Iron Mountain accelere son campus de Madrid : MAD-2 (10 MW) operationnel fin 2026, MAD-3 en 2027

Le campus madrilene d’Iron Mountain Data Centers entre dans une phase decisive. L’operateur americain, connu pour son expertise en archivage securise et sa montee en puissance rapide dans la colocation et le cloud, vient de confirmer un calendrier serre pour ses deux prochains batiments a San Fernando de Henares. MAD-2 apportera 10 MW de capacite informatique au quatrieme trimestre 2026, suivi de MAD-3 avec 10 MW supplementaires au premier trimestre 2027. A terme, le campus totalisera 79 MW repartis sur huit batiments et 60 000 metres carres, ce qui en ferait l’un des plus grands parcs multi-locataires d’Espagne.

L’annonce intervient dans un contexte tendu pour le sud de l’Europe : la demande d’infrastructure IA et cloud dope la course a la capacite, les delais de raccordement electrique se rallongent, et les operateurs historiques comme les nouveaux entrants se disputent les terrains et la puissance disponible. Madrid, longtemps consideree comme un marche secondaire face a FLAP-D (Francfort, Londres, Amsterdam, Paris, Dublin), s’impose desormais comme le quatrieme hub europeen en devenir. Le deploiement d’Iron Mountain est l’un des plus suivis car il cristallise ces enjeux : vitesse d’execution, acces a l’energie verte, connectivite transiberique et diversification client.

Le campus de Madrid : pierre angulaire de la strategie EMEA d’Iron Mountain

Situe a San Fernando de Henares, a l’est de Madrid, le campus d’Iron Mountain est concu comme un ecosysteme progressif. La premiere phase, MAD-1, est operationnelle depuis plusieurs trimestres avec 3 MW de charge IT dans un batiment de 4 000 metres carres. Cette premiere brique a servi de preuve de concept commercial et technique : elle a permis de valider les certifications, d’attirer les premiers clients colocation et de tester le modele multi-locataires avant le passage a l’echelle industrielle.

La feuille de route officielle prevoit desormais 20 MW en construction active, correspondant aux batiments MAD-2 et MAD-3. Le site beneficie de la certification ENS Alta (equivalent espagnol aux normes nationales de securite pour l’administration publique), d’un approvisionnement energetique associe a 100 % d’energie renouvelable equivalente et d’un positionnement strategique sur l’axe de fibre Barcelone-Madrid-Lisbonne. La proximite immediate avec l’aeroport de Barajas et les grandes autoroutes de donnees ibero-portugaises complete l’interet du lieu pour les hyperscalers et les operateurs cloud qui cherchent a rapprocher leurs points de presence des utilisateurs du sud de l’Europe, du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest.

MAD-2 et MAD-3 : deux batiments taillees pour l’IA et le cloud hyperscale

MAD-2 : 10 MW livres au quatrieme trimestre 2026

Le batiment MAD-2 arrivera sur le marche au quatrieme trimestre 2026 avec 10 MW de capacite IT. Concu pour accueillir des densites de puissance elevees, il doit repondre a une demande nouvelle : celle des charges de travail d’intelligence artificielle generative, de l’inference a grande echelle et de l’entrainement de modeles de langage. Les densites annoncees depassent les standards du colocation traditionnel, avec des racks pouvant accueillir plusieurs dizaines de kilowatts, refroidissement liquide compatible et architectures modulaires de type build-to-suit pour les clients hyperscalers.

MAD-3 : 10 MW au premier trimestre 2027

MAD-3 entrera en service tres peu de temps apres MAD-2, au premier trimestre 2027. Ces deux batiments forment un bloc coherent de 20 MW dont la mise en service simultanee doit repondre au goulot d’etranglement actuel du marche madrilene : le decalage entre la demande contractuelle, deja massive, et la capacite physiquement disponible. Iron Mountain mise sur une approche standardisee et replicable pour acceler la construction des batiments suivants, MAD-4 a MAD-8, qui porteront a terme le site a 79 MW totaux. La documentation technique evoque des architectures certifiees ISO 27001, ISO 22301 et ISO 50001, ainsi qu’un modele operationnel Tier III adapte aux exigences des banques, des telcos et des administrations.

Pourquoi Madrid ? Le nouveau hub IA et cloud du sud de l’Europe

Madrid n’est plus un marche secondaire. Structure Research, cite par Iron Mountain, anticipe un passage de 126 MW a 763 MW entre 2025 et 2029, soit une croissance de plus de 600 %. Cette projection, plus ambitieuse que celles des cabinets europeens comme CBRE ou Cushman & Wakefield, traduit neanmoins une tendance de fond : la capitale espagnole est devenue l’alternative naturelle aux hubs satures du nord de l’Europe. Francfort, Amsterdam et Dublin font face a des moratoires, des restrictions d’urbanisme ou des tensions sur le reseau electrique. Madrid, elle, dispose encore de fonciers industriels, d’une trame electrique renforcee par le photovoltaique iberique et d’une main-d’oeuvre technique competitive.

