Data4 commence à Hanau (Hesse) son premier mégacampus en Allemagne : 180 MW pour l’IA, le cloud et la souveraineté numérique, avec une énergie 100 % décarbonisée

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L’Européen Data4 a posé la première pierre de son nouveau méga-campus de centres de données sur le site de l’ancienne base militaire de Großauheim, à Hanau, à 25 kilomètres de Francfort. La cérémonie a réuni la ministre des Affaires Numériques de Hesse, Prof. Dr. Kristina Sinemus, le maire Claus Kaminsky, le consul général de France à Francfort, Nicolas Bergeret, ainsi que le président et CEO de Data4, Olivier Micheli, entourés de représentants politiques et économiques. Au-delà de la photo officielle, le projet affiche des chiffres impressionnants : 25 hectares de terrain, 180 MW de puissance prévue et une investissement doublé par rapport au plan initial, passant de 1,0 milliard à plus de 2,0 milliards d’euros.

Ce site ambitionne de devenir l’une des plateformes d’IA et de cloud les plus importantes d’Europe et un nœud stratégique de trafic numérique dans la région du Rhin-Main. Pour la municipalité, il représente également un turbo socio-économique : à titre de référence, le campus de Marcoussis (France) de Data4 hospitalise jusqu’à 1 000 personnes par jour, et l’entreprise prévoit la création de plusieurs centaines d’emplois directs et indirects à Hanau.


Un campus pour la “souveraineté numérique” européenne

Dans son intervention, Kristina Sinemus a souligné que le projet est un “pilier de la transformation numérique de la région et de l’Allemagne”. Son argument n’est pas anodin : L’IA et les applications critiques ne peuvent progresser au rythme que l’infrastructure le permet. Sans centres de données à haute performance, il n’y a ni entraînement de modèles, ni inférence à faible latence, ni services publics digitalisés. Et si ces données résident et sont traitées en Europe, cela renforce la souveraineté numérique et la protection des données selon les cadres comme le RGPD.

La stratégie de Data4 s’aligne sur cette vision : elle déploie et privilégie des campus de grande envergure avec d’importantes réserves de terrains et d’énergie. Le nouveau site allemand ajoute à un réseau déjà composé de 10 campus dans 6 pays (France, Italie, Espagne, Pologne, Grèce, Allemagne), et élève le niveau d’investissements du groupe dans l’un des marchés les plus exigeants du continent.


Hanau, une porte supplémentaire vers l’écosystème Rhin-Main

Pour Claus Kaminsky, maire de Hanau, l’annonce constitue un soutien à la région en tant que site pour infrastructures numériques critiques. La proximité de Francfort, l’un des hubs d’interconnexion les plus puissants d’Europe, offre des avantages en termes de latence, de connectivité et de redondance pour les opérateurs cloud, hyperscalaires, plateformes d’IA et entreprises locales. La société résume cela en termes de réseau : le futur campus sera un “pôle stratégique de trafic de données dans le Rhin-Main”.

Ce n’est pas un hasard si Data4 a acquis il y a 18 mois l’ancien domaine militaire de 25 hectares. La terre continue et le cadre urbain-industriel facilitent la conception de bâtiments modulaires (bâtiments, postes électriques, réseaux internes) pouvant croître par étapes selon la demande, évitant ainsi la dispersion de petites parcelles disséminées.


180 MW pour l’IA : une puissance au service du développement durable

La capacité de 180 MW place le campus parmi les plus puissants d’Europe. Mais l’entreprise insiste sur le fait que cette puissance électrique sera accompagnée d’un plan énergétique basé sur deux principes : la décarbonation et la réutilisation des ressources.

  • Énergie 100 % décarbonée. Data4 prévoit d’alimenter le complexe avec des sources décarbonisées, en développant une cogénération (combined heat and power) et une poste électrique dédiée pour garantir une approvisionnement stable et une qualité de puissance adaptée aux clusters de calcul pour l’IA.
  • Réutilisation de la chaleur résiduelle. La chaleur émise par les serveurs ne sera pas perdue : le projet envisage de l’injecter dans le réseau de chauffage urbain (district heating) pour fournir de la chaleur à la population de Hanau. Ce principe s’inscrit dans la lignée d’initiatives telles que le projet de biomasse lancé à Marcoussis avec l’Université Paris-Saclay, et répond à une attente sociale claire : les centres de données doivent rendre une énergie utile à leur environnement.
  • Économie circulaire en phase de travaux. Lors de la rémédiation de l’ancien site militaire, Data4 prévoit de réutiliser les matériaux issus de la démolition sous forme d’arêts recyclés, réduisant ainsi le transport et la consommation de matières premières.

