CaixaBank prolonge jusqu’en 2030 son alliance avec Palo Alto Networks face à l’IA

CaixaBank rejoint le programme européen PIQASO pour protéger les données à l'ère post-quantique

CaixaBank a prolongé jusqu’en 2030 son alliance avec l’américain Palo Alto Networks afin de renforcer sa protection face aux menaces liées à l’intelligence artificielle (IA) avancée, selon une annonce de la banque en date du 5 novembre 2026. Les deux entreprises lanceront des projets d’innovation conjoints et partageront des équipes spécialisées en IA appliquée à la cybersécurité.

Les points clés de l’alliance entre CaixaBank et Palo Alto Networks en 30 secondes

  • CaixaBank et Palo Alto Networks prolongent une collaboration déjà existante et l’étendent jusqu’en 2030.
  • L’accord prévoit des projets d’innovation conjoints et des équipes partagées consacrées à l’IA appliquée à la cybersécurité, avec des méthodologies d’attaque et de défense.
  • La banque ne détaille ni le montant, ni les produits concernés, ni la date à partir de laquelle les deux entreprises travaillent ensemble.
  • L’accord s’inscrit dans le Plan stratégique 2025-2027, qui réserve 5 milliards d’euros à la technologie.
  • Il intervient alors que DORA est déjà en vigueur, une norme qui oblige les banques à surveiller le risque lié à leurs fournisseurs technologiques.

Le communiqué parle de renforcer une relation, non de l’inaugurer, mais il ne précise ni quand elle a commencé ni dans quelles conditions l’étape précédente a été signée. Il n’y a pas non plus de déclarations de dirigeants de l’une ou l’autre entreprise : la note de la banque ne contient aucune citation, et les articles consultés dans d’autres médias, comme El Demócrata ou Financial IT, n’apportent aucune information supplémentaire par rapport au communiqué. Dans la recherche menée pour cet article, aucun communiqué propre de Palo Alto Networks sur l’accord n’apparaît.

Ce que comprend l’accord et ce qu’il laisse dans le flou

Selon CaixaBank, l’extension intègre de nouvelles lignes de travail face à des risques que la banque décrit comme croissants. La plus concrète est la création d’équipes dédiées au développement de méthodologies d’attaque et de défense fondées sur l’IA, orientées vers ce que l’établissement appelle la défense active. S’y ajoutent des projets d’innovation conjoints et une collaboration technique plus étroite entre les spécialistes des deux entreprises.

L’établissement justifie cette décision par le fait que les modèles d’IA changent aussi bien la manière de se défendre que celle d’attaquer. C’est pourquoi, explique-t-il, il veut s’appuyer sur une plateforme qui intègre en continu les technologies les plus avancées, et il présente l’accord comme faisant partie d’un modèle de sécurité flexible et adaptable. Ce sont des appréciations de la banque elle-même, non des résultats mesurés.

Le communiqué laisse plusieurs points en suspens. Pour commencer, il ne mentionne aucun produit de Palo Alto Networks. L’entreprise commercialise des familles comme Cortex (où l’on trouve Cortex XSIAM, sa plateforme pour les centres d’opérations de sécurité ou SOC), Prisma pour le cloud et l’accès à distance avec une architecture SASE (Secure Access Service Edge), Strata pour la sécurité réseau et Prisma AIRS pour protéger les applications et les agents d’IA, mais le communiqué n’indique pas lesquelles CaixaBank utilise ou utilisera. Il ne détaille pas non plus le montant du contrat, le nombre de professionnels qui composeront ces équipes conjointes, ni si du personnel de Palo Alto travaillera depuis les locaux de la banque.

Le seul chiffre économique qui apparaît est celui de 5 milliards d’euros, et mieux vaut le lire correctement. Il s’agit de l’investissement global dans la technologie prévu par le Plan stratégique 2025-2027 de CaixaBank, que la banque canalise à travers le plan Cosmos, présenté en février 2025. Ce n’est pas la valeur de cette alliance, mais le cadre général dans lequel la banque la place.

