IBM prépare un processeur qui exécutera Arm et architecture Z dans le même noyau

IBM prépare un processeur qui exécutera Arm et architecture Z dans le même noyau

IBM a présenté lors de Hot Chips la conception de son premier processeur à architecture double pour les futurs systèmes IBM Z et LinuxONE, capable d’exécuter nativement des instructions Arm ainsi que celles spécifiques aux plateformes d’entreprise d’IBM. Ce processeur, encore en développement, sera fabriqué selon une technologie de 2 nanomètres, disposera de 11 cœurs fonctionnant à plus de 5,7 GHz et intégrera des accélérateurs dédiés à l’intelligence artificielle et au traitement des entrées/sorties directement sur le silicium.

Les points clés du processeur IBM-Arm en 30 secondes

  • IBM développe un processeur capable d’exécuter Arm et IBM Z ou LinuxONE sur les mêmes cœurs, sans séparation physique entre ces deux architectures.
  • Conçu en 2 nanomètres, avec 11 cœurs performants fonctionnant à plus de 5,7 GHz.
  • Permet d’associer des environnements Linux Arm avec z/OS et Linux sur IBM Z.
  • Intégrera des accélérateurs pour l’inférence en IA ainsi qu’une unité spécifique pour le traitement des entrées/sorties.
  • Il s’agit du premier résultat tangible issu de la collaboration annoncée entre IBM et Arm en avril 2026.

Cette annonce revêt une importance particulière car IBM ne se contente pas d’ajouter simplement des processeurs Arm auxiliaires à ses mainframes. L’architecture décrite par la société vise à ce que chaque cœur comprenne et exécute deux jeux d’instructions différents de manière native et simultanée.

L’objectif est de faire migrer des applications conçues pour l’écosystème Arm vers des systèmes traditionnellement dédiés au traitement transactionnel, aux bases de données volumineuses et aux charges de travail critiques en entreprise.

Arm entre directement dans le cœur du mainframe d’IBM

IBM Z repose sur une architecture évolutive depuis plusieurs décennies. Même si les mainframes modernes ressemblent peu à leurs prédécesseurs, ils conservent un environnement matériel et logiciel élaboré autour d’exigences strictes en termes de disponibilité, sécurité et traitement transactionnel.

La nouvelle proposition marque une avancée significative.

IBM explique que le futur processeur n’utilisera pas un groupe de cœurs Arm séparé de celui des cœurs IBM Z. Chaque cœur sera conçu pour exécuter des instructions Arm et celles spécifiques à IBM Z ou LinuxONE.

Cela permettrait à un même système d’exécuter simultanément des applications Arm natives sous Linux ainsi que z/OS et Linux sur IBM Z.

Si cette différenciation peut sembler technique, ses implications concrètes sont importantes. Actuellement, Arm bénéficie d’un catalogue étendu d’outils, frameworks, conteneurs et applications conçus pour les serveurs cloud, dispositifs et systèmes d’intelligence artificielle.

Selon IBM, l’écosystème Arm compte plus de 22 millions de développeurs à travers le monde.

L’entreprise souhaite faire bénéficier ses plateformes d’entreprise de ce vaste logiciel, tout en conservant les caractéristiques distinctives d’IBM Z et LinuxONE, telles que la détection et la récupération automatique en cas de défaillance via matériel, le chiffrement, la gestion sécurisée des clés et les capacités de haute disponibilité.

Ce projet trouve ses racines dans la collaboration stratégique annoncée par IBM et Arm le 2 avril 2026, où les deux sociétés avaient indiqué qu’elles étudieraient des matériels à double architecture et des technologies de virtualisation permettant de faire fonctionner des applications Arm sur les systèmes d’entreprise d’IBM.

Quatre mois plus tard, IBM présente le premier design concret issu de cet accord.

2 nanomètres, plus de 5,7 GHz et accélération IA

Les premières spécifications donnent également une idée du type de processeur que prépare IBM.

Ce processeur sera fabriqué grâce à une technologie de 2 nanomètres et disposera de 11 cœurs haute performance capables d’atteindre plus de 5,7 GHz.

IBM n’a pas encore communiqué toutes ses caractéristiques ni fixé de date précise pour la commercialisation des premiers systèmes l’intégrant.

Elle a toutefois confirmé l’intégration de accélérateurs pour l’inférence en intelligence artificielle, poursuivant une stratégie technologique déjà adoptée avec des processeurs comme le Telum II.

