Wasabi Technologies fournira la couche de stockage d’objets de Megaport Storage dans le cadre d’un partenariat inédit centré sur l’infrastructure d’intelligence artificielle, d’analytique et de cloud hybride. L’offre combine un stockage compatible S3, une connectivité privée et, via Latitude.sh, une capacité de calcul CPU et GPU intégrée au catalogue de Megaport.
L’essentiel en 20 secondes : Wasabi assurera le stockage d’objets pour Megaport Storage, Megaport ajoutera des connexions privées à haute vitesse vers 16 régions Wasabi, et Latitude.sh fournira la couche de calcul CPU/GPU. L’offre vise les données pour l’IA, l’analytique, les sauvegardes et la reprise après sinistre, mais les détails sur régions, configurations et niveaux de service restent à préciser.
Le service sera accessible via la plateforme Megaport dans les régions supportées, mais l’annonce du 21 juillet 2026 ne donne ni liste de localisations initiales ni date d’activation pour les 16 régions de Wasabi. Les deux sociétés ne partent pas de zéro : elles avaient déjà des connexions privées entre centres de données, environnements cloud et régions de stockage Wasabi. La nouveauté, c’est que cette relation dépasse la simple connectivité : Wasabi devient partie intégrante de l’offre commercialisée sous Megaport Storage.
Contexte : trois briques assemblées, pas un cloud bâti de zéro
Megaport est à l’origine un fournisseur de réseau en mode « as-a-service », avec des connexions privées configurables via portail ou API. L’acquisition de Latitude.sh, finalisée le 27 novembre 2025, a ajouté des serveurs dédiés, des VM et une capacité GPU à la demande. En juin 2026, le lancement de Megaport Storage a apporté la troisième pièce, un stockage connecté directement à ce réseau. Le partenariat avec Wasabi précise désormais qui fournira cette couche, en particulier le stockage d’objets compatible S3 destiné aux cas d’usage IA, data lakes, contenu, applications cloud, sauvegardes et résilience aux incidents.
| Infrastructure | Fournisseur principal | Fonction |
|---|---|---|
| Calcul | Latitude.sh, propriété de Megaport | Serveurs dédiés, CPU, GPU, VM |
| Réseau privé | Megaport | Connectivité entre centres de données, cloud, calcul et stockage |
| Stockage d’objets | Wasabi | Données compatibles API S3 d’Amazon |
| Stockage en blocs et fichiers | Megaport et partenaires | Bases de données, VM, HPC, systèmes partagés |
Les faits : ce que couvre (et ne couvre pas) Wasabi
Megaport propose aujourd’hui du stockage d’objets standard et haute performance, ainsi que des options en blocs et en fichiers. Wasabi précise que sa technologie ne couvrira pas forcément toutes ces modalités : elle sera avant tout la couche d’objets pour l’IA, les data lakes, le contenu, les applications cloud, les sauvegardes et la résilience. Cette distinction compte, parce que le stockage d’objets ne remplace ni un système de fichiers parallèle ni le stockage NVMe local associé à un GPU : idéal pour conserver des datasets, documents, vidéos, résultats ou artefacts de modèles, il ne convient pas forcément aux phases d’entraînement ou d’inférence qui exigent une latence faible, souvent mieux servie par du stockage en blocs, en fichiers haute performance ou local.
L’architecture proposée garde l’objet hébergé chez Wasabi, transféré via le réseau privé de Megaport vers les serveurs Latitude.sh ou d’autres plateformes. Megaport avance des connexions pouvant atteindre 100 Gbit/s, la vitesse réelle dépendant de la localisation, du port choisi et des limites du service. Wasabi compte 16 régions en Amérique du Nord, Europe et Asie-Pacifique, Megaport couvre plus de 1 100 centres de données dans 31 pays, et Latitude.sh propose du calcul dans plus de 20 localisations, une correspondance qui varie selon les déploiements et qu’il faut vérifier au cas par cas pour le stockage, le GPU et la connectivité privée.
