Orange, Vodafone, Aire et Digi portent à Bruxelles la hausse des conduits de Telefónica

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Quatorze entreprises et associations du secteur des télécommunications ont sollicité l’intervention de la Commission européenne pour examiner les conditions d’accès aux conduits et canalisations de Telefónica. Cette initiative rassemble de grands opérateurs tels qu’Orange, Vodafone, Aire et Digi, ainsi que des sociétés spécialisées dans la fibre optique et des organisations sectorielles qui refuseraient la proposition de l’ancien monopole d’augmenter les tarifs récurrents, prévoyant une hausse cumulative atteignant près de 116 % durant la période envisagée. Les signataires demandent à Bruxelles de superviser la procédure avant que la Comisión Nacional de los Mercados y la Competencia (CNMC) ne prenne une décision définitive concernant la régulation.

Les clés de la hausse de Telefónica en 30 secondes

  • Quatorze entreprises et associations ont sollicité l’intervention préventive de la Commission européenne.
  • Telefónica propose de modifier les tarifs de son offre MARCo, qui permet à d’autres opérateurs d’utiliser ses canalisations.
  • Le plan prévoit une hausse initiale de 30 % et de nouveaux augmenterments annuels pour les années suivantes.
  • Orange, Vodafone, Digi et d’autres sociétés alertent sur d’éventuels effets sur la concurrence et les investissements dans la fibre.
  • La CNMC doit trancher la procédure et fixer les conditions définitives, tandis que les signataires demandent à Bruxelles de vérifier la compatibilité avec la réglementation communautaire.

Ce différend concerne une infrastructure généralement discrète pour les utilisateurs, mais essentielle pour déployer une grande partie des réseaux de fibre optique en Espagne. Les conduits, caches, regards et autres canalisations permettent d’installer des câbles sans devoir reconstruire toute l’infrastructure civile de zéro.

Telefónica dispose d’un vaste réseau de ces installations et offre un accès à d’autres opérateurs dans le cadre de conditions réglementées. La controverse porte désormais sur le prix que ces opérateurs peuvent payer pour utiliser cette infrastructure, ainsi que sur la marge dont dispose le régulateur pour modifier les conditions actuelles.

Les 14 entreprises et associations ayant saisi Bruxelles

L’initiative regroupe des opérateurs de télécommunications, des associations sectorielles et des entreprises spécialisées dans l’infrastructure fibre. Selon les informations publiées par La Vanguardia, les signataires sont :

  1. Aotec, l’Association nationale des opérateurs de télécommunications.
  2. Acutelan, l’Association nationale des opérateurs, infrastructures télécoms et télévisions locales en Espagne.
  3. Orange Espagne, opérateur de télécommunications proposant des services de fibre, téléphonie mobile et autres services de connectivité.
  4. Vodafone Espagne, opérateur de télécommunications offrant des services fixes et mobiles.
  5. Digi Espagne, fournisseur de services de télécommunications déployant également son propre réseau de fibre.
  6. Adamo, opérateur actif dans le déploiement et la commercialisation de services de connectivité.
  7. Avatel Telecom, société spécialisée dans les télécommunications avec une présence dans le marché de la fibre.
  8. Astel, l’Association des sociétés opératrices et de services de télécommunications.
  9. Onivia, entreprise wholesale d’infrastructures de fibre optique.
  10. Lyntia Networks, fournisseur d’infrastructures et de connectivité en gros.
  11. Colt Technology, société de services de connectivité et de réseaux pour entreprises.
  12. Aire Networks, opérateur wholesale offrant des services de télécommunications et d’infrastructures à d’autres fournisseurs.
  13. Premiumfiber, société liée au déploiement et à l’exploitation de réseaux de fibre.
  14. Elanta, société incluse parmi les signataires de l’initiative.

La lettre est adressée à des responsables de la Commission européenne compétents en matière de souveraineté technologique, réseaux de communication et concurrence. Parmi les destinataires figurent Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive responsable de la Souveraineté technologique, sécurité et démocratie ; Teresa Ribera, vice-présidente exécutive responsable de la concurrence ; Roberto Viola, directeur général des réseaux de communication, contenus et technologies, et Anthony Whelan, directeur général de la concurrence.

Les signataires demandent que la Commission européenne intervienne avant que la CNMC ne clôture la procédure. Ils sollicitent aussi que Bruxelles examine rigoureusement la compatibilité des modifications réglementaires avec le droit communautaire et qu’elle exerce ses compétences de supervision si nécessaire.

Cette démarche reflète la position des entreprises et associations signataires. Elle ne signifie pas que la Commission européenne ait accepté d’intervenir ni qu’elle ait ordonné de suspendre la procédure.