Une banque de 21 millions de clients soumise aux règles de DORA

L’échelle aide à comprendre pourquoi la cybersécurité occupe une telle place dans la stratégie de l’établissement. CaixaBank compte 21,1 millions de clients en Espagne et au Portugal, selon son rapport de résultats des neuf premiers mois de 2026, publié le 30 octobre 2026. Sur cette période, elle a gagné 4 962 millions d’euros, soit 12,9 % de plus qu’un an auparavant. Lors de la présentation du plan Cosmos, la banque avait déjà fixé parmi ses objectifs de renforcer sa plateforme technologique avec les plus hauts standards de résilience et de sécurité.

L’accord intervient en outre dans un cadre réglementaire très différent de celui d’il y a deux ans. Le règlement (UE) 2022/2554, connu sous le nom de DORA (Digital Operational Resilience Act), est applicable depuis le 17 janvier 2025 et oblige les banques, les assureurs et d’autres entités financières à se doter d’un cadre de gestion des risques liés aux technologies de l’information et de la communication (TIC), à notifier les incidents graves, à soumettre leurs systèmes à des tests de résilience et à contrôler le risque que représentent leurs fournisseurs technologiques.

Ce dernier point concerne directement des accords comme celui-ci. DORA exige que les contrats avec les fournisseurs de TIC comportent des clauses minimales sur les niveaux de service, l’audit, l’accès à l’information et les stratégies de sortie, et que les entités tiennent un registre de tous ces accords. Il crée également un régime de supervision européenne pour les fournisseurs considérés comme critiques pour le secteur. CaixaBank ne relie pas expressément l’alliance à DORA dans son communiqué, mais toute extension d’un contrat de sécurité de cette envergure entre dans ce périmètre. L’adaptation du secteur n’a pas été simple : une enquête de 2025 situait à 96 % la proportion d’établissements financiers de la zone EMEA qui reconnaissaient ne pas encore respecter la norme.

Ce n’est pas le premier pas de la banque dans ce domaine. CaixaBank a indiqué dans sa salle de presse sa participation à un consortium européen de recherche sur de nouvelles façons de combattre les cyberattaques grâce à l’IA, ainsi qu’à deux projets européens de cybersécurité pour les infrastructures critiques.

Palo Alto Networks, un fournisseur en pleine expansion

CaixaBank décrit son partenaire comme une multinationale basée en Californie, cotée au Nasdaq et comptant plus de 20 000 salariés. Ces derniers mois, l’entreprise a élargi son catalogue à coups d’acquisitions. La plus marquante a été celle de CyberArk, spécialiste de la sécurité des identités, pour environ 25 milliards de dollars, annoncée en juillet 2025 et finalisée en février 2026. Auparavant, elle avait finalisé le rachat de Chronosphere, axé sur l’observabilité.

Une bonne partie de cet effort répond à la même idée que celle du communiqué de la banque : utiliser l’IA pour défendre et, en même temps, protéger les systèmes d’IA des entreprises. L’entreprise a présenté ses plans pour faire évoluer la défense par l’IA vers un modèle continu s’appuyant sur des modèles de langage tiers, et a ajouté des briques comme Prisma AIRS pour la sécurité des agents. Que CaixaBank utilise l’un de ces outils précis est, pour l’instant, une information que ni la banque ni l’éditeur n’ont confirmée.

Questions fréquentes

Qu’ont convenu CaixaBank et Palo Alto Networks ?

Elles ont prolongé jusqu’en 2030 leur collaboration en cybersécurité pour faire face aux menaces liées à l’IA avancée. L’accord comprend des projets d’innovation conjoints et des équipes partagées qui travailleront sur des méthodologies d’attaque et de défense fondées sur l’IA.

Combien l’alliance représente-t-elle ?

Aucune des deux entreprises n’a rendu le montant public. Les 5 milliards d’euros cités par CaixaBank correspondent à l’investissement technologique de son Plan stratégique 2025-2027, et non à ce contrat.

Quels produits de Palo Alto Networks CaixaBank utilisera-t-elle ?

Le communiqué ne le précise pas. Il évoque une plateforme de sécurité à IA intégrée, sans nommer de solutions comme Cortex XSIAM, Prisma, Strata ou Prisma AIRS.

Quel lien y a-t-il entre l’accord et DORA ?

Le règlement européen DORA, applicable depuis le 17 janvier 2025, oblige les banques à gérer le risque de leurs fournisseurs de technologie et à le refléter dans les contrats. CaixaBank ne relie pas expressément l’alliance à cette norme.

Sources :

le dernier