308 dollars par mois chez OVHcloud contre jusqu’à 1 000 dollars chez Google Filestore pour le même scénario : une comparaison de Cloud Mercato sur le stockage de fichiers cloud remet en question l’idée que le prix des hyperscalers américains est inévitable.
La gestion du stockage de fichiers passe souvent pour un détail d’architecture cloud, jusqu’à ce que la facture arrive. Applications à contenus partagés, environnements Kubernetes avec volumes RWX, CMS, pipelines de données, charges IA, répertoires de travail ou systèmes nécessitant NFS en dépendent tous. Dès qu’on combine capacité, IOPS et redondance, les écarts entre fournisseurs deviennent considérables.
La comparaison porte sur OVHcloud File Storage face à Amazon EFS, Microsoft Azure Files et Google Filestore. Dans un scénario à haute performance avec 2 To de stockage, 500 Go en lecture, 200 Go en écriture et 15 000 IOPS provisionnées, OVHcloud ressort comme l’option la plus économique du groupe, avec un coût mensuel estimé à 308 dollars. L’étude fait partie de Projector, la plateforme d’analyse de Cloud Mercato, qui compare en 2026 les services de stockage de fichiers gérés sur les fonctionnalités, les modèles tarifaires et le coût total de possession (TCO). Dans ce même scénario, AWS EFS varie entre 379 et 687 dollars selon la redondance, Azure Files entre 750 et 934 dollars, et Google Filestore entre 560 et 1 000 dollars.
OVHcloud en position avantageuse dans l’analyse comparative
Le scénario analysé n’est pas un simple volume de stockage froid, il inclut capacité, trafic de lecture et d’écriture, plus 15 000 IOPS provisionnées : une charge de travail qui exige un rendement soutenu, pas un stockage à bas coût pour archiver des fichiers.
| Fournisseur | Service | Classe | Région | Coût mensuel estimé | Différence avec OVHcloud |
|---|---|---|---|---|---|
| OVHcloud | File Storage | Standard, 1AZ | SBG | 308 $ | Référence |
| AWS | EFS | Elastic One-Zone | eu-west-3 | 379 $ | +23 % |
| AWS | EFS | Elastic Multi-AZ | eu-west-3 | 687 $ | +123 % |
| Azure | Files | Premium LRS | West Europe | 750 $ | +144 % |
| Azure | Files | Premium ZRS | West Europe | 934 $ | +203 % |
| Filestore | Zonal | europe-west9 | 560 $ | +82 % | |
| Filestore | Regional | europe-west9 | 1 000 $ | +225 % |
Ce tableau mérite une lecture fine. Google Filestore en mode régional n’est pas « un peu plus cher », il multiplie par 3,25 le coût estimé d’OVHcloud dans ce scénario. Azure est lui aussi nettement plus coûteux, surtout en ZRS. AWS reste compétitif en mode One-Zone, mais grimpe vite dès qu’on passe en Multi-AZ.
La lecture ne doit pourtant pas rester purement tarifaire. Toutes les classes n’offrent pas le même niveau de redondance, d’intégration, de SLA, de performance ou de modèle opérationnel. Une option 1AZ ne vaut pas une Multi-AZ ou une région, et le prix se juge avec la disponibilité, l’architecture, les exigences de continuité, la localisation des données et la dépendance à l’écosystème global. L’argument économique reste néanmoins solide : OVHcloud s’attaque à un point sensible pour les entreprises techniques, le coût mensuel récurrent, là où les géants de l’hyperscale misent sur leur écosystème, leur intégration et leur couverture.
Le stockage de fichiers reste un besoin bien réel
Dans le cloud, on parle surtout de stockage d’objets ou de stockage en blocs, mais le stockage de fichiers garde un rôle précis : plusieurs machines ou conteneurs doivent parfois monter le même système de fichiers pour lire ou écrire via des chemins partagés. Sous Linux et dans Kubernetes, cela passe généralement par NFS et des volumes ReadWriteMany.
OVHcloud présente son File Storage comme un service géré de volumes NFS pour le Cloud Public, compatible avec des instances, des clusters Kubernetes et d’autres clients sur réseau privé. Il repose sur OpenStack Manila, offre un accès NFS contrôlé, utilise des connectivités privées et vise les scénarios où plusieurs clients partagent la même ressource. Sur son site officiel, OVHcloud propose des volumes de 150 GiB à 10 TiB, un rendement pouvant atteindre 16 000 IOPS et jusqu’à 128 Mo/s, avec une facturation horaire et un tarif de référence de 0,1708 dollar par GB et par mois, compatible Kubernetes via PVC RWX.
Ce type de service répond aux cas où les applications ne peuvent pas se limiter au stockage d’objets, ou où un système de fichiers partagé simple reste indispensable. Tout ne se redéfinit pas pour S3, et tout ne doit pas non plus finir sur un volume unique attaché à une seule machine. Beaucoup d’architectures ont besoin d’un point partagé, simple, géré et performant. L’IA a d’ailleurs remis le stockage d’entreprise au centre des dépenses technologiques, ce qui rend ce type d’arbitrage encore plus sensible pour les budgets IT.
