NVIDIA et Microsoft préparent une nouvelle génération d’ordinateurs personnels dotés d’intelligence artificielle capables d’exécuter des modèles et des agents directement sous Windows. Lors d’un événement à San Francisco, Jensen Huang et Satya Nadella ont présenté cette collaboration, avec RTX Spark comme nouvelle plateforme matérielle et Microsoft Execution Containers (MXC) comme composant logiciel destiné à exécuter des agents IA de manière contrôlée et persistante dans le système d’exploitation.
Les essentiels de l’IA locale de NVIDIA et Microsoft en 30 secondes
- RTX Spark associe une GPU NVIDIA Blackwell, une CPU Grace et jusqu’à 128 Go de mémoire unifiée.
- NVIDIA annonce jusqu’à 1 pétaflop de performance FP4 pour l’intelligence artificielle sur ces systèmes.
- Les portables RTX Spark sont en précommande et seront disponibles à partir du 16 octobre ; les modèles de bureau compacts arriveront en novembre.
- Microsoft propose MXC comme infrastructure Windows pour exécuter des agents IA de façon persistante et sous contrôle du système.
- DGX Station pour Windows offrira jusqu’à 748 GB de mémoire cohérente et 20 pétaflops FP4 pour le milieu professionnel.
L’objectif de ces deux entreprises dépasse le simple accélérateur d’applications IA. Microsoft souhaite faire de Windows un environnement où les agents peuvent travailler en arrière-plan, tandis que NVIDIA fournit le matériel nécessaire pour exécuter des modèles de plus en plus volumineux sans dépendre constamment du cloud.
Cette approche marque également une avancée vers une convergence entre deux mondes auparavant séparés : les équipements Windows, courants en entreprise, et les charges de travail IA plus exigeantes, traditionnellement associées à Linux et aux serveurs équipés d’accélérateurs spécialisés.
RTX Spark embarque Blackwell et Grace dans le PC
RTX Spark est la nouvelle plateforme de NVIDIA pour ordinateurs Windows orientés IA locale. Elle combine une GPU NVIDIA Blackwell RTX jusqu’à 6 144 cœurs avec une CPU NVIDIA Grace allant jusqu’à 20 cœurs.
Les deux composants sont connectés via un lien de 600 GB/s et partagent jusqu’à 128 GB de mémoire unifiée. NVIDIA annonce une performance IA pouvant atteindre un pétaflop en FP4, un format numérique à faible précision conçu pour certains types d’inférences.
La quantité de mémoire est un élément clé. Les modèles d’IA générative nécessitent beaucoup de mémoire pour charger et exécuter, et disposer de 128 GB partagés entre CPU et GPU permet de travailler localement avec des modèles qui seraient impossibles à faire tourner sur un PC classique.
NVIDIA cite en exemple Qwen 3.8 Flash Next, un modèle de 125 milliards de paramètres capable, selon l’entreprise, de fonctionner localement sur RTX Spark et d’offrir des performances comparables à certains modèles cloud.
L’objectif ne se limite pas à l’IA. La plateforme intègre également des technologies NVIDIA pour la création de contenus et les jeux vidéo, avec des Tensor Cores de cinquième génération, le support de NVFP4, la codification et décodification AV1 et 4:2:2, DLSS, et le ray tracing RTX.
En gaming, NVIDIA affirme que RTX Spark peut dépasser les 100 images par seconde à 1440p sur certains jeux AAA, en utilisant DLSS 5, Reflex et G-SYNC. La société propose ainsi un matériel multifonction pour IA locale, création et divertissement.
Les premiers appareils sont annoncés par plusieurs fabricants : Acer, ASUS, Dell, HP, Lenovo, Microsoft, MSI et Gigabyte, incluant à la fois portables et ordinateurs de bureau compacts.
Les portables RTX Spark sont déjà disponibles en réservation, avec une sortie prévue pour le 16 octobre. Les modèles de bureau compacts seront lancés en novembre.
Microsoft souhaite que les agents fonctionnent directement dans Windows
Une autre partie importante de la présentation concerne le logiciel. Microsoft a annoncé la mise à disposition générale de Microsoft Execution Containers (MXC), une infrastructure intégrée à Windows permettant aux agents IA de s’exécuter de façon persistante et en arrière-plan, sous le contrôle du système d’exploitation.
