Nvidia et SK préparent une alliance de plus de 500 milliards pour l’IA

Nvidia et le groupe SK ont signé des lettres d’intention pour développer une alliance d’une valeur de plus de 500 milliards de dollars, combinant centres de données, systèmes Vera Rubin et mémoire haute bande passante de SK Hynix. Ce montant ne correspond pas uniquement à un achat de puces ou à un contrat ferme avec le fabricant de mémoire : il s’agit d’une initiative à long terme qui doit encore être concrétisée par des accords définitifs.

Les clés de l’accord entre Nvidia et SK en 30 secondes

  • Nvidia et le groupe SK proposent une collaboration dépassant 500 milliards de dollars via des lettres d’intention.
  • SK Telecom envisage de construire une infrastructure IA pouvant atteindre 2 gigawatts basée sur Nvidia Vera Rubin.
  • SK Hynix fournira et développera avec Nvidia les futures générations de mémoire HBM.
  • Samsung et Broadcom ont annoncé séparément une collaboration estimée à plus de 200 milliards de dollars d’ici 2030.
  • Naver, Brookfield et Nvidia financeront un autre projet de 10 milliards pour étendre un centre de données en Corée du Sud.

Les annonces ont été faites lors d’un sommet sur l’intelligence artificielle à San Francisco, présidé par le président sud-coréen, Lee Jae-myung. La réunion a rassemblé des représentants de Nvidia, SK Group, Samsung Electronics, Broadcom, Naver, Hyundai Motor et plusieurs institutions académiques.

La série d’accords a généré des headlines totalisant plus de 700 milliards de dollars pour des projets envisagés. Toutefois, ces chiffres doivent être interprétés avec prudence : ils incluent des protocoles d’entente, lettres d’intention, investissements futurs et estimations accumulées sur plusieurs années.

Tout cet argent ne sera pas décaissé immédiatement et ne constitue pas des revenus garantis pour une seule entreprise.

L’accord de 500 milliards n’est pas uniquement pour acheter de la mémoire HBM

La déclaration la plus importante unit Nvidia avec SK Group, conglomérat auquel appartiennent SK Hynix et SK Telecom. Les deux parties décrivent cette opération comme une initiative globale de plus de 500 milliards de dollars couvrant la construction d’infrastructures IA et l’approvisionnement en mémoire avancée.

La collaboration a été initialement formalisée par des lettres d’intention. Ce type de document exprime l’intention de négocier et de développer un projet, mais ne vaut pas forcément contrat ferme pour la totalité de la somme annoncée.

Une partie de cette initiative concerne SK Telecom, qui prévoit de construire en Corée du Sud une infrastructure cloud spécialisée en intelligence artificielle d’une capacité pouvant atteindre 2 gigawatts. Le projet utilisera l’architecture Nvidia DSX et des systèmes basés sur Vera Rubin, la génération d’accélérateurs qui succédera à Blackwell.

La première “usine IA” est prévue pour 2027. Nvidia décrit ces centres de données comme étant conçus spécifiquement pour entraîner des modèles, effectuer des inférences et produire des tokens utilisés dans des applications génératives et agents intelligents.

L’ampleur énergétique souligne l’échelle du projet. Deux gigawatts ne correspondent pas seulement à la puissance des serveurs : la construction implique des sous-stations, des réseaux électriques, la climatisation, des systèmes de secours, des bâtiments, la connectivité, et une chaîne d’approvisionnement capable de fournir en grande quantité des accélérateurs et de la mémoire.

L’accord permettra également à SK Telecom d’offrir ces ressources comme service à des entreprises, des organismes publics et des développeurs dans la région Asie-Pacifique. L’opératrice aspire à devenir fournisseur cloud de Nvidia, et pas seulement à acheter des GPU.

Nvidia cherche à sécuriser la mémoire dont Vera Rubin aura besoin

SK Hynix occupe l’autre grande partie de l’alliance. La société étendra sa coopération avec Nvidia pour fournir et développer les futures générations de mémoire destinée aux systèmes d’intelligence artificielle.

La mémoire haute bande passante, appelée HBM, est devenue un composant clé et rare des accélérateurs modernes. Elle s’intègre avec la GPU via des encapsulés avancés et permet de transférer des données à une vitesse bien supérieure à celle de la mémoire standard.

Nvidia et SK Hynix collaboreront pour optimiser conjointement de nouvelles solutions, notamment HBM4. Cette coopération permettra à Nvidia d’adapter ses plateformes plus rapidement aux caractéristiques de la mémoire, tandis que SK Hynix pourra planifier ses capacités industrielles en tenant compte de la demande à venir.

Le transport ne se limite pas à la livraison des puces ; la conception de HBM implique la coordination des interfaces, la gestion de la consommation, de la température, le empilement des couches, et le packaging qui relie la mémoire au processeur.

Cette relation étroite pourrait aider Nvidia à diminuer un des principaux risques de sa croissance : assurer non seulement la fabrication de GPU par TSMC, mais aussi la disponibilité de mémoire, de l’emballage avancé, des cartes, des réseaux et de la capacité électrique.

En échange, SK Hynix obtient une clientèle de volume et la possibilité de participer dès une phase précoce au développement des futures plateformes. L’entreprise a profité de la forte demande de HBM, mais devra réaliser des investissements importants pour élargir ses usines et suivre l’évolution technologique.

Samsung et Broadcom ajoutent encore 200 milliards

Le sommet a également permis d’annoncer une extension de la relation entre Samsung Electronics et Broadcom. Les deux sociétés ont signé un protocole d’accord pour collaborer dans la mémoire, la fabrication de puces et le packaging avancé.

