Les fabricants néerlandais de serres remplacent l’acier par le logiciel en Chine

Les fabricants néerlandais de serres remplacent l’acier par le logiciel en Chine

Les entreprises néerlandaises spécialisées dans la technologie agricole adaptent leur stratégie commerciale en Chine : au lieu de se concentrer sur la construction de serres complètes, elles tendent de plus en plus à se concentrer sur les logiciels de contrôle climatique, l’automatisation et l’intégration de systèmes. L’industrie locale chinoise a renforcé sa capacité à fabriquer des structures et des équipements à des prix compétitifs, réduisant ainsi l’avantage d’importer des installations entières des Pays-Bas.

Les enjeux des serres néerlandaises en Chine en 30 secondes

  • Les fabricants chinois ont progressé dans la fabrication de structures métalliques, de vitrages et d’équipements pour serres.
  • Les entreprises néerlandaises cherchent à se différencier en proposant des logiciels de contrôle climatique, d’irrigation automatisée et de gestion des cultures.
  • L’intégration de l’éclairage, de la ventilation, des capteurs et des systèmes de production requiert toujours des connaissances spécialisées.
  • Le marché chinois offre des opportunités pour moderniser les installations existantes ainsi que pour construire de nouvelles infrastructures.
  • Ce changement déplace une partie des affaires des projets de construction vers des services technologiques et des contrats de maintenance.

Cette évolution traduit une véritable transformation de l’horticulture en Chine. Pendant des années, les fournisseurs néerlandais ont proposé des projets intégrés combinant conception, construction, équipement et conseils agronomiques. Toutefois, le développement de fabricants locaux a diminué le besoin d’importer tous ces composants, surtout lorsque les entreprises chinoises peuvent les produire à moindre coût.

En réponse, les fournisseurs européens s’orientent désormais vers les technologies qui régulent le fonctionnement des installations. Leur objectif est de vendre leur savoir-faire, des logiciels et des services spécialisés permettant aux producteurs de mieux gérer la température, l’humidité, l’eau, les nutriments et l’éclairage.

La Chine gagne du terrain dans la construction de serres

La production locale de structures et d’équipements a modifié les conditions de concurrence. Les entreprises chinoises peuvent fournir une grande partie des éléments nécessaires à la construction d’une serre, allant des structures métalliques aux vitrages ou aux systèmes de culture.

Cette capacité réduit l’attractivité économique de l’importation d’une installation complète. Lorsqu’un fournisseur local peut fabriquer ces composants principaux, le fournisseur étranger doit apporter une valeur ajoutée justifiant une différence de prix.

Ce changement ne signifie pas que la technologie néerlandaise ait perdu toute utilité en Chine. Le pays présente des climats très variés selon les régions, et la production sous abri nécessite des solutions adaptées à chaque culture et situation géographique. La régulation de la température, la ventilation ou l’humidité doit répondre à la fois aux besoins des plantes et aux conditions extérieures.

Les recherches sectorielles indiquent aussi une évolution des attentes commerciales. Un rapport du réseau néerlandais China Knowledge Network, publié en mars 2026, souligne que la surface de serres en Chine a doublé au cours des douze dernières années, mais que les prévisions de revenus pour les fournisseurs néerlandais dans ce marché ont fortement diminué depuis 2018. Ce rapport relie cette tendance à des facteurs comme la localisation de la production, l’adaptation aux conditions locales et le développement de fournisseurs chinois.

Ainsi, l’expansion du marché ne garantit pas aux entreprises étrangères de maintenir leur part. La Chine peut construire davantage d’installations tout en dépendant moins des importations de structures et d’équipements.

Le logiciel et l’intégration concentrent la valeur technologique

Des sociétés telles que Priva et Ridder proposent des solutions pour le contrôle climatique, la gestion de l’irrigation et la technologie pour les installations horticoles. Ces systèmes permettent de coordonner diverses variables influant directement sur le développement des plantes et la consommation de ressources.

Un logiciel de gestion climatique peut réguler la ventilation, le chauffage, les écrans thermiques ou l’éclairage en fonction des conditions de la serre. Les systèmes d’irrigation et de dosage, quant à eux, assurent la livraison d’eau et de nutriments selon les besoins spécifiques de chaque culture.

La valeur ajoutée de ces outils dépend à la fois du logiciel et de leur configuration. Une installation avancée peut intégrer plusieurs dizaines de sous-systèmes, tels que l’éclairage supplémentaire, l’enrichissement en dioxyde de carbone, les stores d’ombrage, l’irrigation automatisée ou les machines de récolte et de conditionnement. Leur fonctionnement coordonné requiert un ajustement précis pour éviter qu’une amélioration dans un domaine ne nuise aux conditions dans un autre.

