Le Blu-ray résiste à disparaître au Japon grâce à Verbatim et I-O Data

Le Blu-ray résiste à disparaître au Japon grâce à Verbatim et I-O Data

Alors que la majorité du marché pense que le Blu-ray est destiné à disparaître, deux entreprises japonaises ont décidé de prendre une autre orientation. I-O Data et Verbatim Japan ont annoncé renforcer leur partenariat afin de continuer à fournir des unités Blu-ray et des disques gravables sur le marché japonais. Leur objectif est d’assurer aux utilisateurs encore dépendants de ce format la possibilité de continuer à graver, archiver et reproduire du contenu en toute sérénité. Cette décision intervient dans un contexte où plusieurs fabricants historiques abandonnent ce secteur, et où le vrai goulet d’étranglement ne concerne plus seulement les disques, mais aussi le matériel nécessaire pour les lire ou les graver.

Ce mouvement s’inscrit dans une réflexion plus profonde. Il ne s’agit pas d’un retour du Blu-ray vers une utilisation massive ou d’une résurrection du format à l’ère du streaming. Ce que disent I-O Data et Verbatim est quelque chose de plus concret : une base réelle de clients au Japon continue de nécessiter un support physique pour des copies de sauvegarde, une conservation à long terme des données ou certains usages professionnels. Dans leur communiqué officiel, les deux sociétés évoquent le maintien d’un environnement stable pour les clients utilisant le format Blu-ray, le renforcement de l’approvisionnement en composants, et la poursuite du développement de nouveaux produits pour répondre à cette demande résiduelle.

Un marché petit, mais toujours présent

Ce point est essentiel. Le Blu-ray n’est plus une technologie grand public, mais il ne s’est pas complètement éteint. La Japan Electronics and Information Technology Industries Association (JEITA) prévoit que les envois domestiques de graveurs Blu-ray atteindront 623 000 unités en 2025. Ce chiffre marque une baisse visible par rapport aux années où le format était au sommet de sa popularité, mais il démontre aussi qu’un marché suffisamment significatif subsiste pour que certaines entreprises ne souhaitent pas l’abandonner totalement.

Les données officielles évitent de nourrir une illusion nostalgique, tout en écartant l’idée d’une disparition immédiate. Le segment perdure parce qu’il répond à des besoins très précis que d’autres supports ne couvrent pas totalement pour certains types d’utilisateurs. Au Japon, où l’enregistrement d’émissions télévisées sur support physique a historiquement été plus développé que dans d’autres marchés, il y a encore un public qui voit dans le stockage local de contenus, de documents ou de copies de sauvegarde une valeur qu’il faut préserver, en dehors du cloud.

Tableau des données réelles du marché et du déclin du Blu-ray au Japon

Donnée Chiffre ou mesure Source
Envois domestiques de graveurs Blu-ray au Japon en 2025 623 000 unités JEITA
Fin de production des disques Blu-ray gravables chez Sony février 2025 Sony
Fin de l’expédition de tous les graveurs Blu-ray Sony à partir de février 2026, sans successeur Sony
Fin des ventes des unités Blu-ray Buffalo juillet 2026 (prévu) Buffalo
Fin des ventes des unités Blu-ray externes Elecom en stock jusqu’à épuisement du stock / 30 juin 2026 pour les modèles annoncés Elecom
Renforcement de la production du Panasonic DMR-ZR1 oui, en réponse à une demande supérieure aux prévisions Panasonic

Ces chiffres proviennent de communiqués officiels de JEITA, Sony, Buffalo, Elecom, Panasonic, et I-O Data.

Ce ne sont plus seulement les disques, mais aussi qui fabrique les lecteurs et graveurs

La décision d’I-O Data et Verbatim prend toute son importance dans ce contexte. Sony a annoncé en janvier 2025 qu’elle cesserait la production de tous ses modèles de disques Blu-ray gravables, en même temps que d’autres formats physiques. Un an plus tard, en février 2026, elle a confirmé l’arrêt de l’expédition de tous ses graveurs Blu-ray, précisant qu’aucun modèle de remplacement ne serait lancé.

