Absolics, filiale de SKC spécialisée dans les substrats en verre pour semi-conducteurs, a fourni des prototypes de substrats non-embedding à une entreprise américaine de puces de communication. Selon ETNews, le client effectue déjà des tests de fiabilité. Si les résultats sont concluants, une production en masse pourrait démarrer dès cette année. C’est un signe que les substrats en verre sortent du stade purement expérimental pour entrer dans des projets concrets avec des partenaires industriels.
Pourquoi le verre intéresse de plus en plus les semi-conducteurs avancés
Les substrats sont la plateforme sur laquelle on connecte le chip, la mémoire, d’autres composants et la carte système. Pendant des années, l’industrie s’est appuyée sur des matériaux organiques. Ces solutions fonctionnent bien, mais commencent à montrer leurs limites quand les designs exigent plus de densité, des signaux plus rapides et des emballages plus complexes.
Le verre offre une déformation moindre, une surface plus stable et de meilleures conditions pour la fabrication de circuits fins. Cette stabilité est décisive pour les puces haute performance, où de petites variations physiques impactent la qualité des connexions. Les substrats vitrés peuvent aussi réduire la longueur des interconnexions, améliorer l’efficacité énergétique et rendre possibles des designs plus compacts. Le Département du Commerce américain, qui a accordé à Absolics jusqu’à 75 millions de dollars via le CHIPS Act, a souligné que cette technologie permettrait des connexions plus denses entre semi-conducteurs, rendant les systèmes plus rapides et efficaces.
Le projet avec le client américain cible les puces de communication et les réseaux de prochaine génération : des semi-conducteurs qui fonctionnent en haute fréquence et haute intégration, où la qualité du substrat influence directement l’intégrité du signal, la consommation et la fiabilité. Avec la croissance des réseaux IA, de l’Ethernet avancé et des interconnexions optiques, les matériaux d’encapsulation prennent une importance croissante. La tension qui touche déjà d’autres matériaux — les CCL et fibres de verre pour semi-conducteurs voient leurs délais tripler sous la pression de la demande IA — montre à quel point la chaîne d’approvisionnement est sous tension.
Non-embedding : une voie plus rapide vers la commercialisation
Jusqu’ici, Absolics se concentrait principalement sur des substrats « embedding », où circuits et composants passifs sont intégrés à l’intérieur du substrat lui-même. C’est une approche plus avancée, très dense, mais aussi plus complexe à qualifier. La société élargit maintenant son offre avec des substrats « non-embedding », qui ne comportent pas l’intégration directe de composants passifs dans le matériau. Résultat : moins de complexité technique et un chemin plus court vers la mise sur marché.
Ce positionnement est cohérent avec la logique des marchés émergents. Les clients ne commencent pas toujours par l’option la plus ambitieuse. Une version plus simple, plus facile à qualifier et compatible avec des processus existants, accélère l’adoption. Si les tests de fiabilité aboutissent, Absolics pourrait lancer la production de masse dès 2026, selon les sources d’ETNews. Ce calendrier reste conditionnel, mais la qualification en cours est une étape importante.
Georgia, CHIPS Act et concurrence pour l’encapsulation avancée
Absolics dispose d’une usine à Covington, en Georgie, dédiée aux substrats en verre, soutenue par un investissement total de 343 millions de dollars. Le CHIPS and Science Act lui a accordé jusqu’à 75 millions de dollars pour une installation de 11 150 m². Cet engagement s’inscrit dans l’objectif de Washington de renforcer la chaîne d’approvisionnement en composants d’encapsulation avancée sur le sol américain, après des années où cette valeur était concentrée en Asie.
La concurrence est réelle. Intel travaille depuis plusieurs années sur des substrats en verre et estime atteindre la production dans la deuxième moitié de la décennie. D’autres acteurs — fabricants de substrats, fournisseurs de matériaux, équipementiers — investissent aussi sur ce créneau. L’attractivité du marché est simple : si les puces IA, réseau et HPC continuent à croitre en taille et complexité, les substrats organiques risquent de ne plus répondre à toutes les exigences. Le substrat, longtemps peu visible, devient un élément central dans la performance des systèmes — tout comme la mémoire HBM est devenue une ressource stratégique que les acteurs tech se disputent.
SKC a nommé fin 2025 Kang Ji-ho, ancien d’Intel et SK hynix, à la tête d’Absolics, avec pour mission d’accélérer la compétitivité technologique et le déploiement commercial. Absolics poursuit une stratégie double : substrats embedding pour les applications les plus avancées, non-embedding pour une commercialisation plus rapide. Cette souplesse pourrait s’avérer décisive dans un marché où tous les clients ne progressent pas au même rythme.
Questions fréquentes
Qu’a annoncé Absolics ?
Absolics a livré des prototypes de substrats en verre non-embedding à une entreprise américaine de semi-conducteurs de communication, qui réalise actuellement des tests de fiabilité. Une production en masse est envisagée dès 2026 si les tests sont concluants.
Quels avantages offrent les substrats en verre ?
Ils présentent une déformation moindre, une surface plus stable et de meilleures conditions pour les circuits fins. Ils peuvent réduire les interconnexions, améliorer l’efficacité énergétique et autoriser des designs plus compacts par rapport aux substrats organiques traditionnels.
Que signifie « non-embedding » pour un substrat en verre ?
Un substrat non-embedding ne contient pas directement circuits ou composants passifs intégrés dans le matériau, contrairement aux architectures embedding. Cela simplifie la fabrication et raccourcit le chemin vers la commercialisation.
Où Absolics fabrique-t-elle ses substrats ?
Absolics dispose d’une usine à Covington, en Georgie (USA), soutenue par le programme CHIPS for America avec jusqu’à 75 millions de dollars, dans le cadre d’un investissement total de 343 millions de dollars.