Kristina Sinemus a résumé la démarche en insistant sur la compatibilité : la digitalisation et la protection de l’environnement peuvent aller de pair si l’on mise sur l’efficience énergétique, les énergies renouvelables et l’usage optimal de la chaleur.


IA, cloud et données sous souveraineté européenne

Le message d’Olivier Micheli était clair : L’Allemagne est stratégique et Hanau deviendra l’un des sites les plus puissants, durables et innovants de son réseau. Techniquement, le campus est conçu pour supporter les activités d’entraînement et d’inférence en IA, le cloud hybride, et des services à faible latence. Sur le plan réglementaire, Data4 insiste sur le fait que les données et applications de ses clients —opérant dans les frontières européennes— sont soumises aux standards les plus exigeants en matière de protection et de sécurité.

Ce verrou juridique est crucial pour les banques, le secteur public, la santé ou les industries critiques, pour qui la localisation des données n’est pas un caprice mais une nécessité, dictée par la réglementation sectorielle, la directive NIS2 ou des politiques internes axées sur la gestion des risques. Le campus apparaît donc comme un élément clé de l’autonomie stratégique numérique de l’Europe.


Emploi, chaîne d’approvisionnement et effet d’entraînement

La dynamique du campus de Marcoussis (où jusqu’à 1 000 personnes transitent quotidiennement) sert d’exemple concret. À Hanau, Data4 prévoit la création de plusieurs centaines d’emplois en opérations, maintenance, sûreté, gestion des installations, ingénierie et services annexes. Sur la région, les effets multiplicateurs incluent :

  • Construction spécialisée (travaux civils, réseaux, installations électriques à haute capacité).
  • Écosystème TIC (intégrateurs, cybersécurité, surveillance, smart metering).
  • Services locaux (logistique, restauration, transport).

Ce flux économique continu — un campus n’est pas un projet ponctuel, mais une infrastructure vivante qui s’étend sur des décennies — contribue à diversifier le tissu productif et à fidéliser les talents techniques dans la région.


Pourquoi Hanau et pourquoi maintenant ?

Plusieurs tendances convergent pour expliquer cette décision :

  1. Explosion de la demande en IA. La formation de modèles fondamentaux et leur déploiement en production disparaissent les besoins en puissance, refroidissement et connectivité en Europe.
  2. Nearshoring des données. Les entreprises multinationales rapatrient ou rapprochent leurs charges pour des questions de conformité, de latence ou de coûts, notamment pour les clouds publics.
  3. Disponibilité planifiable de terrains et d’énergie. Reconvertir une base militaire de 25 hectares en un campus avec poste électrique et cogénération intégrés réduit les incertitudes face à des sites saturés.
  4. Fenêtre réglementaire. Les objectifs climatiques et la pression sur l’eau, le bruit ou la chaleur nécessitent des designs durables dès la conception ; le projet les intègre dès aujourd’hui.

Quels sont les défis à relever : réseau, eau et acceptabilité sociale

Nul grand campus ne naît sans défis. Parmi les plus courants en Europe — et prévisibles à Hanau — figurent :

  • Capacité du réseau et résilience. Intégrer 180 MW sans surcharger le réseau exige une planification précise avec le gestionnaire, un développement par étapes et une flexibilité (stockage d’énergie, demand response, onduleurs haute efficacité).
  • Gestion de l’eau. Les technologies de refroidissement évoluent vers des solutions à faible consommation en eau (circuit fermé, free cooling, adiabatique optimisé). Mesurer et communiquer ces métriques, ainsi que les scenarii saisonniers, sera clé pour éviter les frictions.
  • Transparence vis-à-vis de la communauté. Expliquer les bénéfices (embauche, chaleur urbaine, fiscalité) et les externalités atténuées (bruit, circulation, éclairage) aide à construire une confiance à long terme et une licence sociale.

Data4 semble anticiper ces enjeux avec une énergie décarbonée, la valorisation de la chaleur et le recyclage des matériaux, mais la réussite dépendra surtout de sa mise en œuvre.


Croissance en Allemagne et ambition transfrontalière

“Ce n’est que le début”, a annoncé Micheli, en exprimant la volonté d’ouvrir davantage de sites en Allemagne et de conquérir le leadership européen dans le secteur. L’Allemagne offre un marché riche, une industrie numérique avancée et une capacité d’investissement; Data4 apportera son savoir-faire de campus, un modèle équilibré et une agenda “Data4 Good” basé sur quatre piliers : environnement, personnes, communauté et gouvernance.

Si Hanau confirme sa feuille de route, le carte européenne du cloud et de l’IA s’enrichira d’une nouvelle entrée au statut allemand et à vocation transfrontalière.


