Cerebras Systems continue d’étendre sa capacité à déployer de l’infrastructure IA à grande échelle. La société vient de signer un accord de colocation de dix ans avec CleanCore Solutions pour occuper entièrement un nouveau campus de centres de données au Minnesota, une installation qui offrira à terme 55 MW de puissance électrique et 40 MW de charge critique pour les systèmes d’IA. Le contrat a une valeur initiale d’environ 800 millions de dollars, et pourrait dépasser 3 milliards de dollars avec les deux options de renouvellement prévues.
Ce qu’il faut retenir
- Cerebras louera l’ensemble d’un campus dédié à l’IA au Minnesota pour une période initiale de dix ans.
- Le centre disposera de 55 MW de puissance électrique et 40 MW de charge IT critique une fois achevé.
- Le contrat vaut environ 800 millions de dollars, avec un potentiel de dépasser 3 milliards grâce aux renouvellements.
- Le projet s’inscrit dans l’expansion mondiale de Cerebras pour ses infrastructures d’inférence IA.
Contexte et enjeux
L’annonce arrive quelques jours seulement après que Cerebras a confirmé son intention de déployer 200 MW de capacité en Europe d’ici fin 2027, avec des projets en Norvège, en Finlande et en France, un plan qu’on décrivait dans notre article sur son réseau d’inférence européen. La société construit un réseau international d’infrastructures propres et partenaires pour offrir des services d’inférence IA avec une latence réduite sur plusieurs marchés à la fois.
Cette course à la capacité se joue sur fond de pénurie d’énergie disponible pour les data centers IA. La question ne se limite plus à la puissance installée : elle touche aussi la façon dont ces installations sont certifiées et conçues pour répondre aux besoins spécifiques de l’IA, un sujet qu’on abordait dans notre analyse sur la pertinence de la certification Tier face à l’IA.
Les faits
Le nouveau complexe du Minnesota respecte les normes Tier III, une architecture courante dans les installations critiques qui permet de réaliser des opérations de maintenance sans interrompre les services. À son achèvement, le campus offrira 55 MW de puissance électrique totale et 40 MW de charge IT critique, avec une occupation à 100 % par Cerebras et un début de revenus prévu au premier trimestre 2027.
Environ 20 MW disposent déjà d’une alimentation électrique selon CleanCore Solutions, ce qui permettra de lancer une première phase avec environ 15 MW de capacité IT pendant que le reste de l’infrastructure se termine dans les prochains mois. En dehors de sa gamme de processeurs Wafer Scale Engine, Cerebras a multiplié les annonces ces dernières semaines : extension européenne, nouveaux déploiements aux États-Unis, et capacité accrue pour ses clients entreprises et développeurs de modèles fondamentaux.
Analyse et implications
Ce que ce contrat révèle dépasse le simple chiffre. L’alimentation électrique est devenue l’un des principaux goulets d’étranglement de l’industrie IA, et réserver la puissance pour dix ou vingt ans devient une pratique courante chez les fournisseurs d’IA, les hyperscalers et les opérateurs cloud. Le campus du Minnesota sera occupé à 100 % dès sa mise en service, ce qui offre au promoteur une visibilité sur ses revenus et garantit à Cerebras un accès prioritaire aux mégawatts dans un marché où la disponibilité devient de plus en plus rare.
L’accord se distingue aussi par son partenaire. CleanCore Solutions n’était jusqu’à récemment pas un opérateur d’infrastructures numériques : la société a annoncé en 2026 une orientation stratégique visant à abandonner progressivement son activité historique de produits de nettoyage pour se concentrer sur les infrastructures IA, avec un partenariat avec HST Technologies et un programme de financement dédié. Ce genre de reconversion illustre à quel point la ruée vers l’IA attire des acteurs venus d’horizons totalement différents dès qu’ils disposent de terrain, d’énergie ou de capital à mobiliser.
Cerebras diversifie par ailleurs ses relais de croissance au-delà de la seule vente de puces. La société a récemment équipé CrowdStrike pour accélérer sa plateforme Falcon AIDR, comme on le rapportait dans notre article sur ce partenariat cybersécurité. Entre vente de puces, service d’inférence et propriété d’infrastructure, l’entreprise construit un modèle à plusieurs étages qui la rend moins dépendante d’un seul type de client.
Perspectives
Depuis plusieurs années, la compétition dans l’IA se concentrait surtout sur la conception d’accélérateurs plus puissants. Aujourd’hui, l’accent porte tout autant sur la possession de l’infrastructure nécessaire pour les alimenter. Cerebras, NVIDIA, OpenAI, Microsoft, Meta ou xAI rivalisent pour sécuriser l’alimentation électrique, le terrain, le refroidissement et des contrats longue durée afin de déployer leurs prochaines générations de matériel. Un accord comme celui du Minnesota confirme que l’infrastructure pèse désormais presque autant que le processeur lui-même dans cette course.
Questions fréquentes
Quelle sera la capacité du nouveau campus de Cerebras ?
Le projet prévoit 55 MW de puissance électrique et 40 MW de charge IT critique une fois terminé.
Quel est le montant du contrat ?
L’accord initial s’élève à environ 800 millions de dollars sur dix ans, mais pourrait dépasser 3 milliards de dollars avec les options de renouvellement.
Quand le campus commencera-t-il à fonctionner ?
Selon CleanCore Solutions, le début d’exploitation est prévu pour le premier trimestre 2027, en fonction de l’avancement des travaux.
Comment ce projet s’intègre-t-il dans la stratégie de Cerebras ?
Il fait partie de l’expansion internationale de son infrastructure IA, qui comprend aussi le déploiement annoncé récemment de 200 MW en Europe avant fin 2027.
vía : prnewswire