Progress Software a dévoilé une nouvelle version de Telerik et Kendo UI qui pousse l’intelligence artificielle au-delà de l’assistance aux développeurs. Les nouveautés visent à permettre aux développeurs de créer des applications où non seulement les utilisateurs humains interagissent, mais aussi des agents d’IA capables d’utiliser des interfaces, de traiter des documents, d’interroger des données d’entreprise et d’exécuter des actions. Parmi les principales innovations, on trouve la prise en charge de WebMCP, conçue pour offrir aux agents une alternative plus structurée à la reconnaissance visuelle et au screen scraping.
Les essentiels de Telerik et Kendo UI en 20 secondes
- Progress enrichit Telerik et Kendo UI avec des outils destinés au développement d’applications prêtes pour les agents d’IA.
- WebMCP permet d’exposer des fonctionnalités d’une interface de manière structurée pour que des agents puissent les découvrir et les utiliser.
- Fiddler intègre des capacités pour que les assistants de programmation analysent le trafic réseau lors du débogage.
- Les bibliothèques de documents ajoutent des outils pour traiter Excel, extraire des données et générer des fichiers via des agents.
- De nouvelles fonctionnalités pour RAG, la modernisation des applications WinForms et la création d’interfaces avec l’IA complètent cette mise à jour.
Cette évolution reflète un changement qui commence à prendre de l’importance dans le développement logiciel. Jusqu’à présent, une grande partie de l’intégration de l’IA s’est concentrée sur l’aide à l’écriture du code par les programmeurs. La prochaine étape consiste à préparer les applications elles-mêmes pour que des agents puissent interagir avec elles de façon efficace.
Cela soulève un problème technique : les interfaces graphiques traditionnelles sont conçues pour les humains : boutons, menus, formulaires et éléments visuels facilement interprétables. Un agent doit découvrir ce qu’il peut faire au sein d’une application, comprendre la signification de chaque action et la réaliser de manière fiable.
Progress tente de couvrir ces deux aspects : utiliser l’IA durant le développement tout en construisant des interfaces pouvant ensuite être exploitées par d’autres IA.
WebMCP vise à éviter que les agents aient à interpréter l’écran
Une des innovations les plus intéressantes est la prise en charge de WebMCP dans les outils d’interface de Progress.
Les agents actuels peuvent manipuler les pages web via différentes techniques : certains utilisent la vision pour interpréter ce qui apparaît à l’écran, d’autres inspectent le Document Object Model (DOM), automatisent le navigateur ou recourent à des techniques de screen scraping.
Ces méthodes fonctionnent, mais restent fragiles.
Un changement de position d’un bouton, une modification du design ou une mise à jour du site peuvent entraîner la dysfonction de l’automatisation.
WebMCP propose une approche différente : permettre à une application web d’exposer des fonctionnalités de manière structurée, afin qu’un agent puisse les découvrir et les utiliser.
L’explication peut être illustrée par un exemple.
Un IA souhaitant réserver un rendez-vous pourrait tenter d’ouvrir une page, localiser visuellement le calendrier, sélectionner une date, rechercher un horaire disponible et cliquer sur le bouton correspondant.
Une interface spécialement conçue pour les agents pourrait lui indiquer directement quelles opérations sont disponibles, quels paramètres sont nécessaires et quelle est la réponse attendue pour chaque action.
L’utilisateur continuerait à voir et à utiliser l’interface graphique habituelle. L’agent disposerait d’une couche adaptée au logiciel.
Progress soutient que cette approche peut réduire la dépendance aux techniques d’automatisation basées sur l’interprétation visuelle, rendant ainsi les interactions plus fiables pour les agents.
Fiddler permettra aux assistants IA d’analyser le trafic réseau
L’IA s’intègre aussi directement dans les outils utilisés par les développeurs.
Progress introduit Agent Skills pour Fiddler, sa plateforme bien connue de débogage et d’analyse du trafic HTTP.
L’objectif est de donner aux assistants de programmation un accès au contexte que voit habituellement un développeur pour diagnostiquer certains problèmes.
Un agent pourrait analyser le trafic réseau d’une application, détecter des comportements anormaux et fournir des informations sur leurs origines possibles et des solutions.
Cela pallie une limite des assistants de programmation actuels : un modèle peut analyser parfaitement le code en contexte, mais une erreur peut se situer dans une requête HTTP, une API qui renvoie une information inattendue, un en-tête incorrect ou un problème de communication inter-services.
Donner accès à ces informations élargit le contexte lors du débogage.
Les agents pourront également travailler directement avec des documents
Une autre mise à jour concerne les Telerik Document Processing Libraries (DPL).
Progress fournit désormais des outils pour que les agents puissent effectuer des opérations sur des documents directement dans les applications.
Cela inclut l’extraction de données structurées, l’analyse de feuilles Excel, la conversion entre formats et la génération de documents.
