Quantinuum a signé un protocole d’accord avec le Singapore Institute of Technology (SIT) pour collaborer dans la formation d’étudiants et de professionnels en informatique quantique. Cet accord s’inscrit dans une stratégie plus large de l’entreprise en Singapour, où elle a déjà créé un centre de recherche et d’opérations et prévoit l’installation d’un système quantique Helios en 2026.
Les grandes lignes de Quantinuum et SIT en 20 secondes
- Quantinuum et SIT collaboreront pour développer des programmes pratiques de formation aux technologies quantiques.
- Les étudiants auront accès à des logiciels, simulatrices et outils fournis par l’entreprise.
- La collaboration inclut ateliers, séminaires et activités universitaires.
- Singapour prévoit d’accueillir un système Helios en 2026.
- L’accord soutient une stratégie nationale combinant infrastructure, recherche, applications industrielles et formation.
Ce protocole met l’accent sur l’un des défis peu visibles de la course à la quantique. Construire des ordinateurs de plus en plus puissants n’a peu de valeur si les entreprises et centres de recherche manquent d’ingénieurs, développeurs et spécialistes capables de les exploiter pour résoudre des problématiques concrètes.
Quantinuum et SIT souhaitent réduire cette lacune en proposant une formation orientée vers la pratique. Selon les informations communiquées par l’entreprise, les deux parties élaboreront des programmes pour étudiants et professionnels, ainsi que des activités leur donnant un accès privilégié aux outils quantiques.
De l’apprentissage de la computation quantique à la manipulation de systèmes réels
L’objectif de cette collaboration est d’aller au-delà de l’enseignement des bases théoriques des qubits, portes quantiques ou algorithmes.
Les étudiants bénéficieront d’un accès à des logiciels, simulateurs et outils de Quantinuum, tandis que les deux organisations prévoient d’intensifier la formation pratique autour d’applications concrètes de la computation quantique.
Des ateliers, séminaires et événements sur le campus seront également organisés.
Ce projet prend une importance particulière avec la décision de Singapour de se doter localement d’un des systèmes commerciaux les plus avancés de Quantinuum.
Helios a été lancé en novembre 2025 et repose sur la technologie de piège d’ions de l’entreprise. Il comprend actuellement 98 qubits physiques entièrement connectés et Quantinuum annonce des capacités allant jusqu’à 50 qubits logiques, ainsi qu’une gamme de logiciels comprenant Guppy, son langage de programmation quantique de haut niveau. La documentation technique décrit une architecture QCCD (Quantum Charge-Coupled Device) basée sur le déplacement d’ions entre différentes régions de stockage et d’opération.
L’arrivée d’Helios à Singapour n’est pas une démarche isolée. En novembre 2025, le Quantum Office national (NQO) de Singapour et Quantinuum ont annoncé un partenariat stratégique prévoyant l’installation du système en 2026.
Ce projet fera de Singapour le premier pays en dehors des États-Unis à accueillir un système Helios, selon les informations publiées par Quantinuum. Pendant la phase de déploiement, les chercheurs locaux peuvent déjà accéder à Helios via le cloud.
Cette différence est significative. Disposer de simulateurs permet d’apprendre la programmation et les algorithmes quantiques, mais accéder à du matériel avancé sur place ouvre davantage de possibilités pour la recherche, le développement d’applications hybrides et la collaboration avec l’industrie.
Singapour veut couvrir toute la chaîne quantique
En mars 2026, Quantinuum a inauguré son nouveau Centre de R&D et d’Opérations à Singapour, destiné à collaborer avec des chercheurs et des entreprises dans des secteurs tels que la pharmacie, la science des matériaux ou la finance.
Ce centre bénéficie du soutien de l’Singapore Economic Development Board (EDB) et s’inscrit dans le cadre de la collaboration que l’entreprise entretient avec le NQO via le National Quantum Computing Hub.
Ce dispositif illustre la vision de Singapour : ne pas se limiter à l’acquisition de capacités de calcul quantique, mais construire simultanément l’infrastructure, la recherche, les applications industrielles et la formation spécialisée.
Le pays travaille depuis plusieurs années dans cette direction. En 2024, le NQO, A*STAR, l’Université nationale de Singapour (NUS), le Centre national de supercalcul et Quantinuum avaient déjà signé un protocole d’accord pour donner accès aux systèmes H-Series et Helios et étudier diverses applications, notamment en biologie computationnelle.
