Bitzero et OneQode : 110 MW en Norvège pour l’IA

Bitzero et OneQode concluent un accord de 110 MW en Norvège pour les charges d'IA

Bitzero Holdings et OneQode Networks ont signé une lettre d’engagement contraignante pour un contrat de location de 110 MW sur 15 ans dans le centre de données de Bitzero à Namsskogan, en Norvège. La valeur estimée dépasse 2,6 milliards de dollars de revenus cumulés. Déploiement ciblé pour la première moitié de 2027, par phases progressives. Ce que révèle cet accord sur la course à l’infrastructure IA en Europe du Nord.

Le site est alimenté par de l’énergie hydroélectrique dans la région électrique NO4. Les prix spot en 2025 y ont oscillé entre 2 et 10 øre/kWh selon Statistics Norway, parmi les plus bas d’Europe. Cette combinaison énergie renouvelable, climat froid et terrain disponible est de plus en plus recherchée par les entreprises qui déploient des clusters GPU à haute densité, où le coût de l’électricité pèse autant que le prix des puces.

Un contrat à 2,6 milliards : les chiffres et leurs limites

Selon le communiqué de Bitzero, OneQode garantirait la pleine capacité de 110 MW pour 15 ans. La société projette une marge opérationnelle nette de 85 % et une valorisation annuelle implicite de 151 millions de dollars si la capacité est pleinement occupée dès l’ouverture. Bitzero précise que ces chiffres sont des estimations illustratives. Ils ne tiennent pas compte des ajustements annuels, des coûts énergétiques réels ni du calendrier de déploiement par phases.

La documentation définitive n’est pas encore signée. Plusieurs conditions restent à valider : diligence technique, juridique et financière, conception finale des salles, autorisations réglementaires, garanties financières. Namsskogan est pour l’instant une capacité réservée, pas un centre opérationnel. La mise en service effective dépendra d’une série d’étapes dont certaines prendront plusieurs mois.

Matthew Shearing, fondateur et PDG d’OneQode, l’a formulé sans détour : l’obstacle à l’IA ne réside plus uniquement dans l’acquisition de GPU. L’accès à l’énergie, la connectivité, le refroidissement, la disponibilité du terrain et le modèle opérationnel sont devenus des facteurs tout aussi déterminants. Cela explique un engagement de 15 ans, car les infrastructures physiques ont besoin d’une prévisibilité que les contrats courts ne peuvent pas offrir.

Namsskogan : ce que le site apporte concrètement

Le centre couvre 50 000 m² dans la région NO4, avec 110 MW disponibles initialement et un potentiel d’extension selon Bitzero. L’énergie hydraulique assure une alimentation renouvelable, et les températures extérieures du nord de la Norvège réduisent les besoins en refroidissement actif, un poste de coût significatif dans les centres à haute densité. Ces avantages ont leurs limites : la production hydroélectrique dépend des précipitations, le réseau peut se congestionner, et les tarifs évoluent.

OneQode opère sur les segments sensibles à la latence : gaming haute performance, trading, services temps réel, infrastructure d’entreprise décentralisée. Pour ces usages, la qualité du réseau compte autant que la puissance de calcul brute. Un site en NO4 avec une bonne connectivité vers l’Europe du Nord et l’Atlantique lui fournirait une base pour des offres IaaS haute densité orientées IA, destinées à des clients exigeants sur la localisation des données.

La Norvège dans la course à l’infrastructure IA européenne

Cet accord fait partie d’un mouvement plus large : les pays nordiques cherchent à attirer des centres de données alimentés par des énergies renouvelables, et la demande IA accélère cette dynamique. Réduire la dépendance aux infrastructures hors du continent pour l’entraînement des modèles, l’inférence et le stockage souverain est devenu une priorité pour plusieurs gouvernements européens. D’autres projets avancent dans ce sens, dont les initiatives espagnoles pour un nuage souverain européen.

