GHGSat confie à SFL Missions le satellite GHGSat-D2 pour la surveillance du méthane

GHGSat confie à SFL Missions le satellite GHGSat-D2 pour la surveillance du méthane

La société canadienne GHGSat a confié à SFL Missions, basée à Toronto, le développement de GHGSat-D2, un satellite de démonstration destiné à mesurer avec plus de précision et à une fréquence accrue les émissions de gaz à effet de serre, surpassant ainsi sa flotte actuelle. L’appareil pèsera environ 100 kg au lancement, contre une moyenne de 15 kg pour les satellites que la société de Montréal met actuellement en orbite. SFL Missions a annoncé ce contrat le 28/09/2026, sans préciser le montant ni la date de lancement prévue.

Les points clés du satellite GHGSat-D2 en 30 secondes

  • SFL Missions construira pour GHGSat un satellite de démonstration pesant moins de 100 kg, basé sur sa plateforme DEFIANT-XL.
  • Le capteur, plus grand et plus précis, sera fabriqué par ABB Canada.
  • Selon les entreprises, il pourra détecter des fuites dès 50 kg par heure et couvrir 20 000 km² par jour, soit le double de la couverture actuelle.
  • Il disposera de propulseurs, de deux capteurs stellaires et de panneaux solaires déployables.
  • Le montant du contrat et la date de lancement n’ont pas encore été communiqués.

GHGSat commercialise des données sur les émissions, principalement de méthane, auprès de gouvernements et d’entreprises dans les secteurs pétrolier, gazier, électrique, minier, de gestion des déchets et agricole. Son activité repose sur deux enjeux : détecter des fuites de plus en plus petites et repasser au-dessus des sites suffisamment souvent pour vérifier si des corrections ont été effectuées. GHGSat-D2 vise à améliorer ces deux aspects.

Pour l’instant, GHGSat-D2 est un seul satellite de démonstration. Stéphane Germain, PDG de GHGSat, le place dans le cadre de la préparation de la seconde génération de sa constellation : « Aujourd’hui, avec notre constellation de seconde génération, nous capitalisons sur ce succès pour réaliser une avancée substantielle en performance. » La communication ne précise pas le nombre de satellites que comprendra cette seconde génération ni quand elle sera déployée.

De 15 à près de 100 kilogrammes pour accueillir un capteur plus grand

Le changement de taille est la caractéristique la plus marquante du projet. Depuis la mission pionnière « Claire », lancée en 2016, SFL a fabriqué pour GHGSat onze satellites commerciaux de surveillance des émissions, utilisant sa plateforme de microsatellites NEMO, avec un poids moyen de 15 kg. En outre, deux autres unités de cette même famille — GHGSat-C18 et C19 — sont en cours de construction à Toronto, sous contrat signé en novembre 2025.

GHGSat-D2 passe à la plateforme DEFIANT-XL, une version agrandie d’une autre plateforme de SFL, car le nouveau capteur ne rentre pas dans l’ancien modèle. Ce nouvel instrument est fabriqué par ABB Canada, la filiale canadienne du groupe industriel suisse, qui avait déjà fourni certaines des charges utiles précédentes de GHGSat.

L’espace supplémentaire permet aussi d’intégrer d’autres systèmes. Le satellite sera équipé de deux capteurs stellaires (star trackers) au lieu d’un seul, garantissant une orientation précise peu importe la position, et de panneaux solaires déployables alimentant un capteur plus exigeant. Il intégrera également un système de propulsion, justifié par SFL pour deux raisons : éviter des collisions potentielles avec d’autres satellites et compenser la résistance atmosphérique accrue par l’activité solaire. Ces améliorations devraient prolonger la durée de vie opérationnelle, bien que la société ne précise pas le nombre d’années prévues.

Détections de fuites plus petites et passage accru au même endroit

L’amélioration la plus importante pour les clients de GHGSat concerne la sensibilité. Selon la société, le nouveau satellite sera capable de détecter des émissions de seulement 50 kg par heure depuis l’espace. Pour cela, SFL équipera le satellite de la dernière version de son système de détermination et de contrôle d’attitude (ADCS), qui combine logiciel et matériel pour stabiliser le satellite et pointer avec grande précision le capteur vers une cible terrestre.

La couverture augmente également. Chaque satellite pourra observer 20 000 km² par jour, soit le double de la capacité actuelle. La reprogrammation du satellite permettra aussi une reorientation jusqu’à 45 degrés dans la direction de l’orbite ou perpendiculairement, ce qui facilite le survol répété du même point. Cette capacité de révisite accrue est cruciale pour suivre des fuites intermittentes dans un pipeline ou un site de dumping, où revenir fréquemment peut faire toute la différence, autant que la résolution du capteur.

Robert E. Zee, PDG de SFL Missions, décrit le contrat comme « une avancée technologique significative » pour le respect des gaz à effet de serre depuis l’espace. Toutes ces fonctionnalités restent pour l’instant des objectifs de conception, et il faudra attendre la mise en orbite pour en vérifier la réalisation.

Une histoire qui débute en 2016

GHGSat fut l’une des premières entreprises en 2016 à mesurer, depuis un satellite situé à environ 500 km d’altitude, les émissions de méthane de sites industriels précis. La société affirme avoir contribué depuis à réduire plus de 21 millions de tonnes d’équivalent CO₂ en méthane, une quantité comparable aux émissions annuelles de plus de 4,9 millions de voitures. Ce chiffre provient de l’entreprise elle-même et a augmenté à chaque annonce : en novembre 2025, elle évoquait plus de 20 millions de tonnes, équivalant à 4,6 millions de voitures.

SFL Missions, de son côté, revendique 98 missions avec succès opérationnel et plus de 470 années d’exploitation cumulée en orbite. Elle fabrique des satellites de 3 à 500 kg et en développe actuellement 33 à Toronto, pour des clients commerciaux, gouvernementaux et de recherche. Le contrat intervient dans un contexte de compétition pour l’orbite basse : comme l’a rapporté la Revue Cloud, la Chine a réservé plus de 200 000 satellites. Cependant, GHGSat opère dans un créneau très différent : peu d’appareils, très spécialisés, dont le produit final est l’accès aux données.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que GHGSat-D2 ?

Un satellite de démonstration que SFL Missions développe pour GHGSat afin de mesurer plus précisément et fréquemment les émissions de gaz à effet de serre, notamment le méthane. Il devrait peser moins de 100 kg au lancement.

Quelles fuites de méthane pourra-t-il détecter ?

Selon les compagnies, des émissions de seulement 50 kg par heure, avec une couverture quotidienne de 20 000 km², soit le double de la flotte actuelle.

Qui fabrique le capteur ?

ABB Canada, qui a déjà fourni certains capteurs pour les satellites précédents de GHGSat.

Quand sera-t-il lancé ?

Ni SFL Missions ni GHGSat n’ont communiqué de date précise ni de coût pour le lancement.

Sources :

le dernier