Microsoft présente MXC comme une couche permettant aux agents d’être protégés, surveillés et gérés directement par Windows. Elle est également reliée à Microsoft Security et Agent 365.
Ce concept est essentiel car un agent IA ne fonctionne pas comme une application classique. Il peut effectuer des tâches prolongées, interagir avec différents services et nécessiter des permissions pour accéder à des fichiers, applications ou ressources du système.
Microsoft veut que Windows fournisse cette infrastructure directement intégrée au système, facilitant ainsi la gestion et la sécurité des agents IA.
Ce modèle vise à transformer le rôle de l’agent IA, le faisant passer du simple chatbot à un composant actif du PC, capable d’exécuter des processus en arrière-plan, en plus des applications traditionnelles.
DGX Station pour Windows arrive sur le bureau
NVIDIA a également présenté une version pour Windows de DGX Station, bien qu’il s’agisse pour l’instant d’une annonce préliminaire, sans sortie immédiate.
Ce système de calcul IA de bureau est basé sur le GB300 Grace Blackwell Ultra Desktop Superchip. Il offre jusqu’à 748 GB de mémoire cohérente et une performance pouvant atteindre 20 pétaflops FP4.
Selon NVIDIA, cette capacité permettrait d’exécuter localement des modèles atteignant un trillion de paramètres.
La différence principale avec RTX Spark réside dans le niveau de puissance : RTX Spark est conçu comme une plateforme pour PC capable d’intégrer IA locale et applications classiques, alors que DGX Station vise les chercheurs, développeurs et entreprises nécessitant davantage de puissance pour l’entraînement, l’inférence et la gestion d’agents IA.
Jusqu’à présent, DGX Station était associé à Linux. NVIDIA indique que cela obligeait parfois des développeurs centrés sur Windows à maintenir des environnements séparés : Windows pour la productivité, Linux pour les charges IA lourdes.
La version Windows cherche à réduire cette division, permettant aux utilisateurs d’exécuter à la fois leurs applications Windows et la plateforme NVIDIA pour le développement IA, en utilisant également le Windows Subsystem for Linux (WSL) quand nécessaire.
Ce mouvement s’inscrit dans la stratégie de Microsoft de faire de Windows une plateforme pour agents intelligents, et celle de NVIDIA de porter sa pile CUDA du cloud vers les ordinateurs locaux. La promesse pour les développeurs est la possibilité de déplacer modèles, outils et flux de travail entre RTX Spark et DGX Station sans changer complètement d’environnement.
Pour l’instant, ces capacités restent à confirmer officiellement, même si RTX Spark possède des dates d’arrivée précises, tandis que DGX Station pour Windows est annoncé comme un produit à venir, sans date de disponibilité fixée.
L’évolution majeure consiste à répondre à la demande croissante d’IA locale nécessitant une mémoire, une accélération matérielle et un logiciel semblables à ceux d’un petit système spécialisé. NVIDIA et Microsoft souhaitent que cette infrastructure fonctionne directement sous Windows, que ce soit sur un simple portable ou une station de travail professionnelle.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que NVIDIA RTX Spark ?
Une plateforme PC pour IA locale combinant une GPU NVIDIA Blackwell RTX, une CPU Grace et jusqu’à 128 GB de mémoire unifiée.
Quand ces systèmes RTX Spark seront-ils disponibles ?
NVIDIA indique que les portables RTX Spark seront réservables à partir du 16 octobre, avec une disponibilité en novembre pour les modèles de bureau compactes.
Que sont les Microsoft Execution Containers ?
Une infrastructure Windows conçue pour permettre aux agents IA de s’exécuter de façon persistante et en arrière-plan, sous le contrôle du système d’exploitation.
Qu’est-ce que DGX Station pour Windows ?
Un station de calcul IA basée sur le GB300 Grace Blackwell Ultra Desktop Superchip, avec jusqu’à 748 GB de mémoire cohérente et 20 pétaflops FP4, destinée aux développeurs et entreprises ayant des besoins de puissance avancés.