Les déclarations des acteurs clés

  • Kristina Sinemus (Hesse) : “L’IA offre d’énormes opportunités pour renforcer la compétitivité allemande et européenne. Mais cela ne sera possible que si nous disposons d’une infrastructure suffisante et durable. Ce campus de 180 MW constitue une étape claire vers cet objectif.”
  • Olivier Micheli (Data4) : “Nous voulons faire d’Hanau l’un des campus les plus puissants, durables et innovants d’Europe. L’Allemagne est une priorité dans notre développement : nous avons porté l’investissement prévu à plus de 2 milliards d’euros, et ce n’est que le début.”
  • Claus Kaminsky (Hanau) : le projet place la ville sur la carte européenne des centres de données et accélère son développement économique et technologique à long terme.

Fiche synthétique du projet

  • Localisation : Ancienne base militaire de Großauheim (Hanau, Hesse)
  • Superficie : 25 hectares
  • Puissance prévue : 180 MW
  • Investissement : > 2,0 milliards d’euros (doublement du plan initial de 1 milliard)
  • Énergie : 100 % décarbonée, avec cogénération et poste électrique intégré
  • Soutenabilité : Réutilisation de la chaleur pour le district heating, recyclage des matériaux issus de la démolition
  • Emploi : Centaines d’emplois anticipés (opération et chaîne d’approvisionnement), référence : jusqu’à 1 000 personnes/jour à Marcoussis
  • Rôle dans le réseau : Hub de données dans la zone du Rhin-Main, axé sur l’IA et le cloud
  • Opérateur : Data4 Group, avec 10 campus dans 6 pays européens

Conclusion : une infrastructure pour concurrencer à l’ère de l’IA

Le megacampus de Data4 à Hanau n’est pas un simple centre de données : il incarne une capacité électrique et de calcul au service d’un développement durable, avec données sous souveraineté européenne et dimension de hub. À une époque où l’IA augmente de manière exponentielle les besoins en énergie, refroidissement et connectivité, ce projet ancre l’Allemagne — et plus largement l’Europe — dans la course mondiale à la nuage et à l’intelligence artificielle.

Les prochaines étapes — connexions électriques, phases de construction, recrutements, accords sur la chaleur résiduelle — détermineront si cet engagement se traduit par des bénéfices concrets pour l’économie locale, la décarbonisation urbaine et la compétitivité des entreprises et institutions. Pour l’heure, la première pierre a été posée.


Questions fréquentes

Quelle sera la puissance et la taille du campus Data4 à Hanau ?
Le projet prévoit une capacité de 180 MW sur 25 hectares. Avec ces chiffres, il se positionne parmi les plus grands campus de centres de données d’Europe, avec un développement progressif selon la demande.

Pourquoi parle-t-on de “souveraineté numérique” dans ce projet ?
Parce que les données et charges d’IA hébergées sur le campus resteront en UE, sous standards européens de protection et de sécurité (notamment la RGPD). Cela limite les risques juridiques et clarifie les responsabilités face à des cadres hors UE.

Comment sera alimenté le campus en énergie et que fera-t-il du calorifère résiduel ?
Data4 a annoncé une énergie 100 % décarbonée, équipée d’une cogénération et d’une substation dédiée pour assurer la stabilité. La chaleur résiduelle sera valorisée dans des réseaux de chauffage urbain, contribuant à réduire l’empreinte carbone et à chauffer la ville.

Quel impact économique local espère-t-on ?
L’exploitation d’un tel campus active des centaines d’emplois et crée une chaîne de valeur longue (travaux spécialisés, énergie, maintenance, TIC). En référence, le campus de Marcoussis accueille jusqu’à 1 000 personnes par jour.

Pourquoi Hanau et pourquoi maintenant ?
Le site combine disponibilité foncière, connectivité au réseau Rin-Main et viabilité énergétique, dans un contexte où la demande en IA explose et où le nearshoring des données devient critique. Transformer une ancienne base militaire facilite la planification des postes électriques, cogénération et croissance modulaire.

Quelle est la nature de l’investissement confirmé par Data4 et son calendrier ?
L’entreprise a doublement son plan : de 1 milliard à plus de 2 milliards d’euros. La construction a débuté avec la pose de la première pierre ; la mise en service se fera par phases (sans dates publiques précises pour le moment).

En quoi Data4 se distingue-t-elle des autres opérateurs ?
Son modèle de campus ultra-connectés, avec réserves de terrain et d’énergie, une forte orientation vers la durabilité (“Data4 Good”) et une juridiction européenne. Elle héberge des hyperscalaires, opérateurs cloud et des multinationales en France, Italie, Espagne, Pologne, Grèce, et désormais en Allemagne également.

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