Toshiba a cédé une nouvelle partie de sa participation dans Kioxia Holdings, réduisant ainsi son poids dans le fabricant japonais de mémoire NAND de 16,10 % à 15,10 %. Cette opération coïncide avec une forte correction boursière : à la clôture du 23 juillet, l’action de Kioxia s’établissait à 61 880 yens, soit près de 45 % de moins que le sommet atteint un mois plus tôt.
Les points clés de la vente d’actions de Kioxia en 20 secondes
- Toshiba a réduit sa participation dans Kioxia à 15,10 % par le biais de quatre ventes.
- Bain Capital a également accéléré sa sortie après l’introduction en bourse de Kioxia.
- Depuis le 22 juin, l’action a perdu environ 45 % par rapport à son sommet.
- Le secteur de la mémoire NAND s’améliore grâce à la demande croissante pour les centres de données et les SSD d’entreprise.
- Ces ventes exercent une pression sur le marché, mais n’altèrent pas l’activité industrielle de Kioxia.
Toshiba a effectué ces opérations entre le 22 juin et le 15 juillet, selon le rapport sur les participations importantes déposé auprès de l’Autorité financière locale de Kanto. La société n’a pas communiqué publiquement le montant total collecté, mais ce mouvement s’inscrit dans une tendance de réduction progressive, qui avait déjà diminué sa participation de 18,52 % au début de l’année à 16,10 % en mai, puis à 15,10 % en juillet.
Ainsi, le fabricant japonais conserve une position significative dans Kioxia, bien que de plus en plus éloignée du contrôle qu’il exerçait lorsque le secteur de la mémoire faisait partie du groupe Toshiba. La vente intervient également après que Bain Capital, qui avait conduit le consortium acquérant Toshiba Memory en 2018, ait accéléré sa désinvestition de ses propres actions.
La convergence de ces deux mouvements a accru le nombre d’actions disponibles sur le marché. Cette pression vendeuse explique en partie la chute du cours, sans toutefois pouvoir en attribuer toute la responsabilité à Toshiba ou Bain. Auparavant, Kioxia avait connu une hausse très rapide, alimentée par la reprise du marché NAND et les attentes liées à l’infrastructure en intelligence artificielle.
Toshiba continue de monétiser son ancienne division mémoire
Kioxia trouve ses origines dans l’activité mémoire de Toshiba, qui a inventé la mémoire flash NAND dans les années 1980. Les difficultés financières de Toshiba ont conduit le groupe à céder cette division en 2018 à un consortium dirigé par Bain Capital pour environ deux trillions de yens.
L’entreprise a ensuite adopté le nom de Kioxia et a commencé à être cotée sur le marché principal de la Bourse de Tokyo le 18 décembre 2024. L’offre publique initiale a fixé le prix à 1 455 yens par action, évaluant la société à environ 784 milliards de yens. Ce lancement est survenu après plusieurs tentatives infructueuses et dans des conditions nettement moins favorables qu’anticipé lors des années précédentes.
Toshiba a conservé une participation importante après l’introduction en bourse, mais l’a progressivement réduite par des ventes sur le marché. Son poids est passé de 18,52 % début 2026 à 17,62 % en mars, puis à 16,10 % en mai, pour atteindre 15,10 % le 15 juillet.
La description dans le dernier document réglementaire indique que Toshiba conserve ses actions dans l’objectif d’en augmenter la valeur, y compris par le développement possible de synergies industrielles. Cette formulation n’interdit pas de nouvelles ventes et laisse ouverte la possibilité de poursuivre la cession.
Toshiba, rachetée et délistée en 2023 par un consortium japonais mené par Japan Industrial Partners, travaille depuis à la réorganisation de son portefeuille. Elle vise un retour à la Bourse lors de l’exercice fiscal 2028. La monétisation de Kioxia lui fournit des ressources pour renforcer sa position financière et financer d’autres secteurs du groupe.
Les résultats de l’exercice clos en mars 2026 mettent en évidence l’importance de cette participation. Toshiba a enregistré un bénéfice net record, principalement soutenu par les gains issus de la vente et de la revalorisation des actions de Kioxia. Les activités opérationnelles se sont également améliorées, mais c’est surtout l’impact comptable et financier lié à cette ancienne filiale qui a propulsé le résultat annuel.
Le retrait de Bain augmente l’offre d’actions sur le marché
Bain Capital avance également dans sa stratégie de sortie. Le fonds a dirigé le consortium qui a acheté Toshiba Memory, en gardant le contrôle lors de sa transformation en Kioxia puis lors de son introduction en bourse.
Après l’IPO, les entités associées à Bain ont commencé à vendre leurs participations. En juillet 2026, plusieurs médias japonais ont rapporté que le fonds avait finalisé la vente de sa position directe, après l’avoir rapidement réduite lors des mois précédents.
La sortie d’un actionnaire financier après une IPO est courante. Les fonds de private equity achètent des sociétés, les restructurent, puis récupèrent leur investissement via une vente à l’industrie ou une sortie en bourse.
Le problème surgit lorsque plusieurs grands actionnaires liquidant leurs parts en peu de temps. Même si l’entreprise conserve ses perspectives opérationnelles, l’augmentation de l’offre peut temporairement dépasser la demande, exerçant une pression à la baisse sur le prix.
Kioxia a atteint un sommet historique à 112 700 yens le 22 juin 2026, après avoir débuté l’année à des niveaux bien inférieurs. Le 23 juillet, elle clôturait à 61 880 yens, soit une chute d’environ 45 % par rapport à ce sommet. La baisse a été particulièrement marquée le 17 juillet, lorsque l’action a clôturé à 52 110 yens.
