Veeam 2026 : 90 % disent être prêts, 28 % le prouvent vraiment face au ransomware

Résilience des données face au ransomware : seulement 28 % des entreprises récupèrent toutes leurs données

Neuf organisations sur dix affirment pouvoir se relever d’un incident dans leurs délais cibles. Pourtant, seules 28 % des victimes de ransomware ont effectivement récupéré l’intégralité de leurs données. C’est le chiffre le plus percutant du Data Trust and Resilience Report 2026 de Veeam, une étude conduite auprès de plus de 900 responsables IT, sécurité et gestion des risques à l’échelle mondiale. L’écart entre la confiance déclarée et la résilience réelle n’a jamais été aussi documenté — ni aussi préoccupant.

En 2026, la combinaison ransomware, pression réglementaire et adoption accélérée de l’intelligence artificielle transforme en profondeur la gestion de la continuité d’activité. Avoir des sauvegardes et un plan de reprise sur papier ne suffit plus. Ce que les RSSI, DSI et directeurs des risques doivent désormais démontrer, c’est une récupération propre, complète et vérifiable — pas seulement une promesse.

Contexte et enjeux : quand la confiance devient un risque en soi

Le marché de la protection des données a longtemps vendu une promesse : si vous sauvegardez, vous récupérerez. Le rapport Veeam 2026 fracture cette certitude avec des données concrètes. La véritable menace pour beaucoup d’entreprises n’est plus seulement l’attaque elle-même — c’est la fausse assurance que la récupération sera au rendez-vous. Cette confiance mal calibrée conduit à sous-investir, à ne pas tester régulièrement les procédures, et à découvrir les lacunes au pire moment possible : en pleine crise.

Ce phénomène s’inscrit dans une tendance de fond documentée par plusieurs acteurs du secteur. Commvault a lui aussi étendu sa stratégie de protection des données pour répondre à des environnements plus complexes, notamment avec l’essor des bases vectorielles et des charges d’intelligence artificielle. La complexité croissante des infrastructures hybrides amplifie le risque d’une récupération partielle ou défaillante.

Les faits : des chiffres qui remettent en question les certitudes

Les données du rapport sont sans ambiguïté. En moyenne, les organisations touchées par ransomware n’ont récupéré que 72 % des données impactées — et 44 % des victimes ont récupéré moins de 75 % de leurs données compromises. Sur le plan des délais, si 90 % des organisations affirment avoir confiance en leur RTO (Recovery Time Objective), seulement 69 % reconnaissent que ces délais correspondent réellement aux besoins opérationnels de l’entreprise.

Les conséquences concrètes d’un incident sont également documentées : parmi les organisations ayant subi une attaque, 42 % ont rapporté des interruptions de service pour leurs clients, 41 % ont enregistré des pertes financières directes, et 38 % ont connu une panne prolongée de systèmes critiques. Ces chiffres illustrent une réalité brutale : atteindre ses métriques techniques ne garantit pas une reprise opérationnelle effective.

Shadow IT et IA générative : 43 % des entreprises peinent à protéger leurs données face à l'adoption rapide de l'IA
Veeam 2026 : 90 % disent être prêts, 28 % le prouvent vraiment face au ransomware 2

Veeam n’est pas seul à pointer ce problème. L’intégration entre Commvault et CrowdStrike vise précisément à connecter la détection d’incidents à l’état réel des copies de sauvegarde, pour accélérer les décisions de récupération. La convergence entre cybersécurité et protection des données est désormais une priorité pour l’ensemble du secteur.

Analyse : l’IA, nouvel angle mort de la gouvernance des données

Le rapport introduit un facteur de risque émergent qui mérite une attention particulière : l’intelligence artificielle. 43 % des répondants estiment que l’adoption de l’IA progresse plus rapidement que leur capacité à protéger données et modèles. Plus inquiétant encore, 42 % déclarent avoir une visibilité limitée sur l’ensemble des outils ou modèles d’IA utilisés au sein de leur organisation, et 40 % admettent que leurs politiques de sécurité n’ont pas encore été mises à jour pour couvrir les risques spécifiques liés à l’IA.

Ce point est stratégique. À mesure que les collaborateurs utilisent des outils d’IA générative, des assistants, des agents autonomes ou des services cloud externes, les données d’entreprise circulent par de nouveaux canaux non contrôlés : prompts contenant des informations sensibles, documents téléversés sur des plateformes tierces, modèles connectés à des données internes, agents capables d’intervenir sur des systèmes métiers. 25 % des répondants s’inquiètent du phénomène de shadow IT lié à l’IA — une surface d’exposition qui se dilate silencieusement, en dehors de tout inventaire de sauvegarde.

La question se pose alors : peut-on sauvegarder ce que l’on ne voit pas ? Et peut-on récupérer des données dont on ignore l’existence dans les systèmes ? Le rapport de Veeam souligne que la résilience commence par la visibilité — sur les données, leur localisation, les accès accordés et les mesures de protection en place.