Samsung estime que cette collaboration pourrait dépasser 200 milliards de dollars dans les cinq prochaines années, jusqu’en 2030.

En matière de mémoire, l’accord prévoit l’approvisionnement en solutions HBM pour les futures generations d’accélérateurs développés par Broadcom. L’entreprise américaine conçoit des puces sur mesure et des systèmes de connectivité pour de grands opérateurs cloud, un marché en croissance grâce à des projets internes de sociétés comme Google et d’autres hyper-espaces.

En fabrication, Broadcom étudiera l’utilisation des processus de 2 nanomètres et moins de Samsung Foundry. La collaboration inclut aussi des technologies d’intégration 2.3D et 2.5D permettant de connecter processeurs, chiplets et mémoire dans une seule encapsulation.

Pour Samsung, cet accord revêt une importance stratégique, lui permettant de reprendre du terrain face à SK Hynix dans le domaine de la HBM et face à TSMC dans la fabrication avancée. Obtenir des conceptions de Broadcom aiderait à utiliser ses nouvelles lignes et à démontrer la maturité de son procédé de 2 nanomètres.

Cependant, il reste un protocole d’accord : les volumes réels dépendront de la validation des processus, de la performance industrielle, des besoins de Broadcom et de l’évolution du marché de l’infrastructure IA.

Nvidia investira 1 milliard de dollars dans le projet de Naver

Naver, Brookfield et Nvidia ont annoncé un autre projet visant à étendre l’infrastructure souveraine d’intelligence artificielle de la Corée du Sud.

Le plan prévoit de porter la capacité du centre de données GAK Sejong de Naver, utilisant Nvidia DSX, de 55 à 200 mégawatts. L’installation combinera systèmes Blackwell et la future plateforme Vera Rubin.

Les trois sociétés évaluent le projet à 10 milliards de dollars. Brookfield apportera jusqu’à 9 milliards en financement exclusif, Nvidia investira 1 milliard et Naver assumera le reste du coût.

Cette extension équivaudrait à environ 100 000 GPU, selon les sociétés, bien que le chiffre final dépende de la configuration et des générations de matériel choisies.

Naver souhaite fournir des capacités de calcul aux entreprises, organismes publics et développeurs en Corée du Sud et aux États-Unis. La nouvelle infrastructure servira aussi pour HyperCLOVA X, agents IA et modèles appliqués à la robotique et aux environnements physiques.

Ce partenariat renforce une tendance qui modifie les relations entre fabricants de puces et clients : Nvidia ne se limite plus à vendre des accélérateurs, mais participe aussi au financement, à la conception et à l’exploitation des infrastructures utilisant ses plateformes.

La Corée du Sud veut relier mémoire, usines et centres de données

Ces annonces s’inscrivent dans une stratégie industrielle plus large. La Corée du Sud est déjà une puissance en mémoire grâce à Samsung et SK Hynix, mais souhaite capturer une part plus importante du marché généré autour de l’intelligence artificielle.

Le pays doit transformer son expertise en DRAM et NAND en une offre incluant HBM, fabrication logique, packaging, centres de données, services cloud et modèles propriétaires.

Les relations avec Nvidia facilitent la connexion de ces éléments. SK Hynix fournit la mémoire, SK Telecom construit l’infrastructure, Naver opère les services cloud et Samsung fournit les puces, la fonderie et le encapsulage.

Toutefois, l’ampleur des investissements accroît aussi les risques : construire des centres de plusieurs gigawatts exige assurer l’énergie, l’eau, les permis, les réseaux et attirer des clients prêts à contracter. De plus, certains projets ne commenceront à fonctionner qu’en 2027 ou plus tard.

L’évolution des accélérateurs pourrait également modifier le calendrier. Vera Rubin doit encore arriver sur le marché, et les architectures futures nécessiteront de nouvelles versions de HBM, des réseaux plus rapides et des systèmes de refroidissement plus sophistiqués.

La réunion s’est conclue sur un dîner convivial entre responsables politiques et industriels. Les images et commentaires informels, y compris l’intérêt de Jensen Huang pour prolonger la soirée avec une autre bière, ont apporté une anecdote. Mais l’essentiel s’est produit avant la table : la Corée du Sud a présenté une ambition de faire de sa capacité de fabrication et mémoire une infrastructure d’envergure internationale en IA.

Questions fréquentes

Nvidia a-t-elle acheté 500 milliards de dollars de mémoire à SK Hynix ?

Non. Ce chiffre correspond à une initiative plus large entre Nvidia et le groupe SK, comprenant centres de données, systèmes de calcul et mémoire. Cette annonce a été faite via des lettres d’intention et doit encore être formalisée par des accords définitifs.

Que construira SK Telecom avec Nvidia ?

SK Telecom prévoit une infrastructure IA pouvant atteindre 2 gigawatts basée sur Nvidia DSX et Vera Rubin. La première installation est prévue pour 2027.

Quel sera le rôle de SK Hynix ?

SK Hynix fournira de la mémoire avancée et collaborera avec Nvidia pour le développement et l’optimisation des futures générations de HBM, y compris HBM4.

Combien Nvidia investira-t-elle dans Naver ?

Nvidia a engagé un investissement de 1 milliard de dollars dans un projet d’une valeur de 10 milliards. Brookfield apportera jusqu’à 9 milliards en financement, et Naver couvrira le reste.

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