Les Neocloud stimulent les revenus en plein combat pour construire une infrastructure d’intelligence artificielle

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CoreWeave, Nebius et Cerebras ont clôturé le deuxième trimestre 2026 avec un point commun : la demande en infrastructure pour l’intelligence artificielle continue de croître fortement, mais financer cette expansion coûte des milliards. Les trois entreprises ont augmenté leurs revenus, notamment dans les services d’inférence, tout en investissant massivement dans des centres de données, l’énergie et les capacités de calcul.

Les clés du neocloud en 20 secondes

  • CoreWeave a généré 2,575 milliards de dollars et porté sa capacité active à 1,5 GW.
  • Nebius a atteint 582,3 millions, soit une hausse de 454 % en un an, avec 575 millions provenant de son cloud IA.
  • Cerebras a réalisé 180,1 millions de dollars, avec une croissance de 281 % dans son activité cloud.
  • Les trois sociétés continuent d’accroître leurs capacités malgré les pertes.
  • L’inférence IA apparaît comme l’un des principaux vecteurs de croissance.

Ces résultats offrent également une vision intéressante d’un segment encore relativement récent du marché cloud. Face aux grands hyperscalers comme AWS, Microsoft Azure et Google Cloud, ce qu’on appelle le neocloud a construit une grande partie de son offre autour d’accélérateurs IA et de grands clusters spécialisés.

Leur défi n’est plus uniquement d’acquérir des GPU. Il s’agit désormais d’assurer l’approvisionnement en électricité, de construire ou louer des centres de données, de financer l’équipement sur plusieurs années, tout en veillant à ce que toute cette capacité soit suffisamment occupée pour justifier les investissements.

CoreWeave atteint 1,5 GW et prépare jusqu’à 39 milliards d’investissements

CoreWeave demeure l’un des exemples les plus extrêmes de cette expansion.

L’entreprise a enregistré 2,575 milliards de dollars de revenus au deuxième trimestre 2026, contre 1,212 milliard lors de la même période en 2025. Plus du double en un an.

Ce croissance cohabite encore avec d’importantes pertes. CoreWeave a subi des pertes opérationnelles de 49 millions de dollars, contre un résultat opérationnel positif de 19 millions en second trimestre 2025.

La perte nette s’élève à 626 millions de dollars, contre 290 millions un an plus tôt. L’EBITDA ajusté a quant à lui presque doublé, passant de 752 à 1.510 millions de dollars.

Derrière ces chiffres se cache une infrastructure physique en croissance à une vitesse peu courante, même pour le secteur des centres de données.

CoreWeave a investi 9,4 milliards de dollars en CapEx uniquement durant le trimestre et prévoit de clôturer 2026 avec des investissements de capital compris entre 35 et 39 milliards de dollars.

Au cours des trois mois, elle a ajouté près de 500 MW de puissance active, dont 300 MW en juin seul. La société a terminé le trimestre avec 1,5 GW répartis entre 51 centres de données actifs, avec l’objectif d’atteindre environ 1,85 GW en fin d’année.

Sa portefeuille est encore plus large : 4,2 GW de puissance contractée, avec pour objectif d’atteindre 8 GW en 2030.

La visibilité commerciale est également importante. Au 30 juin, CoreWeave estimait sa base de revenus contractés à environ 104 milliards de dollars, sans compter plus de 25 milliards de nouveaux engagements de clients en début de troisième trimestre.

Un des faits saillants concerne l’inférence. CoreWeave affirme que sa plateforme d’inférence gérée est passée d’environ un million à plus de 100 millions de dollars de revenus récurrents annuels (ARR). La société prévoit finir 2026 avec au moins 250 millions de dollars.

Il existe également un signal intéressant pour ceux qui craignaient une dépréciation rapide des GPU : CoreWeave indique qu’il demeure une demande pour les générations antérieures d’accélérateurs NVIDIA, ayant récemment signé un contrat pour utiliser des GPU A100 jusqu’en 2029. Ces accélérateurs datant de 2020.

La disponibilité immédiate d’infrastructures installées et alimentées pourrait ainsi peser davantage que la dernière génération hardware.

Nebius multiplie par six son activité cloud IA

Nebius connaît la croissance la plus importante en pourcentage parmi les trois sociétés.

Le groupe a réalisé 582,3 millions de dollars de revenus, soit une augmentation de 454 % par rapport au deuxième trimestre 2025.

Pratiquement tout provient de son activité d’infrastructure pour l’IA. Les revenus de Nebius AI Cloud ont atteint 575 millions de dollars, avec une croissance interannuelle de 514 %.

L’EBITDA ajusté a également évolué fortement. La société est passée de pertes de 21 millions à un résultat positif de 236,2 millions de dollars.

Les pertes nettes ajustées ont diminué de 91,5 à 33,2 millions. En comptabilité, Nebius a enregistré une perte nette de 190,4 millions, contre un bénéfice de 584,4 millions auparavant, cette dernière valeur étant liée principalement à la valorisation d’investissements en valeurs mobilières.

L’expansion a un coût visible dans ses comptes. Les dépenses et coûts opérationnels ont augmenté de 216,3 à 758,2 millions de dollars en un an.

Nebius s’implante dans différents marchés, avec notamment des déploiements au Pays de Galles, en Estonie, et prévoit d’établir une seconde installation dans son campus de Mäntsälä, Finlande.