L’entreprise souligne que ces opérations peuvent s’intégrer dans des applications existantes sans dépendre forcément de services externes d’IA pour le traitement documentaire.
Une option particulièrement pertinente dans un contexte professionnel.
Un agent intégré dans une application pourrait recevoir une série de feuilles Excel, en extraire des informations précises, structurer ces données et produire un nouveau document à l’aide des bibliothèques disponibles.
L’IA passe ainsi d’une simple interaction conversationnelle avec un document à une manipulation active à l’aide d’outils spécifiques.
RAG arrive directement dans les applications .NET
Progress étend aussi ses capacités avec Retrieval-Augmented Generation (RAG) pour les développeurs .NET.
RAG permet de connecter un grand modèle de langage à des informations qui ne faisaient pas partie de son apprentissage initial.
Par exemple, une entreprise pourrait demander à une application de consulter manuels internes, contrats, documentations techniques ou bases de données internes avant de générer une réponse.
La nouvelle version autorise l’intégration des applications .NET avec le service RAG-as-a-Service de Progress, pour utiliser des modèles de langage sur des données professionnelles non structurées.
Ce qui différencie cette approche d’un chatbot généraliste, c’est le contexte précis fourni.
Une application peut ne donner au modèle que les informations essentielles à la requête, en générant une réponse appuyée sur la documentation interne de l’organisation.
Cela n’élimine pas complètement les risques de réponses erronées ou d’imprécision, mais constitue une architecture mieux adaptée pour travailler avec des connaissances privées ou spécialisées.
L’IA contribue aussi à la modernisation des applications WinForms
Un autre aspect abordé est celui des logiciels hérités, souvent moins visibles mais omniprésents en entreprise : logiciels anciens.
Progress propose une automatisation pour moderniser des interfaces obsolètes vers Telerik UI for WinForms.
Ce processus utilise un mappage intelligent des contrôles, l’analyse du code et l’automatisation basée sur le Model Context Protocol (MCP) pour faciliter la transformation.
L’objectif n’est pas simplement de créer une nouvelle interface à partir de zéro, mais de réduire le travail nécessaire à la modernisation des applications existantes.
WinForms demeure très présent dans de nombreux logiciels d’entreprise fabriqués au cours des décennies passées. Migrer ces applications peut être long, notamment à cause de leur logique et composants accumulés au fil des ans.
L’IA commence aussi à être utilisée pour ces tâches de maintenance et de mise à jour moins visibles.
De l’utilisation de l’IA pour programmer à programmer pour l’IA
L’évolution de Telerik et Kendo UI ne se limite pas à leurs fonctionnalités nouvelles.
Ces dernières années, des outils comme GitHub Copilot et divers agents de programmation ont introduit l’IA dans l’environnement du développeur : celui-ci voit l’IA écrire des fonctions, analyser des dépôts, réaliser des tests ou proposer des corrections.
On assiste désormais à une tendance inverse : les développeurs doivent concevoir leurs logiciels en pensant que d’autres logiciels intelligents seront également des utilisateurs.
Cela peut influencer la conception des applications.
Une interface conçue uniquement pour une utilisation humaine doit être compréhensible visuellement. Une application prête pour des agents doit aussi expliciter clairement quelles opérations elle supporte, quels paramètres chaque action nécessite et quelles en sont les limites.
Des standards et protocoles comme MCP et WebMCP orientent justement dans cette direction.
Progress évoque des applications agent-ready, même si leur adoption hors des premiers projets expérimentaux reste à confirmer. Le concept, cependant, s’aligne sur l’évolution actuelle des agents : plus ils seront capables d’accomplir des tâches complètes, plus il sera crucial qu’ils puissent interagir avec des applications munies de mécanismes fiables.
Le futur de l’IA en développement logiciel pourrait ne pas se limiter à des programmeurs utilisant des agents pour coder plus vite. Il pourrait aussi transformer la façon dont ce logiciel est conçu, afin que humains et agents aient des manières différentes d’interagir avec les mêmes applications.
Questions fréquentes
Quelles sont les nouveautés de Telerik et Kendo UI ?
La mise à jour intègre des fonctionnalités de génération d’interfaces par IA, la prise en charge des applications prêtes pour les agents, le traitement documentaire, le débogage assisté, RAG et des outils pour moderniser les applications WinForms.
Que apporte WebMCP aux agents IA ?
Il permet aux applications d’exposer certaines fonctions sous une forme structurée, facilitant leur découverte et utilisation par des agents, tout en réduisant la dépendance au screen scraping.
Quelles modifications dans Fiddler ?
Progress intègre Agent Skills, qui permet aux assistants de programmation d’avoir une meilleure visibilité sur le trafic réseau pour diagnostiquer plus efficacement.
Les nouvelles fonctionnalités incluent-elles RAG ?
Oui. Progress permet de connecter des applications .NET à son service RAG pour travailler avec des modèles de langage sur des données d’entreprise non structurées.
via : investors.progress