D’autres acteurs se sont également retirés. Buffalo a indiqué le 26 février 2026 qu’elle cesserait la vente de ses unités Blu-ray en juillet 2026, sans successeurs. Elecom a, pour sa part, annoncé le 17 mars 2026 qu’elle arrêterait la commercialisation de plusieurs modèles de lecteurs Blu-ray externes, à mesure que leur stock s’épuiserait, avec une date limite fixée au 30 juin 2026.

Ce contexte change considérablement la lecture du marché. Jusqu’ici, la discussion autour de la survie du Blu-ray se concentrait surtout sur les disques gravables. Mais le vrai problème réside désormais dans le matériel. Peu de disques restent disponibles si l’on arrive à une pénurie de lecteurs ou de graveurs, ce qui pourrait mettre à mal tout l’écosystème. C’est pourquoi l’annonce d’I-O Data et Verbatim revêt une importance accrue : ils ne parlent pas uniquement de continuer à vendre des disques, mais aussi de maintenir la disponibilité de lecteurs et d’équipements liés pour éviter l’effondrement du format faute de matériel.

Panasonic presque seul dans le domaine des graveurs domestiques

Par ailleurs, Panasonic demeure l’un des derniers grands noms japonais à continuer à soutenir cette catégorie de graveurs. Le cas du DMR-ZR1 a été particulièrement révélateur. La société a publié le 6 mars 2026 un avis avec des excuses envers ses clients, reconnaissant que ce modèle avait reçu un volume de commandes bien supérieur aux prévisions, ce qui l’obligeait à renforcer sa production tout en avertissant de possibles retards de livraison.

Ce détail explique pourquoi I-O Data et Verbatim perçoivent encore un potentiel. Quand plusieurs concurrents se retirent simultanément, la demande restante ne disparaît pas du jour au lendemain : elle se concentre. Cela peut rendre économiquement viables des niches qui, vue d’extérieur, semblaient condamnées. Ce n’est pas une renaissance du Blu-ray, mais une preuve que cette technologie garde une utilité concrète pour l’archivage local, la sauvegarde et la conservation de contenus dans certains environnements.

En définitive, le Blu-ray ne retrouvera pas son impact de la décennie précédente, mais le Japon continue de montrer que les supports physiques ne disparaissent pas simplement parce qu’une nouvelle technologie arrive. Parfois, ils persistent parce qu’ils résolvent des problèmes très spécifiques. Tant qu’il y aura des utilisateurs ayant besoin de graver, sauvegarder et lire des données localement pendant plusieurs années, il y aura des acteurs prêts à combler les absences des géants du secteur lorsqu’ils se retirent.

Questions fréquentes

Verbatim et I-O Data vont-ils continuer à fabriquer des Blu-ray au Japon ?
Ils ont confirmé qu’ils renforceront leur collaboration afin de continuer à proposer des disques Blu-ray et des lecteurs Blu-ray aux clients japonais. Il ne s’agit pas d’une expansion massive du marché, mais d’assurer la continuité de l’approvisionnement.

Sony a-t-elle déjà abandonné le Blu-ray ?
Oui, du moins dans deux domaines clés. Sony a annoncé en février 2025 la fin de la production de disques Blu-ray gravables, et a ensuite confirmé, en février 2026, l’arrêt de l’expédition de tous ses graveurs Blu-ray, sans modèle de remplacement prévu.

Le marché des graveurs Blu-ray est-il toujours actif au Japon ?
Oui, mais beaucoup plus petit qu’auparavant. La JEITA a recensé 623 000 unités envoyées en 2025, ce qui prouve que la demande subsiste, même si le format est loin de ses heures de gloire.

Pourquoi le Blu-ray reste-t-il utile pour certains ?
Parce qu’il sert encore pour des copies de sauvegarde, un archivage à long terme, la conservation d’informations, et certains usages professionnels ou domestiques où la copie physique locale a encore une valeur. I-O Data et Verbatim évoquent précisément ces cas dans leur communication officielle.

Source : IOdata

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