Huawei a lancé SingleRAN 22.1, une nouvelle version commerciale de son logiciel pour les réseaux d’accès radio (RAN) visant à adapter les infrastructures des opérateurs à la croissance des services mobiles basés sur l’intelligence artificielle. Cette mise à jour intègre six technologies conçues pour augmenter la capacité de téléversement, optimiser l’utilisation du spectre disponible, améliorer les débits, réduire la consommation d’énergie et appliquer l’IA à la gestion même du réseau.
Les points clés de Huawei SingleRAN 22.1 en 20 secondes
- SingleRAN 22.1 intègre six technologies destinées à des réseaux qui supporteront davantage de services IA.
- Huawei assure que GigaUplink a augmenté de plus de 30 % la performance en téléversement lors de tests en conditions réelles.
- GigaBand permet de partager le spectre entre la 4G et la 5G.
- RANSpirit utilise un modèle fondamental pour les télécommunications et un jumeau numérique du RAN.
- Huawei indique que cette version est déjà en exploitation commerciale auprès de 35 opérateurs dans 23 pays.
Derrière cette annonce, se pose une question cruciale pour l’avenir des télécommunications. Jusqu’à présent, une large part du débat sur l’infrastructure pour l’IA tournait autour de GPU, centres de données et capacité électrique. Huawei anticipe que l’expansion des assistants multimodaux et des agents fonctionnant depuis des téléphones ou autres dispositifs renforcera également la demande sur les réseaux mobiles.
Particulièrement critique, la montée du trafic en téléversement. Une application qui envoie en continu images, vidéos, audio ou données captées par capteurs vers des systèmes d’IA a une nature différente de celle d’un réseau traditionnellement conçu pour la consommation de contenu.
GigaUplink prépare la 5G à transmettre beaucoup plus de données
Une des principales nouveautés de SingleRAN 22.1 est GigaUplink, une combinaison de technologies matérielles et logicielles destinée à augmenter la débit en téléversement des réseaux.
Huawei utilise FDD 8T8R et Massive MIMO avec une réception multicouche intelligente convergente et des améliorations de uplink CoMP pour réduire les interférences.
Selon des tests en réseaux commerciaux communiqués par le constructeur, cette combinaison a permis d’augmenter de plus de 30 % le débit en téléversement et d’atteindre en moyenne des vitesses de 20 Mbps en téléversement dans les scénarios évalués.
Il s’agit de résultats fournis par Huawei, sans garantie que chaque opérateur obtiendra automatiquement ces améliorations. La performance finale dépendra du spectre, du déploiement radio, des appareils, du trafic, de la configuration et des conditions propres à chaque réseau.
L’importance du uplink pourrait s’accroître si les prévisions sur l’évolution de l’IA mobile se confirment.
Un téléphone qui se contente de recevoir des réponses textuelles nécessite relativement peu de bande passante. En revanche, les applications multimodales sont différentes : un assistant capable d’interpréter en temps réel ce que capture une caméra, d’écouter de l’audio ou d’analyser continuellement l’environnement peut nécessiter de transmettre beaucoup plus d’informations vers des systèmes d’inférence externes.
Et les smartphones ne seraient qu’une partie du tableau. Véhicules, caméras, robots, équipements industriels et autres dispositifs connectés pourraient aussi devenir des sources d’informations pour les modèles d’IA.
Huawei souhaite optimiser l’utilisation du spectre existant entre 4G et 5G
SingleRAN 22.1 intègre également GigaBand, une technologie visant à exploiter conjointement le spectre FDD utilisé par la 4G et la 5G.
Cette technologie fédère les ressources spectrales, en utilisant une planification croisée dans les domaines du temps, de la fréquence, de l’espace et de la puissance, permettant ainsi à la 5G de réutiliser la capacité utilisée par la 4G.
Huawei affirme que ses tests ont permis d’obtenir une expérience 5G 1,2 fois supérieure sans affecter la qualité de la 4G.
Ce procédé est pertinent car la transition entre générations mobiles ne se fait pas du jour au lendemain. Les opérateurs doivent accroître la capacité de la 5G tout en continuant à fournir un service à des millions d’appareils connectés en 4G.
L’exploitation dynamique du spectre disponible peut permettre d’augmenter la capacité sans attendre l’attribution de nouvelles fréquences.
Autre innovation, iBeam 3.0, qui déplace la gestion de la précision du plan de contrôle vers le plan utilisateur grâce à des informations sur l’état du canal et une planification en temps réel.
Huawei garantit avoir obtenu lors de validations en conditions réelles plus de 15 % d’amélioration des débits en téléchargement par rapport aux versions antérieures d’iBeam.
L’IA commence aussi à gérer le réseau mobile lui-même
Peut-être la contribution la plus directement liée à l’intelligence artificielle est RANSpirit.
Huawei y combine un modèle fondamental spécialisé en télécommunications avec un jumeau numérique du réseau d’accès radio.