Trois atouts expliquent l’envol de la ville. D’abord, la connectivite transatlantique : Madrid est un point de terminaison des cables sous-marins reliant l’Amerique latine et l’Afrique, ce qui en fait un passage oblige pour le trafic vers ces regions en forte croissance. Ensuite, l’energie verte : l’Espagne affiche l’un des mix electriques les plus decarbones d’Europe, avec une part croissante de solaire et d’eolien, ce qui attire les hyperscalers contraints par leurs engagements ESG. Enfin, la proximite reglementaire avec l’Union europeenne combinee a une fiscalite et un cout du foncier plus accessibles que dans les hubs historiques.

Pour les operateurs cloud souverains et les ecosystemes IA emergents, Madrid presente un autre avantage : sa position geopolitique sur l’axe sud. Dans la lignee de l’expansion des infrastructures cloud europeennes et de la montee en puissance des datacenters regionaux, le campus d’Iron Mountain s’inscrit dans une logique de maillage qui complete les nouveaux poles comme Oracle Casablanca ou les extensions portugaises de Sines.

Un marche sous tension : Equinix, Data4, Colt, NTT et les autres

Iron Mountain n’est pas seul sur le terrain. La concurrence a Madrid est feroce et s’est intensifiee en 2025-2026. Equinix, deja etabli avec MD1, MD2 et MD3, a annonce de nouvelles phases pour ses sites madrilenes afin de soutenir la croissance de son service Fabric et de ses interconnexions cloud. Data4, le francais filiale de Brookfield, deploie un campus de plusieurs centaines de megawatts a Alcobendas avec un calendrier agressif. Colt DCS, tres actif en hyperscale, a confirme plusieurs batiments dans la banlieue nord. NTT Global Data Centers a pose la premiere pierre d’un site de grande capacite et Digital Realty accelere egalement.

A cela s’ajoutent les acteurs locaux comme Merlin Edged (filiale de la SOCIMI espagnole Merlin Properties), Nabiax (Asterion-Telefonica) et Stackscale. Le marche compte desormais plus de quinze operateurs significatifs, ce qui oblige chacun a se differencier : Iron Mountain mise sur la securite documentaire heritee de son metier historique d’archivage, sur sa certification ENS et sur l’integration avec ses services de gestion de cycle de vie des equipements. Cette differenciation est cruciale car les hyperscalers, clients strategiques, signent des contrats sur dix a quinze ans et exigent des garanties operationnelles elevees.

Energie, eau et durabilite : les vrais defis de l’execution

Derriere les annonces de megawatts, l’enjeu reel est energetique. Chaque batiment de 10 MW represente la consommation d’une petite ville et pose des questions d’integration au reseau. Red Electrica de Espana, l’operateur national, a rallonge ses delais de raccordement et impose des etudes d’impact plus strictes. Iron Mountain communique sur une energie renouvelable equivalente a 100 %, ce qui, en pratique, repose sur des PPA (contrats d’achat d’electricite de long terme) adosses a des parcs solaires et eoliens iberiques. Le modele est credible mais ne dispense pas d’une reflexion sur la couverture horaire reelle : l’energie verte doit de plus en plus etre disponible au moment de la consommation, pas seulement en bilan annuel.

L’autre sujet sensible est l’eau. Madrid connait des episodes de secheresse recurrents, et les systemes de refroidissement evaporatifs classiques deviennent difficilement soutenables. Les nouveaux batiments comme MAD-2 et MAD-3 devront integrer des technologies a faible WUE (Water Usage Effectiveness), voire des architectures de refroidissement liquide direct a la puce pour les charges IA. Enfin, la question de la chaleur fatale, recuperable pour chauffer des quartiers ou des serres agricoles, commence a apparaitre dans les appels d’offres publics espagnols. Iron Mountain devra vraisemblablement s’aligner sur ces exigences pour conserver sa licence sociale d’operer dans un contexte ou les datacenters sont de plus en plus scrutes par les collectivites et les citoyens.

Questions frequentes

Quand MAD-2 et MAD-3 d’Iron Mountain seront-ils operationnels a Madrid ?
MAD-2 doit livrer 10 MW de capacite IT au quatrieme trimestre 2026, et MAD-3 suivra avec 10 MW supplementaires au premier trimestre 2027, pour un total de 20 MW mis en service en quelques mois.

Quelle sera la capacite totale du campus Iron Mountain a Madrid ?
Le site atteindra 79 MW repartis sur huit batiments et 60 000 metres carres une fois toutes les phases achevees, positionnant le campus parmi les plus grands parcs multi-locataires d’Espagne.

Pourquoi Madrid attire-t-elle autant d’investissements datacenter ?
Madrid combine energie verte abondante, connectivite transatlantique vers l’Amerique latine et l’Afrique, foncier disponible et proximite reglementaire avec l’UE. Le marche pourrait passer de 126 a 763 MW entre 2025 et 2029 selon Structure Research.

Qui sont les principaux concurrents d’Iron Mountain a Madrid ?
Les principaux operateurs en competition sont Equinix, Data4, Colt DCS, NTT Global Data Centers, Digital Realty, ainsi que des acteurs locaux comme Merlin Edged, Nabiax et Stackscale.

Le campus est-il alimente en energie 100 % renouvelable ?
Iron Mountain annonce une energie renouvelable equivalente a 100 %, principalement via des PPA adosses a des parcs solaires et eoliens iberiques, avec une certification ENS Alta et des standards ISO 27001, 22301 et 50001.

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