Nabiax entame une nouvelle phase de croissance comprenant un investissement d’environ 800 millions d’euros et une augmentation de sa capacité allant d’environ 35 MW actuels à 140 MW de puissance IT. Un des éléments clés sera ADC3, la prochaine extension de son campus d’Alcalá de Henares (Madrid), conçu pour répondre à des charges à haute densité, cloud et intelligence artificielle.
Les points essentiels de l’expansion de Nabiax en 20 secondes
- Nabiax prévoit d’investir environ 800 millions d’euros dans sa nouvelle étape d’expansion.
- Son objectif est de passer de 35 MW actuels à 140 MW de capacité IT.
- ADC3 permettra d’étendre le campus d’Alcalá, qui dispose actuellement de 22,3 MW IT.
- Le nouveau projet est conçu pour des charges à haute densité et refroidissement liquide.
- La société explore également des opportunités au Portugal, au Royaume-Uni, en Italie et en Allemagne.
Ce plan intervient à un moment où l’acquisition de terrains pour bâtir un centre de données n’est plus suffisante. La croissance de l’intelligence artificielle augmente la densité par rack et, surtout, la nécessité de garantir de larges blocs d’énergie électrique sur le long terme, avec plusieurs années d’anticipation.
Le PDG de Nabiax, Pablo Ruiz-Escribano, a précisé que la société étudie de nouvelles investissements à Madrid ainsi que des opportunités à l’étranger. La Belgique, le Royaume-Uni, l’Italie et l’Allemagne figurent parmi les marchés qu’elle évalue, mais aucun projet concret n’a encore été annoncé dans ces pays.
Ce projet induirait également une montée en échelle pour une société créée il y a sept ans à partir d’actifs de centres de données de Telefónica, qui appartient désormais intégralement à Aermont Capital depuis fin 2024.
ADC3 prépare Alcalá à une nouvelle génération de centres de données
L’actif principal de Nabiax reste son campus d’Alcalá de Henares, situé dans l’Avenida Punto Com, à proximité de l’aéroport Adolfo Suárez Madrid-Barajas.
Les chiffres officiels actuels donnent une idée de sa taille : Alcalá Data Center offre 22,3 MW de puissance IT via ses deux premières phases, pour plus de 10 000 mètres carrés d’espaces IT construits.
ADC1, entré en service en 2013, comprend sept salles IT et 4 800 m², avec une infrastructure certifiée Tier IV.
ADC2 a ajouté six salles supplémentaires et environ 6 000 m² d’espace IT. La documentation de Nabiax mentionne sa mise en fonctionnement en 2021, bien que des références ultérieures pouvant prêter à confusion concernent les différentes extensions et leurs dates précises.
ADC3 pousse cette stratégie à une nouvelle échelle.
La documentation technique publiée cette année décrit ce projet comme étant spécifiquement orienté vers la croissance de l’intelligence artificielle et de la haute densité de calcul. Parmi ses caractéristiques figure la capacité d’atteindre jusqu’à 100 MW de puissance IT assurée sur le campus, complétée par d’autres 110 MW demandés pour d’éventuelles expansions futures.
Cela ne signifie pas qu’ADC3 déploiera immédiatement cette capacité totale, ni que les 210 MW sont dès à présent disponibles. Les 100 MW représentent la puissance garantie par Nabiax pour un développement d’envergure, tandis que les 110 MW additionnels représentent des capacités sollicitées pour des extensions à plus long terme.
Cette distinction est particulièrement importante dans le marché actuel des centres de données, où les annonces de capacité peuvent faire référence à la puissance installée, garantie, sollicitée ou simplement prévue.
ADC3 est aussi conçu pour supporter jusqu’à 100 % de refroidissement liquide, une caractéristique directement liée à la croissance de la densité thermique des serveurs dédiés à l’intelligence artificielle.
Les GPU et autres accélérateurs, utilisés pour l’entraînement et l’inférence de modèles, peuvent consommer bien plus que l’infrastructure cloud traditionnelle. Cela oblige à repenser la configuration des salles, les systèmes électriques, et les technologies de refroidissement.
Selon la documentation du projet, ADC3 vise un PUE de conception de 1,2. Le PUE (Power Usage Effectiveness) compare l’énergie totale consommée par un centre à celle directement utilisée par les systèmes informatiques. Plus ce ratio est proche de 1, moins l’énergie consacrée au refroidissement et aux autres services auxiliaires est importante.
Nabiax envisage également d’utiliser de l’électricité issue de sources renouvelables et de mettre en place un design zéro consommation d’eau pour le refroidissement.
De 35 MW à 140 MW : un changement d’échelle majeur
Le projet d’Alcalá s’inscrit dans un plan plus large de développement stratégique.
