Dans l’industrie des semi-conducteurs, peu de composants sont aussi discrets tout en étant aussi stratégiques que la mémoire accompagnant le processeur. En 2025, ce rôle est incarné par la LPDDR5X, une variante de DRAM basse consommation qui est devenue un élément clé pour la nouvelle génération de smartphones intégrant des fonctions d’intelligence artificielle directement sur l’appareil. Selon plusieurs sources publiées en Corée du Sud, Samsung Electronics aurait consolidé une position de leader en tant que principal fournisseur de ce type de mémoire pour les iPhone 17. Ce mouvement dépasse le cadre technique : il influence les marges, la capacité industrielle et la dynamique géopolitique de la chaîne d’approvisionnement.
Le marché en tire une conclusion nette : Apple a besoin d’un volume stable, d’une qualité homogène et de livraisons fiables pour un produit fabriqué à grande échelle. Dans ce contexte, la mémoire « invisible » devient un facteur de pouvoir.
Un composant discret mais de plus en plus déterminant
Pendant des années, lorsqu’on parlait du « cœur » d’un mobile, la conversation tournait autour du processeur. Toutefois, à l’ère de l’IA générative — assistants plus performants, édition de photos et vidéos en local, traductions en temps réel ou tâches de productivité — la pression sur la mémoire s’intensifie, tant en capacité qu’en efficacité énergétique. Maintenir des performances élevées tout en limitant la consommation et la chaleur devient une équation délicate, et c’est ici que la LPDDR (Low Power DDR) prend toute son importance.
Dans ce contexte, des médias sud-coréens indiquent que Samsung aurait sécurisé la majorité de l’approvisionnement en LPDDR5X pour les iPhone 17, avec des estimations sectorielles évoquant une part comprise entre 60 % et 70 % du total. Apple, comme à l’accoutumée, ne publie pas la répartition exacte par fournisseur, mais le débat sur le leader du marché s’intensifie pour une raison simple : lorsque un client achète en volumes massifs, il peut influencer le marché.
Pourquoi Apple se tourne à nouveau vers Samsung (et quels changements par rapport au passé)
Ce mouvement attire l’attention en raison du passif complexe entre ces deux géants. La presse coréenne rappelle qu’après le début de litiges sur les brevets dans la décennie passée, Apple a renforcé sa diversification en multipliant ses fournisseurs. Avec le temps, le marché s’est réorganisé selon des critères industriels : capacité de production, fiabilité des livraisons et priorités des fabricants.
Le changement structurel majeur aujourd’hui est que SK hynix et Micron ont concentré une grande partie de leur focus et capacité sur la mémoire HBM, essentielle pour les accélérateurs d’IA en centres de données, un secteur en plein essor. Cet investissement dans la HBM, selon l’analyse publiée en Corée, place Samsung dans une position particulièrement forte pour répondre à des commandes massives en DRAM « classique » et LPDDR, précisément au moment où Apple doit sécuriser ses approvisionnements pour une production annuelle de centaines de millions d’unités.
Qualité « sans variations » et défi de la production à grande échelle
Le critère le plus évoqué dans le secteur n’est pas seulement la quantité produite, mais la capacité à maintenir une constance de qualité lorsque l’on parle de dizaines de millions de chips. Apple impose des exigences strictes — bien supérieures aux standards industriels — et pénalise toute déviation entre lots, expliquent ces sources. En d’autres termes : il ne suffit pas que le composant fonctionne bien en laboratoire, il doit offrir les mêmes performances en production de masse et de façon continue.
Concernant Samsung, la publication coréenne met en avant des caractéristiques précises de leur LPDDR5X de 12 Go : une épaisseur de 0,65 mm et des améliorations intergénérationnelles en résistance thermique (21,2 %) et consommation énergétique (25 %). Si ces chiffres se confirment de façon soutenue en fabrication, ils s’alignent avec la quête d’Apple pour l’efficience et la stabilité dans le temps.