Implications stratégiques : budget, gouvernance et réglementation

L’étude révèle également un lien direct entre niveau d’investissement et résultats de récupération. 49 % des entreprises interrogées ont augmenté leur budget en cybersécurité par rapport à l’année précédente. Parmi celles qui ont renforcé leurs investissements, le taux de récupération complète après ransomware atteint 40 % — contre seulement 16 % pour les organisations sans augmentation budgétaire. Un écart de 24 points qui parle de lui-même.

Ces investissements se concentrent notamment sur le stockage immuable, les sauvegardes automatisées et les tests de récupération réguliers. Des capacités que Veeam positionne au cœur de son portefeuille, et que l’on retrouve également chez des partenaires comme OVHcloud, qui a intégré un agent de sauvegarde Veeam gratuit pour les serveurs Bare Metal afin de démocratiser la résilience anti-ransomware.

La réglementation s’impose aussi comme moteur : 33 % des dirigeants citent les évolutions réglementaires comme l’une des principales menaces émergentes — juste derrière les 36 % qui évoquent les cyberattaques. NIS2, DORA, RGPD renforcé : les entreprises doivent désormais non seulement assurer une récupération technique, mais aussi prouver leur conformité, leur traçabilité et leur maîtrise des données face à des régulateurs de plus en plus exigeants.

Perspectives : vers une résilience démontrée, pas seulement déclarée

Veeam identifie quatre pratiques associées à de meilleurs résultats de récupération : une visibilité précise sur les données métier et les risques liés à l’IA, des contrôles de sécurité réellement testés et pas uniquement documentés dans des politiques, des exercices de récupération réalistes qui simulent des scénarios d’attaque réels, et un alignement stratégique des responsabilités et indicateurs de performance jusqu’au niveau du comité de direction.

Le message de fond est clair : en 2026, la résilience des données est une question de gouvernance globale, pas un problème technique réservé aux équipes de sauvegarde. Lorsqu’un incident ransomware impacte simultanément l’exploitation, les clients, le chiffre d’affaires et la conformité réglementaire, la capacité à récupérer rapidement et complètement devient un avantage concurrentiel — ou une faiblesse existentielle.

La dynamique de consolidation du secteur va dans ce sens. L’acquisition de Object First par Veeam illustre cette stratégie : sécuriser le « dernier refuge » des sauvegardes avec des appliances de stockage immuable clé en main, pour garantir que même en cas de compromission totale de l’environnement, une copie propre reste accessible.

FAQ — Résilience des données et ransomware en 2026

Que révèle le Data Trust and Resilience Report 2026 de Veeam ?

Le rapport met en évidence un écart majeur entre confiance déclarée et résilience réelle. Si 90 % des organisations pensent pouvoir se relever d’un incident dans leurs délais cibles, seulement 28 % des victimes de ransomware ont réussi à restaurer l’intégralité de leurs données affectées. L’étude est basée sur les réponses de plus de 900 responsables IT, sécurité et gestion des risques à l’échelle mondiale.

Quel est le taux moyen de récupération des données après un ransomware ?

Selon Veeam, les organisations touchées récupèrent en moyenne 72 % des données impactées. Mais 44 % des victimes récupèrent moins de 75 % de leurs données compromises — ce qui signifie qu’une part importante des informations critiques peut être définitivement perdue ou inaccessible après une attaque.

Pourquoi l’IA accroît-elle le risque pour les données d’entreprise ?

L’intelligence artificielle multiplie les canaux par lesquels les données circulent — prompts, agents, services cloud non contrôlés. 43 % des organisations estiment que l’adoption de l’IA progresse plus vite que leur capacité à protéger ces données, et 42 % admettent avoir une visibilité insuffisante sur les outils IA utilisés en interne. Ce shadow AI crée des angles morts dans les inventaires de sauvegarde.

Quelles pratiques améliorent concrètement la récupération face au ransomware ?

Veeam recommande quatre pratiques clés : visibilité précise sur les données et les risques IA, contrôles de sécurité réellement testés (pas seulement documentés), exercices de récupération réalistes simulant des attaques réelles, et alignement stratégique des responsabilités jusqu’au niveau direction. Les organisations ayant augmenté leur budget cybersécurité obtiennent un taux de récupération complète de 40 %, contre 16 % pour les autres.

Quel impact a la réglementation sur la stratégie de résilience des données ?

La pression réglementaire (NIS2, DORA, RGPD) est citée par 33 % des dirigeants comme l’une des principales menaces émergentes. Les entreprises doivent désormais prouver leur conformité et leur traçabilité — pas seulement assurer une récupération technique. La réglementation transforme la résilience des données d’un enjeu IT en obligation de gouvernance à l’échelle de l’entreprise.

Les solutions de sauvegarde actuelles suffisent-elles face aux menaces modernes ?

Non, selon le rapport. Disposer de sauvegardes ne garantit pas une récupération complète. Les lacunes les plus fréquentes sont : absence de tests réguliers, priorisation inadaptée des systèmes à restaurer, dépendances applicatives non cartographiées, et données IA non intégrées dans les stratégies de protection. La résilience prouvée exige une approche systémique, pas seulement technique.

Source : Veeam — Data Trust and Resilience Report 2026

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