Tenerife a accueilli une nouvelle journée du projet national +Cybersécurité, une initiative menée par l’INCIBE, la Fundación CEOE, la CEOE et la CEOE Tenerife, en collaboration avec la Guardia Civil, la Policía Nacional et la Fundación Hermes. La rencontre s’est tenue au Casino Royal de Tenerife et a réuni institutions, forces de sécurité, experts et entreprises canariennes pour échanger des recommandations pratiques sur la prévention et la réaction face aux cyberattaques.
L’événement arrive dans un contexte où la cybersécurité a dépassé les services techniques pour devenir un sujet de direction. Pour les PME et indépendants, un incident numérique touche les ventes, les opérations, la réputation, les données clients et la continuité de l’activité. Le projet +Cybersécurité vise précisément à rapprocher les connaissances utiles du tissu économique, avec une approche concrète plutôt que purement théorique.
Les Canaries face à un risque numérique croissant
Félix Barrio, directeur général de l’INCIBE, José Alberto González-Ruiz Martínez, secrétaire général de la CEOE, et Pedro Alfonso Martín, président de la CEOE Tenerife, ont ouvert l’événement. Tous ont insisté sur l’importance de considérer la sécurité numérique comme un facteur de croissance et d’internationalisation des entreprises, pas seulement comme un poste de dépense.
Félix Barrio a souligné le potentiel de la collaboration public-privé dans des territoires comme les Canaries, où les initiatives de sensibilisation peuvent transformer entreprises et citoyens en première ligne de défense. Pedro Alfonso Martín a mis en avant le positionnement stratégique des Canaries pour attirer des activités liées à la défense, la cybersécurité, les technologies duales et l’intelligence économique, en s’appuyant sur leur position géographique, leur cadre européen et leurs avantages fiscaux.
Les chiffres de l’INCIBE donnent la mesure de l’urgence. En 2025, l’organisme a géré 122 223 incidents de cybersécurité en Espagne, en hausse de 26 % par rapport à 2024. Les Canaries représentent 2,04 % des incidents géolocalisés — douzième région au niveau national. Le service gratuit et confidentiel « Votre Assistance en Cybersécurité » a traité 142 767 demandes en 2025, en hausse de 45 %. Depuis les Canaries, 3 470 demandes ont été reçues, soit 3,5 % du total national, avec une progression de 41,7 % sur un an.
| Indicateurs de la cybersécurité en 2025 | Données |
|---|---|
| Incidents gérés par l’INCIBE en Espagne | 122 223 |
| Croissance par rapport à 2024 | 26 % |
| Part des Canaries dans les incidents géolocalisés | 2,04 % |
| Demandes traitées par « Votre Assistance en Cybersécurité » | 142 767 |
| Croissance des demandes par rapport à 2024 | 45 % |
| Demandes en provenance des Canaries | 3 470 |
| Croissance des demandes en provenance des Canaries | 41,7 % |
| Demandes provenant d’entreprises canariennes | 244 |
Les sujets les plus consultés depuis les Canaries : le vishing (usurpation téléphonique), à 14,5 % ; les achats frauduleux, à 10,8 % ; le smishing (SMS frauduleux), à 9,2 % ; et l’usurpation d’identité par vol, à 6,7 %. Dans la province de Santa Cruz de Tenerife, 1 474 demandes ont été traitées, les fausses propositions d’investissement et les arnaques aux cryptomonnaies figurant parmi les quatre problématiques principales.
Du diagnostic à la réaction concrète
Une table ronde sur les défis et opportunités du numérique a réuni des experts de l’INCIBE, de la Guardia Civil, de la Brigade Centrale de Sécurité Informatique de la Policía Nacional et de la Fundación Hermes, animée par César Maurín, directeur du Département Digitalisation de la CEOE. Le constat partagois : les cyberattaques deviennent plus sophistiquées, plus étendues et plus impactantes. Une réponse improvisée ne suffit plus face à des attaques capables de bloquer des systèmes, filtrer des données ou paralyser des opérations.