Ce protocole prévoyait également l’exploration d’architectures hybrides combinant environnements de calcul classique et quantique.
En 2025, la suite était donnée avec l’engagement d’installer physiquement Helios dans le pays et de créer un centre de R&D. La collaboration avec SIT vient désormais renforcer cette stratégie en préparant des professionnels capables d’exploiter cette infrastructure.
En parallèle, Quantinuum a lancé en juillet le SG Grand Challenge 2026, une compétition de trois mois soutenue par le NQO et Aqora.
Les participants travaillent sur des domaines tels que la chimie, la simulation moléculaire, l’optimisation, l’intelligence artificielle appliquée aux systèmes quantiques, la correction d’erreurs quantiques ou la matière condensée. Les finalistes auront accès au matériel et présenteront leurs travaux à Singapour en novembre.
La course à la supériorité quantique est aussi une course aux ingénieurs
Le mouvement de Singapour reflète un enjeu majeur : à mesure que le hardware progresse, la nécessité de former des experts augmente.
L’industrie requiert des profils très variés. La seule maîtrise de la physique quantique ne suffit pas : il faut aussi des spécialistes en ingénierie, développement logiciel, algorithmique, systèmes hybrides, électronique, contrôle, intégration avec supercalculateurs et applications sectorielles.
Quantinuum structure sa stratégie à Singapour autour de trois piliers : cas d’usage, infrastructure et personnel qualifié. La collaboration avec SIT concerne directement le dernier point.
Par ailleurs, la technologie continue d’avancer. Quantinuum maintient Helios comme plateforme principale, mais prévoit pour 2027 et 2029 deux nouvelles générations, Sol et Apollo, qui visent à évoluer vers des systèmes de plus grande échelle, tolérants aux erreurs.
Ce contexte pousse à commencer la formation des professionnels avant que ces nouvelles générations ne soient opérationnelles.
Ceci explique aussi pourquoi l’accord avec une université appliquée ne se limite pas à la formation académique : l’enjeu est d’assurer que cette expertise se transmettra aux ingénieurs et entreprises, pour une intégration concrète de la technologie dans l’industrie.
Singapour souhaite éviter que l’installation d’Helios ne soit qu’une infrastructure supplémentaire. Si cet environnement devient un vivier de développeurs, chercheurs et projets appliqués, la valeur stratégique sera bien plus grande.
L’accord entre Quantinuum et SIT reste pour l’instant un protocole d’entente, sans détails publics sur le montant investi, le nombre d’étudiants ou le calendrier précis. Il ne faut donc pas y voir une mise en marche immédiate d’un nouveau cursus ou programme spécifique, mais plutôt une orientation vers une stratégie globale.
Ce qui est clair, c’est que Singapour oriente sa politique quantique vers : matériel avancé, accès facilité, formation et développement d’applications.
Foire aux questions
Qu’ont convenu Quantinuum et le Singapore Institute of Technology ?
Les deux entités ont signé un protocole d’accord visant à collaborer pour la formation pratique en technologies quantiques, l’accès aux outils et simulateurs, ainsi que l’organisation d’ateliers, séminaires et autres activités.
Qu’est-ce que Helios de Quantinuum ?
Helios est la génération actuelle d’ordinateurs quantiques commerciaux de Quantinuum. Il utilise la technologie des ions piégés, avec 98 qubits physiques entièrement connectés, et dispose d’une architecture et d’outils pour le développement d’applications quantiques et hybrides.
Quand Helios arrivera-t-il à Singapour ?
Quantinuum et le NQO ont annoncé que l’installation est prévue pour 2026. Les chercheurs locaux ont dès à présent accès à Helios via le cloud.
Pourquoi Singapour investit-il dans la formation quantique ?
Le pays veut développer non seulement son infrastructure quantique, mais aussi la recherche, les applications industrielles et une main-d’œuvre qualifiée. La formation s’inscrit dans sa stratégie nationale quantique.
Sources :
- Quantinuum, annonce de collaboration avec le Singapore Institute of Technology.
- Quantinuum, Étend son empreinte mondiale à Singapour avec la création d’un nouveau centre de R&D, 11/03/2026.
- Quantinuum et le Singapore National Quantum Office, accord pour le déploiement d’Helios, 06/11/2025.
- Quantinuum, documentation technique et spécifications d’Helios.
- Quantinuum, SG Grand Challenge 2026, 21/07/2026.
- Quantinuum et le National Quantum Office, protocole de collaboration de 2024.
vía : LinkedIN
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