Arkady Volozh, fondateur et CEO, a indiqué aux investisseurs que Nebius a conclu au cours du trimestre quatre accords dépassant 1 milliard de dollars chacun, avec des rendements de 20 à 25 millions par mégawatt.

La société a ajouté un gigawatt de capacité durant le trimestre et vise 5 GW de puissance contractée à la fin 2026. À partir de 2027, elle prévoit de déployer plus de 1 GW de capacité de calcul chaque année.

Une fois encore, l’inférence. Les charges d’inférence en production chez Nebius ont plus que triplé durant le trimestre.

Cerebras étend son cloud au-delà de ses propres systèmes IA

Cerebras se distingue car elle ne se limite pas à fournir une infrastructure basée sur des accélérateurs tiers. La société développe ses propres processeurs waferscale, des puces construites à l’échelle d’une plaquette, qu’elle propose ensuite via des systèmes locaux et des services cloud.

Ses revenus GAAP ont atteint 180,1 millions de dollars, en hausse de 74 % sur un an. Parmi ces chiffres, le secteur cloud et autres services ont généré 126 millions, soit une croissance de 281 %.

Cerebras parle aussi de 210 millions de dollars de « core revenue », une métrique différente de ses revenus GAAP, donc ces chiffres ne sont pas directement comparables.

La croissance s’accompagne encore de pertes.

Le bénéfice brut est passé de 32,1 à 25,56 millions de dollars, tandis que Cerebras a enregistré des pertes nettes de 450,4 millions de dollars. L’EBITDA ajusté était négatif à 53,1 millions, comparé à une perte de 38,3 millions un an auparavant.

Son expansion physique commence aussi à se mesurer avec les mêmes unités que celles des grandes neocloud.

La capacité opérationnelle ou en contrat pour entrer en service avant fin 2027 dépasse déjà 600 MW. Cerebras dispose également d’un portefeuille potentiel de projets atteignant plusieurs gigawatts.

Au cours du trimestre, elle a aussi obtenu des contrats avec des éditeurs de logiciels IA comme Cognition et Lovable.

La nouvelle bataille du cloud se joue aussi en gigawatts

Les résultats de ces trois entreprises montrent à quel point l’infrastructure spécialisée pour l’IA ne se limite plus à la simple location de GPU.

CoreWeave parle de 4,2 GW contractés. Nebius vise 5 GW d’ici la fin 2026. Cerebras possède plus de 600 MW opérationnels ou sous contrat pour livraison avant 2027.

Ces chiffres rapprochent leurs besoins énergétiques de ceux de certains plus grands opérateurs de centres de données.

Ils expliquent aussi une grande partie de leurs coûts. L’achat de accélérateurs n’est qu’une partie de l’investissement global. Chaque nouveau cluster nécessite une capacité électrique, un refroidissement, des réseaux haut débit, du stockage et des bâtiments capables d’accueillir des densités croissantes.

Un autre changement simultané dans les résultats des trois sociétés est l’augmentation de l’importance de l’inférence par rapport à une phase initiale dominée par l’entraînement de grands modèles.

CoreWeave prévoit de dépasser 250 millions de dollars d’ARR dédié à l’inférence gérée en fin d’année. Nebius affirme avoir plus que triplé ses charges d’inférence en production. Cerebras a pratiquement quadriplié d’une année sur l’autre son activité cloud, qui mise justement sur la vitesse d’inférence comme argument commercial majeur.

Le deuxième trimestre 2026 offre ainsi une photographie particulière du marché. Les revenus croissent rapidement, et les contrats futurs se comptent en dizaines de milliards, mais l’infrastructure nécessaire pour les supporter impose des investissements tout aussi colossaux.

Pour le neocloud, le défi sera désormais de démontrer que ces gigawatts peuvent devenir une capacité réellement utilisée sur le long terme. Le contrat de CoreWeave pour conserver ses A100 jusqu’en 2029 donne un premier indice : dans ce secteur, la durée de vie économique d’un GPU pourrait être bien plus longue que sa seule présence en première ligne technologique.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une neocloud d’intelligence artificielle ?

Ce terme désigne des fournisseurs cloud spécialisés principalement dans l’infrastructure IA, les accélérateurs et les grands clusters de calcul. CoreWeave et Nebius en sont des exemples clairs, tandis que Cerebras combine ses propres hardware et services cloud.

Quel était le chiffre d’affaires de CoreWeave au deuxième trimestre 2026 ?

CoreWeave a enregistré 2,575 milliards de dollars de revenus, contre 1,212 milliard lors du même trimestre en 2025. La société a subi une perte nette de 626 millions de dollars.

Quelle est la croissance de Nebius AI Cloud ?

Le cloud IA de Nebius a atteint 575 millions de dollars, en hausse de 514 % sur un an. Le groupe totalise 582,3 millions de dollars de revenus.

Pourquoi une GPU NVIDIA A100 de 2020 reste-t-elle importante ?

CoreWeave indique que la demande pour les générations antérieures de GPU perdure car elles offrent une capacité déjà installée et disponible. La société a signé un contrat pour maintenir l’A100 en service jusqu’en 2029, neuf ans après sa sortie.

via : datacenterdynamics

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