Acciona et IGNIS ont uni leurs forces pour développer un nouveau centre de données dans la province de Ségovie, accompagné d’une centrale photovoltaïque adjacente destinée à fournir une énergie renouvelable au complexe. L’opération s’organise à travers Ignis Data Epta, une société dans laquelle les deux entreprises détiennent chacune 50 %, renforçant ainsi l’entrée d’Acciona sur un marché où la disponibilité électrique est devenue un facteur clé pour la concrétisation de nouveaux projets.
Les points essentiels du centre de données de Ségovie en 20 secondes
- Acciona a acquis 50 % d’Ignis Data Epta et partage le projet avec IGNIS.
- Le futur centre de données sera accompagné d’une centrale photovoltaïque adjacente.
- Les permis d’accès et de connexion électrique avaient été préalablement obtenus par des sociétés liées à IGNIS.
- Acciona vise à développer un portefeuille pouvant atteindre 2 GW en centres de données.
- La puissance IT, le montant de l’investissement, l’emplacement précis et le calendrier d’ouverture n’ont pas encore été communiqués.
Cette alliance est particulièrement intéressante car elle combine dès le départ deux infrastructures devenues de plus en plus difficiles à dissocier : capacité de calcul et disponibilité énergétique. Les nouveaux centres de données, en particulier ceux conçus pour les charges d’intelligence artificielle, nécessitent d’importantes quantités d’électricité et des connexions capables de supporter une croissance significative de puissance.
Cependant, il est important de distinguer ici la production photovoltaïque de l’alimentation continue requise par un centre de données. Une centrale solaire peut réduire la consommation provenant d’autres sources durant ses heures de production, mais elle ne fournit pas d’électricité 24/7. Le projet devra donc également s’appuyer sur une connexion au réseau et, selon sa configuration finale, pourrait intégrer d’autres outils de gestion énergétique.
Acciona entre à 50 % dans le projet Epta
Ce projet se réalise via Ignis Data Epta, une société créée en 2024 et appartenant jusqu’à présent en totalité à Ignis P2X.
Ignis P2X est une plateforme détenue à 50 % par IGNIS et le fonds d’investissement KKR. La documentation corporative d’IGNIS précise cette structure juridique et oriente la plateforme vers des projets liés aux nouvelles infrastructures énergétiques.
Avec cette nouvelle opération, Acciona a acquis 50 % d’Ignis Data Epta, tandis qu’IGNIS conserve l’autre moitié. La transaction inclut également l’achat conjoint de la centrale photovoltaïque située à proximité du futur centre de données.
Les permis nécessaires pour l’accès et la connexion au réseau avaient été précédemment obtenus via deux sociétés liées à IGNIS.
Ce détail est important car disposer d’un terrain suffisant pour construire un centre de données ne garantit pas que le projet puisse être réalisé. L’accès effectif à une puissance électrique représente aujourd’hui l’un des actifs les plus précieux sur ce marché.
La multiplication de grandes installations de calcul pour le cloud et l’intelligence artificielle oblige les promoteurs et opérateurs à analyser dès les premières phases la disponibilité du réseau, les sous-stations, les lignes électriques, ainsi que les possibilités de génération et de stockage à proximité.
Les informations publiées jusqu’à présent ne permettent cependant pas de connaître plusieurs éléments essentiels du projet de Ségovie : la localisation précise, le montant prévu de l’investissement, la puissance informatique que le centre atteindra, la capacité de la centrale solaire, ni les délais pour le début des travaux ou la mise en service. Il n’est pas non plus conseillé d’associer à ce projet de Ségovie des chiffres électriques issus d’autres développements réalisés par les entreprises.
Acciona vise une capacité de 2 GW en centres de données
Ce mouvement s’inscrit dans une stratégie beaucoup plus large d’Acciona pour les infrastructures numériques.
Le groupe, présidé par José Manuel Entrecanales, a pour objectif de développer un portefeuille pouvant atteindre jusqu’à 2 GW de capacité liée aux centres de données, un secteur qui, auparavant, était intégré à sa division Construction et qui dispose désormais d’une unité spécialisée, Acciona Data Centers.
L’attrait de ce secteur est évident. La croissance du cloud, des services numériques et, en particulier, de l’intelligence artificielle accélère la construction d’installations nécessitant toujours plus d’énergie électrique.