L’objectif est que l’infrastructure puisse interpréter les intentions et utiliser ces informations pour gérer dynamiquement les ressources entre différents utilisateurs et services.
Ce mode d’approche aspire à des réseaux plus autonomes. Plutôt que de s’appuyer uniquement sur des configurations ou opérations manuelles, certains processus peuvent bénéficier de l’IA pour analyser l’état de l’infrastructure et décider de la meilleure répartition des ressources.
Huawei évoque une évolution de l’exploitation et de la maintenance manuelles vers une autonomie intégrée dans le domaine du RAN.
Il ne s’agit pas que SingleRAN 22.1 transforme totalement les réseaux mobiles en systèmes entièrement autonomes. Huawei présente RANSpirit comme une technologie permettant d’automatiser certaines décisions relatives aux ressources, à l’expérience utilisateur, à l’exploitation et à l’efficacité énergétique.
Une autre fonction, IDEA, permet d’établir différents niveaux de débit selon les utilisateurs et les services. Elle utilise aussi le slicing dynamique pour estimer les ressources nécessaires et réserver des plages pour certains utilisateurs.
La différenciation des services prendra une importance accrue si les opérateurs supportent des applications IA aux exigences très variées : un chatbot, un appel vidéo classique ou un agent multimodal traitant du vidéo en temps réel n’ont pas les mêmes besoins en latence, en téléversement ou en capacité.
L’IA augmente le trafic mais la consommation de la réseau doit diminuer
La mise à jour inclut également 0 Bit 0 Watt 0 Loss, une technologie visant à réduire la consommation électrique de l’infrastructure lorsque le trafic diminue.
Ce système augmente les périodes durant lesquelles certains composants peuvent rester en veille, et permet de les réactiver en quelques secondes en cas de reprise de la demande.
Huawei indique que ses validations en conditions réelles ont abouti à une réduction de plus de 10 % de la consommation énergétique.
L’efficacité énergétique est devenue une préoccupation majeure pour les télécommunications. L’ajout d’antennes, de capacité et de puissance de traitement augmente le potentiel des réseaux, mais peut aussi en faire augmenter les coûts opérationnels.
L’intégration d’algorithmes capables d’adapter dynamiquement les ressources cherche à équilibrer ces enjeux.
De la connexion de smartphones à celle d’agents IA
Huawei emploie un terme particulièrement ambitieux pour décrire l’évolution envisagée : un monde avec des billions d’agents interconnectés.
Il s’agit d’une prévision stratégique, pas d’une réalité immédiate, et il est encore impossible de connaître l’échelle que prendra la connectivité des agents autonomes via les réseaux mobiles.
Néanmoins, la logique technologique derrière cette vision semble déjà commencer à orienter les fabricants d’infrastructures.
L’intelligence artificielle ne nécessite pas seulement d’énormes centres de traitement pour entraîner des modèles. Si les agents sont massivement intégrés dans des téléphones, véhicules, robots, caméras et équipements industriels, le réseau reliant ces dispositifs aux capacités d’inférence devra également évoluer.
SingleRAN 22.1 répond à ces enjeux en renforçant la capacité de téléversement, en améliorant l’utilisation du spectre, en favorisant une gestion intelligente des ressources et en automatisant la gestion de l’infrastructure.
Huawei indique que cette version est déjà en disponibilité générale et en usage commercial auprès de 35 opérateurs dans 23 pays. La société ne publie pas la liste précise de ces opérateurs ni les déploiements spécifiques.
La « Mobile AI » est encore à ses premiers pas, mais elle introduit une idée qui pourrait prendre beaucoup d’importance : la capacité des infrastructures à faire évoluer l’IA ne s’arrête pas au cœur de réseau. Elle inclut aussi les réseaux qui transporteront les données entre des millions d’appareils et les systèmes qui les traiteront.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que Huawei SingleRAN 22.1 ?
C’est une nouvelle version du logiciel SingleRAN de Huawei conçue pour les réseaux mobiles. Elle intègre des technologies visant à améliorer la capacité, l’utilisation du spectre, l’efficacité énergétique et l’automatisation via l’IA.
Que apporte GigaUplink ?
Huawei garantit qu’en conditions réelles, ses validations ont permis d’augmenter le débit en téléversement de plus de 30 % avec une capacité générale d’environ 20 Mbps dans les scénarios testés.
Comment RANSpirit utilise-t-il l’intelligence artificielle ?
RANSpirit combine un modèle fondamental spécifique aux télécommunications avec un jumeau numérique du réseau d’accès radio pour automatiser certaines tâches de gestion et d’allocation des ressources.
SingleRAN 22.1 est-il déjà déployé commercialement ?
Oui. Selon Huawei, la version a atteint une disponibilité générale et est utilisée par 35 opérateurs dans 23 pays. Toutefois, la société ne fournit pas de liste exhaustive ou de détails précis sur chaque déploiement.
vía : huawei