Google pourra acheter jusqu’à 58,9 millions d’actions de Marvell dans le cadre de son alliance dans le domaine des puces

Google pourra acheter jusqu'à 58,9 millions d'actions de Marvell dans le cadre de son alliance dans le domaine des puces

Google et Marvell Technology ont renforcé leur partenariat dans le domaine des semi-conducteurs personnalisés avec un accord liant les futures commandes de puces du géant technologique à un droit d’acquérir jusqu’à 58 970 907 actions Marvell à 206,58 dollars par action. Si toutes ces options devaient être exercées, à leur prix fixé, cela représenterait environ 12,18 milliards de dollars. Cependant, Google n’a pas encore investi cette somme et n’est pas garanti de posséder immédiatement toutes ces actions.

Les points clés de l’accord entre Google et Marvell en 20 secondes

  • Marvell a concédé à Google le droit d’acquérir jusqu’à 58,97 millions d’actions à 206,58 dollars chacune.
  • La majorité de ces actions sera débloquée en fonction des achats de semi-conducteurs personnalisés réalisés jusqu’à l’exercice fiscal 2033.
  • L’accord inclut des accélérateurs d’inférence, des contrôleurs de stockage, de réseau et de mémoire.
  • Cette opération renforce l’engagement de Google envers ses propres puces, notamment autour de ses TPU.

Les documents déposés par Marvell auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) précisent le fonctionnement d’une opération bien plus complexe qu’une simple acquisition d’actions. L’accord commercial a été signé le 29 juillet 2026, tandis que le warrant conférant à Google le droit d’acquérir les actions a été émis le 18 août.

Ce dispositif vise à aligner le fournisseur et le client sur plusieurs années. Plus Google achètera de produits personnalisés auprès de Marvell, plus grande sera la part du paquet d’actions qu’il pourra détenir.

Jusqu’à 12,18 milliards de dollars, mais dépendant des achats de Google

Le chiffre qui retient principalement l’attention est la valeur potentielle du paquet d’actions.

Google détient un warrant lui permettant d’acheter jusqu’à 58 970 907 actions ordinaires de Marvell à un prix d’exercice de 206,58 dollars par action. En multipliant ces deux chiffres, le coût maximum potentiel, en cas d’exercice en numéraire, serait d’environ 12,18 milliards de dollars.

Il est important de préciser que Google n’a pas encore investi cette somme en achetant toutes ces actions.

Sur les actions prévues dans l’accord, 1 360 867 seront consolidées en quatre tranches trimestrielles durant la première année. La première tranche comprendra 340 216 titres, suivie par trois autres tranches de 340 217 chacun.

Le vrai enjeu concerne les 57 610 040 actions restantes.

Leur acquisition dépendra de la performance commerciale de Google pour Marvell. L’accord prévoit 240 tranches, chacune liée à 500 millions de dollars de revenus qualifiés obtenus par Marvell.

Dans les 239 premiers tranches, 240 042 actions seront consolidées pour chaque palier atteint, et dans la dernière, 240 002 actions.

Ce mécanisme permet d’évaluer l’envergure de l’engagement commercial nécessaire pour débloquer l’intégralité du paquet : 240 paliers de 500 millions de dollars correspondent à 120 milliards de dollars de revenus qualifiés.

Il ne s’agit pas ici d’une prévision que Marvell réalisera forcément 120 milliards de dollars, mais du seuil de revenus cumulés permettant la consolidation totale, selon le calendrier prévu dans le warrant.

La période d’évaluation court du 1er août 2026 au 29 janvier 2033, et le warrant expire le 18 août 2033.

Le document prévoit également des modalités d’exercice du warrant, tant par paiement en espèces que sous d’autres formes sans paiement immédiat.

Google étend sa chaîne d’approvisionnement pour ses TPU

Ce partenariat va bien au-delà de la commande d’un simple processeur.

Marvell indique dans ses documents réglementaires que la collaboration couvre une gamme de programmes de silicium personnalisé liés à l’écosystème TPU (Tensor Processing Unit) de Google.

Parmi ces produits figurent des accélérateurs d’inférence en intelligence artificielle, des contrôleurs de stockage, des contrôleurs de réseau et de mémoire, ainsi que des technologies de calcul près de la mémoire.

Cette diversité est particulièrement significative car elle montre l’étendue du design sur-mesure appliqué à l’infrastructure IA.