Les grappes d’accélérateurs GPU utilisés pour entraîner et déployer des modèles d’IA concentrent une densité énergétique bien supérieure à celle de la majorité des infrastructures informatiques traditionnelles. Le problème ne se limite plus à construire des bâtiments et à installer des serveurs : il faut disposer d’une énergie suffisante et la fournir de manière continue, car cette infrastructure doit fonctionner 24h/24 et 7j/7.
C’est pourquoi des entreprises traditionnellement liées à l’énergie et aux infrastructures augmentent leur présence dans ce secteur.
IGNIS apporte une combinaison qui s’adapte parfaitement à cette évolution : son modèle prévoit l’accès et la connexion au réseau, la génération renouvelable, des systèmes de stockage par batteries, des contrats d’achat d’énergie à long terme (PPA) et la gestion énergétique.
Le projet de Ségovie propose ainsi une configuration où l’infrastructure énergétique se développe en même temps que le centre de données, plutôt que comme un aspect à gérer ultérieurement.
Le précédent de Fuenlabrada : 82 MW d’accès réseau et un solaire de 94 MW
Un autre projet permet déjà d’illustrer ce modèle, même si ses chiffres ne doivent pas être confondus avec ceux du futur centre de Ségovie.
IGNIS a conclu un accord concernant le complexe que Apto développe à Fuenlabrada, Madrid. Celui-ci prévoit 82 MW d’accès et de connexion au réseau électrique et un contrat PPA à long terme lié à une installation photovoltaïque de 94 MW, développée et construite par IGNIS.
La centrale aurait une production annuelle d’environ 171 GWh, selon les informations disponibles sur le projet.
Ce schéma montre la direction dans laquelle pourrait évoluer une partie du marché espagnol des centres de données : d’abord sécuriser un ensemble de terrains, de connexions électriques, de génération et de contrats énergétiques, puis déployer la capacité informatique par étapes.
L’Espagne dispose d’un potentiel renouvelable particulièrement favorable, mais cette richesse n’élimine pas un des problèmes majeurs des énergies solaire et éolienne : leur production est intermittente.
Un centre de données a besoin d’électricité 24 heures sur 24, 365 jours par an, indépendamment du soleil ou du vent. Par conséquent, parler d’un centre de données associé à une centrale photovoltaïque ne signifie pas que l’installation fonctionnera uniquement avec ses panneaux solaires.
Le réseau électrique restera un acteur essentiel. De plus, les systèmes de stockage, les PPA, et autres outils permettant de synchroniser production et consommation sur des périodes différentes prennent une importance croissante.
Cet aspect énergétique peut devenir aussi déterminant que la conception technologique du centre même.
Pour la Castille-et-León, le projet de Ségovie marque aussi une intégration plus forte dans la carte des nouvelles infrastructures numériques espagnoles, traditionnellement plus concentrée autour de Madrid, et dans une moindre mesure, Barcelone et l’Aragon.
Ségovie bénéficie de la proximité de Madrid, mais il faudra attendre de connaître l’emplacement et les caractéristiques définitives pour évaluer la réelle portée du projet.
Pour le moment, cette opération confirme une tendance plus large : la course à la construction de centres de données en Espagne devient aussi une course pour sécuriser des mégavatios. Acciona et IGNIS abordent le secteur autant sous l’angle de l’infrastructure digitale que de la génération et de l’accès à l’énergie.
Questions fréquentes
Où sera construit le nouveau centre de données d’Acciona et IGNIS ?
Le projet sera situé en province de Ségovie, en Castille-et-León. Les informations disponibles ne précisent pas encore la municipalité ni l’emplacement exact.
Quelle sera la puissance du centre de données de Ségovie ?
La puissance IT du futur complexe n’a pas encore été officiellement communiquée. Il ne faut pas la confondre avec les 82 MW d’accès et de connexion liés au projet Apto à Fuenlabrada.
Fonctionnera-t-il uniquement avec de l’énergie solaire ?
Il n’a pas été annoncé que le centre fonctionnera exclusivement avec de l’énergie photovoltaïque. Le projet comprendra une centrale solaire adjacente et une connexion au réseau électrique, indispensable pour assurer une alimentation continue.
Quel est l’objectif d’Acciona sur le marché des centres de données ?
Acciona vise à développer un portefeuille pouvant atteindre jusqu’à 2 GW de capacité dans ce secteur en pleine expansion.