Analyse : la promesse d’une expérience unique, encore à vérifier
Wasabi et Megaport présentent cette alliance comme un morceau d’infrastructure « néo-cloud », un terme qui désigne des fournisseurs assemblant des services spécialisés pour les charges IA (GPU, réseaux haut débit, stockage distincts du cloud généraliste) plutôt que de rebâtir un hyperscaler de toutes pièces : Megaport automatise les connexions, Latitude.sh fournit le calcul, Wasabi gère le stockage d’objets, et le client garde la possibilité de conserver d’autres applications dans son propre centre ou chez d’autres fournisseurs cloud. Ce modèle répond à un vrai problème d’architecture IA, l’entraînement pouvant se dérouler à un endroit pendant que les données restent dispersées entre installations privées, SaaS et clouds multiples, un enjeu que détaille aussi notre article sur la façon dont le trafic d’IA change les règles des réseaux cloud. Transférer ces volumes par l’internet public expose à des limites de bande passante, des délais variables et des coûts imprévisibles, ce qu’une connectivité privée permet en partie d’éviter, sans pour autant transformer automatiquement trois services distincts en une plateforme unifiée : comptes, permissions, contrats, localisations et cycles de support restent séparés, et l’intégration doit encore prouver qu’elle masque cette complexité pour le client.
L’annonce parle d’une « expérience automatisée unique », mais la documentation technique antérieure décrit encore un processus en plusieurs étapes : provisionner le stockage d’objets dans Latitude.sh, puis créer une connexion VPC via Megaport. L’intégration avec Wasabi pourrait simplifier cette procédure, mais la documentation actualisée n’est pas encore publiée. Côté facturation, Megaport sépare toujours stockage et réseau : la connexion virtuelle (VXC) d’un côté, la capacité consommée de l’autre. Le stockage d’objets standard démarre à 8,49 dollars par To et par mois, sans frais de sortie ni de récupération, mais le coût de la connexion dépend du marché, de la vitesse et de la durée d’engagement. « Absence de coûts de sortie » ne veut donc pas dire transfert gratuit : la tarification omet les frais d’egress du stockage, pas ceux de la connectivité privée, des ports et de l’infrastructure. Le même type d’écart entre promesse et facture apparaît dans la comparaison de prix d’OVHcloud face à AWS, Azure et Google sur le stockage de fichiers.
Perspectives : même couche pour l’IA, les sauvegardes et la résilience
Le partenariat ne se limite pas à l’entraînement des modèles : Wasabi et Megaport évoquent aussi les data lakes, l’analytique, le contenu multimédia, les applications cloud, la reprise après sinistre et les sauvegardes. Une entreprise peut garder ses archives et datasets peu utilisés en stockage d’objets, en déplacer une partie vers une couche haute performance pendant le traitement, puis rapatrier les résultats dans le référentiel principal, une logique de répartition déjà explorée du côté des architectures hybrides dans notre analyse du stockage unifié entre SAN, NAS et objet. Le stockage compatible S3 peut aussi servir de destination pour des outils de sauvegarde, Megaport annonçant un verrouillage d’objets contre la modification ou la suppression pendant une période donnée, utile contre les rançongiciels et les erreurs humaines, sans pour autant remplacer une politique complète de sauvegarde, de gestion des droits et de tests de restauration.
La connectivité privée ne supprime pas tous les risques : le trafic évite l’internet public, mais la sécurité dépend toujours de la gestion des identités, des permissions de buckets, des clés de chiffrement et des politiques d’accès, et une mauvaise crédentialisation peut causer des dégâts même sur un réseau isolé. Avant de retenir cette solution, une organisation devrait vérifier les régions disponibles et leur localisation physique, les niveaux de service garantis, les options de réplication inter-régions, le comportement en cas de défaillance de la connectivité privée, le coût total (stockage, ports, transfert), la compatibilité avec la rétention réglementaire, la gestion des identités entre les trois fournisseurs, le débit effectif entre stockage et GPU, et la procédure pour récupérer ses données en cas de changement de fournisseur. Ce modèle modulaire séduit les entreprises qui veulent éviter de tout centraliser chez un seul hyperscaler, mais travailler avec plusieurs spécialistes déplace la dépendance vers la gestion des intégrations plutôt que de la supprimer.
Questions fréquentes
Qu’apporte Wasabi à Megaport Storage ?
Wasabi hébergera la couche de stockage d’objets cloud, utilisée pour l’IA, l’analytique, les applications, le contenu, les sauvegardes et d’autres référentiels compatibles S3.
Megaport propose-t-il aussi des serveurs avec GPU ?
Oui. Megaport a intégré la capacité de calcul CPU et GPU via l’acquisition de Latitude.sh, finalisée en novembre 2025.
Toute la gamme de stockage de Megaport passera-t-elle par Wasabi ?
Seule la couche de stockage d’objets est explicitement mentionnée. Rien n’indique que le stockage en blocs ou en fichiers haute performance soit concerné.
Les transferts de données seront-ils gratuits ?
Aucun frais n’est prévu pour la sortie, l’API ou la récupération sur le stockage d’objets, mais la connectivité privée de Megaport peut engendrer des coûts séparés selon la localisation, le débit et l’engagement contracté.
Source : wasabi