenus.

Combien Google prévoit-il d’investir dans ce projet ?
L’investissement total s’élèvera à 15 milliards de dollars sur cinq ans, de 2026 à 2030.

Quels partenaires participent à la construction ?
AdaniConneX et Nxtra by Airtel seront responsables de la construction des centres de données et des infrastructures de connexion associées.

Quand les centres de données seront-ils opérationnels ?
Les prévisions indiquent une mise en service vers juillet 2028, bien que le calendrier soit tributaire de l’avancement des travaux, des permis, de l’approvisionnement en énergie et des équipements.

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