Ulsan veut construire un centre de données sous-marin zéro émission d’ici 2030

La Chine parie sur les centres de données sous-marins tandis que l'Occident freine ses initiatives.

La ville sud-coréenne d’Ulsan a lancé l’un des projets les plus innovants dans l’industrie des centres de données : un modèle standard de centre de données sous-marin « zéro carbone » utilisant l’eau de mer comme système de refroidissement. Le projet, mené avec le KIOST, bénéficie de 40 milliards de wons de financement public sur cinq ans, pour un investissement total de 51 100 milliards de wons d’ici 2030.

Ce projet répond à la hausse de consommation énergétique des centres de données, accentuée par l’IA et le big data. L’approche sous-marine vise à réduire les coûts de climatisation — un défi que Carrier adresse avec ses solutions de climatisation pour data centers dans les installations terrestres classiques.

Un prototype sous-marin avec objectif PUE de 1,2

L’installation immergerait des containers sous pression avec un système de refroidissement hybride haute efficacité, visant un PUE de 1,2 à 20 mètres de profondeur. L’eau de mer devant Ulsan affiche une température moyenne annuelle de 13,3 ºC, idéale pour le refroidissement. Des serveurs et équipements modulaires et standardisés sont prévus pour la scalabilité.

Il s’agit pour l’instant d’une phase de conception et démonstration. Le calendrier prévoit validation avant 2030, puis construction d’un complexe commercial sous-marin à partir de 2031.

Un écosystème industrie-université-télécoms

En janvier 2026, SK Telecom a rejoint le projet pour l’infrastructure GPU-IA et la gestion opérationnelle. L’écosystème inclut aussi UNIST, POSCO, GS Engineering & Construction et d’autres acteurs. Cette collaboration public-privé doit crédibiliser une initiative encore expérimentale. Il ne suffit pas de plonger des serveurs : maintenance, étanchéité, pression, câblage, alimentation et redondance doivent être résolus. L’approche rejoint celle d’Amazon avec son Project Houdini de data centers préfabriqués, qui réinvente aussi la construction.

Une idée séduisante, mais à démontrer

Le déploiement massif de centres sous-marins reste lointain. La valeur d’Ulsan réside dans la validation de cette architecture à coûts raisonnables et à l’échelle. L’avenir du centre de données ne se limite plus à la puissance de calcul, mais concerne aussi la manière de refroidir, déployer et limiter l’impact énergétique.

Questions fréquentes

Que veut construire Ulsan ?
Un centre de données sous-marin zéro carbone avec refroidissement par eau de mer, visant un PUE de 1,2 à 20 mètres de profondeur.

Combien coûte le projet ?
51 100 milliards de wons d’ici 2030, dont 40 milliards de financement gouvernemental.

Quand sera-t-il opérationnel ?
Démonstration avant 2030, construction commerciale à partir de 2031.

Microsoft a-t-il déjà testé ce concept ?
Oui, le Project Natick avait démontré la faisabilité en Écosse, avec un taux de défaillance 8 fois inférieur à un centre terrestre.

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