OVHcloud prévoit une importante révision tarifaire qui affectera à la fois les nouvelles commandes et certains serveurs déjà déployés. La société européenne explique cet ajustement par la hausse du coût de la mémoire RAM et du stockage, un problème directement lié à la demande croissante liée à l’intelligence artificielle. Ces augmentations entreront en vigueur le 1er septembre 2026 pour les nouveaux contrats, et à partir du 1er octobre pour certains équipements existants, avec des hausses pouvant atteindre 87 % sur les configurations Game de dernière génération.
Les points clés de la hausse de prix chez OVHcloud en 30 secondes
- Les nouveaux serveurs Bare Metal verront leur prix augmenter à partir du 1er septembre, et certains modèles existants à partir d’octobre.
- La génération 2026 affiche en moyenne une hausse de 51 %, contre environ 28 % pour la gamme 2024.
- La gamme Game 2026 pourra voir ses prix augmenter jusqu’à 87 %, et High Grade jusqu’à 59 %.
- RAM et stockage sont les composants exerçant la plus forte pression sur les coûts.
- Le Cloud Public n’augmentera pas directement le prix du calcul, mais la séparation du stockage et des IPv4 pourrait faire augmenter certains instances jusqu’à 21,9 %.
Ce mouvement est particulièrement notable car OVHcloud avait anticipé, quelques mois auparavant, un impact beaucoup plus modéré. En mars, son président et fondateur, Octave Klaba, estimait que la hausse moyenne du cloud déployé entre 2026 et 2028 pourrait se limiter à environ 9 % à 11 %, malgré une hausse beaucoup plus forte du coût de certains composants mémoire. La dynamique du marché durant juillet et août a toutefois nécessité de revoir ces prévisions à la hausse.
Ce problème ne se limite pas à OVHcloud. La production mondiale de mémoire connaît un ajustement, provoqué notamment par la croissance exponentielle des centres de données consacrés à l’IA et par la priorité donnée aux produits à plus forte marge, comme la mémoire HBM. Cette pression se répercute également sur la DDR5, la NAND et les SSD d’entreprise utilisés dans les serveurs classiques.
La génération 2026 est la plus touchée
OVHcloud différencie l’impact de la hausse selon l’ancienneté du matériel.
Les serveurs basés sur la plateforme 2024 subiront en moyenne une augmentation proche de 28 %, tandis que ceux de la génération 2026 augmenteront d’environ 51 %, selon les chiffres communiqués par Klaba.
Au sein de cette moyenne, des différences importantes existent selon la gamme.
Les serveurs Game 2026 seront les plus impactés, avec des augmentations pouvant atteindre 87 %. Conçus pour l’hébergement de jeux vidéo et autres charges sensibles à la fréquence CPU, ils utilisent des processeurs AMD Ryzen 9000 X3D et de la mémoire DDR5.
La gamme Advance 2026 devrait augmenter d’environ 49 %, tandis que Scale enregistrera des hausses proches de 40 %. Dans la gamme High Grade, destinée à la virtualisation, bases de données et autres charges d’entreprise à haute disponibilité, les augmentations peuvent atteindre 59 %.
OVHcloud a présenté en février sa nouvelle génération Bare Metal 2026, basée sur des processeurs AMD Ryzen et EPYC Zen 5, avec des configurations allant jusqu’à plusieurs centaines de cœurs et plusieurs téraoctets de RAM.
Ce dernier détail permet de comprendre pourquoi les machines les plus modernes subiront une hausse plus importante.
Sur un serveur avec 128 Go, le surcoût en mémoire peut rester supportable dans le cadre du prix total. En revanche, pour une configuration avec 1,5 ou 3 To de DDR5, toute hausse du prix par module se multiplie rapidement.
OVHcloud avait déjà montré en mars plusieurs exemples très parlants. Sur l’un de ses serveurs Scale, l’extension à 1 To de RAM faisait passer le coût de 560 à 1 368 euros, et une configuration à 3 To pouvait passer de 1 840 à 4 504 euros par mois, uniquement pour l’extension mémoire.