Lors de l’acquisition de Nabiax par Aermont Capital auprès d’Asterion Industrial Partners et Telefónica en novembre 2024, la capacité installée était estimée à environ 35 MW IT, répartis entre ses centres d’Alcalá de Henares, Julián Camarillo (Madrid) et Terrassa (Barcelone).
La version actualisée du site de Nabiax indique une capacité totale légèrement supérieure, à 36 MW.
Ces différences tiennent principalement aux méthodes de mesure et aux extensions effectuées. Pour le nouveau plan, l’ordre de grandeur est déterminant : l’entreprise ambitionne de quatrefois sa capacité pour atteindre environ 140 MW dans les années à venir.
L’investissement associé serait d’environ 800 millions d’euros.
Ce croissance témoigne d’un changement profond dans la logique du marché. Par exemple, en mai 2024, Nabiax annonçait une enveloppe de 47 millions d’euros pour développer 10 MW supplémentaires, contractés par deux hyper-scalers : 7,5 MW à Alcalá et 2,5 MW à Julián Camarillo.
Deux ans plus tard, les plans se mesurent en centaines de millions d’euros et en dizaines de mégawatts additionnels.
L’expansion de la capacité liée à l’intelligence artificielle participe à cette accélération. Le marché ne se contente plus d’accueillir des serveurs classiques : il doit aussi prévoir des configurations de GPU plus énergivores, de nouvelles technologies de refroidissement, et une connectivité à très haute capacité.
Pour Nabiax, Alcalá a un avantage difficile à reproduire rapidement : une préparation de longue date pour sa croissance énergétique. Déjà en 2020, la société indiquait que le campus était conçu pour dépasser 100 MW et disposer d’une sous-station électrique propre.
Madrid continue de renforcer sa capacité cloud et IA
L’expansion consolide aussi le regroupement d’infrastructures digitales dans la région de Madrid.
La capitale et son aire métropolitaine sont devenues l’un des marchés majeurs de centres de données en Europe du Sud. La demande traditionnelle d’hébergement et de services cloud est désormais épaulée par une infrastructure adaptée à l’intelligence artificielle, qui exige une puissance électrique et des capacités de refroidissement beaucoup plus élevées.
Nabiax affirme aussi héberger à Madrid des infrastructures de trois des quatre plus grands fournisseurs mondiaux de cloud, bien que la documentation d’ADC3 ne spécifie pas l’identité de ces clients.
Une étape d’expansion internationale semble également dans les plans.
Ruiz-Escribano a indiqué que l’entreprise étudie des marchés comme le Portugal, le Royaume-Uni, l’Italie et l’Allemagne. Pour l’instant, il s’agit de marchés en évaluation, et non de nouveaux projets de centres confirmés.
La montée à 140 MW ne sera pas immédiate. C’est un objectif inscrit dans le nouveau plan stratégique, mais sa réalisation dépendra des développements de projets, de la signature de contrats et de la disponibilité énergétique.
Cependant, l’investissement prévu de 800 millions d’euros et la nouvelle échelle pour ADC3 illustrent la mutation du marché espagnol. Il y a quelques années, une extension de quelques mégawatts suffisait à représenter un grand projet. La demande croissante en IA pousse opérateurs et investisseurs à planifier des campus entiers pouvant atteindre des dizaines ou même des centaines de mégawatts.
Pour Nabiax, cette transition marque une nouvelle étape, sous l’égide d’Aermont, avec un actif à Alcalá en pleine préparation pour la croissance. ADC3 pourrait devenir l’élément clé pour transformer ce potentiel en capacité spécifique à la nouvelle génération d’infrastructures cloud et d’intelligence artificielle.
Questions fréquentes
Quel montant Nabiax prévoit-elle d’investir dans de nouveaux centres de données ?
Le nouveau plan prévoit un investissement d’environ 800 millions d’euros pour augmenter la capacité de la société dans les années à venir.
Qu’est-ce que ADC3 de Nabiax ?
ADC3 représente la prochaine grande extension du campus d’Alcalá de Henares. Conçue pour une infrastructure à haute densité et des charges liées au cloud et à l’IA, elle prévoit notamment un support pour refroidissement liquide.
Quelle est la capacité actuelle de Nabiax ?
Lors de l’acquisition en 2024, la capacité installée était d’environ 35 MW IT. Aujourd’hui, Nabiax indique une capacité globale de 36 MW et 28 000 m² d’espace IT.
Nabiax prévoit-elle construire des centres de données hors d’Espagne ?
L’entreprise étudie des opportunités au Portugal, au Royaume-Uni, en Italie et en Allemagne, mais aucun projet précis n’a encore été confirmé dans ces marchés.