Starlink rapproche ses points de présence des utilisateurs pendant que l’Espagne prépare davantage de concurrence satellitaire

Starlink met la pression sur la fibre européenne : le risque concerne les foyers non activation

Starlink rapproche les points de présence (PoP) à mesure qu’elle étend son infrastructure terrestre pour fournir un meilleur accès à Internet à ses utilisateurs. Entre août 2024 et septembre 2026, le nombre de villes disposant de PoP identifiés dans les marchés analysés est passé de 31 à 56. Par ailleurs, le pourcentage de foyers situés à moins de 1 000 km d’un de ces points est passé de 79 % à 88 %. Même si l’accès par satellite reste minoritaire face à la fibre optique en Espagne, il s’en rapproche déjà avec près de 100 000 connexions enregistrées.

Les points clés de Starlink et de ses concurrents en Espagne en 20 secondes

  • Starlink est passée de 31 à 56 villes avec PoP identifiés entre août 2024 et septembre 2026.
  • 87 % des foyers mesurés se trouvent à moins de 1 000 km de leur PoP, contre 79 % au départ.
  • En Espagne, la fibre optique dépasse aujourd’hui 18 millions de lignes et reste la technologie dominante pour l’accès fixe à Internet.
  • Selon la CNMC, les connexions Internet par satellite étaient près de 100 000 fin 2025.
  • Outre Starlink, d’autres acteurs tels qu’OneWeb, Amazon Leo, Viasat, Hispasat et Iridium sont présents ou prévus sur le marché espagnol.

L’évolution de Starlink ne dépend pas uniquement du nombre de satellites en orbite, mais également de l’expansion de son infrastructure terrestre pour acheminer le trafic Internet. Dans cette architecture, l’entreprise travaille à rapprocher progressivement ses points de connexion de ses utilisateurs.

Une habitation connectée à Starlink reçoit ses données via satellite, mais ce trafic doit ensuite transiter par une passerelle (gateway) et rejoindre un PoP avant d’intégrer le réseau Internet global. Ces passerelles et PoP peuvent se situer dans des pays différents, notamment dans des régions où l’infrastructure terrestre est limitée.

Les données issues de Speedtest durant cette période montrent une relation entre la distance au PoP et la latence. Chaque augmentation de 1 000 km de distance entre un foyer et son PoP est associée à environ 25 millisecondes supplémentaires de latence moyenne multiserveur.

Cela ne signifie pas que toutes les connexions suivent exactement cette relation, mais la répartition des PoP influence significativement l’expérience utilisateur.

Starlink rapproche la surface terrestre de ses clients

Le changement le plus visible concerne la distribution géographique : en août 2024, 31 villes disposaient de PoP, contre 56 en septembre 2026. Parallèlement, la proportion de foyers situés à moins de 1 000 km d’un PoP est passée de 79 % à 88 %.

La présence dans PeeringDB, qui référence les points d’interconnexion, a également crû. En août 2024, Starlink comptabilisait 31 installations et 42 centres de réseau, contre 65 installations et 78 centres en octobre 2026.

Ce développement traduit une infrastructure de distribution plus décentralisée. Bien que le satellite reste la composante visible pour l’utilisateur, une part croissante de la qualité de service dépend de ce qui se produit après que le trafic quitte la connexion orbitale.

L’Afrique illustre bien cette tendance. En août 2024, deux tiers des foyers Starlink en Afrique accédaient à Internet via des PoP européens. En janvier 2025, Nairobi a ouvert son propre PoP, ce qui a fait chuter la latence moyenne en passant de 229 ms en janvier à 41 ms en février, en passant par un PoP local.

Des connexions similaires ont été enregistrées en Botswana, Mozambique, Zimbabwe et Eswatini, utilisant le PoP de Johannesburg, illustrant comment un seul centre peut desservir plusieurs pays, notamment quand les infrastructures locales font défaut ou que la régulation limite leur déploiement.

En première moitié de 2026, la latence moyenne multiserveur atteignait 222 ms au Liberia, contre 127 ms en République Démocratique du Congo, tandis qu’en Kenya, elle était de seulement 39 ms.

L’Europe montre l’impact de la proximité des PoP

En août 2024, près de tous les foyers équipés (99,95 %) utilisaient des PoP à Francfort, Londres ou Madrid, issus d’un réseau terrestre déjà bien développé.

De nouvelles localisations ont été ajoutées : Sofia en septembre 2024, Varsovie en novembre, et Milan en janvier 2025.

Ces ajouts ont permis de réduire la latence dans certains marchés : par exemple, en Grèce, la latence multiserveur est passée de 96 ms à 48 ms entre août 2024 et décembre 2024. En Italie, la latence est tombée de 74 ms début décembre 2024 à 45 ms en février 2025, après l’activation du PoP de Milan.