Le coût de la mémoire augmente : une menace technique mais aussi une levée de marges
Le changement d’ordre financier s’accompagne d’une hausse des prix. Selon des estimations relayées par la presse et des analyses de marché, le module LPDDR5X de 12 Go serait passé d’environ 30 dollars à près de 70 dollars en 2025. Ce saut a pour effet de faire de la mémoire un composant capable d’impacter significativement le coût unitaire d’un smartphone haut de gamme.
Ce renchérissement comporte deux lectures :
- Pour Samsung, cela signifie un contexte favorable à la rentabilité de la division mémoire, à condition que la société maintienne ses taux de fabrication et ses contrats équilibrés.
- Pour Apple, cela représente un défi dans la gestion de la facture matérielle, alors que le marché exige toujours plus de mémoire pour soutenir des fonctions IA sans dégrader l’expérience utilisateur.
Par ailleurs, la question de quels modèles intégreraient cette hausse de mémoire s’est aussi approfondie. Alors que certains rapports évoquaient que les 12 Go seraient réservés aux variantes Pro, des informations récentes en Corée élargissent cette capacité à davantage de versions de l’iPhone 17. Quoi qu’il en soit, plus de mémoire par appareil signifie une demande globale accrue.
Une opportunité moins évidente : LPDDR aussi vise le marché des serveurs IA
L’aventure ne s’arrête pas au smartphone. Samsung pousse l’idée que la mémoire basse consommation pourrait aussi jouer un rôle clé dans l’infrastructure d’IA, notamment dans des scénarios où l’efficacité énergétique et la bande passante sont aussi importantes que la capacité.
Dans cette optique, apparaît SOCAMM2, un format de module basé sur LPDDR5X destiné aux centres de données et aux serveurs d’IA. Samsung a présenté SOCAMM2 comme un design modulaire « réparable » pour des systèmes nécessitant plus de bande passante et une consommation réduite comparé aux solutions traditionnelles. Certains médias spécialisés évoquent déjà NVIDIA parmi les acteurs testant ou intégrant ces modules dans leur feuille de route.
Pour un analyste financier, la clé est la suivante : si la LPDDR monte en gamme et devient pertinente aussi dans l’univers des serveurs, Samsung étend son marché potentiel avec une technologie désormais critique dans les smartphones. Par ailleurs, le secteur se fragmentant selon les usages — HBM pour l’entraînement et la accélération, LPDDR modulaire pour l’efficience, DDR classique pour le parc installée — cela réorganise investissements, capacités et leviers de négociation face aux grands clients.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la mémoire LPDDR5X et pourquoi est-elle si importante dans les mobiles avec IA ?
C’est une mémoire RAM basse consommation conçue pour offrir de hautes performances avec une consommation énergétique réduite. Dans les mobiles dotés de fonctions IA intégrées, elle permet de gérer des tâches exigeantes sans générer trop de chaleur ni vider la batterie.
Pourquoi l’augmentation de la mémoire sur l’iPhone peut-elle influencer le prix ou la marge ?
Parce que la RAM constitue un composant important dans le coût total. Si le prix des modules comme le LPDDR5X 12 Go augmente fortement, le fabricant doit l’intégrer dans sa stratégie de prix ou réduire ses marges.
Que signifie que Samsung soit « fournisseur principal » d’Apple en mémoire ?
Cela indique que, selon des estimations, Samsung fournit la majorité du volume de cette mémoire critique. Dans un marché de masse, cette position peut assurer des revenus récurrents, une capacité de production occupée et un avantage face à la concurrence.
SocAMM2 peut-il changer la donne sur le marché de la mémoire pour centres de données ?
Il pourrait ouvrir la voie à une mémoire LPDDR plus efficace et modulaire pour serveurs d’IA, offrant plus d’options face aux configurations classiques et complétant le leadership de la HBM pour l’accélération.
Source : hankyung