la Corée du Sud déplacera une base aérienne pour construire son nouveau mégaclustère de puces

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La Corée du Sud souhaite accélérer la construction de son second grand pôle de semi-conducteurs et est prête à réorganiser ses infrastructures militaires pour y parvenir. Le président Lee Jae Myung a ordonné le transfert temporaire des opérations de la base aérienne de Gwangju d’ici la mi-2028, dans le but de libérer les terrains destinés à un immense complexe industriel soutenu par des investissements de Samsung Electronics et SK hynix. Le gouvernement sud-coréen vise à ce que les premières usines puissent commencer la production vers 2030.

Les clés du nouveau méga-cluster de puces en Corée du Sud en 30 secondes

  • La Corée du Sud déplacera temporairement les opérations militaires de Gwangju avant la mi-2028.
  • Les terrains seront utilisés pour développer un second grand pôle national de fabrication de semi-conducteurs.
  • Samsung Electronics et SK hynix prévoient d’investir environ 800 billions de wons dans quatre usines de mémoire.
  • Le plan régional complet inclut également des centres de données d’IA, de calcul avancé et de encapsulage de semi-conducteurs.
  • Le gouvernement souhaite accélérer les permis, l’approvisionnement en électricité, en eau et la construction afin de débuter la production vers 2030.

Cette décision s’inscrit dans une politique industrielle plus large. La Corée du Sud cherche à réduire la forte concentration de son industrie de semi-conducteurs autour de Séoul tout en répondant à la demande croissante liée à l’intelligence artificielle.

Le projet dans le sud-ouest du pays prévoit la construction de quatre nouvelles usines de mémoire et mobilisera des investissements d’entreprises que le gouvernement chiffre en centaines de billions de wons dans les années à venir. La localisation à Gwangju a été officiellement choisie en juillet, mais présente une difficulté inhabituelle pour un projet technologique : il faut d’abord déplacer une installation militaire en activité.

Quatre usines de chips et 800 billions de wons

Ce projet a une envergure difficile à comparer avec la plupart des nouveaux investissements annoncés actuellement en Europe ou aux États-Unis.

Le gouvernement sud-coréen a initialement annoncé environ 800 billions de wons (environ 518 milliards de dollars selon le taux utilisé dans l’annonce) d’investissements de Samsung Electronics et SK hynix pour bâtir quatre usines de semi-conducteurs de mémoire dans la région de Gwangju et Jeolla.

Par la suite, le programme régional a été étendu à 896 billions de wons en intégrant d’autres investissements liés à l’IA et à l’encapsulage avancé. D’après les informations officielles du gouvernement, SK hynix prévoit environ 470 billions de wons, Samsung Electronics en prévoit 425 billions, tandis qu’Amkor Technology envisage un milliard supplémentaire pour développer ses installations d’encapsulage avancé à Gwangju.

Il ne s’agit pas que de dépenses exclusivement destinées à la fabrication de puces.

Le plan attribué à SK hynix comprend deux usines de mémoire et un centre de données destiné à l’intelligence artificielle d’une capacité d’1 GW. Samsung prévoit deux autres usines de mémoire ainsi que le Centre national de calcul IA. Sur les 896 billions annoncés, environ 800 billions concernent la fabrication de mémoire, et environ 95 billions s’ajoutent à d’autres infrastructures avancées.

L’ensemble donnerait naissance à un second axe majeur de production de semi-conducteurs en dehors de la zone métropolitaine de Séoul.

La diversification géographique répond également à une contrainte physique. Le ministère de l’Industrie sud-coréen a souligné que concentrer encore plus de capacité autour de Séoul serait difficile, notamment en raison des besoins en électricité et en eau pour les nouvelles usines.

Une base aérienne militaire en plein milieu du projet

Le principal obstacle concerne le site même.

L’aéroport militaire de Gwangju a été choisi le 6 juillet comme site du nouveau cluster. L’installation appartient à l’Armée de l’Air sud-coréenne et joue un rôle dans la formation des pilotes. Le ministère de la Défense a reconnu à l’époque ne pas avoir encore finalisé le plan précis de son transfert.

Le président Lee Jae Myung souhaite désormais accélérer ce calendrier.

Selon les instructions transmises cette semaine, les activités de la Gwangju Air Base devront être déplacées temporairement vers d’autres aérodromes militaires avant la mi-2028. L’objectif est de libérer rapidement les terrains pour la construction du complexe industriel.

Le président a également demandé que les travaux pouvant commencer sur des terrains proches de l’aéroport soient engagés avant la fin du transfert.

Le calendrier est ambitieux, car le déplacement de la base ne dépend pas uniquement de la recherche d’un site industriel alternatif. Le gouvernement doit assurer la continuité des opérations militaires et résoudre la question du futur des installations.

En juillet, le comté de Muan était considéré comme candidat principal pour recevoir l’aéroport militaire, même si les autorités locales souhaitaient revoir les modalités du transfert et obtenir des incitations complémentaires.

Une dimension liée aux États-Unis existe également.

La 7ème force aérienne américaine a confirmé en juillet avoir des intérêts militaires stratégiques à la Gwangju Air Base et qu’elle continuerait à collaborer avec l’Armée de l’Air sud-coréenne pour garantir les exigences opérationnelles et maintenir la préparation conjointe.