La demande en infrastructure pour l’IA continue de dépasser les prévisions. Arm a récemment doublé ses estimations de demande pour son CPU AGI dédié aux centres de données, signe que les fabricants de puces révisent leurs projections à la hausse. Ce contexte renforce la logique des fournisseurs comme Bitzero et OneQode, qui parient sur une demande de capacité à long terme difficile à satisfaire avec des contrats courts.

La Norvège n’a pas la taille des grands hubs hyper-scalaires d’Europe centrale, mais son profil est différent : énergie renouvelable abondante, stabilité réglementaire, foncier disponible. Ce positionnement attire des clients qui n’ont pas besoin de la proximité des grandes métropoles, mais cherchent une puissance massive, un coût d’exploitation prévisible et une localisation dans l’espace juridique européen.

De la blockchain à l’IA : la mutation des sites nordiques

Bitzero exploite déjà quatre sites en Amérique du Nord et en Scandinavie, initialement orientés blockchain et calcul haute performance. La transition vers l’IA suit une logique directe : les mêmes arguments qui avaient attiré le minage de bitcoin dans les zones froides — énergie peu chère, climat favorable, déploiement modulaire — s’appliquent aujourd’hui à l’infrastructure IA et HPC. La différence tient aux exigences techniques bien plus sévères : connectivité haute performance, fiabilité de l’alimentation, densité thermique élevée, sécurité renforcée pour des données souvent critiques.

Déployer 110 MW pour l’IA ne se résume pas à un contrat. Il faut des transformateurs, des systèmes électriques à haute tension, des architectures de refroidissement adaptées, des racks haute densité, des GPU et une équipe opérationnelle sur site. La coordination entre tous ces éléments suit des calendriers rigides, loin de la vitesse d’évolution des modèles. C’est probablement pour cela qu’un engagement de 15 ans a plus de sens qu’un contrat court pour ce type de projet.

Si la documentation définitive est signée et le déploiement se déroule comme prévu à partir de 2027, Namsskogan pourrait devenir un site de référence pour l’IA en Europe du Nord. Pas en taille face aux hyper-scalaires du continent, mais par son profil : puissance renouvelable, maîtrise territoriale européenne, performance réseau pour des clients exigeants en souveraineté.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la lettre d’engagement signée par Bitzero et OneQode ?

C’est un accord préliminaire contraignant pour un contrat de location de 110 MW sur 15 ans au centre de données de Bitzero à Namsskogan, en Norvège. La documentation définitive n’est pas encore signée, et plusieurs conditions techniques, juridiques et financières doivent être validées avant de conclure.

Pourquoi OneQode choisit la Norvège pour son infrastructure IA ?

La région NO4 offre une énergie hydroélectrique à des prix très bas (2 à 10 øre/kWh selon Statistics Norway en 2025), un climat froid qui réduit les coûts de refroidissement actif, et de la disponibilité foncière. Pour des clusters GPU à haute densité qui fonctionnent en continu, ce profil représente un avantage économique direct.

Quel est le montant estimé du contrat Bitzero–OneQode ?

Bitzero estime les revenus cumulés à 2,6 milliards de dollars sur 15 ans, avec une marge opérationnelle nette projetée de 85 % et une valorisation annuelle implicite de 151 millions de dollars à pleine capacité. Ces chiffres sont des estimations illustratives, pas des engagements contractuels fermes.

Quand le déploiement de l’infrastructure IA à Namsskogan commencera-t-il ?

Bitzero et OneQode ciblent la première moitié de 2027 pour la mise en service initiale, avec un déploiement progressif par phases. Ce calendrier dépend de la finalisation du contrat et de la validation des conditions préalables.

Quelle est la capacité du centre de données de Bitzero à Namsskogan ?

Le site couvre 50 000 m² dans la région électrique NO4, avec 110 MW disponibles dans un premier temps. Bitzero mentionne un potentiel d’extension au-delà de cette première tranche.

via : Bitzero

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