D’où l’opportunité pour les fournisseurs expérimentés de proposer des systèmes intégrés. Plutôt que de se limiter à vendre des composants, ils peuvent concevoir l’architecture de contrôle, connecter différents équipements et assurer une assistance technique pour l’exploitation de la serre.

L’expertise agronomique constitue également un atout. L’expérience accumulée à travers des essais, des variétés ou des techniques culturales permet d’adapter les installations à chaque produit. Par exemple, l’Université de Wageningen, par ses recherches en agriculture et horticulture, illustre comment les institutions spécialisées jouent un rôle clé dans le transfert international des techniques de production.

Cependant, cette avance technologique n’est pas irréversible. Les fabricants chinois peuvent développer leurs propres logiciels, acquérir une expérience opérationnelle et recruter des spécialistes. La différenciation des fournisseurs néerlandais dépendra donc de leur capacité à actualiser continuellement leurs solutions et à les adapter aux besoins des producteurs locaux.

Un marché qui nécessite aussi la modernisation des installations existantes

L’opportunité commerciale ne se limite pas aux grands projets de construction neuve. La Chine possède plusieurs exploitations de tailles variées et avec différents degrés d’automatisation, comprenant parfois des installations où les systèmes de contrôle climatique et d’irrigation peuvent encore être améliorés.

Déjà en avril 2022, le secteur montrait un intérêt pour des solutions technologiques intermédiaires pour les petites exploitations agricoles. Ridder China évoquait alors des opportunités dans des exploitations familiales d’un à trois hectares qui commençaient à intégrer des ordinateurs climatiques ou des unités d’irrigation automatisée. Ces outils permettent de faire progresser une gestion peu automatisée vers une gestion plus précise à coût modéré, sans nécessiter une infrastructure de haute technologie.

La modernisation de serres existantes représente une opportunité pour les fournisseurs proposant des équipements faciles à installer, des logiciels de contrôle et un support technique. Dans plusieurs cas, la mise à jour d’une exploitation est plus accessible que sa reconstruction complète.

Pour les entreprises néerlandaises, ce marché offre aussi la possibilité de nouer des relations commerciales à long terme. La construction d’une serre génère un revenu immédiat lié à un projet précis, mais le logiciel, la maintenance et l’optimisation peuvent faire l’objet de contrats récurrents. Bien que cette démarche ne garantisse pas forcément des marges plus élevées dans tous les cas, elle modifie la nature des relations avec la clientèle.

La transition comporte néanmoins certains risques : il est crucial pour les fournisseurs étrangers de protéger leur propriété intellectuelle et d’éviter que le transfert de savoir-faire lors de l’installation facilite l’émergence de concurrents locaux. De leur côté, les producteurs chinois doivent évaluer la qualité du support, la compatibilité des équipements et la pérennité du service avant de dépendre entièrement de systèmes spécialisés.

L’avenir du secteur néerlandais en Chine dépendra de la capacité à surmonter ces défis. La production locale continuera à faire pression sur les prix des composants physiques, tandis que le logiciel et l’intégration devront démontrer des résultats concrets en termes de productivité, d’efficacité énergétique et de stabilité des cultures.

Questions fréquemment posées

Pourquoi les entreprises néerlandaises vendent-elles moins de serres complètes en Chine ?

Les fabricants chinois ont développé leur capacité à produire des structures, du vitrage et des équipements à des prix compétitifs, ce qui réduit l’avantage économique d’importer des installations complètes depuis les Pays-Bas.

Quels logiciels utilisent les serres modernes ?

Les systèmes de contrôle gèrent la température, l’humidité, la ventilation, l’éclairage, l’irrigation et la nutrition. Leur objectif est d’automatiser la gestion du climat et des opérations auparavant plus manuelles.

Quelles entreprises néerlandaises proposent des technologies pour serres ?

Priva et Ridder offrent des solutions en contrôle climatique et en gestion de l’irrigation. La filière néerlandaise inclut aussi des spécialistes en construction, automatisation, équipement et expertise agronomique.

Y a-t-il des opportunités pour moderniser les petites serres en Chine ?

Oui. Les petites exploitations peuvent intégrer des ordinateurs climatiques et des systèmes d’irrigation automatisés sans construire une infrastructure de haute technologie. La modernisation constitue une voie pour les fournisseurs spécialisés souhaitant pénétrer ce segment.

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