Ce recul doit être analysé en conjonction avec la hausse antérieure. La valeur de l’action avait été multipliée plusieurs fois depuis son entrée en bourse, profitant d’attentes très élevées concernant le prix de la mémoire, la demande de stockage pour l’IA, et la fourniture de SSD pour les centres de données.
Ainsi, les ventes de Toshiba et Bain ont exercé une pression sur un actif déjà fortement revalorisé. La correction reflète autant l’augmentation de l’offre que la révision des attentes construite durant le premier semestre.
Le secteur NAND en phase de reprise, portée par les centres de données
La volatilité du marché ne signifie pas que le marché de la mémoire NAND traverse une période faible. Les indicateurs sectoriels montrent une nette reprise au premier trimestre 2026.
Selon TrendForce, les cinq principaux fabricants de NAND ont vu leurs revenus combinés augmenter de 83,7 % par rapport au trimestre précédent. La demande pour les SSD d’entreprise destinés aux serveurs d’intelligence artificielle, ainsi que les contraintes d’approvisionnement en disques durs, ont contribué à soutenir les prix et la gamme de produits.
Samsung maintient sa position de leader avec une part de marché de 31,6 %, suivi par SK hynix, qui inclut Solidigm, avec 17,6 %. Kioxia a enregistré un chiffre d’affaires trimestriel de 5,96 milliards de dollars, représentant une part de 13,9 %, proche de Micron et SanDisk.
La position de Kioxia est particulièrement stratégique puisqu’elle partage ses installations de production au Japon avec SanDisk. Les deux entreprises collaborent depuis plusieurs années pour fabriquer de la mémoire NAND à Yokkaichi et Kitakami, tout en commercialisant séparément leurs produits.
Pour l’exercice clos en mars 2026, Kioxia a réalisé un bénéfice net de 554,5 milliards de yens et dispose d’un patrimoine évalué à 1,399 trillion de yens. La reprise du marché de la mémoire a permis de renforcer ses fonds propres après plusieurs années marquées par des cycles d’inventaire excédentaire et de baisse des prix.
L’entreprise a également annoncé un bénéfice opérationnel annuel de 870,4 milliards de yens, soit une hausse de 92,7 % par rapport à l’année précédente. Pour le trimestre d’avril à juin, ses prévisions sont très optimistes, soutenues par la croissance des prix et la demande liée à l’intelligence artificielle.
Ces chiffres expliquent une partie de la forte hausse boursière précédant le sommet de juin. Les investisseurs n’évaluaient pas uniquement la relance classique du cycle NAND, mais aussi la possibilité que des SSD à haute capacité deviennent un composant clé des centres de données liés à l’IA.
L’intelligence artificielle a aussi besoin de stockage flash
La majorité de l’attention portée à l’IA concerne les unités de traitement graphique, la mémoire à haute bande passante, et les réseaux reliant les accélérateurs. Toutefois, la formation et l’exécution des modèles exigent également de stocker des ensembles de données, des points de contrôle, des poids, des registres et des résultats intermédiaires.
Les serveurs d’IA doivent transférer ces informations rapidement entre le stockage et les nœuds de calcul, ce qui favorise les SSD d’entreprise de grande capacité, surtout lorsque les organisations cherchent à réduire l’espace occupé, la consommation électrique, et les temps d’accès par rapport à un système basé uniquement sur des disques durs.
Kioxia y compete avec Samsung, SK hynix, Micron et SanDisk. La société possède une capacité industrielle solide et une expérience technologique significative, mais doit faire face à des concurrents de plus grande envergure ou ayant une forte présence dans d’autres composants, comme la mémoire DRAM et HBM.
La réduction des participations de Toshiba et Bain pourrait renforcer l’indépendance actionnariale de Kioxia. La société s’éloigne progressivement de la structure issue de la vente de Toshiba Memory, devenant plus dépendante du marché et d’un base d’investisseurs diversifiée.
Cependant, cette transition apporte aussi de la volatilité. Tant que d’anciens actionnaires continuent de vendre, la dynamique du cours pourra être affectée par la quantité d’actions mises sur le marché, même si les résultats industriels restent positifs.
Le prochain rendez-vous sera la publication des résultats trimestriels de Kioxia, prévue pour le 31 juillet. Ces chiffres permettront de vérifier si la hausse des prix et la demande pour les SSD destinés aux centres de données maintiennent le rythme anticipé par le marché.
Questions fréquentes
Quel pourcentage de Kioxia Toshiba détient-elle encore ?
Toshiba détenait 15,10 % de Kioxia au 15 juillet 2026. La participation était de 16,10 % dans la déclaration précédente.
Pourquoi Toshiba a-t-elle vendu des actions de Kioxia ?
La société réorganise son portefeuille et monétise progressivement un investissement qui ne fait plus partie de ses activités principales. Elle n’a pas confirmé son intention de céder l’intégralité de sa participation.
Pourquoi la cotation de Kioxia a-t-elle fortement chuté ?
La chute coïncide avec les ventes de grands actionnaires comme Toshiba et Bain Capital, qui ont accru l’offre d’actions. Elle intervient aussi après une hausse exceptionnelle fondée sur les attentes concernant la mémoire NAND, les SSD d’entreprise et l’intelligence artificielle.
Quelle est la position de Kioxia sur le marché NAND ?
Au premier trimestre 2026, Kioxia a atteint une part de marché de 13,9 %, proche de Micron et SanDisk, selon TrendForce, tandis que Samsung reste numéro un.
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