La proportion de foyers européens situés à moins de 500 km de leur PoP a fortement augmenté, passant de 45 % en août 2024 à 69 % en septembre 2026.

Les réglementations jouent également un rôle : l’Indonésie a exigé une passerelle locale lors de l’obtention de la licence en 2024, le Vietnam a imposé une condition similaire dans son programme pilote en 2025, et le Kazakhstan a adopté cette règle en juin 2026.

En janvier 2026, le foyer du Kirghizistan, initialement connecté via Sofia, a été transféré à Almaty. En mai 2026, des connexions depuis le Kirghizistan vers Almaty ont été enregistrées, et en juillet, celles en provenance du Tadjikistan ont été observées également via Almaty.

L’Espagne, un marché de la fibre, mais où le satellite progresse

Le cas espagnol est particulier, car Starlink doit faire face à une infrastructure terrestre très développée. Selon la CNMC, à juillet 2026, la fibre optique jusqu’au domicile (FTTH) comptait plus de 18,3 millions de lignes, dans un marché dépassant les 20 millions de connexions en haut débit fixe.

La CNMC évalue à près de 100 000 le nombre de connexions par satellite fin 2025, contre un peu plus de 10 000 fin 2022. Bien que cela reste une petite part (~0,5 %), ces connexions sont cruciales dans les zones rurales ou isolées où la fibre ou la 4G/5G sont peu déployées ou peu fiables.

C’est dans ces zones que réside la véritable concurrence de Starlink sur le marché espagnol. La société n’a pas besoin de supplanter la fibre en ville pour être compétitive : il lui suffit de couvrir les zones où le déploiement terrestre est coûteux ou où la couverture haut débit est limitée.

Au-delà de Starlink, plusieurs autres acteurs sont présents ou ont des plans pour le marché espagnol, comme OneWeb/Eutelsat, Amazon Leo, Viasat, Hispasat et Iridium, selon la CNMC.

Hispasat constitue également une alternative nationale, utilisant une architecture différente : alors que Starlink s’appuie sur une constellation satellitaire en orbite basse (LEO), Hispasat exploite des satellites géostationnaires. La différence d’orbite influence directement la latence, favorisant l’essor des constellations LEO.

L’alliance entre satellites et opérateurs terrestres pourrait aussi prochainement évoluer : Telefónica, Orange, Vodafone et Deutsche Telekom étudient un projet de consortium européen pour la connectivité satellitaire mobile directe. Ce domaine, distinct de l’accès résidentiel, montre que les grands opérateurs intègrent le satellite à leur stratégie globale.

Hispasat participe aussi au projet européen IRIS², développé par le consortium SpaceRISE, qu’il prévoit de lancer à partir de 2029. Ce réseau de communications sécurisées par satellite impliquera 348 satellites.

Pour l’instant, la fibre reste le principal moyen d’accès fixe en Espagne. La CNMC estime que le satellite continuera principalement à compléter les réseaux terrestres, notamment dans les zones rurales ou isolées où la résilience des communications est essentielle.

Mais l’évolution de Starlink montre que la qualité de l’infrastructure terrestre d’un réseau satellite est aussi déterminante que la constellation en elle-même. Deux utilisateurs connectés au même satellite, mais séparés par plusieurs milliers de kilomètres, peuvent avoir des expériences très différentes si leur point d’entrée sur Internet est éloigné ou proche.

L’expansion des PoP permet de réduire cette distance, rendant la service plus performant dans certains marchés. En Espagne, où la fibre couvre déjà une grande majorité des foyers, le défi est désormais d’identifier les zones où le satellite peut apporter une réelle valeur ajoutée face à des réseaux terrestres déjà très déployés.

Questions fréquentes

Combien de points de présence possède Starlink ?

L’analyse indique que, en septembre 2026, Starlink dispose de 56 PoP, contre 31 en août 2024. La présence dans PeeringDB est passée de 31 à 65 installations durant cette période.

Starlink concurrence-t-elle la fibre en Espagne ?

Oui, mais dans un contexte différent. La fibre domine le marché de l’Internet fixe, tandis que le satellite a un rôle plus marginal, crucial surtout dans les zones rurales et isolées.

Quels sont les autres acteurs concurrents en Espagne ?

La CNMC mentionne, outre Starlink, OneWeb/Eutelsat, Amazon Leo, Viasat, Hispasat et Iridium comme acteurs présents ou en planification sur le marché des télécommunications par satellite espagnol.

Pourquoi la proximité des PoP pourrait-elle réduire la latence de Starlink ?

Les PoP sont les points d’où le trafic utilisateur est distribué vers Internet. En les rapprochant géographiquement des foyers, la distance terrestre parcourue par le trafic diminue, ce qui peut réduire la latence globale.

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