Ferrovial entre dans les centres de données avec un campus de 1 milliard à Alcobendas

Edge, colocation, hyperscaler y on-premise : que signifie chaque type de centre de données

Ferrovial a choisi Alcobendas pour franchir une étape importante dans l’infrastructure numérique. La société développera un campus de centres de données dans la zone de Valdelacasa, à Madrid, avec un investissement prévu de 1 000 millions d’euros et une capacité supérieure à 100 MW une fois le projet complètement déployé. L’initiative s’étendra sur quatre parcelles urbanisées et couvrira environ 32 000 m².

La première phase, appelée MAD01, prévoit la construction d’un centre de données avenue Monte de Valdelatas, avec 60 MW de puissance disponible, dont 40 MW consacrés à la charge IT, la capacité directement dédiée aux équipements informatiques. Cette phase initiale représente un investissement de 153 millions d’euros et devrait créer une cinquantaine d’emplois permanents directs. Le projet a été déclaré d’Intérêt Spécial par la Communauté de Madrid et passe par le Levier d’Accélération de l’Investissement Régional. Selon le gouvernement régional, le campus dispose déjà de rapports favorables en urbanisme, stratégie numérique et transition énergétique, ainsi que du permis pour démarrer les travaux de terrassement.

Contexte : une infrastructure construite par étapes

Le design du campus suit le modèle classique des grands développements de centres de données : construire par phases et augmenter la capacité selon la demande, pour ajuster l’investissement, la consommation électrique, les travaux civils et le déploiement technique sans devoir tout réaliser dès le départ.

Données du projetChiffres annoncés
Investissement total prévu1 000 millions d’euros
Surface du campus32 000 m²
Parcelles4
Capacité totale prévuePlus de 100 MW
Première phaseMAD01
Puissance disponible en MAD0160 MW
Charge IT en MAD0140 MW
Investissement initial153 millions d’euros
Emplois directs prévus (phase 1)Environ 50 postes permanents

Dans un centre de données, la puissance totale n’équivaut pas exactement à la capacité informatique utile. Une partie de l’énergie va au refroidissement, à la distribution électrique, aux systèmes auxiliaires, à la sécurité, à la surveillance et aux sauvegardes. D’où l’importance de distinguer puissance disponible et charge IT : les 40 MW IT de la première phase représentent la capacité réellement utile pour serveurs, stockage et équipements réseau. Le déploiement demandera aussi des infrastructures électriques associées : connexions haute tension, transformateurs, alimentation ininterrompue, groupes de secours, réfrigération et fibre optique. Sur un marché où la disponibilité en puissance devient l’un des principaux goulots d’étranglement, sécuriser l’énergie et obtenir les permis compte presque autant que la disponibilité du terrain.

Les faits : Ferrovial accélère sa diversification numérique

L’entrée de Ferrovial dans ce projet n’est pas isolée. En octobre 2025, la société a annoncé l’acquisition de Powernet, une entreprise espagnole spécialisée dans la conception, l’installation, la maintenance et l’exploitation de centres de données, ainsi que dans les solutions de télécommunications. Ferrovial présente cette acquisition comme un renforcement de sa branche dédiée à la construction de data centers, dans une tendance où les grandes entreprises d’infrastructure considèrent de plus en plus les centres de données comme un actif stratégique. Il ne s’agit pas seulement de construire des bâtiments : il faut développer le foncier, obtenir les permis, coordonner l’approvisionnement en énergie, réaliser des travaux complexes, intégrer des systèmes critiques et opérer selon des standards de disponibilité très élevés.

Pour Ferrovial, le campus d’Alcobendas va plus loin. La société ne se limite plus à être constructeur ou contractant, elle devient aussi promotrice d’un actif lié à l’économie numérique, une manière de diversifier vers un secteur où convergent investissement immobilier, ingénierie électrique, connectivité et demande technologique. L’intelligence artificielle et le cloud augmentent la demande en capacité, mais modifient aussi le profil des projets : les charges d’IA nécessitent une densité énergétique bien plus élevée, une réfrigération avancée et des réseaux internes à haut débit, ce qui profite aux opérateurs capables de mener de grands projets évolutifs avec un accès garanti à la puissance.