Tous ces chiffres ne correspondent pas forcément au nouveau tarifaire de septembre, mais illustrent l’ampleur du changement à venir pour le coût du matériel.
La RAM a déjà augmenté jusqu’à 127 % et les disques jusqu’à 89 %
Ce ajustement ne débute pas seulement maintenant.
OVHcloud a déjà modifié le 1er juillet les prix de certaines surcharges de matériel sur des serveurs nouvellement déployés. Dans certains cas, le coût d’augmentation de RAM a été multiplié par 1,27, et celui du stockage par 1,89.
À partir du 1er octobre, ces modifications s’appliqueront également aux renouvellements de serveurs concernés.
Pour les plateformes les plus récentes, la mémoire supplémentaire peut augmenter d’environ 40 %, et certains disques de plus grande capacité d’environ 15 %. Sur la gamme 2024, les augmentations communiquées sont plus modérées, autour de 20 % pour la RAM et 10 % pour le stockage.
La société explique depuis plusieurs mois que ses coûts d’approvisionnement sont devenus beaucoup plus incertains.
Klaba décrit une situation où OVHcloud doit réserver du matériel avec plusieurs mois d’avance sans connaître précisément le prix final de la RAM ou du stockage ni la quantité que ses clients demanderont.
Pour un fournisseur cloud, cette situation est particulièrement compliquée.
Acheter trop de matériel à des prix élevés peut laisser des capacités inutilisées. En acheter trop peu peut conduire à une pénurie de serveurs lorsqu’un client souhaite étendre son infrastructure.
OVHcloud anticipe que la pression sur les coûts se poursuivra en 2027 et 2028, avec un retour à une situation plus normale prévu vers 2029. En mars, la société estimait que certains prix de la RAM pourraient dépasser de 250 à 300 % ceux de septembre 2025 d’ici la fin de 2026.
Le Cloud Public modifie la facture plus que le coût du calcul
La stratégie sera différente dans le Cloud Public.
OVHcloud ne prévoit pas, dans un premier temps, une hausse équivalente du tarif horaire de la capacité de calcul. À la place, elle modifiera la composition de certaines instances Gen3.
Jusqu’à présent, quelques-unes incluaient dans leur tarif des ressources comme le stockage en blocs à faible latence et des IPv4. À partir du 1er octobre, ces éléments apparaîtront comme des postes séparés.
Cela permettra au client de choisir la quantité de stockage de manière plus indépendante de la taille de la machine virtuelle, mais cela pourra aussi faire augmenter le prix de certaines configurations.
Selon les chiffres communiqués par OVHcloud, l’augmentation effective pourra se situer autour de 1,4 % pour les grandes instances, et jusqu’à 21,9 % pour les plus petites.
La raison est simple : une IPv4 ou une certaine quantité de stockage représente une part beaucoup plus importante du prix d’une petite instance que d’une machine dotée de dizaines de vCPU et de centaines de gigaoctets de RAM.
La nouvelle architecture reflète aussi une tendance de l’industrie cloud : facturer de plus en plus séparément les ressources qui, auparavant, étaient regroupées dans le prix de l’instance.
OVHcloud maintiendra des remises de 15 % avec un engagement d’un an et de 30 % pour trois ans, alors que certaines réductions liées à des engagements à court terme disparaîtront.
Les clients actuels peuvent tenter de sécuriser leur tarif pendant quatre ans
Les entreprises disposant déjà de serveurs en production ont une alternative pour limiter l’impact immédiat.
Selon Klaba, OVHcloud permettra de bloquer le tarif actuel pour certains serveurs pendant une durée maximale de quatre ans si le client paie à l’avance avant le 1er octobre.
Les engagements en cours ne changeront pas de tarif jusqu’à leur renouvellement.
