Le futur Centre de Traitement de Données (CPD) de la Sécurité Sociale espagnole à Soria a atteint 82 % d’avancement. Les travaux, attribués en 2023 à l’UTE formée par Grupo Cobra et ITERCON, se concentrent désormais sur l’urbanisation du complexe, la voirie interne, la façade et la toiture. Budget de base : 88,47 millions d’euros TTC, financés par des fonds européens du Plan de Récupération, de Transformation et de Résilience.
Ce projet n’est pas un simple chantier administratif. Il s’agit du remplacement d’une installation des années 70 située à Madrid, 600 mé de salle technique, 3 000 serveurs physiques, 15 millions de transactions quotidiennes, 200 000 documents échangés et 4 000 appels VoIP par jour. Autant de charges critiques qui vont migrer vers une infrastructure neuve, conçue pour l’efficacité énergétique et la continuité opérationnelle.
| Chiffre clé | Valeur |
|---|---|
| Avancement actuel | 82 % |
| Budget de base | 88,47 millions € |
| Modifications financières | 211 070 € + 2,97 M€ |
| Niveau et surface | 3 étages + sous-sol, 117 places parking |
| Emplois estimés | 60 postes |
| Transactions quotidiennes actuelles | 15 millions |
| Économies énergétiques prévues | 50 à 60 % |
Pourquoi Soria : le freecooling comme argument économique
Le choix de Soria ne tient pas uniquement à la logique de décentralisation territoriale. La province présente des conditions naturelles qui réduisent directement les coûts d’exploitation d’un data center. Avec une température moyenne annuelle d’environ 11 °C, elle favorise les systèmes de freecooling — la ventilation par air extérieur froid, sans refroidissement mécanique intensif.
Dans le cas du centre actuel de la Sécurité Sociale à Madrid, le coût de climatisation en été avoisine 150 000 euros par mois, soit environ 70 % du coût de maintenance total. Une étude soutenue par le CEDER-CIEMAT estime que les économies thermiques à Soria pourraient atteindre entre 50 et 60 %. À ce niveau d’économies, l’argument climatique devient financier avant d’être géographique.
Soria produit également plus d’énergie renouvelable qu’elle n’en consomme. Pour une infrastructure publique qui cherche à améliorer son profil énergétique, cette disponibilité locale est un atout supplémentaire. La consommation énergétique est devenue une variable financière critique dans toute l’industrie des data centers, publics comme privés.
Un service critique qui ne peut pas se permettre la vulnérabilité
L’actuel CPD de la Sécurité Sociale a besoin d’une mise à jour depuis des années. Son bâtiment date des années 70, sa salle technique couvre environ 600 mé, et le coût de la climatisation absorbe une proportion disproportionnée du budget de maintenance. Face à la croissance des transactions et des exigences de sécurité, continuer dans les mêmes installations n’était pas viable à long terme.
Le nouveau CPD traitera les mêmes charges — démarches, prestations, cotisations, gestion documentaire, communications — depuis une infrastructure conçue avec les standards actuels d’efficacité, de redondance et de résilience. La disponibilité de ces systèmes n’est pas une question informatique : c’est une condition pour que les citoyens reçoivent leurs prestations et que les entreprises respectent leurs obligations administratives sans rupture.
La décentralisation : au-delà du symbole
Ce projet s’inscrit dans le Plan de Délocalisation des Infrastructures Publiques, dont l’objectif est de répartir certaines capacités de l’État en dehors des grands centres administratifs. Pour Soria, cela se traduit par 60 emplois techniques prévus, des activités de maintenance, des services auxiliaires et la possibilité d’attirer des compétences en systèmes, réseaux et cybersécurité. Dans une province qui réclame depuis des années des investissements générateurs d’emplois qualifiés, c’est une décision concrète.
La tendance est plus large. Les data centers n’ont plus besoin d’être situés dans de grandes capitales si la connectivité, l’énergie, la sécurité physique et les capacités de gestion à distance sont au niveau. L’IA distribuée et la croissance de l’inférence poussent l’industrie à rechercher des sites où le coût énergétique, le climat et la disponibilité foncière offrent un avantage économique réel. Soria coèche plusieurs de ces cases.
Modifications budgétaires et calendrier
Le projet a connu deux modifications financières depuis son attribution. La première s’élève à 211 070 euros, la seconde à 2,97 millions. La durée initiale de réalisation était de 24 mois, mais le calendrier a déjà été dépassé. Avec 82 % d’avancement, le projet entre dans sa phase décisive. La question est maintenant de savoir quand il sera opérationnel, pas si.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le CPD de la Sécurité Sociale à Soria ?
C’est un Centre de Traitement de Données qui accueillera l’infrastructure technologique de la Direction Informatique de la Sécurité Sociale, en remplacement de l’installation actuelle à Madrid, construite dans les années 70 et devenue obsolète.
Quel est le coût du projet ?
Le budget de base est de 88,47 millions d’euros TTC, financés par des fonds européens du Plan de Récupération, de Transformation et de Résilience. Deux modifications budgétaires ont été approuvées : 211 070 euros et 2,97 millions d’euros supplémentaires.
Pourquoi avoir choisi Soria ?
Pour son climat froid (11 °C de moyenne annuelle) qui favorise le freecooling et réduit les coûts de climatisation de 50 à 60 % par rapport au centre madrilène. La province produit également plus d’énergie renouvelable qu’elle n’en consomme.
Combien d’emplois vont être créés ?
L’estimation publiée porte sur environ 60 postes liés directement au fonctionnement du nouveau centre, dans des profils techniques : systèmes, réseaux, cybersécurité et maintenance.