Broadcom a clôturé son deuxième trimestre fiscal 2026 (clos le 3 mai) avec 22,187 milliards de dollars de revenus, soit +48 % en un an, et un bénéfice net GAAP de 9,310 milliards. Le chiffre qui retient l’attention : 10,8 milliards de dollars sur les seuls semi-conducteurs pour l’IA, soit +143 % par rapport à la même période l’an passé. Pour le troisième trimestre, Broadcom anticipe 16 milliards dans ce segment — ce qui représenterait une croissance de plus de 200 % en glissement annuel.
La croissance ne s’explique plus par le portefeuille traditionnel de semi-conducteurs et logiciels d’infrastructure. C’est la demande pour des accélérateurs IA sur mesure et les réseaux reliant les grands data centers qui tirent les chiffres. Broadcom est passée de fournisseur diversifié de puces à acteur central de l’infrastructure physique de l’IA.
Pourtant, le marché n’a pas accueilli ces résultats avec euphorie. Les actions ont reculé après la clôture malgré la croissance des revenus et des bénéfices. Ce recul dit quelque chose du niveau d’exigence imposé aux valeurs IA : une croissance rapide ne suffit plus. Les investisseurs veulent savoir si le rythme est soutenable, si l’offre de composants suit et si les marges tiennent.
Les chiffres clés du trimestre
| Métrique Q2 fiscal 2026 | Résultat | Variation annuelle |
|---|---|---|
| Revenus totaux | 22,187 milliards de dollars | +48 % |
| Bénéfice net GAAP | 9,310 milliards de dollars | +88 % |
| Bénéfice net non-GAAP | 12,074 milliards de dollars | +55 % |
| EBITDA ajusté | 15,244 milliards de dollars | +52 % |
| BPA diluté GAAP | 1,91 dollars | +85 % |
| BPA diluté non-GAAP | 2,44 dollars | +54 % |
| Flux de trésorerie libre | 10,262 milliards de dollars | +60 % |
| Revenus semi-conducteurs IA | 10,8 milliards de dollars | +143 % |
La rentabilité interpelle. L’EBITDA ajusté représente 69 % du chiffre d’affaires. Le flux de trésorerie libre atteint 10,262 milliards, soit 46 % des revenus trimestriels. C’est exceptionnel pour une entreprise qui combine semi-conducteurs, logiciels d’infrastructure et une dette significative issue de l’intégration de VMware.
ASICs et réseaux : le créneau de Broadcom face à NVIDIA
Hock Tan, PDG de Broadcom, attribue ces records à la demande pour des accélérateurs personnalisés et des réseaux dédiés à l’IA. Ce positionnement est différent de celui de NVIDIA, qui se concentre sur les GPU généralistes pour l’entraînement et l’inférence. Broadcom s’est trové un créneau dans les ASICs, les réseaux optiques, la commutation et la connectivité pour les grands clients cloud.
En octobre 2025, l’entreprise avait annoncé une collaboration avec OpenAI pour déployer 10 GW d’accélérateurs IA sur mesure — signal clair que les grands laboratoires et plateformes cherchent du matériel adapté à leurs modèles et à leurs coûts par token. Broadcom y répond en proposant non pas une puce standard, mais un partenariat d’ingénierie tailleur.
Ses clients ne veulent pas seulement un accélérateur isolé. Ils veulent de la bande passante, une latence réduite entre les racks et une intégration réseau optimisée pour leur architecture propre. Broadcom intervient à plusieurs niveaux de cette chaîne, ce qui explique une partie de sa résistance aux cycles classiques des semi-conducteurs. La demande en mémoire IA suit la même logique : Samsung et SK Hynix ont elles aussi révisé leurs prévisions à la hausse sous l’effet de l’explosion des commandes pour les data centers IA.
Semi-conducteurs en forte hausse, VMware en soutien
Par segments, les semi-conducteurs ont généré 15,009 milliards (+79 % en un an), soit 68 % du total. L’Infrastructure Software a rapporteé 7,178 milliards (+9 %), soit 32 % des revenus. La croissance principale vient des puces, mais le logiciel apporte la stabilité et les marges récurrentes.
Depuis l’acquisition de VMware, Broadcom a reorganisé son offre logicielle vers les grands clients, le cloud privé, la virtualisation et les plateformes d’entreprise. Cette activité ne croît pas aussi vite que l’IA, mais elle diversifie les revenus et atténue l’exposition au cycle des semi-conducteurs.
Pour le troisième trimestre, Broadcom prévoit 29,4 milliards de dollars de revenus (+84 % en un an), avec une marge opérationnelle non-GAAP proche de 67 % et un EBITDA ajusté autour de 68 %. Ces projections sont remarquables, même dans le contexte actuel de forte demande en IA.
La réaction du marché montre des attentes à la limite du raisonnable
C’est là que réside la contradiction. Les résultats sont solides, les prévisions ambitieuses, et pourtant les actions reculent. Certains analystes espéraient des prévisions encore plus agressives sur les chips IA. Tout ajustement, même léger, suffit à penaliser une valeur fortement valorisée.
C’est une nouvelle dynamique du marché IA. NVIDIA, Broadcom, Marvell, AMD, TSMC, SK Hynix, Micron et d’autres acteurs évoluent sous cette pression : ne pas seulement croître, mais surpasser des prévisions déjà intégrant une dépense massive pour les data centers. Les investisseurs ne questionnent plus la demande d’IA, mais sa durée, ses marges et le risque de concentration client.
Broadcom est terminé le trimestre avec 19,628 milliards en liquidités, contre 14,174 milliards au trimestre précédent. Elle a aussi annoncé un dividende trimestriel de 0,65 dollar par action, payable le 30 juin. Un signal de discipline financière dans un cycle d’expansion très soutenu. La compétition pour le talent IA entre Broadcom, NVIDIA et les autres poids lourds du secteur se joue aussi bien sur les salaires que sur les parts de marché.
Questions fréquentes
Combien Broadcom a-t-elle gagné au Q2 fiscal 2026 ?
22,187 milliards de dollars de revenus, soit +48 % par rapport à la même période de l’année précédente. Le bénéfice net GAAP était de 9,310 milliards.
Quels sont les revenus IA de Broadcom au Q2 2026 ?
10,8 milliards de dollars sur les semi-conducteurs pour l’IA, en hausse de 143 % en glissement annuel. Pour le Q3, Broadcom vise 16 milliards dans ce segment.
Quel rôle joue VMware dans ces résultats ?
VMware appartient à la division Infrastructure Software, qui a rapporteé 7,178 milliards au trimestre (+9 %). Elle contribue à la stabilité des marges et à la diversification des revenus, même si elle croît moins vite que les semi-conducteurs IA.
Pourquoi le cours a-t-il reculé malgré des résultats solides ?
Parce que les attentes du marché autour des valeurs IA sont très élevées. Certains analystes espéraient des prévisions encore plus ambitieuses sur les chips IA. Tout écart, même léger, suffit à provoquer un recul sur une valeur fortement valorisée.
Source : Broadcom