Cela peut conduire à des décisions peu courantes dans l’univers cloud : avancer plusieurs années de dépenses pour se protéger contre une éventuelle inflation supplémentaire du matériel.
Ce n’est pas forcément la meilleure option pour toutes les entreprises. Payer quatre ans d’avance réduit la flexibilité et risque de lier à du matériel qui pourrait devenir obsolète avant la fin de cette période.
Mais pour des charges stables, des serveurs à forte utilisation et des organisations bien connues de leurs besoins en capacité, cette protection contre les hausses futures peut s’avérer précieuse.
L’IA commence à faire grimper le coût des serveurs non utilisés pour de l’IA
L’aspect probablement le plus innovant de la décision d’OVHcloud se trouve en dehors de son catalogue propre.
Un client peut contracter un serveur dédié pour une base de données, une plateforme web, un cluster Proxmox ou toute autre charge, sans utiliser un seul modèle d’intelligence artificielle, et néanmoins finir par payer plus cher pour l’expansion liée à l’IA.
Ceci parce qu’une partie de la chaîne d’approvisionnement est commune.
Les fabricants de mémoire peuvent investir davantage dans HBM et produits pour serveurs IA, où les marges sont particulièrement élevées. Par ailleurs, les nouveaux centres de données ont besoin d’énormes quantités de DDR5, NAND, SSD d’entreprise et autres composants.
Le résultat est une compétition indirecte pour la capacité industrielle.
Les fournisseurs de cloud qui renouvellent des milliers de serveurs chaque année subissent cette pression en amont, puisqu’ils doivent acheter de grands volumes en permanence.
OVHcloud, en s’appuyant aussi fortement sur ses serveurs Bare Metal à des prix agressifs, voit ces augmentations d’ordre global compliquer sa gestion. Lorsque les composants représentent une part importante de la facture mensuelle, supporter des hausses à deux ou trois chiffres pendant plusieurs années devient difficile.
Klaba affirme qu’après cette nouvelle révision, OVHcloud restera compétitif. Il estime que l’écart avec certains concurrents passera d’environ trois fois moins cher à deux fois moins cher, à condition que ces derniers ne modifient pas à leur tour leurs tarifs. Bien que ce soit une déclaration commerciale, cela dépendra des configurations et des fournisseurs.
L’essentiel est que le marché est en train de changer.
Pendant des années, les prix du cloud ont profité de composants de plus en plus abordables et de serveurs offrant plus de capacité pour un même euro à chaque génération. La montée en puissance de l’IA bouleverse, au moins temporairement, cette tendance.
Et la hausse chez OVHcloud envoie un signal puissant : le coût de l’infrastructure d’IA commence à impacter le bare metal, la virtualisation et même les charges traditionnelles sans GPU.
Questions fréquentes
Quand OVHcloud augmentera-t-elle ses prix pour ses serveurs ?
Les nouveaux tarifs entreront en application à partir du 1er septembre 2026 pour les nouvelles commandes. Certains serveurs en production connaîtront également cette hausse à partir du 1er octobre, généralement à leur échéance de renouvellement.
Quels serveurs OVHcloud seront les plus touchés ?
La gamme Game 2026 pourrait augmenter jusqu’à 87 %, tandis que High Grade pourrait atteindre 59 %. Advance avoisine 49 %, et Scale environ 40 %, selon les chiffres communiqués par Octave Klaba.
Le Cloud Public sera-t-il aussi impacté ?
Le coût du calcul n’augmentera pas directement de la même manière, mais OVHcloud séparera le prix de certains éléments tels que le stockage et l’IPv4 dans les instances Gen3. L’impact total pourrait varier entre environ 1,4 % et 21,9 %, selon la configuration.
Pourquoi les prix augmentent-ils ?
OVHcloud évoque principalement l’envolée des coûts de la RAM et du stockage. La demande pour l’infrastructure de l’IA accroît la consommation de mémoire, tandis que les fabricants privilégient les produits à marge plus élevée, ce qui limite la disponibilité pour d’autres segments.