Digi a franchi une étape peu courante pour un opérateur qui communique habituellement plus sur ses chiffres commerciaux que sur ses détails techniques : il a publié pour la première fois la cartographie de sa dorsale fibre en Espagne. La représentation, intégrée dans son rapport annuel 2025, permet d’observer l’organisation de son réseau principal, support de ses services de fibre, ses connexions interurbaines et une partie de l’infrastructure qui accompagne sa croissance sur le marché espagnol.
Ce mouvement est intéressant car il offre une meilleure compréhension de ce qui se cache derrière l’expansion de Digi. La société ne se limite pas à la guerre des prix. Elle construit également un réseau propre et des accords d’infrastructure lui permettant d’offrir des services fixes et mobiles avec un contrôle technique accru, par rapport à un opérateur purement virtuel. D’après le rapport, son réseau fixe en Espagne, constitué de sa fibre FTTH XGS-PON et du réseau SOTA auquel elle accède via un consortium dirigé par Macquarie Capital, couvre environ 13,7 millions de foyers. Par ailleurs, Digi annonce une dorsale interurbaine d’environ 14 000 kilomètres.
Ce que révèle la nouvelle carte de Digi
La carte intégrée dans le rapport représente le réseau fixe de Digi en Espagne à la fin de 2025. Il ne s’agit pas d’un plan de couverture commerciale par municipalités, mais d’un aperçu de l’infrastructure reliant nœuds, villes et points de présence. Les lignes bleues illustrent les liens en fibre de la dorsale, et les icônes disséminées sur la carte semblent différencier les différents types de nœuds du réseau.
Digi ne fournit pas dans le document la signification précise de chaque symbole, il faut donc éviter d’en tirer des conclusions absolues. Néanmoins, un simple aperçu visuel permet d’identifier 52 icônes vertes, dont l’aspect et la répartition suggèrent qu’il s’agit de routeurs de cœur ou de nœuds principaux. Les points rouges pourraient correspondre à des centrales, des têtes de fibre, des emplacements avec OLT ou autres sites techniques d’accès. La société confirme néanmoins le chiffre clé : 14 000 kilomètres de dorsale interurbaine en Espagne.
Pour l’utilisateur final, la dorsale représente la partie invisible d’Internet. C’est le réseau qui transporte le trafic entre villes, quartiers et antennes jusqu’aux grands points d’échange et de sortie vers d’autres réseaux. Si la fibre qui arrive jusqu’au domicile constitue la dernière étape du parcours, la dorsale en est l’autoroute, assurant la circulation de l’ensemble du trafic.
| Ce qu’il faut retenir | Situation de Digi en Espagne à la fin de 2025 |
|---|---|
| Dorsale interurbaine | 14 000 km |
| Foyers couverts par le réseau fixe et SOTA | 13,7 millions |
| Couverture résidentielle | 51,3 % | Pénétration sur foyers passés | 15,8 % |
| Routeurs cœur visibles sur la carte | 52, selon une analyse visuelle |
| Technologie fixe principale | FTTH XGS-PON |
| Accès en gros additionnel | NEBA via le réseau de Telefónica dans certaines zones |
Pourquoi une dorsale est cruciale
La publication de cette carte modifie la façon d’envisager la développement de Digi. Depuis plusieurs années, l’opérateur se développe en Espagne avec des tarifs agressifs, la portabilité mobile et la fibre à prix compétitifs. Mais soutenir cette croissance nécessite plus que de bonnes offres : cela requiert du transport, de la capacité, de la redondance, des accords d’interconnexion et un réseau capable de gérer un flux croissant.
Disposer d’une dorsale étendue permet à un opérateur de réduire sa dépendance, de mieux contrôler ses coûts et de planifier sa croissance avec une marge technique accrue. Cela facilite également la connexion de ses déploiements fibre, le support de services convergents et l’évolution de son réseau mobile. En Espagne, Digi ne se limite plus à revendre la capacité d’autres opérateurs : sa position est devenue plus complexe.
L’rapport annuel indique que Digi Spain a commencé en janvier 2025 à fournir des services mobiles en tant que MNO via l’Accord National de Roaming ainsi que des accords de partage du RAN et du spectre avec Telefónica. Elle détient également son propre spectre dans plusieurs bandes, acquis dans le cadre des conditions réglementaires liées à la création de MasOrange. Pratiquement, cela place Digi dans une phase de transition vers un opérateur plus intégré.