L’atelier pratique sur des cas réels de cyberattaques était le moment clé de la journée. Animé par des représentants de l’INCIBE, de la Guardia Civil et de la Policía Nacional, il a proposé des directives pour identifier les menaces, gérer les incidents et renforcer les actifs stratégiques. Pour les PME qui n’ont ni équipes internes dédiées ni protocoles bien établis, connaître les bons interlocuteurs, comment conserver des preuves numériques et quels premiers gestes adopter peut faire la différence entre une crise maîtrisée et une catastrophe économique.
La cybersécurité, facteur de compétitivité
Le dernier panel a réuni des dirigeants d’entreprises issues de la santé, des transports, des services numériques et de l’industrie canarienne. Ce qui ressort : la cybersécurité n’est plus perçue uniquement comme une nécessité opérationnelle. Elle devient un facteur de confiance auprès des clients et partenaires, de continuité de l’activité et de compétitivité. Dans des secteurs comme la santé, les transports ou l’industrie, protéger systèmes et données revient à protéger l’activité elle-même.
Cette vision rejoint les partenariats stratégiques qui se multiplient dans le secteur, comme l’alliance entre Evolutio et GlobalSuite pour automatiser la gestion du risque technologique face à DORA et ISO 27001 — une approche qui intègre précisément la démarche de prévention structurée que prône +Cybersécurité.
L’INCIBE a rappelé son engagement en faveur de l’entrepreneuriat, du talent et de la recherche. Ces trois dernières années, 103 actions de formation à l’entrepreneuriat ont été menées dans les Canaries, avec trois accords de partenariat avec les universités de La Laguna et de Las Palmas de Gran Canaria (1,1 million d’euros pour les chaires de cybersécurité). Le programme RETECH-Cybersécurité, doté de 4,26 millions d’euros, est financé via l’Institut Technologique des Canaries. La région participe aussi au projet CIBERREG avec six autres régions espagnoles.
La journée s’est clôturée par un espace de networking, conçu pour renforcer les connexions entre entreprises, institutions et experts. La cybersécurité ne se construit pas uniquement avec des outils — elle repose sur une culture de confiance, une formation continue et une capacité de coordination lors des incidents. Sur ce sujet, la montee en puissance des solutions d’identité comme Idira de Palo Alto Networks illustre la profondeur technologique que ces démarches impliquent désormais pour les grandes organisations.
FAQ : cybersécurité des entreprises et initiative +Cybersécurité
Qu’est-ce que le projet +Cybersécurité ?
C’est une initiative nationale menée par l’INCIBE, la Fundación CEOE et ses déclinaisons territoriales, visant à rapprocher les entreprises des connaissances pratiques en prévention et réaction face aux cybermenaces. L’approche est concrète : cas réels, ateliers et coordination avec les forces de sécurité.
Quelles sont les menaces les plus fréquentes aux Canaries ?
Le vishing (usurpation téléphonique) arrive en tête avec 14,5 % des demandes, suivi des achats frauduleux (10,8 %), du smishing (9,2 %) et de l’usurpation d’identité (6,7 %). À Santa Cruz de Tenerife, les arnaques à l’investissement et aux cryptomonnaies sont particulièrement fréquentes.
Où les entreprises peuvent-elles se tourner en cas d’incident ?
L’INCIBE propose le service gratuit et confidentiel « Votre Assistance en Cybersécurité », accessible aux entreprises et aux particuliers. Il traite les signalements d’incidents, conseille sur la réponse et oriente vers les forces de sécurité compétentes selon la nature de l’attaque.
Pourquoi les PME sont-elles particulièrement exposées ?
Les PME disposent rarement d’équipes internes dédiées à la sécurité ni de protocoles établis. Elles réagissent souvent de façon improvisée face à un incident, ce qui aggrave les conséquences. La formation, la préparation des réponses et l’identification des bons interlocuteurs sont les trois leviers que +Cybersécurité cherche à activer.