Parmi les applications évoquées, IBM mentionne notamment la détection de fraude lors des transactions. L’objectif consiste à réaliser certaines opérations d’IA directement au moment du traitement des données, évitant ainsi de transférer celles-ci vers une infrastructure externe pour analyse.

Le processeur comprendra aussi une unité de traitement des données (DPU) spécifique pour accélérer les opérations d’entrée/sortie, ainsi qu’une architecture de cache de grande capacité destinée à supporter des charges de travail robustes.

Ces caractéristiques doivent s’inscrire dans des systèmes de très grande envergure. IBM indique que ses plateformes Z et LinuxONE peuvent atteindre des centaines de cœurs et des dizaines de téraoctets de mémoire.

L’objectif n’est donc pas de concurrencer directement un processeur Arm classique utilisé en serveur individuel, mais d’intégrer l’écosystème Arm dans des machines conçues pour concentrer d’importantes capacités de traitement en entreprise.

L’expansion d’Arm dans un autre territoire historique : x86 et architectures propriétaires

Ce mouvement reflète également une tendance plus large dans le marché des serveurs.

Arm a gagné en présence ces dernières années, dépassant le secteur des smartphones et des appareils intégrés. Amazon Web Services développe ses propres processeurs Graviton pour l’infrastructure cloud, NVIDIA conçoit Vera pour ses futures plateformes d’IA, et d’autres fabricants intensifient leurs investissements autour de cette architecture.

IBM adopte une démarche différente.

Plutôt que de remplacer son architecture historique par Arm, l’entreprise souhaite que ces deux architectures coexistent au sein même du processeur.

Cela permettrait de préserver des applications professionnelles développées sur plusieurs décennies tout en intégrant des charges modernes conçues pour Arm.

Une telle stratégie pourrait s’avérer particulièrement bénéfique pour l’intelligence artificielle et les applications cloud-native, deux domaines où la disponibilité d’un logiciel compatible influence fortement le choix de l’architecture.

Elle pourrait aussi réduire l’une des principales barrières pour les systèmes spécialisés : la nécessité d’adapter ou de recompiler les applications pour une plateforme différente.

Néanmoins, IBM devra préciser davantage comment fonctionnera concrètement cette compatibilité dans des scénarios réels, quels systèmes d’exploitation Arm seront supportés, comment seront gérés les ressources entre architectures, et quel sera l’impact de l’exécution simultanée sur la performance.

La société insiste toutefois sur le fait que ces projets restent en phase de futur, sujet à modifications, et que les caractéristiques annoncées ne doivent pas être considérées comme des spécifications définitives pour un produit commercial déjà disponible.

Ce qui a été présenté lors de Hot Chips constitue surtout une déclaration claire sur l’orientation que prendront les futures générations d’IBM Z et LinuxONE.

Pendant de nombreuses années, la modernisation du mainframe s’est concentrée sur l’intégration de Linux, de conteneurs et d’outils cloud à une plateforme historique. Avec ce processeur, IBM entend aller plus loin : faire en sorte qu’une partie du logiciel conçu pour Arm puisse être déployée directement sur le mainframe sans qu’Arm doive devenir une plateforme externe au système.

Questions fréquentes

Le nouveau processeur IBM disposera-t-il de cœurs Arm séparés ?

Non. Selon IBM, chaque cœur sera conçu pour exécuter nativement des instructions Arm ainsi que celles d’IBM Z ou LinuxONE, plutôt que de diviser le processeur en deux groupes de cœurs distincts.

Quelles seront les spécifications du processeur ?

IBM a annoncé un design de 2 nanomètres avec 11 cœurs haute performance à plus de 5,7 GHz, comprenant des accélérateurs d’inférence IA, une DPU intégrée pour l’E/S ainsi qu’une architecture de cache étendue.

Le processeur pourra-t-il exécuter des applications Linux pour Arm ?

C’est l’un de ses principaux objectifs. IBM souhaite permettre à ses futurs systèmes de faire fonctionner des environnements Linux Arm natifs simultanément avec z/OS et Linux sur IBM Z.

Quand sera-t-il disponible sur les serveurs IBM Z et LinuxONE ?

IBM n’a pas encore fixé de date précise. Elle décrit ce processeur comme une technologie en cours de développement, destinée à les futures générations de systèmes IBM Z et LinuxONE.

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