La fibre possède aussi une lecture stratégique. Digi utilise son réseau FTTH propre, le réseau SOTA et des accords de gros comme NEBA pour couvrir davantage de zones. La red SOTA, vendue à un consortium piloté par Macquarie Capital, reste utilisée par Digi pour fournir ses services. En Andalousie, la société a en outre finalisé en octobre 2025 le déploiement d’un réseau FTTH desservant environ 2,5 millions de foyers.
De l’opérateur à bas prix à celui doté d’une infrastructure
L’important, c’est que Digi commence à apparaître moins comme un opérateur alternatif s’appuyant sur des tiers, et davantage comme une société avec une infrastructure propre importante. Cela ne signifie pas qu’elle possède le même envergure que Telefónica, MasOrange ou Vodafone, mais sa capacité à concurrencer dépend de plus en plus de son architecture que du seul prix.
En 2025, Digi a terminé l’année avec 10,8 millions de RGUs en Espagne, d’après son rapport annuel. Parmi elles, 7,3 millions concernent les services mobiles et 2,6 millions, la fibre. La société indique aussi qu’elle a conservé son leadership en portabilité mobile en Espagne pour la cinquième année consécutive. Ces chiffres expliquent pourquoi sa dorsale commence à devenir un élément plus visible sur le marché.
| Domaines | Apports à la croissance de Digi |
|---|---|
| Fibres FTTH propres | Contrôle sur l’accès fixe et expérience client |
| Réseau SOTA | Couvrance supplémentaire sans gérer toute la propriété du réseau |
| NEBA Telefónica | Service dans des zones où la couverture propre n’est pas encore suffisante |
| Dorsale de 14 000 km | Transports national et support de croissance |
| Accord mobile avec Telefónica | Couverture mobile étendue lors de la phase de transition en tant que MNO |
| Spectre propre | Base pour renforcer son autonomie mobile à moyen terme |
Pour le marché espagnol, cette donnée a aussi une lecture compétitive. Après la fusion entre Orange et MásMóvil, le secteur est plus concentré, mais Digi s’est consolidé comme le principal challenger. La carte de sa dorsale montre que ce rôle ne repose pas uniquement sur la communication marketing ; il est soutenu par un investissement concret en fibre, nœuds et accords financiers pour étendre sa couverture.
Le défi actuel sera de maintenir cet équilibre. Les télécommunications sont un secteur à forte intensité capitalistique : déployer la fibre, entretenir le réseau, acquérir du matériel, louer de la capacité, payer le spectre et maintenir des prix compétitifs sont des tâches ardues. Digi a grandi grâce à une stratégie très efficace, mais son expansion continue l’oblige à poursuivre ses investissements pour préserver la qualité et la rentabilité.
La publication de cette carte ne bouleversera pas à elle seule le marché, mais elle fournit une image peu commune du réseau qui soutient l’un des opérateurs à la croissance la plus dynamique en Espagne. Pour l’utilisateur moyen, cela peut sembler une simple accumulation de lignes et de points. Pour le secteur, c’est une indication claire : Digi souhaite concurrencer à partir de l’infrastructure, pas seulement avec des tarifs.
Questions fréquentes
Que a publié Digi exactement ?
Digi a inclus dans son rapport annuel 2025 une carte de sa dorsale fixe en Espagne, accompagnée de données sur les foyers couverts, la couverture et le kilométrage de fibre en backbone.
Combien de kilomètres mesure la dorsale de Digi en Espagne ?
L’entreprise déclare une dorsale interurbaine d’environ 14 000 kilomètres.
Combien de foyers la fibre de Digi atteint-elle ?
Selon le rapport annuel, son réseau FTTH et son réseau SOTA couvrent ensemble environ 13,7 millions de foyers en Espagne.
Pourquoi ce cartogramme est-il important pour les utilisateurs ?
Parce qu’il montre que derrière les tarifs de Digi, il y a une infrastructure de transport étendue. Cette architecture influence la capacité, la croissance, la qualité du service et la compétitivité du marché.