Analyse : Madrid garde son leadership, l’énergie reste le nerf de la guerre

Madrid reste le principal pôle de centres de données en Espagne, porté par la concentration d’entreprises, la connectivité fibre, la présence de fournisseurs cloud et la proximité avec les clients corporatifs. Des rapports récents en font l’un des marchés européens à la croissance la plus rapide, mais la pression sur la disponibilité électrique s’intensifie. Le rapport Spain DC publié en 2026 indiquait qu’à fin 2025, la capacité IT installée dans les centres de données espagnols atteignait 439 MW, en hausse de 24 % sur un an, avec une multiplication par six potentielle d’ici 2030 si les prévisions sectorielles se vérifient.

Cette expansion dépasse Madrid. La pression sur le réseau, les délais de raccordement et le besoin de grandes parcelles avec accès énergétique poussent de nouveaux développements vers l’Aragon, la Castille-La Manche, l’Estrémadure ou Valence, un mouvement déjà visible avec le campus de 150 MW que Krolmap prépare en Aragon, ou avec l’ouverture récente du data center BCN1 de Digital Realty près de Barcelone. Le projet de Ferrovial confirme que Madrid continue d’attirer les investissements, tout en illustrant les conditions devenues essentielles : terrains ordonnés, procédure prioritaire, puissance assurée, connectivité et capacité à livrer par phases. Ce repositionnement géographique s’inscrit dans une tendance européenne plus large, où l’Espagne gagne du terrain face à la France et au nord du continent.

Perspectives : Alcobendas, nouveau pilier du numérique madrilène

Alcobendas fait déjà partie du réseau espagnol des centres de données. La zone nord de Madrid concentre plusieurs développements grâce à la disponibilité foncière, la connectivité et la proximité avec le centre économique de la région, un avantage qui compte de plus en plus à mesure que la géographie de l’hébergement pèse sur la latence. L’arrivée de Ferrovial confirme cette position et ajoute un nouvel acteur industriel à un marché dominé jusqu’ici par des opérateurs spécialisés, des fonds d’infrastructure et des plateformes de colocation.

L’impact direct sur l’emploi restera limité par rapport à une usine traditionnelle, ce qui est courant pour des centres de données intensifs en capital et en énergie mais peu en main-d’œuvre permanente : environ 50 emplois directs prévus en première phase, avec un effet plus visible dans la construction, l’ingénierie, la maintenance, la sécurité, l’électricité et les télécoms. La valeur stratégique se joue ailleurs : un campus de plus de 100 MW peut attirer clients cloud, charges d’IA, fournisseurs de connectivité et entreprises nécessitant une infrastructure critique proche de Madrid, à condition que la croissance s’accompagne de planification énergétique, de durabilité et de transparence sur la consommation. L’entrée de Ferrovial confirme que les centres de données ne sont plus un secteur de niche, mais une infrastructure économique aussi essentielle que les routes, les aéroports ou les réseaux électriques.

Questions fréquentes

Que va construire Ferrovial à Alcobendas ?

Un campus de centres de données dans la zone de Valdelacasa, à Madrid, avec un investissement total prévu de 1 000 millions d’euros.

Quelle sera la première phase du projet ?

MAD01, avec 60 MW de puissance disponible et 40 MW de charge IT, pour un investissement initial de 153 millions d’euros.

Quelle superficie occupera le campus ?

Environ 32 000 m² répartis sur quatre parcelles urbanisées.

Pourquoi le statut de Projet d’Intérêt Spécial compte-t-il ?

Il permet d’accélérer et de coordonner les démarches administratives via le Levier d’Accélération de l’Investissement Régional de la Communauté de Madrid.

Pourquoi Ferrovial investit-elle dans les centres de données ?

Parce que ce secteur combine construction, énergie, ingénierie et infrastructure critique, des domaines proches de son expertise, et parce que la demande en cloud et IA stimule de nouveaux développements.

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