Une plateforme moderne pour l’entraînement ou l’exécution de modèles ne dépend pas uniquement de l’accélérateur. Elle doit transporter d’importantes quantités d’informations entre processeurs, mémoire, stockage et réseaux. C’est pourquoi certains composants, longtemps considérés comme secondaires, peuvent aujourd’hui influencer fortement la performance globale.

Google développe ses propres TPU depuis plusieurs années, et cette extension du partenariat avec Marvell s’inscrit dans la tendance des grands fournisseurs de cloud à concevoir une partie croissante du matériel utilisé dans leurs centres de données.

L’objectif n’est pas simplement de remplacer les GPU de Nvidia. Les ASIC (circuits intégrés spécifiques à une application) permettent de concevoir du matériel adapté à des charges précises, afin d’optimiser le rapport performance-consommation, coût et densité.

Ce marché prend d’autant plus d’importance avec l’expansion de l’inférence IA.

Après l’entraînement d’un modèle, traiter des millions de requêtes pendant des années entraîne des coûts d’infrastructure importants. Améliorer même modestement l’efficacité de cette phase peut engendrer des économies substantielles à l’échelle d’un géant comme Google.

Marvell mise beaucoup sur le silicium personnalisé pour sa croissance

Pour Marvell, cet accord représente une opportunité de faire de l’un de ses plus grands clients dans l’infrastructure digitale un partenaire encore plus stratégique dans les années à venir.

Mais il introduit aussi une relation peu courante entre ventes et participation au capital.

Google ne se contente pas d’obtenir une réduction sur ses achats de puces. Les commandes générant certains niveaux de revenus pour Marvell peuvent lui conférer le droit d’acquérir progressivement davantage d’actions du fournisseur.

Si ces droits étaient exercés à leur maximum, la participation de Google pourrait devenir significative. À l’émission du warrant, Marvell déclarait 876 926 613 actions ordinaires en circulation.

En prenant cette valeur comme seule référence, le paquet maximal représenterait environ 6,7 % des actions en circulation à l’époque, en excluant l’effet de nouvelles émissions ou autres ajustements futurs.

Il est donc prématuré d’affirmer que Google deviendra nécessairement le principal actionnaire de Marvell. La proportion finale dépendra notamment des droits effectivement exercés et de l’évolution du capital de la société.

Ce mécanisme illustre une tendance émergente dans l’industrie de l’IA : des accords commerciaux à long terme complétés par des instruments financiers permettant à la fois client et fournisseur de partager une partie des résultats économiques de leur partenariat.

La taille potentielle du partenariat témoigne aussi des ambitions croissantes pour le silicium personnalisé destiné aux centres de données.

Lors du premier essor de l’IA, les GPU ont concentré l’attention. Aujourd’hui, l’écosystème s’étend à la mémoire HBM, aux réseaux à haute vitesse, aux interconnexions, aux contrôleurs, au stockage, et aux ASIC conçus spécifiquement pour chaque hyperéchelle.

L’accord entre Google et Marvell prolonge cette tendance jusqu’en 2033. Pour accéder à l’ensemble des actions liées à la performance, Marvell devrait générer jusqu’à 120 milliards de dollars de revenus qualifiés selon les termes établis.

Une somme considérable, qui donne aussi une idée de l’échelle à laquelle les principaux fournisseurs de cloud planifient actuellement leur infrastructure d’IA.

Questions fréquentes

Google a-t-il investi 12,2 milliards de dollars dans Marvell ?

Non. Marvell a accordé à Google un warrant lui permettant éventuellement d’acheter jusqu’à 58 970 907 actions à 206,58 dollars chacune. La majorité de ces droits dépend de l’atteinte de certains seuils de performance.

Combien d’actions Marvell Google peut-il acheter ?

Le maximum prévu est de 58 970 907 actions. Sur ces actions, 1 360 867 seront consolidées durant la première année, tandis que les 57 610 040 restantes dépendent des revenus générés par les achats de Google.

Quels types de puces Marvell développera-t-elle pour Google ?

L’accord couvre diverses produits personnalisés liés aux TPU, notamment des accélérateurs d’inférence IA, des contrôleurs de stockage et de réseau, ainsi que des interfaces mémoire et des technologies de calcul proche de la mémoire.

Jusqu’à quand l’accord sera-t-il valable ?

Les événements liés aux revenus seront évalués jusqu’à la fin de l’exercice fiscal 2033 de Marvell, et le warrant expirera le 18 août 2033.

Source : cnbc

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