Cela ne signifie pas que Washington s’oppose au projet, mais cela indique que la transformation de ces terrains nécessite une coordination militaire, en plus des décisions industrielles et urbanistiques.

La Corée veut bâtir des usines au rythme de TSMC au Japon

Lee Jae Myung a utilisé une référence précise pour illustrer la vitesse attendue du projet : l’usine TSMC à Kumamoto, au Japon.

Le président a demandé que le nouveau cluster sud-coréen progresse au moins à un rythme comparable à celui de cette installation, dont la construction a été réalisée en environ 22 mois, selon l’exemple mentionné lors de la réunion.

Cette comparaison est particulièrement intéressante, car la construction de semi-conducteurs nécessite habituellement plusieurs années, depuis la décision administrative jusqu’à la mise en production commerciale.

Les autorités régionales travaillent déjà sur un processus accéléré visant à traiter simultanément permis, acquisition de terrains, compensations, conception et construction, tout en coordonnant l’approvisionnement en électricité et en eau. L’objectif est de réduire la durée, qui peut normalement s’étendre sur une décennie, à environ cinq ans.

Les plans dévoilés en juillet projettent de commencer la production de semi-conducteurs vers 2030.

L’électricité sera un facteur clé. Une usine avancée consomme de grandes quantités d’énergie, et les infrastructures prévues incluent aussi des centres de données d’IA, accentuant la nécessité d’approvisionnements énergétiques importants.

De plus, un volume conséquent d’eau ultrapure sera nécessaire pour les processus de fabrication.

C’est pourquoi le président sud-coréen a insisté pour que la planification électrique et hydraulique progresse parallèlement aux démarches pour obtenir terrains et permis, plutôt que d’attendre la fin d’étapes administratives successives.

Semi-conducteurs, IA et centres de données dans une stratégie intégrée

Le projet de Gwangju s’inscrit dans une stratégie plus large, comprenant ce que l’on qualifie de trois mégaprojets visant à répartir les investissements technologiques hors de la région de Séoul.

La stratégie combine semi-conducteurs, IA physique et centres de données spécialisés en IA.

Le sud-ouest, autour de Gwangju et Honam, deviendrait le second centre national de fabrication de puces. La région centrale de Chungcheong serait davantage orientée vers l’encapsulage avancé et d’autres industries technologiques, tandis que Yeongnam, dans le sud-est, serait focalisé sur des projets liés à l’IA physique.

Cette répartition a une dimension à la fois technologique et territoriale.

La Corée du Sud abrite deux des plus grands fabricants de mémoire au monde, Samsung Electronics et SK hynix. Une part importante de la nouvelle demande en puces pour l’IA dépend précisément des technologies de mémoire avancée.

La mémoire à large bande passante (HBM) est devenue un composant essentiel des accélérateurs pour l’entraînement et l’exécution de modèles d’IA. Cela oblige les fabricants à augmenter leur capacité en fabrication de mémoire et en encapsulage avancé.

Le projet de Gwangju vise à préparer la capacité industrielle pour cette croissance dans la décennie à venir, mais ses chiffres doivent être considérés comme des plans à long terme, et non comme des dépenses immédiates.

La rapidité sera l’un des principaux défis pour le gouvernement sud-coréen. Construire quatre usines de mémoire, des centres de calcul et toute l’infrastructure énergétique nécessaire serait déjà un projet exceptionnellement complexe. Le fait d’y ajouter le transfert d’une base militaire augmente cette difficulté.

La Corée du Sud a décidé que cette difficulté ne doit pas retarder sa prochaine grande concentration d’usines de semi-conducteurs. La date fixée pour libérer l’installation militaire, à la mi-2028, fait des deux prochaines années une période cruciale pour voir si ce vaste plan industriel pourra atteindre son objectif de commencer la fabrication de semi-conducteurs vers 2030.

Questions fréquentes

Pourquoi la Corée du Sud va-t-elle déplacer la base aérienne de Gwangju ?

Les terrains de la base ont été sélectionnés pour développer un nouveau cluster de fabrication de semi-conducteurs. Le gouvernement veut transférer temporairement ses activités vers d’autres aérodromes militaires d’ici la mi-2028.

Combien Samsung et SK hynix investiront-ils dans le nouveau cluster ?

Le programme prévoit environ 800 billions de wons pour quatre usines de mémoire de Samsung Electronics et SK hynix. Avec l’intégration des centres d’IA, de l’infrastructure et de l’encapsulage avancé, le total des investissements dans la région sud-ouest s’élève à environ 896 billions de wons.

Combien d’usines de semi-conducteurs seront construites ?

Les plans annoncés consistent en quatre usines de chips de mémoire, deux liées à Samsung Electronics et deux à SK hynix.

Quand le nouveau cluster de Gwangju commencera-t-il à produire ?

Les autorités sud-coréennes visent une mise en production autour de 2030, mais cela dépendra du transfert de l’aéroport, des permis, des travaux, et de la disponibilité en électricité et en eau.

vía : newsable.asianetnews

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