Le coût ne se résume pas aux gigaoctets
La comparaison Cloud Mercato montre que le véritable coût ne dépend pas que du volume stocké. IOPS provisionnées, lecture, écriture, redondance, débit, snapshots, trafic, région et mode de facturation entrent tous en jeu.
| Variable | Raison de la variation du coût |
|---|---|
| Capacité provisionnée | La majorité des services la facturent en base |
| IOPS | Parfois payées en supplément ou liées à une option premium |
| Lectures et écritures | Certains fournisseurs facturent par opération ou par transfert |
| Redondance | Zonal, régional, LRS, ZRS ou Multi-AZ influencent le prix et la résilience |
| Région | Le même service peut coûter différemment selon la localisation |
| Snapshots | Peuvent ajouter une consommation supplémentaire facturée à part |
| Intégration | Kubernetes, IAM, réseau privé, outils de gestion à prendre en compte |
| Egress | Peut peser sur le coût total, même sans être toujours facturé explicitement |
Ce point compte pour les administrateurs, équipes cloud et responsables financiers. Se limiter au « prix par GB » peut tromper : un service paraît économique à première vue, mais une fois IOPS, redondance, opérations et trafic intégrés, le coût total peut s’envoler. À l’inverse, un tarif plus élevé au GB peut inclure des éléments qui facilitent la gestion ou réduisent les coûts opérationnels. Le TCO se juge donc sur des scénarios concrets : un CMS avec de nombreux petits fichiers n’a pas les mêmes besoins qu’un dépôt de données scientifiques, un cluster Kubernetes avec plusieurs pods écrivant sur le même volume ne se conçoit pas comme un simple répertoire partagé pour traitements batch, et une charge de production critique s’analyse différemment d’un environnement de développement.
Une opportunité pour le cloud européen
Ce type d’analyse remet aussi le marché en perspective. OVHcloud s’impose ici comme fournisseur européen face à trois géants américains. Son avantage tarifaire n’en fait pas la meilleure option en toutes circonstances, mais souligne une tendance : sur certains niveaux d’infrastructure, les fournisseurs européens peuvent rivaliser en combinant coût, souveraineté, localisation et services gérés. OVHcloud domine d’ailleurs le dernier classement européen de souveraineté cloud, un signal qui va dans le même sens que cette comparaison de prix.
Pour les entreprises opérant en Europe, la souveraineté des données reste un critère clé, pour des raisons réglementaires mais aussi stratégiques : localisation des données, juridiction, dépendance, coûts à long terme. Le stockage de fichiers n’est pas la couche la plus visible du cloud, mais il peut contenir des données opérationnelles, des documents internes, des actifs logiciels, des résultats de traitements et des données sensibles. C’est aussi une question d’architecture : si l’entreprise est déjà profondément intégrée à AWS, Azure ou Google Cloud, changer un seul composant ne vaut pas toujours le coup. En revanche, une architecture hybride, européenne ou multicloud construite dès le départ peut trouver dans OVHcloud File Storage une alternative crédible.
Reste à valider chaque cas. Prix, performance, souveraineté sont des arguments solides, mais la décision doit aussi tenir compte de la latence, du débit, du comportement avec les petits fichiers, de la concurrence, de la stabilité, des snapshots, de la récupération, de l’intégration à Kubernetes, du réseau privé et de l’exploitation quotidienne.
Ce qu’une entreprise doit vérifier avant de choisir
La conclusion pratique n’est pas « OVHcloud toujours meilleur » ni « Google toujours plus cher ». Elle est que le stockage de fichiers géré peut varier considérablement en coût pour une charge apparemment identique, et que choisir un fournisseur sans simuler le cas réel peut coûter cher, parfois des centaines voire des milliers de dollars par mois.
Avant de s’engager, mieux vaut répondre à quelques questions concrètes : quelle capacité est nécessaire aujourd’hui et dans un an, quelles IOPS sont réellement requises, la charge doit-elle bénéficier d’une haute disponibilité régionale, quelles applications monteront le volume, faut-il NFSv3 ou NFSv4, quelle politique de snapshots, comment sécuriser l’accès, que faire en cas de suppression accidentelle, et comment tout cela s’intègre avec Kubernetes ou des VM. La comparaison Cloud Mercato envoie un message clair : le coût du stockage cloud de fichiers n’a rien d’une fatalité liée à l’hyperscale. Des alternatives existent et peuvent mieux convenir à certains scénarios, surtout quand la facture récurrente devient difficile à ignorer.
Questions fréquentes
Que compare l’étude de Cloud Mercato ?
Elle compare OVHcloud File Storage à Amazon EFS, Microsoft Azure Files et Google Filestore dans des scénarios de stockage de fichiers gérés, en intégrant coûts et fonctionnalités.
Quel est le scénario évoqué ?
Un scénario à haute performance avec 2 To de stockage, 500 Go en lecture, 200 Go en écriture et 15 000 IOPS provisionnées.
Quel fournisseur est le moins cher selon cette estimation ?
OVHcloud File Storage, avec une estimation de 308 dollars par mois pour ce scénario.
Google Filestore coûte-t-il vraiment plus de trois fois OVHcloud ?
En configuration régionale, Google Filestore est estimé à 1 000 dollars contre 308 dollars pour OVHcloud, soit environ 3,25 fois plus. En mode zonal, la différence est moindre.
Le prix seul suffit-il pour choisir ?
Non. Il faut aussi considérer la redondance, le SLA, l’intégration, la région, la performance réelle, la sécurité, les snapshots, le support, la latence et la dépendance globale à l’écosystème.
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