Ce que Telefónica souhaite modifier dans l’offre MARCo

L’offre de régulation en gros pour l’accès aux canalisations et registres, connue sous le nom de MARCo, établit les conditions techniques et économiques permettant à d’autres opérateurs d’utiliser l’infrastructure physique de Telefónica pour leurs déploiements de fibre.

La CNMC supervise cette offre et fixe les conditions réglementaires applicables. En juin 2025, cet organisme a approuvé une révision ayant augmenté de 11 % en moyenne les quotas mensuels récurrents et de 14,6 % les frais d’installation et autres services non récurrents.

Le nouveau conflit résulte de la proposition d’engagements que Telefónica a communiquée à la CNMC le 15 juin 2026. Selon la documentation publiée par le régulateur, la société propose une période de validité de cinq ans, renouvelable pour un an supplémentaire, ainsi qu’une mise à jour progressive des tarifs récurrents.

La proposition inclut une hausse initiale de 30 % par rapport aux prix actuels, suivie d’augmentations annuelles de 16,96 % durant les trois années suivantes, et des ajustements équivalents à l’IPC prévu, soit 2 %, pour les deux dernières années. Les frais non récurrents resteraient inchangés.

L’augmentation cumulée proche de 116 %, qui fait l’objet de critiques, correspond à l’effet de l’accumulation des mises à jour proposées durant la période considérée, et non à une hausse immédiate de cette ampleur. La validation finale de ces modifications dépendra de la résolution de la procédure réglementaire.

Telefónica propose une révision des prix avec une durée pluriannuelle. Les opérateurs ayant saisi Bruxelles estiment que cette hausse pourrait rendre plus coûteux l’accès à une infrastructure qui reste nécessaire pour assurer la concurrence sur le marché de la fibre.

Le coût des canalisations peut impacter le déploiement de la fibre

L’importance de MARCo se comprend mieux en observant l’échelle de l’infrastructure. En juin 2025, la CNMC indiquait qu’environ 370 opérateurs utilisaient cette offre pour accéder à plus de 120 000 kilomètres de sous-conduits et à plus de deux millions de regards.

Ces installations permettent aux sociétés de déployer des câbles en tirant parti des canalisations existantes. Sans cette possibilité, de nombreux opérateurs devraient réaliser de nouveaux travaux, négocier des accès alternatifs ou limiter leurs investissements dans certaines zones.

Une augmentation des frais pourrait augmenter le coût pour les entreprises utilisant des volumes importants d’infrastructure. L’impact exact dépendra de chaque opérateur, de l’étendue de son réseau et des conditions économiques finalement retenues.

Les signataires soutiennent que les tarifs doivent rester liés aux coûts et rejettent l’idée d’assouplir les obligations réglementaires de Telefónica. Selon eux, une modification des conditions pourrait nuire aux investissements des opérateurs alternatifs et perturber la concurrence en matière de services de connectivité.

Ils argumentent également qu’aucun changement significatif du marché ne justifie une modification du cadre réglementaire dans les termes proposés. Ces points seront étudiés dans le cadre de la procédure réglementaire par la CNMC.

La CNMC devra examiner les propositions et observations, tout en appliquant les critères de concurrence et les obligations réglementaires correspondantes. La demande d’intervention européenne ajoute une dimension communautaire au débat, mais ne remplace pas la compétence de l’autorité espagnole pour trancher le dossier.

Le résultat influencera les conditions économiques d’accès à cette infrastructure utilisée par de nombreux opérateurs et déterminera comment seront répartis les coûts des travaux civi­les, ainsi que les conditions d’utilisation du réseau de canalisations de Telefónica pour leurs déploiements de fibre.

Questions fréquentes

Quelles entreprises ont demandé l’intervention de Bruxelles ?

Les signataires sont Aotec, Acutelan, Orange Espagne, Vodafone Espagne, Digi Espagne, Adamo, Avatel Telecom, Astel, Onivia, Lyntia Networks, Colt Technology, Aire Networks, Premiumfiber et Elanta.

De combien Telefónica veut-elle augmenter le loyer de ses conduits ?

La proposition prévoit une augmentation initiale de 30 % des coûts récurrents, suivie d’augmentations annuelles de 16,96 % pendant trois ans, et de 2 % en deux années ultérieures. La hausse totale cumulée approcherait 116 % sur la période.

Qu’est-ce que l’offre MARCo ?

Il s’agit de l’offre de régulation en gros qui fixe les conditions techniques et économiques pour que d’autres opérateurs accèdent aux conduits, registres et canalisations de Telefónica, afin de déployer leurs propres réseaux de fibre.

Qui décide en définitive des prix d’accès ?

La CNMC est l’organisme chargé de trancher la procédure réglementaire. Les entreprises ont demandé à la Commission européenne de superviser le processus et de vérifier la conformité des modifications avec la réglementation communautaire.

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